{"id":4526,"date":"2024-08-07T09:59:42","date_gmt":"2024-08-07T08:59:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4526"},"modified":"2026-01-27T16:43:54","modified_gmt":"2026-01-27T15:43:54","slug":"jamet-albert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/08\/07\/jamet-albert\/","title":{"rendered":"Jamet, Albert"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>La guerre vue par un paysan<\/em>, Paris, Albin Michel, 1931, 314 pages<br><br>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<br><br>Albert Jamet suit la mobilisation et les premi\u00e8res batailles de la Grande Guerre dans la capitale, conflit g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 qui finit par le rattraper. \u00ab Et un beau matin, on nous habille tout \u00e0 neuf. Nos cartouchi\u00e8res sont garnies de munitions et l\u2019on a compl\u00e9t\u00e9 nos vivres de r\u00e9serves ; en un mot, nous sommes \u00e9quip\u00e9s du barda du fantassin au complet. Je p\u00e8se le mien par curiosit\u00e9 : 32 kilogs ! \u00bb (page 15). D\u00e9bute alors une guerre \u00e9pique et intense, longue suite de survivances d\u2019un soldat qui dit \u00ab avant notre d\u00e9part, je suis nomm\u00e9 caporal \u00bb (page 15). D\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Commercy (Meuse) et \u00ab accueilli \u00bb par le 134\u00e8me RI, c\u2019est finalement \u00e0 la 33\u00e8me compagnie du 29\u00e8me RI qu\u2019il \u00e9choue. Apr\u00e8s avoir vu ses premiers morts de la guerre, il \u00e9tablit quelques travaux de d\u00e9fense dans le secteur de Girauvoisin, devant le fort de Liouville. Mais c\u2019est en avril 1916 que d\u00e9bute la pr\u00e9cision de sa narration qui commence par un bapt\u00eame du feu, sous la rafale des obus, dont la peur a des r\u00e9percussions sur sa dignit\u00e9. Il est en permission d\u00e8s juillet, mais un bombardement de Paris le rappelle \u00e0 la guerre, puis il revient au front comme caporal d\u2019ordinaire avant d\u2019int\u00e9grer le 2\u00e8me bataillon, (6\u00e8me compagnie), d\u00e9tach\u00e9 au G\u00e9nie au fameux \u00ab point X \u00bb. L\u00e0, il subit la terrible guerre des mines, la boue, la soif, les conditions dantesques d\u2019un petit poste des premi\u00e8res lignes dans l\u2019enfer des \u00c9parges. Apr\u00e8s un repos bien m\u00e9rit\u00e9 et reconstitutif, le r\u00e9giment est affect\u00e9 dans la Somme en d\u00e9cembre 1916 puis en Champagne en janvier 17. D\u2019autres heures p\u00e9nibles se succ\u00e8dent, notamment sur les pentes du Mont Cornillet. Apr\u00e8s une permission, o\u00f9 il constate l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne des mutineries, Jamet retrouve son unit\u00e9 en Argonne \u00e0 partir de juin. La guerre change de nature et il est de plus en plus d\u00e9sign\u00e9 pour des coups de mains nocturnes, r\u00f4le normalement d\u00e9volu aux compagnies franches, pour tenter de faire des prisonniers. C\u2019est l\u2019occasion pour lui de continuer \u00e0 tromper la mort mais il dit : \u00ab A cette mort brutale et si proche on pense toujours, et malgr\u00e9 soi, on l\u2019imagine lointaine, \u00e0 droite ou \u00e0 gauche, mais pas l\u00e0 sur soi \u00bb (page 183), ce qui lui fait dire plus loin : \u00ab La mort ne veut pas de moi \u00bb (page 190). Il s\u2019obstine pour autant \u00e0 vivre et analyse souvent sa relation \u00e0 la mort qui rode. Il dit \u00ab On veut d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment ne pas mourir ! Un d\u00e9tail singulier : je crois avoir remarqu\u00e9 que c\u2019est par beau temps que l\u2019on d\u00e9fend sa vie avec le plus d\u2019acharnement \u00bb (page 192). Pass\u00e9 \u00e0 la 11\u00e8me compagnie, il constate que peu de camarades autour de lui lui sont connus. En mars 1918, il revient dans la Somme et le mois suivant, il combat dans le secteur de Montdidier. Sa relation d\u2019une attaque d\u2019un petit poste pour tenter d\u2019y faire des prisonniers afin d\u2019identifier le r\u00e9giment allemand en face de lui est \u00e9pique et terrible (elle est \u00e0 rapprocher avec le t\u00e9moignage similaire de Paul-Marie Lacombe Bon de La Tour dans La Vosgienne). Il en d\u00e9duit d\u2019ailleurs que la destruction du ch\u00e2teau du Monchel du d\u00e9put\u00e9 Louis Lucien Klotz \u00e0 Ayencourt-le-Monchel, peut-\u00eatre bien attribu\u00e9e \u00e0 une repr\u00e9sailles \u00e0 sa propre op\u00e9ration. Cette pratique des coups de main est alors la nouvelle fa\u00e7on de faire la guerre, qu\u2019il r\u00e9it\u00e8re au niveau de la compagnie en juin. Dans ces actions d\u2019\u00e9clat, il \u00ab attrape \u00bb des citations mais en dit : \u00ab La citation ne m\u2019int\u00e9resse pas, mais cela fait toujours deux jours en plus \u00e0 la prochaine permission \u00bb (page 214). Mais il commence \u00e9galement \u00e0 nourrir quelque inqui\u00e9tude. Il dit : Cette existence-l\u00e0 dure encore quelques temps, et nous avons comme un pressentiment que cela ne peut pas durer toujours \u00bb (page 216). Ayant conscience qu\u2019il est un miracul\u00e9 perp\u00e9tuel, il revient \u00e0 ce sentiment un peu plus loin et dit : \u00ab J\u2019ai l\u2019impression que pour moi ce sera la derni\u00e8re attaque, car je reste le plus ancien de la compagnie, le seul qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9 ? \u00bb page 261. En ao\u00fbt suivant, c\u2019est \u00ab la grande attaque \u00bb devant Montdidier, entre Assainvillers et Piennes, retrouvant la guerre de mouvement et m\u00eame l\u2019emploi de la cavalerie (chapitre XX page 229). Il y fait \u00e9tat de l\u2019hyperviolence de ce type de guerre sans merci, parfois au corps \u00e0 corps. Il \u00e9voque jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gorgement d\u2019un ennemi (page 224), pr\u00e9cision rare dans les t\u00e9moignages. Une nouvelle permission est le pr\u00e9texte \u00e0 donner son sentiment sur la guerre, la lassitude de sa longueur, sa perception dans la population, voire la sienne. Il dit, en septembre 1918, \u00ab A la gare du Nord, o\u00f9 je prends le train, pas un cri de protestation. Un silence qui fait mal. Chacun va comme le mouton dans un troupeau qu\u2019on m\u00e8ne \u00e0 l\u2019abattoir \u00bb (page 249). La guerre a radicalement chang\u00e9 de nature et l\u2019avance se poursuit. C\u2019est maintenant l\u2019attaque de la Ligne Hindenburg, en avant de Saint-Quentin. \u00ab Nous appr\u00e9hendons le choc, que nous pressentons terrible \u00bb (page 260), un pressentiment tel qu\u2019il r\u00e9dige une lettre \u00e0 ses parents dans laquelle il dit : \u00ab Si je suis tu\u00e9, c\u2019est la destin\u00e9e qui l\u2019aura voulu. (\u2026) Que voulez-vous, c\u2019est la guerre ; la guerre est faite pour se tuer mutuellement. C\u2019est un miracle de s\u2019en sortir avec rien. Il peut arriver aussi que je sois fait prisonnier. Tout \u00e7a, encore une fois, c\u2019est une question de destin\u00e9e \u00bb (page 261). Et en effet, l\u2019attaque et le massacre des hommes, comme des prisonniers, sont terribles ; lui-m\u00eame s\u2019interroge pour assassiner de sang-froid un officier prisonnier, avant finalement de renoncer. \u00ab Dois-je le tuer celui-l\u00e0 ? J\u2019h\u00e9site. Il me regarde et tremble pr\u00e8s de moi \u00bb (\u2026) et je dis au soldat Catel : &#8211; Fous-lui une balle dans la peau, moi je ne peux pas. Catel le regarde et me dit : &#8211; Cabot, maintenant qu\u2019il s\u2019est rendu, et se trouve sans d\u00e9fense, je ne peux tirer dessus, et peut-\u00eatre arrivera-t-il tout de m\u00eame dans nos tranch\u00e9es \u00bb (pages 266-267). Mais \u00e0 force de pousser en avant, \u00ab le 29 septembre, vers trois heures de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00bb, il est fait prisonnier devant Urvillers (page 273). D\u00e9bute la relation rare de la capture, de l\u2019interrogatoire, et le d\u00e9part en lamentable troupeau vers une Allemagne elle-m\u00eame en piteux \u00e9tat. Il arrive \u00e0 Aix-la-Chapelle puis est intern\u00e9 au camp de Giessen o\u00f9 il subit les privations jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit, avec ses camarades de mis\u00e8re, rassembl\u00e9s pour entendre : \u00ab L\u2019Allemagne est en R\u00e9publique ! Vous les prisonniers, vous allez \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s\u2026 \u00bb (page 303). A la fin de novembre, il rentre enfin chez ses parents \u00e0 qui l\u2019on r\u00e9pondait invariablement : \u00ab Disparu le 29 septembre 1918 \u00bb ! (page 310).<br><br><br>Commentaires sur l&rsquo;ouvrage : <br><br>Dans la pr\u00e9face de Jean Martet, \u00e9crivain, secr\u00e9taire de Georges Clemenceau, rapporte les propos introductifs de l\u2019auteur : \u00ab Je m\u2019appelle Albert Jamet. Avant la guerre, je poussais la charrue. La guerre est venue, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au front, et j\u2019y suis rest\u00e9 jusqu\u2019au jour o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fait prisonnier, exp\u00e9di\u00e9 en Allemagne. Je suis revenu en France apr\u00e8s l\u2019armistice. Aujourd\u2019hui, je suis chauffeur d\u2019auto \u00bb (page 7). On sait en effet peu de choses sur Jamet, berrichon, mais que la guerre ne vient pas chercher chez ses parents mais dans un appartement parisien (page 21). Il dit avoir plusieurs fr\u00e8res, dont un est d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9 en juillet 1916. A part une l\u00e9g\u00e8re blessure au d\u00e9but de 1917, Jamet traverse la guerre en voyant se succ\u00e9der les miracles tant il aurait d\u00fb \u00eatre tu\u00e9 mille fois. Aussi, le livre de ce soldat-paysan aurait pu \u00eatre sous-titr\u00e9 \u00ab Journal de guerre d\u2019un miracul\u00e9 \u00bb. Le t\u00e9moignage est dense, dat\u00e9 et pr\u00e9cis et Jamet exerce diff\u00e9rentes fonctions au cours de son parcours, sur toute la dur\u00e9e de la guerre (fonction diverse de caporal, organisateur de corps franc, ou un stage de grenadier). Son style, vivant et enjou\u00e9, vaut \u00e9galement pour le vocabulaire du soldat. Jamet est notamment relativement obnubil\u00e9 par l\u2019hygi\u00e8ne et sa possibilit\u00e9 de souscrire \u00e0 des besoins naturels, volontaires ou provoqu\u00e9s par les circonstances ! Il rapproche cet aspect \u00e0 celui de sa condition d\u2019homme traqu\u00e9 et dit \u00ab Voil\u00e0 ce qu\u2019on a fait des hommes ! \u00bb (page 66). L\u2019ouvrage peut \u00eatre sur ce seul aspect physiologique utilement analys\u00e9. Mais, plus fortement, l\u2019ouvrage a de fr\u00e9quentes et profondes analyses psychologiques ; son acceptation d\u2019une mort in\u00e9luctable par exemple n\u2019est pas tue. Au terrible Point X, il dit : \u00ab La mort, je ne la redoute pas. Je la sens pr\u00e9sente. Je lui appartiens. Je l\u2019attends \u00bb (page 55). Mais, \u00e9chappant souvent \u00e0 l\u2019in\u00e9luctable, il d\u00e9veloppe quelque peu le sentiment, qu\u2019il collectivise m\u00eame, d\u2019\u00eatre invuln\u00e9rable. Il dit : \u00ab \u2026 la pens\u00e9e intime de tous, c\u2019est que les obus tombent toujours \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous. Le sentiment bizarre d\u2019\u00eatre invuln\u00e9rable soutient notre esp\u00e9rance, c\u2019est ce qui nous donne la force de tant souffrir. Sans cette illusion nul homme ne pourrait vivre dans cette mis\u00e8re (p. 90) \u00bb. Plus loin, en 1918, revenu miraculeusement d\u2019un coup de main nocturne, il dit : \u00ab D\u00e9cid\u00e9ment pour avoir r\u00e9ussi \u00e0 me tirer vivant de ce coin-l\u00e0, c\u2019est que la mort ne veut pas de moi \u00bb (page 190). Il ne tait pas \u00e9galement son sentiment, comme celui, g\u00e9n\u00e9ral, lorsqu\u2019il est en permission. Haletant et tr\u00e8s dynamique, il est aussi riche que fourmillant d\u2019informations utiles \u00e0 l\u2019Historien, r\u00e9v\u00e9lant malgr\u00e9 une origine (relativement) pl\u00e9b\u00e9ienne un des tr\u00e8s bons t\u00e9moins de la Grande Guerre. En t\u00e9moigne le nombre cons\u00e9quent d\u2019\u00e9l\u00e9ments utiles extraits de cette \u00ab Guerre vue par un paysan \u00bb. Peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u00e9pr\u00e9ciant ce t\u00e9moignage sont d\u00e9cel\u00e9s \u00e0 sa lecture ; on note toutefois que certains noms cit\u00e9s, tels Rasterre ou Vilbac (le Vosgien) page 188 par exemple, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s sur le site de M\u00e9moire des Hommes mais celui de Louis Arquinet, tu\u00e9 le 11 avril 1918 \u00e0 Ayencourt y figure (page 187). Enfin, la relation de sa capture et les derni\u00e8res semaines sous le statut de prisonnier dans une Allemagne exsangue sont parmi les pages rares des t\u00e9moignages de cette qualit\u00e9.<br><br><br>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage :<br><br>Page 15 : Il p\u00e8se son sac qui fait 32 kg.<br>18 : \u00ab Pisse \u00bb par la fen\u00eatre de sa chambre car il ne conna\u00eet pas la caserne dans laquelle il dort et qui n\u2019a pas de lumi\u00e8re<br>19 : Voit ses premiers morts<br>21 : Fait dans son pantalon \u00e0 cause d\u2019un obus ; c\u2019est son bapt\u00eame du feu (vap 40, 41, 44, 48, 66, 67, 107)<br>27 : D\u00e9couvre la guerre : \u00ab \u2026 faire le \u00ab plat ventre \u00bb lorsqu\u2019arrive un obus, qui du reste le plus souvent est arriv\u00e9 avant que l\u2019on ait eu le temps de se coucher \u00e0 terre, je me rends compte que c\u2019est l\u00e0 un genre d\u2019existence auquel il sera difficile de s\u2019habituer \u00bb<br>28 : Ram\u00e8ne un souvenir d\u2019artisanat de tranch\u00e9e<br>30 : Bombard\u00e9 \u00e0 Paris, il fait confiance \u00e0 sa chance<br>34 : Comment fonctionne la cuisine d\u2019une compagnie, r\u00e9partition des vivres <br>41 : Vision dantesque du front au Point X<br>42 : Bruit des obus, gal\u00e9jade<br>55 : Sur la mort, in\u00e9luctable : \u00ab La mort, je ne la redoute pas. Je la sens pr\u00e9sente. Je lui appartiens. Je l\u2019attends \u00bb <br>62 : Boue (vap 186)<br>66 : Odeur du front : \u00ab A l\u2019odeur des cadavres et de la poudre se m\u00eale celle de nos excr\u00e9ments \u00bb<br>67 : Rats<br>72 : La soif<br>75 : Faire l\u2019exercice, occupation idiote en grand repos<br>76 : Lance-flammes Vermorel<br>81 : Horreur de la tentative de r\u00e9cup\u00e9rer les bottes d\u2019un allemand mort<br>86 : Vue d\u2019obus au d\u00e9part : \u00ab \u00c0 le voir partir on dirait un enfant s\u2019\u00e9lan\u00e7ant dans l\u2019espace \u00e0 la conqu\u00eate du ciel \u00bb<br>     : Poux et lutte contre (vap 91, 173, 239)<br>87 : Froid (vap 93, 95 (pain et vin gel\u00e9s))<br>88 : Bois des Satyres, bois du Casino, anciens lieux de libations allemands expliqu\u00e9s<br>90 : Sentiment bizarre comme illusoire d\u2019\u00eatre invuln\u00e9rable<br>91 : La Madelon chant\u00e9e par un soldat<br>97 : Horreur<br>99 : Bruit du no man\u2019s land<br>104 : Pourquoi il se bat : \u00ab La consolation, c\u2019est de savoir que nous nous battons pour le Droit et la Civilisation, la Libert\u00e9 des Peuples et la Paix Perp\u00e9tuelles, quand la guerre sera finie. J\u2019ai seulement bien peur qu\u2019au train dont vont les choses il ne reste plus personne pour assister au triomphe de ces belles choses-l\u00e0 ! \u00bb<br>       : les lettres, la censure et les auto-mensonges, le moral<br>106 : Solidarit\u00e9 de mis\u00e8re<br>107 : Horreur d\u2019un homme gravement bless\u00e9<br>108 : Sur la sape : \u00ab Le pilonnage continue. Que d\u2019obus ! que d\u2019obus ! Sans la sape, il ne resterait pas un homme vivant. Il n\u2019y a que l\u2019\u00eatre humain qui puisse r\u00e9sister \u00e0 une chose de pareil. Les rats n\u2019ont pas pu tenir le coup. Ils sont tous crev\u00e9s. Un chien ne supporterait pas quinze jours de cette existence-l\u00e0 ; vivre couch\u00e9 dans la boue, respirer continuellement l\u2019odeur de la poudre et des cadavres, et avec cela \u00eatre dans un continuel \u00e9tat d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ou d\u2019\u00e9pouvante qui use les forces nerveuses \u00bb.<br>109 : \u00ab Dans notre enfer, il arrive qu\u2019on chante pour ne pas pleurer \u00bb<br>117 : Tromblon VB, Chauchat (vap 269 (il ne l\u2019aime pas !) et 280)<br>121 : Prix du champagne<br>122 : Vol d\u2019un cochon<br>131 : Conseil de guerre pour les hommes qui ne sont pas mont\u00e9s au Cornillet : \u00ab Nous ne savons pas la suite \u00bb<br>       : Moral en permission, mutineries dans les trains : \u00ab Au d\u00e9part des trains de permissionnaires, \u00e7a va mal \u00bb (vap 133)<br>133 : Vue d\u2019un cimeti\u00e8re de fusill\u00e9s (secteur de Sainte-Menehould)<br>134 : Cartes de ravitaillements diverses, ambiance<br>135 : Reboursite appel\u00e9e \u00ab guerre de repos \u00bb<br>       : Live and let live, fraternisation, contacts<br>       : D\u00e9sertion allemande, r\u00e9pression<br>140 : Corps francs (vap 146)<br>145 : Comment on rentre \u00ab au bruit \u00bb d\u2019une patrouille nocturne, pour trouver la direction<br>147 : Ration de vin r\u00e9duite au repos : \u00ab 3\/4 de litre seulement pour la journ\u00e9e \u00bb, vin ordinaire (aramon), diff\u00e9rence avec le vin bouch\u00e9 et prix (fin 148)<br>151 : Sentiment de g\u00eane du permissionnaire \u00ab il y a dans leur attitude quelque chose pour nous reprocher d\u2019\u00eatre encore vivants \u00bb. Se sent responsable. Bourreurs de cr\u00e2nes. Son sentiment dans le train au retour, ambiance apr\u00e8s les mutineries : \u00ab Comme si le train emportait la mort avec lui \u00bb, vue de la gare de l\u2019Est<br>152 : \u00ab On s\u2019est d\u00e9shabitu\u00e9 si enti\u00e8rement de la vie civile qu\u2019on se demande en soi si l\u2019on pourra jamais reprendre son ancien m\u00e9tier \u00bb<br>158 : Vue d\u2019un convoi de camions<br>162 : Respect d\u2019une maison abandonn\u00e9e<br>164 : On utilise les portes et les volets pour faire la cuisine<br>166 : Femme collabo<br>174 : Sur les m\u00e9tiers de n\u00e9cessit\u00e9 de la guerre \u00ab Et un employ\u00e9 de bureau dans le civil se transforme en bon terrassier lorsqu\u2019il s\u2019agit pour lui de sauver sa peau \u00bb<br>       : \u00ab \u2026 le village de Veaux qui est en zone neutre. Mais pour les obus il est en zone internationale, du fait que nous en bombardons une partie et les Allemands l\u2019autre \u00bb<br>181 : \u00ab Camarade ! \u00bb, \u00ab langue internationale, entendu des deux c\u00f4t\u00e9s de la tranch\u00e9e \u00bb<br>       : \u00ab Tu as les gr\u00f4les ! \u00bb : tu as peur<br>186 : \u00ab Ainsi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 convenu en pr\u00e9vision d\u2019\u00e9v\u00e8nements, j\u2019\u00e9cris \u00e0 une tierce personne charg\u00e9e de pr\u00e9venir la famille avec tous les m\u00e9nagements possibles. La pauvre m\u00e8re d\u2019Arquinet \u00e9tant grave malade, il importe de lui cacher la triste nouvelle \u00bb, il en est r\u00e9compens\u00e9 d\u2019une somme de 100 francs pour faire une belle tombe \u00e0 Louis Arquinet<br>187 :  Vue d\u2019obus incendiaires tir\u00e9s sur Montdidier<br>188 : Relation \u00e9pique d\u2019une patrouille au contact, se croit mort<br>193 : Re\u00e7oit l\u2019ordre de monter un coup de main pour identifier le r\u00e9giment allemand, prime de prisonnier ou d\u2019effet captur\u00e9 (cf. t\u00e9moignage de Bon de La Tour) (vap 211)<br>195 : Comment il se d\u00e9roule, \u00e9chec mais Jamet gagne 100 francs pour un fusil r\u00e9cup\u00e9r\u00e9<br>198 : Destruction du ch\u00e2teau de Monchel appartenant au d\u00e9put\u00e9 Klotz, r\u00e9percussion possible de son coup de main<br>201 : Retire un \u00e9clat d\u2019obus dans le corps d\u2019un homme, horreur<br>203 : Boutons recousus avec du fil t\u00e9l\u00e9phonique<br>208 : Vague d\u2019avions ressemblant \u00e0 un gros nuage<br>211 : Autre coup de main, au niveau compagnie, r\u00e9sultat, d\u00e9coration, le pourquoi du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour mais permission et r\u00e9compenses (vap 243)<br>215 : Tr\u00eave tacite suite \u00e0 une inondation de tranch\u00e9e pour \u00e9coper, contact, \u00ab nous nous faisons des r\u00e9v\u00e9rences avec le bras \u00bb<br>216 : Pr\u00e9sentiment n\u00e9faste (vap 261)<br>220 : Attaque d\u2019avions sur les ballons puis attaque g\u00e9n\u00e9rale<br>223 : Combat entre une mitrailleuse et un canon de 37<br>224 : Egorgement<br>231 : Reddition r\u00e9gl\u00e9e par la cavalerie<br>232 : Fusil-mitrailleur, trop encombrant et manquant de pr\u00e9cision, non jet\u00e9 \u00ab par crainte du Conseil de guerre \u00bb<br>       : Sapes allemandes camoufl\u00e9es par effet de peinture, vue de l\u2019int\u00e9rieur, pillage<br>233 : D\u00e9mine un d\u00e9p\u00f4t de munitions<br>244 : Vue de Martiniquais et de S\u00e9n\u00e9galais, ce qu\u2019il en pense<br>246 : Permission. Remarque un changement dans la population, froideur \u00e0 l\u2019\u00e9gard du soldat<br>247 : Fait des cauchemars<br>249 : Ambiance de retour au front : \u00ab A la gare du Nord, o\u00f9 je prends le train, pas un cri de protestation. Un silence qui fait mal. Chacun va comme le mouton dans le troupeau qu\u2019on m\u00e8ne \u00e0 l\u2019abattoir. \u00bb<br>259 : Rencontre un condamn\u00e9 d\u2019une compagnie de discipline<br>260 : Envoi une lettre testament, d\u00e9lai postal<br>263 : Sauve un camarade charg\u00e9 de grenades qui prend feu<br>264 : Carnage de prisonniers<br>266 : S\u2019interroge pour tuer un officier prisonnier, puis renonce, brutalisation<br>268 : Coinc\u00e9 entre deux mitrailleuses ennemies<br>       : Fus\u00e9e \u00e0 6 feux<br>273 : Fait prisonnier, sa relation avec les allemands<br>279 : Pense \u00eatre assassin\u00e9 ! Mais 3 interrogatoires, sans violence<br>       : Vue d\u2019un alsacien francophile (vap 282)<br>283 : A cach\u00e9 un Louis d\u2019or dans son calot (vap 309)<br>       : Camp de prisonnier, nourriture et mis\u00e8re<br>287 : Convoi vers l\u2019Allemagne, vision \u00e9pique : \u00ab Il faut voir cette mis\u00e8re de la guerre sur les routes : nos chariots lourdement charg\u00e9s tir\u00e9s par trente hommes environ, et suivis d\u2019une horde humaine, maigre, sale, d\u00e9chir\u00e9e, et que la vermine ronge \u00bb <br>288 : Bo\u00eete de sang en conserve<br>291 : En train<br>292 : Moral allemand<br>294 : Vue des Allemands en Allemagne<br><br>Chapitrage de l&rsquo;ouvrage<br>C\u2019est la guerre (p.7) \u2013 Le bapt\u00eame du feu (p.21) \u2013 La permission (p.27) \u2013 Caporal d\u2019ordinaire (p.33) \u2013 Aux Eparges (p.36) \u2013 La guerre de mine (p.47) \u2013 La corv\u00e9e de soupe (p.53) \u2013 La rel\u00e8ve du petit poste (p.61) \u2013 Le grand repos (p.75) \u2013 Dans la Somme (p.79) \u2013 En Champagne (p.92) \u2013 Au Mont Cornillet (p.117) \u2013 En Argonne (p.133) \u2013 Retour dans la Somme (p.157) \u2013 Vers Montdidier (p.173) \u2013 Attaque d\u2019un petit poste (p.193) \u2013 Attaque des Allemands (p.205) \u2013 Coup de main de la Compagnie (p.211) \u2013 La grande attaque (p.217) \u2013 Attaque de la cavalerie (p.229) \u2013 La rel\u00e8ve (p.241) \u2013 La permission (p.245) \u2013 Le retour \u00e0 la Compagnie (p.249) \u2013 Attaque de la Ligne Hindenburg (p.253) \u2013 Prisonniers (p.273) \u2013 Vers l\u2019Allemagne (p.287) \u2013 En Allemagne (p.295) \u2013 La r\u00e9volution en Allemagne (p.301) \u2013 Le retour (p.307).<br><br><em>Yann Prouillet &#8211; ao\u00fbt 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre vue par un paysan, Paris, Albin Michel, 1931, 314 pages R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : Albert Jamet suit la mobilisation et les premi\u00e8res batailles de la Grande Guerre dans la capitale, conflit g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 qui finit par le rattraper. \u00ab Et un beau matin, on nous habille tout \u00e0 neuf. 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