{"id":4457,"date":"2024-02-24T19:10:19","date_gmt":"2024-02-24T18:10:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4457"},"modified":"2024-06-03T16:55:58","modified_gmt":"2024-06-03T15:55:58","slug":"guenot-marcel-1893-1975","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/02\/24\/guenot-marcel-1893-1975\/","title":{"rendered":"Guenot, Marcel (1893 \u2013 1975)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab\u00a0Le Sang de la Libert\u00e9\u00a0\u00bb &#8211; Guillaume Moingeon, Peirre Gu\u00e9not (\u00e9d.)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">N\u00e9 \u00e0 Besan\u00e7on, Marcel Guenot est d\u00e9j\u00e0 incorpor\u00e9 au 60 RI (classe 13) au moment de la mobilisation. Ce caporal entre en Alsace en ao\u00fbt, puis est rapidement embarqu\u00e9 pour la Picardie (combat de Proyart). Il participe \u00e0 la bataille de la Marne (Bouillancy) et est bless\u00e9 le 8 septembre (sa F.M. indique le 18.09.14). Revenu au d\u00e9p\u00f4t, o\u00f9 il passe l\u2019ann\u00e9e 1915, il revient en ligne en 1916 comme sergent au 44 RI. Il passe l\u2019hiver \u00e0 la Main de Massige, puis participe \u00e0 l\u2019attaque le 16 avril. Pass\u00e9 ensuite par Verdun,&nbsp; l\u2019Alsace et la Flandre (avril 1918), o\u00f9 il est gaz\u00e9 sans s\u00e9quelles graves, il est d\u00e9mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1919.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Pierre Guenot a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9crivain Guillaume Moingeon de retranscrire, d\u2019adapter et de publier le r\u00e9cit de guerre de son p\u00e8re Marcel Guenot. Ce livre a paru en 2005 aux \u00e9ditions <em>Cheminements<\/em> sous le titre <em>Le sang de la Libert\u00e9<\/em> (323 pages). J\u2019\u00e9tais perplexe sur la valeur de t\u00e9moignage de ce livre adapt\u00e9 et r\u00e9\u00e9crit, mais Guillaume Moingeon, contact\u00e9, m\u2019a expliqu\u00e9 les principes qui avaient guid\u00e9 sa r\u00e9daction (mai 2023), et aussi avec gentillesse m\u2019a communiqu\u00e9 le document d\u2019origine (manuscrit dactylographi\u00e9). La comparaison des deux versions montre que le livre \u00e9dit\u00e9 n\u2019a modifi\u00e9 que certains d\u00e9tails (temps des verbes par exemple, choix du titre) pour permettre une lecture plus ais\u00e9e, et qu\u2019il ne trahit pas la version de d\u00e9part&nbsp;: c\u2019est le t\u00e9moignage tr\u00e8s vivant d\u2019un poilu bisontin qui a fait toute la guerre. G. Moingeon m\u2019a pr\u00e9cis\u00e9 aussi que Marcel Guenot avait pendant le conflit un gros carnet \u00e0 reliure de cuir sur lequel il notait les faits \u00e0 chaud, ou peu apr\u00e8s. C\u2019est ce carnet qui a \u00e9t\u00e9 saisi au format Word, et donc ce t\u00e9moignage est assimilable \u00e0 un journal de guerre, non modifi\u00e9 par la suite. Quelques d\u2019indices font toutefois penser \u00e0 une reprise partielle ult\u00e9rieure, les Allemands, par exemple, \u00e9tant appel\u00e9s une fois doryphores (p. 244).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">R\u00e9cit formul\u00e9 \u00e0 hauteur d\u2019homme, <em>le Sang de la Libert\u00e9<\/em> voit se succ\u00e9der des r\u00e9cits de combat, de cantonnement, et de nombreuses anecdotes&nbsp;: ce sont ses \u00ab&nbsp;histoires de guerre&nbsp;\u00bb que nous raconte ici Marcel Gu\u00e9not. Le r\u00e9cit de l\u2019engagement d\u2019ao\u00fbt 14 en Alsace est pr\u00e9cis, puis le passage sur la retraite avant la Marne est tr\u00e8s vivant&nbsp;: de garde dans un petit poste en Picardie au tout d\u00e9but septembre, sa compagnie d\u00e9croche sans le pr\u00e9venir&nbsp;; c\u2019est alors une aventure de trois jours avec trois autres \u00ab&nbsp;<em>lascars<\/em>&nbsp;\u00bb pour essayer de retrouver leur unit\u00e9, avec le passage de l\u2019Oise sur les restes d\u2019un pont d\u00e9truit, abus de Dubonnet et altercation violente avec un capitaine (p. 61, avec autorisation de citation)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; \u00ab&nbsp;<em>Je fais un rapport et vous aurez de mes nouvelles&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Je lui r\u00e9torque, la fatigue et le Dubonnet m\u2019obligeant&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>&#8211; \u00ab&nbsp;Je vous emmerde.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les quatre hommes finissent par retrouver leur unit\u00e9 \u00e0 \u00c9couen. Le combat d\u2019infanterie de Bouillancy est ensuite restitu\u00e9, avec les mouvements collectifs d\u2019avanc\u00e9e, de contact, de recul, de pause, puis \u00e0 nouveau de reprise de contact, et ce plusieurs fois dans la journ\u00e9e, le tout avec peu d\u2019artillerie fran\u00e7aise. Ainsi en fin d\u2019apr\u00e8s-midi le 7 (p. 68) <em>\u00ab&nbsp;Un nouvel engagement a lieu, le contact est repris, le combat recommence, furieux. Le soleil va se coucher. De nouveau, l\u2019ordre est rompu. Comme \u00e0 l\u2019exercice, chacun fait corps, dans la mesure du possible, avec son voisin de combat. Les bless\u00e9s sont encore nombreux, les morts sont moins visibles. De tous c\u00f4t\u00e9s, on entend des commandements&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>&#8211; En avant, tenez bon les enfants, ne l\u00e2chez pas, des renforts vont arriver&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Bless\u00e9 le 8, il est \u00e9vacu\u00e9 et soign\u00e9 en Normandie. Apr\u00e8s une longue convalescence, il revient au d\u00e9p\u00f4t du 60 RI \u00e0 Besan\u00e7on. Nomm\u00e9 caporal d\u2019ordinaire, il explique comment il se cr\u00e9e une r\u00e9serve de vin de 250 litres pour parer aux impr\u00e9vus, en mettant son pouce dans le quart \u00e0 chaque distribution. Il se r\u00e9jouit de devenir instructeur de la classe 16, car cela lui \u00e9vite de devoir rejoindre le <em>Labyrinthe<\/em> en Artois. En man\u0153uvre au camp du Valdahon, il fait une description pittoresque des caf\u00e9s du village (p. 99)&nbsp;; il y a chez \u00ab<em>la Grande Nana<\/em>&nbsp;\u00bb ou chez un autre \u00ab&nbsp;<em>o\u00f9 trois s\u0153urs servent en salle. Elles sont fortes, bien rondelettes, et, lorsqu\u2019elles marchent, elles actionnent leur derri\u00e8re pro\u00e9minent. Cet \u00e9tablissement n&rsquo;a de nom que le mot caf\u00e9. Les poilus lui en ont trouv\u00e9 un&nbsp;: pour le d\u00e9signer, on dit \u00ab&nbsp;aux six fesses&nbsp;<\/em>\u00bb. Le vin a une grande importance pour eux, l\u2019auteur signalant \u00e0 la fin de 1916 (Main de Massige) que les hommes boivent en moyenne deux litres de vin par jour en plus de la ration r\u00e9glementaire (p. 129) \u00ab&nbsp;<em>En plus du ravitaillement officiel, chaque soir, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, un homme d\u00e9vou\u00e9 part en corv\u00e9e de vin.&nbsp; Sangl\u00e9 d\u2019une vingtaine de bidons de deux litres, (\u2026) le pauvre gars se tape 14 km \u00e0 l\u2019aller et naturellement autant au retour <\/em>[il revient souvent par le Decauvile]. <em>(\u2026) Du d\u00e9vouement, il en a, mais, pendant son absence en ligne, il a la vie sauv\u00e9e, d\u2019autant plus que nous l\u2019exemptons de tout service de jour.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur \u00e9voque ensuite un curieux \u00e9pisode en ligne \u00e0 Massige (Hiver 1916, p. 136), celui des cagnas (abris dans la tranch\u00e9e) qui sont condamn\u00e9es par des planches&nbsp;: il est alors impossible de s\u2019abriter&nbsp;; de plus sur ces planches sont clou\u00e9es des affiches qui disent&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Avant de demander un tir de barrage assurez-vous qu\u2019il est indispensable. Voici ce que co\u00fbte un tir de barrage&nbsp;: un obus de 75 co\u00fbte 25 francs. Un obus de 120 co\u00fbte 75 francs.<\/em>&nbsp;\u00bb Les poilus finissent par se r\u00e9volter en arrachant les affiches et en d\u00e9truisant les portes des cagnas, \u00ab<em>&nbsp;il en r\u00e9sulte durant quelques temps une certaine grogne dans nos tranch\u00e9es<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Notre sergent essaie de faire ob\u00e9ir par les quelques apaches qu\u2019il a dans sa section. Il d\u00e9crit Mesnard, une brute alcoolique, qui a bu en une fois le bidon de deux litres de rhum destin\u00e9s \u00e0 vingt hommes&nbsp;; le lieutenant lui demande d\u2019attacher Mesnard pendant deux heures sur le parapet \u00e0 un poteau proche des barbel\u00e9s. M. Gu\u00e9not note que le pieu aurait tr\u00e8s bien pu devenir \u00ab&nbsp;<em>piquet d\u2019ex\u00e9cution si une rafale de mitrailleuse avait \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9e et c\u2019est ce que je craignais le plus pour moi. Cela reste envisageable pour lui, mais au moins il l\u2019a cherch\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le narrateur fait ensuite un r\u00e9cit pr\u00e9cis de l\u2019attaque du 16 avril 1917, devant la ferme du Godat (p. 173)&nbsp;: \u00ab<em>dans notre front d\u2019attaque, la distance \u00e0 franchir s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ cent cinquante m\u00e8tres en certains points, le double en d\u2019autres endroits. Nous devons au d\u00e9part traverser une combe puis attaquer les premi\u00e8res lignes ennemies \u00e9tablies \u00e0 flanc de coteau, donc monter avec tout notre chargement extraordinairement lourd. Une utopie&nbsp;! Une pure folie plut\u00f4t.<\/em>\u00bb Le colonel du 44<sup>e<\/sup> RI attaque en m\u00eame temps que la troupe et la progression est r\u00e9elle jusqu\u2019au Bois en Potence, au point que le silence qui s\u2019\u00e9tablit rass\u00e9r\u00e8ne l\u2019auteur et lui fait penser qu\u2019effectivement, il atteindra Laon. Une contre-attaque le fait brusquement d\u00e9chanter (p. 177) \u00ab&nbsp;<em>Ah merde&nbsp;! ils sont l\u00e0&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb Les pertes se multiplient, les Fran\u00e7ais se battent sur la ligne conquise, mais le mouvement en avant a \u00e9chou\u00e9, ils quittent \u00ab&nbsp;<em>piteusement&nbsp;ces lieux de malheur&nbsp;<\/em>\u00bb le 21 avril.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il d\u00e9crit ensuite (p. 192) l\u2019ex\u00e9cution en arri\u00e8re de Reims d\u2019un jeune de la classe 1916, qui a fui lors de l\u2019attaque du 16 avril. Tout le monde est convoqu\u00e9 pour une prise d\u2019arme sans en conna\u00eetre le motif. Apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution, \u00ab&nbsp;<em>les poilus rentrent de cette p\u00e9nible sc\u00e8ne sans livrer leur \u00e9tat d\u2019\u00e2me, chacun conservant son jugement. C\u2019\u00e9tait donc le motif de notre promenade ici\u2026Beaucoup d\u2019entre nous s\u2019en seraient volontiers pass\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb M. Guenot raconte ensuite qu\u2019un d\u00e9nomm\u00e9 Petit, de sa compagnie, port\u00e9 disparu au soir du 16 avril, a \u00e9t\u00e9 vu \u00e0 la roulante. Son lieutenant le charge de lui ramener le d\u00e9serteur. En revenant avec Petit, qui a accept\u00e9 d\u2019obtemp\u00e9rer, l\u2019auteur pense que celui-ci n\u2019a pas vu l\u2019ex\u00e9cution du fuyard de la classe 16&nbsp;: lui seul pourtant aurait eu besoin de ce spectacle (les autres ayant fait leur devoir), mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, s\u2019il avait vu l\u2019ex\u00e9cution, il ne se serait pas laiss\u00e9 faire si facilement, \u00ab&nbsp;<em>Petit est un couard et il veut \u00e9chapper \u00e0 son devoir. Mais je n&rsquo;aimerais pas le voir face \u00e0 un peloton d\u2019ex\u00e9cution. Nous portons le m\u00eame uniforme. Cette guerre est en plus d\u00e9gueulasse que je ne pensais.<\/em>&nbsp;\u00bb Arriv\u00e9s au P.C., le lieutenant, avec son revolver, intime l\u2019ordre \u00e0 Petit de monter en premi\u00e8re ligne&nbsp;; celui-ci essaie de se saisir de l\u2019arme, une \u00e9chauffour\u00e9e a lieu et le lieutenant l\u2019abat de 5 balles.&nbsp;\u00bb M. Guenot, tr\u00e8s secou\u00e9 par la sc\u00e8ne, termine son r\u00e9cit (p. 202)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Jusqu\u2019\u00e0 la brigade, on f\u00e9licite le lieutenant. Plus haut, il \u00e9cope d\u2019un bl\u00e2me, on lui rappelle qu\u2019il existe des conseils de guerre.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il \u00e9voque ensuite le secteur de la Cote au Poivre \u00e0 Verdun en septembre 1917 (cote 344). C\u2019est l\u2019occasion d\u2019\u00e9voquer de durs combats sur la rive droite, avec une attaque allemande brusqu\u00e9e repouss\u00e9e par la tactique du \u00ab&nbsp;mur de grenades&nbsp;\u00bb (p. 256)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Voil\u00e0 les Boches, venez vite&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;<em>Vite, des grenades \u00e0 main sont d\u00e9pos\u00e9es tout au long de la tranch\u00e9e, \u00e0 hauteur d\u2019homme. Nous n\u2019avons qu\u2019\u00e0 les prendre, les percuter et les lancer. Sans distinction de leur cat\u00e9gorie, nous en saisissons une, la percutons, la lan\u00e7ons et passons \u00e0 la suivante&nbsp;; sans arr\u00eat, nous percutons, nous lan\u00e7ons. Nous n\u2019avons pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 mollir, ne disposant plus de fus\u00e9es demandant le tir de barrage, puisqu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9es la veille en vain (\u2026) Les Allemands, comme les n\u00f4tres la veille, ont \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9s net devant nos positions par notre mur de grenades. Paradoxe&nbsp;: ce bon r\u00e9sultat n\u2019a \u00e9t\u00e9 obtenu que parce que nous ne disposions d\u2019aucun abri et que, de ce fait, tout le monde \u00e9tait instantan\u00e9ment au poste de combat d\u00e8s les premi\u00e8res secondes, celles qui s\u2019av\u00e8rent souvent d\u00e9cisives.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En avril 1918 M. Guenot et son unit\u00e9 embarquent vers la Flandre et viennent relever les Anglais au Mont Kemmel. Il y est gaz\u00e9 et doit \u00eatre \u00e9vacu\u00e9 sur l\u2019h\u00f4pital de Guingamp. Apr\u00e8s sa convalescence, il rallie son r\u00e9giment et la poursuite des Allemands les ram\u00e8ne sur les lieux de l\u2019offensive de Champagne (p. 318) <em>\u00ab&nbsp;Nous savons tous que devant Maisons-en-Champagne, en 1915, nos camarades ont livr\u00e9 des assauts particuli\u00e8rement sanglants. Il en reste une trace effroyable qui nous glace le sang&nbsp;: nous passons devant une fosse commune o\u00f9 reposent mille cinq cents soldats du 44 RI. (\u2026) Vivement notre victoire et la fin de ce cauchemar collectif. Tout cela n\u2019a que trop dur\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb Le 11 novembre l\u2019auteur et ses camarades se trouvent dans une position avanc\u00e9e, la ferme des Vaches, \u00ab&nbsp;<em>isol\u00e9s de tout et de tous&nbsp;<\/em>\u00bb, et l\u2019annonce de la bonne nouvelle les laisse presque \u00ab&nbsp;<em>amorphes<\/em>&nbsp;\u00bb: (p. 321) \u00ab&nbsp;<em>Que de fois nous \u00e9tions-nous promis de f\u00eater l\u2019\u00e9v\u00e9nement&nbsp;! Mais c\u2019est dans un lieu totalement isol\u00e9, puant le souffre et la mort, et dans des conditions atmosph\u00e9riques m\u00e9diocres, et d\u2019absence de ravitaillement surtout, que la formidable nouvelle nous parvient. C\u2019est tout juste si nous disposons d\u2019un peu d\u2019eau potable pour lever notre verre&nbsp;! Et encore devons-nous la chercher \u00e0 un point d\u2019eau \u00e9loign\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb Il n\u2019emp\u00eache que Marcel Guenot conclut ses m\u00e9moires de guerre par cette ligne (p. 322) \u00ab&nbsp;<em>B\u00e9ni soit ce 11 novembre 1918 et que plus rien de tel ne se produise jamais.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, f\u00e9vrier 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le Sang de la Libert\u00e9\u00a0\u00bb &#8211; Guillaume Moingeon, Peirre Gu\u00e9not (\u00e9d.) 1. Le t\u00e9moin N\u00e9 \u00e0 Besan\u00e7on, Marcel Guenot est d\u00e9j\u00e0 incorpor\u00e9 au 60 RI (classe 13) au moment de la mobilisation. Ce caporal entre en Alsace en ao\u00fbt, puis est rapidement embarqu\u00e9 pour la Picardie (combat de Proyart). 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