{"id":4484,"date":"2024-06-03T17:08:08","date_gmt":"2024-06-03T16:08:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4484"},"modified":"2024-06-03T17:08:09","modified_gmt":"2024-06-03T16:08:09","slug":"messimy-adolphe-1869-1935","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/06\/03\/messimy-adolphe-1869-1935\/","title":{"rendered":"Messimy, Adolphe (1869-1935)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Le t\u00e9moignage du g\u00e9n\u00e9ral Messimy, sous le titre <em>Mes souvenirs<\/em>, a paru en 1937 aux \u00e9ditions Plon \u00e0 Paris, selon la volont\u00e9 de l\u2019auteur d\u2019attendre apr\u00e8s sa mort (1<sup>er<\/sup> septembre 1935) pour la publication. Il comprend une introduction de 22 pages sans nom d\u2019auteur, le texte principal de 382 pages et des documents justificatifs en annexe sur 42 pages. Le texte de Messimy est divis\u00e9 en trois parties chronologiques&nbsp;: 1869-1911&nbsp;; 1911-1914&nbsp;; 1914. Il ne traite pas des commandements exerc\u00e9s \u00e0 partir de septembre 1914, mais l\u2019introduction en donne le r\u00e9sum\u00e9. \u00c0 la fin de la guerre il \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ral de brigade, commandant une division.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La premi\u00e8re partie \u00e9voque sa naissance \u00e0 Lyon le 31 janvier 1869, fils de notaire, et son enfance dans une famille bourgeoise. \u00c9tudes classiques, Saint-Cyr, \u00e9cole de guerre. Il assiste \u00e0 la d\u00e9gradation de Dreyfus, persuad\u00e9 comme tous les Fran\u00e7ais de la culpabilit\u00e9 du capitaine juif, puis la campagne de Zola lui ouvre les yeux. Il d\u00e9crit ainsi les antidreyfusards&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;Dans le clan antidreyfusard, une foule de braves gens, ardents patriotes et Fran\u00e7ais de vieille souche, qui, n\u2019ayant jamais lu que <em>le Petit Journal<\/em> ou <em>l\u2019\u00c9clair<\/em>, consid\u00e9raient la culpabilit\u00e9 de Dreyfus comme une des bases fondamentales de la d\u00e9fense nationale, v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e qu\u2019il \u00e9tait criminel de discuter. Tout amour-propre mis \u00e0 part, c\u2019\u00e9tait l\u00e0 qu\u2019on rencontrait le plus d\u2019imb\u00e9ciles.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;Mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, selon son expression, il d\u00e9missionne en ao\u00fbt 1899 de l\u2019arm\u00e9e dans laquelle on ne peut parler librement et dont l\u2019honneur aurait \u00e9t\u00e9 de r\u00e9viser elle-m\u00eame le proc\u00e8s Dreyfus. Il exerce alors pendant trois ans la profession d\u2019agent de change en continuant \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux questions militaires. Dans un article qui attire l\u2019attention, il pr\u00e9conise un service court, l\u2019utilisation intensive des r\u00e9serves et la forte organisation de l\u2019arm\u00e9e de couverture. Il se lance en politique en devenant en 1902 d\u00e9put\u00e9 radical du 14<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La deuxi\u00e8me partie commence avec 1911, \u00ab&nbsp;l\u2019ann\u00e9e d\u2019Agadir&nbsp;\u00bb. Messimy occupe le poste de ministre des Colonies pour un temps tr\u00e8s court. Surtout il est le ministre de la Guerre du cabinet Caillaux, de juin 1911 \u00e0 janvier 1912, pour quelques mois seulement, mais en une p\u00e9riode critique. Messimy admire Caillaux, \u00ab&nbsp;un homme au cerveau lucide, qui d\u00e9sirait la paix mais ne la b\u00ealait point&nbsp;\u00bb et qui a su obtenir un accord favorable \u00e0 la France sur la question marocaine. Pour le poste de commandant en chef des arm\u00e9es fran\u00e7aises en cas de guerre, il faut choisir entre deux candidats, Gallieni et Joffre. Le premier invoque son grand \u00e2ge, et Joffre est retenu. Messimy reconnait ses qualit\u00e9s de calme et d\u2019organisation rigoureuse, mais il aura en p\u00e9riode de guerre, d\u00e8s 1914 et au cours des ann\u00e9es suivantes, \u00e0 le critiquer et \u00e0 constater la sup\u00e9riorit\u00e9 de Gallieni&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;Pendant les ann\u00e9es 1915 et 1916, alors que, commandant de r\u00e9giment ou de brigade, je recevais l\u2019ordre de pr\u00e9parer, sans raisons plausibles, des attaques vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec certain et que je consid\u00e9rais comme des sacrifices inutiles, j\u2019ai souvent maudit Joffre, son grignotage sanglant, son entourage d\u2019officiers brevet\u00e9s qui n\u2019avaient jamais march\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi sous le feu des mitrailleuses et des canons. Et je me suis adress\u00e9 bien souvent le v\u00e9h\u00e9ment reproche de ne pas avoir choisi Gallieni.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Messimy rectifie une erreur commune selon laquelle l\u2019id\u00e9e de renforcer l\u2019artillerie lourde aurait \u00e9t\u00e9 combattue par le Parlement&nbsp;; en fait, l\u2019opposition est venue des services techniques de l\u2019artillerie attach\u00e9s au canon de 75. Quant \u00e0 d\u00e9velopper les forces locales en Afrique du Nord, l\u2019opposition aurait \u00e9t\u00e9 celle des colons inquiets de l\u2019armement des indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 1912, Messimy choisit le d\u00e9partement de l\u2019Ain, plus s\u00fbr que Paris. Dans ses souvenirs, place est faite \u00e0 l\u2019\u00e9pisode amusant qui voit l\u2019ex-ministre de la guerre r\u00e9sister aux avances de Mata Hari, pourtant \u00ab&nbsp;d\u2019un \u00e9clat de beau fruit dor\u00e9 au soleil&nbsp;\u00bb. En mars et avril 1913, il visite les champs de bataille de Thrace o\u00f9 il apprend beaucoup des conditions de la guerre moderne. Conscient du danger pressant en 1913, il est cependant contre la prolongation inutile de l\u2019encasernement mauvais pour le moral. Il s\u2019oppose au pantalon rouge avec des arguments sens\u00e9s mais se heurte \u00e0 <em>l\u2019\u00c9cho de Paris<\/em>, <em>l\u2019Illustration<\/em>, <em>l\u2019\u00c9clair<\/em> et divers politiciens intervenant au nom du prestige de l\u2019uniforme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Faire disparaitre tout ce qui est couleur, tout ce qui donne au soldat son aspect gai, entrainant, rechercher des nuances ternes et effac\u00e9es, c\u2019est aller \u00e0 la fois contre le go\u00fbt fran\u00e7ais et contre les exigences de la fonction militaire.&nbsp;\u00bb (<em>L\u2019Illustration<\/em>, 9 d\u00e9cembre 1911, cit\u00e9 par Messimy)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La troisi\u00e8me partie est centr\u00e9e sur sa nouvelle fonction de ministre de la guerre dans le cabinet Viviani, de juin \u00e0 ao\u00fbt 1914. Il est d\u2019abord question de la non-application des poursuites pr\u00e9vues au carnet B, puis d\u2019aider Joffre \u00e0 \u00ab&nbsp;ne pas perdre la guerre&nbsp;\u00bb, tant ses plans sont ineptes. Messimy affronte \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9crasante tache de porter la France sur le pied de guerre&nbsp;\u00bb. Il fait appel aux troupes d\u2019Afrique. Il obtient l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019offensive russe contre l\u2019ennemi principal en Prusse orientale. Il s\u2019occupe de la liaison avec les arm\u00e9es britannique et belge. Il nomme Gallieni gouverneur militaire de Paris et il oblige Joffre \u00e0 lui donner des forces pour attaquer le flanc de l\u2019aile droite allemande.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Messimy reconnait que l\u2019article du s\u00e9nateur Gervais stigmatisant les troupes du Midi du 15<sup>e<\/sup> Corps \u00e9tait \u00ab&nbsp;une injustice, une erreur et une maladresse&nbsp;\u00bb, et qu\u2019il aurait d\u00fb le censurer&nbsp;: \u00ab&nbsp;La v\u00e9rit\u00e9 m\u2019oblige \u00e0 dire que d\u2019autres grandes unit\u00e9s, originaires d\u2019autres r\u00e9gions de France, ne tinrent pas mieux dans les premi\u00e8res rencontres.&nbsp;\u00bb Le 15<sup>e<\/sup> Corps n\u2019est pas responsable de l\u2019\u00e9croulement du plan de campagne du g\u00e9n\u00e9ral en chef.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les rapports avec le GQG sont difficiles, Joffre ne donnant pas d\u2019informations au gouvernement, surtout quand les nouvelles sont mauvaises, et elles le sont. D\u2019autre part, le conseil des ministres est compos\u00e9 d\u2019hommes \u00ab&nbsp;pour lesquels parler c\u2019est agir&nbsp;\u00bb. La \u00ab&nbsp;brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb de Messimy et son franc-parler d\u00e9plaisent. Pour faire place \u00e0 une combinaison politique int\u00e9grant Millerand, Delcass\u00e9 et Briand, Messimy est \u00e9cart\u00e9. Nouveau ministre de la Guerre, Millerand restera inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 Joffre, et celui-ci sera intouchable apr\u00e8s la victoire de la Marne qui doit beaucoup \u00e0 Gallieni.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le t\u00e9moignage est int\u00e9ressant \u00e0 lire et assez convaincant. Comme il est de r\u00e8gle pour les personnalit\u00e9s ayant exerc\u00e9 de hautes responsabilit\u00e9s, Messimy pr\u00e9sente les documents n\u00e9cessaires \u00e0 la justification de son action. Bien que plusieurs de ses positions sur l\u2019organisation de l\u2019arm\u00e9e soient proches de celles de Jaur\u00e8s, cette proximit\u00e9 n\u2019est jamais revendiqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">R\u00e9my Cazals, f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">On peut consulter le livre de Christophe Robinne, tir\u00e9 de sa th\u00e8se d\u2019histoire, <em>Adolphe Messimy 1869-1935, H\u00e9raut de la R\u00e9publique<\/em>, Paris, \u00c9ditions Temporis, 2022.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moignage du g\u00e9n\u00e9ral Messimy, sous le titre Mes souvenirs, a paru en 1937 aux \u00e9ditions Plon \u00e0 Paris, selon la volont\u00e9 de l\u2019auteur d\u2019attendre apr\u00e8s sa mort (1er septembre 1935) pour la publication. 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