{"id":4565,"date":"2024-09-04T21:22:07","date_gmt":"2024-09-04T20:22:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4565"},"modified":"2024-09-19T16:44:14","modified_gmt":"2024-09-19T15:44:14","slug":"guedeney-alfred-1872-1958","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/09\/04\/guedeney-alfred-1872-1958\/","title":{"rendered":"Gu\u00e9deney, Alfred (1872-1958)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Adieu mon commandant. Souvenirs d\u2019un officier<\/em> (Pr\u00e9sent\u00e9 par Cl\u00e9mence Reynaud et Denis Rolland), Senones, Edhisto, 2018, 346 p. <br><br><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage<\/strong> :<br>\u00ab Pendant toute ma vie militaire j\u2019ai \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 ma m\u00e8re, lui racontant les d\u00e9tails de tout ce que je faisais, elle a conserv\u00e9 toutes mes lettres et je les ai retrouv\u00e9es apr\u00e8s sa mort. Lorsque j\u2019\u00e9tais s\u00e9par\u00e9 de ma femme je lui \u00e9crivais \u00e9galement et elle aussi a conserv\u00e9 cette correspondance. Enfin au cours des diverses campagnes que j\u2019ai faites, j\u2019ai not\u00e9 au jour le jour sur des carnets le r\u00e9sum\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements auxquels j\u2019assistais et, la campagne finie, j\u2019ai mis ces notes en ordre. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces notes et aux lettres que j\u2019ai \u00e9crites que j\u2019ai pu r\u00e9diger ces souvenirs. C\u2019est ce qui explique la pr\u00e9cision de dates, de noms propres et de faits que j\u2019aurais certainement oubli\u00e9s en partie si je n\u2019en avais pas retrouv\u00e9 la trace \u00e9crite. \u00bb C\u2019est par ces quelques lignes que Gu\u00e9deney d\u00e9bute ses m\u00e9moires. Le manuscrit original comporte en tout six cahiers soit 1 500 pages environ couvrant la p\u00e9riode 1892-1945. D\u00e9coup\u00e9 en 39 chapitres, il couvre l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la carri\u00e8re militaire de l\u2019auteur. L\u2019\u00e9dition de ce corpus consid\u00e9rable a donc \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble des souvenirs de la p\u00e9riode de la guerre de 1914-1918, c\u2019est-\u00e0-dire les chapitres 14 \u00e0 32, et r\u00e9sumer les autres p\u00e9riodes. Ainsi le lecteur, plong\u00e9 au c\u0153ur de la Grande Guerre, aura pris connaissance de la formation de l\u2019officier et de sa carri\u00e8re d\u2019apr\u00e8s-guerre. Le texte est \u00e9crit dans un style simple et clair, facile \u00e0 lire, un peu influenc\u00e9 par le langage militaire. Il est organis\u00e9 en chapitres coh\u00e9rents avec r\u00e9sum\u00e9 en t\u00eate. Quelques notes de bas de page le compl\u00e8tent parfois. Nous avons conserv\u00e9 cette pr\u00e9sentation, m\u00eame si elle peut para\u00eetre un peu d\u00e9su\u00e8te, car elle traduit les intentions de l\u2019auteur et met en \u00e9vidence les points particuliers du t\u00e9moignage. Pour faciliter la compr\u00e9hension du r\u00e9cit, nous avons ajout\u00e9 des notes de bas de page. Pour les distinguer de celles de l\u2019auteur, les premi\u00e8res sont signal\u00e9es et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019un ast\u00e9risque. Les secondes sont num\u00e9rot\u00e9es. Ces souvenirs, termin\u00e9s en f\u00e9vrier 1935, ont \u00e9videmment subi l\u2019influence du contexte politique et social de l\u2019entre-deux-guerres. Ce n\u2019est pas trop sensible pour les \u00e9v\u00e9nements directement v\u00e9cus par l\u2019auteur car les faits sont les faits. Il s\u2019est d\u2019ailleurs le plus souvent limit\u00e9 \u00e0 rapporter les \u00e9v\u00e9nements dont il a \u00e9t\u00e9 un t\u00e9moin direct. Au moment o\u00f9 il r\u00e9dige ses souvenirs, il est en retraite ce qui lui donne une libert\u00e9 d\u2019\u00e9criture qu\u2019il n\u2019aurait pas eue avant. De plus, \u00e0 cette date, beaucoup de protagonistes sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. C\u2019est le cas du g\u00e9n\u00e9ral G\u00e9rard si souvent mis en cause. En revanche, moins de vingt ans apr\u00e8s la fin de la guerre, certains \u00e9pisodes, comme les mutineries de 1917, sont encore mal interpr\u00e9t\u00e9s. Les explications donn\u00e9es par Gu\u00e9deney sont alors celles les plus commun\u00e9ment admises \u00e0 cette \u00e9poque. Les notes et commentaires qui ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s en bas de page permettent de rectifier ces erreurs. Les sentiments personnels sont pour ainsi dire absents de ses souvenirs, l\u2019auteur ne se livre pas. Cela ne correspond pas \u00e0 une duret\u00e9 de caract\u00e8re mais \u00e0 un choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Il s\u2019agit avant tout de raconter sa carri\u00e8re militaire et les \u00e9v\u00e9nements extraordinaires qui l\u2019ont marqu\u00e9e. Ce choix est rarement transgress\u00e9, comme lorsqu\u2019il quitte le 9<sup>e<\/sup> BCP, le c\u0153ur serr\u00e9 \u00e9crit-il, \u00ab je ne pus m\u2019emp\u00eacher de verser des larmes \u00bb mais il se ravise imm\u00e9diatement, raye cette phrase pour la remplacer par \u00ab je ne pus m\u2019emp\u00eacher d\u2019avoir les larmes aux yeux \u00bb, car un officier ne pleure pas. En 2013, 2 500 ouvrages pouvant \u00eatre class\u00e9s dans la litt\u00e9rature testimoniale ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9s. Le centenaire en a ajout\u00e9 plusieurs centaines d\u2019autres. M\u00eame si tous ne sont pas des t\u00e9moignages authentiques, on comprend qu\u2019il est bien difficile de situer celui de Gu\u00e9deney dans cette immensit\u00e9. En 1928, Jean-Norton Cru avait \u00e9tudi\u00e9 252 t\u00e9moignages. Il les avait class\u00e9s en cinq genres (journaux, souvenirs, lettres, r\u00e9flexions et romans) et six classes, de la meilleure \u00e0 la moins bonne. Quarante t\u00e9moignages \u00e9manaient d\u2019officiers de carri\u00e8re et parmi eux, trois seulement appartenaient \u00e0 la premi\u00e8re classe, quatre \u00e0 la seconde. Son crit\u00e8re de choix \u00e9tait la \u00ab v\u00e9rit\u00e9 du t\u00e9moin sinc\u00e8re qui dit ce qu\u2019il a fait, vu et senti [\u2026]. C\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 que l\u2019historien, le psychologue, le sociologue prisent dans le t\u00e9moignage. \u00bb \u00c0 lire les souvenirs de Gu\u00e9deney et tenant compte des recoupements que nous avons faits, il nous semble que son t\u00e9moignage aurait \u00e9t\u00e9 retenu par ce critique. Pour conna\u00eetre la guerre, disait encore Jean-Norton Cru, il faut l\u2019avoir v\u00e9cu comme commandant de compagnie au maximum : \u00ab Seul celui qui vit jour et nuit dans la tranch\u00e9e sait la guerre moderne\u2026 \u00bb. N\u00e9anmoins il relativisait cette analyse en classant parmi les meilleurs t\u00e9moignages ceux du contre-amiral Ronarc\u2019h et les lettres posthumes du colonel Bourguet. Ces deux seuls t\u00e9moignages d\u2019officiers sup\u00e9rieurs ne couvraient que le d\u00e9but de la guerre. Il ne semble pas que Cru ait connu de t\u00e9moignages comparables \u00e0 celui de Gu\u00e9deney. Certes, depuis 1928, beaucoup d\u2019ouvrages ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, mais on peut consid\u00e9rer que le corpus de 252 t\u00e9moignages a valeur de sondage, ce qui souligne la raret\u00e9 de celui de notre auteur. Parmi les ouvrages les plus r\u00e9cents et \u00e0 titre d\u2019exemple seulement, on peut tenter quelques rapprochements, au moins sur ce que Jean-Norton Cru a appel\u00e9 \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 du t\u00e9moin \u00bb. Sur sa p\u00e9riode de commandant d\u2019unit\u00e9, le t\u00e9moignage de Gu\u00e9deney, dans sa pr\u00e9cision et ses r\u00e9flexions sur les combats, n\u2019est pas sans rappeler celui de Paul Tuffrau. Le franc-parler et l\u2019humour du g\u00e9n\u00e9ral Guillaumat dans ces correspondances de guerre offrent aussi quelques similitudes avec ce t\u00e9moin. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ces souvenirs est notablement accru par trois albums contenant plus de 600 clich\u00e9s dont pr\u00e8s de 250 de la Grande Guerre. Le choix \u00e9ditorial des deux pr\u00e9sentateurs de l\u2019ouvrage, Cl\u00e9mence Reynaud, conservatrice du Patrimoine, et Denis Rolland, est en harmonie avec celui des m\u00e9moires : la totalit\u00e9 des clich\u00e9s de la guerre et un nombre limit\u00e9 des autres p\u00e9riodes. Les albums \u00e9tant parfaitement l\u00e9gend\u00e9s, la publication des planches photographiques dans un format proche de l\u2019original permet de donner plus d\u2019authenticit\u00e9 \u00e0 ces vues qui sont quelquefois exceptionnelles et en tout cas in\u00e9dites. <br>Lorsqu\u2019on se plonge dans ses souvenirs, on est surpris par la pr\u00e9cision du r\u00e9cit. La comparaison avec les journaux de marche et op\u00e9rations des unit\u00e9s auxquelles a appartenu Gu\u00e9deney est \u00e9difiante. Ces derniers paraissent en effet sans grand int\u00e9r\u00eat. Il en est de m\u00eame lorsque, chef d\u2019\u00e9tat-major du 1<sup>er <\/sup>corps d\u2019arm\u00e9e, il r\u00e9dige lui-m\u00eame le JMO. Dans ce r\u00e9cit, la haine de l\u2019Allemand, omnipr\u00e9sente, n\u2019est gu\u00e8re surprenante. Dans les ann\u00e9es qui pr\u00e9c\u00e8dent la guerre, partout en France elle est caricaturale et assum\u00e9e. Depuis la guerre de 1870 et la perte de l\u2019Alsace et de la Lorraine flotte un esprit de revanche. Remiremont est \u00e0 une quarantaine de kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re avec l\u2019Alsace, ce qui donne un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Nous l\u2019avons \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, la guerre de 1870 et la s\u00e9paration de l\u2019Alsace et de la Lorraine ont \u00e9t\u00e9 mal v\u00e9cues dans la famille de l\u2019auteur. Dans ce contexte, il ne faut pas s\u2019\u00e9tonner qu\u2019il affiche continuellement sa haine des Allemands. Il semble d\u2019ailleurs que ce sentiment progresse tout au long du texte comme s\u2019il \u00e9tait en rapport avec l\u2019importance des pertes et des destructions. P\u00e9tain, par exemple, a fait toute sa carri\u00e8re en France. Les exactions commises par les Allemands contre les populations civiles au d\u00e9but de la guerre, contraires \u00e0 la conf\u00e9rence de La Haye de 1907, vont contribuer \u00e0 accro\u00eetre le sentiment antiallemand. L\u2019utilisation du mot \u00ab boche \u00bb participe \u00e0 l\u2019expression de cette haine. Mais il faut le nuancer, car il est alors couramment employ\u00e9. L\u2019auteur ne l\u2019utilise d\u2019ailleurs pas syst\u00e9matiquement. Denis Rolland a compt\u00e9 195 occurrences pour Boche, 190 pour Allemand et 396 pour ennemi. De m\u00eame, les affirmations sur l\u2019odeur de l\u2019Allemand, qui peuvent para\u00eetre extr\u00eamement choquantes aujourd\u2019hui, doivent \u00eatre replac\u00e9es dans le contexte de l\u2019\u00e9poque. D\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, l\u2019id\u00e9e s\u2019est r\u00e9pandue qu\u2019une odeur naus\u00e9abonde accompagne l\u2019ennemi. Elle impr\u00e8gne les lieux occup\u00e9s par les Allemands. Certains affirment m\u00eame que les cadavres allemands sentent plus mauvais que les Fran\u00e7ais. Cette forme de d\u00e9nigrement de l\u2019ennemi est pr\u00e9sente dans de nombreux t\u00e9moignages, correspondances et articles de presse. D\u00e8s lors, on ne peut pas consid\u00e9rer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un simple objet de propagande mais bien d\u2019un pr\u00e9jug\u00e9 qui avait d\u2019ailleurs trouv\u00e9 un ancrage scientifique. Un m\u00e9decin et psychiatre fran\u00e7ais reconnu, le docteur Edgar B\u00e9rillon, avait invent\u00e9 toute une th\u00e9orie pour expliquer le myst\u00e8re de la mauvaise odeur allemande. Cette th\u00e9orie, qualifi\u00e9e \u00e0 juste titre de \u00ab d\u00e9lire scientifico-patriotique \u00bb par J.L. Lefr\u00e8re et B. Perche, \u00e9tait selon B\u00e9rillon le r\u00e9sultat d\u2019une absence de contr\u00f4le des affects entra\u00eenant une sudation surabondante. Pour absurde qu\u2019elle f\u00fbt, cette rumeur s\u2019est transform\u00e9e en certitude tout comme ces espions qu\u2019on voyait partout. Cette haine de l\u2019Allemand est tr\u00e8s fr\u00e9quente dans les souvenirs des combattants mais elle est rarement si affirm\u00e9e. Dans son intensit\u00e9, elle est proche de celle que l\u2019on peut lire dans les carnets de l\u2019aspirant Laby. Mobilis\u00e9 comme m\u00e9decin, il r\u00e9clame m\u00eame la permission d\u2019aller se poster toute une journ\u00e9e dans une tranch\u00e9e de premi\u00e8re ligne pour pouvoir tuer un Allemand. Pourquoi le fait-il ? Il ne sait pas l\u2019expliquer. On peut se demander si ce n\u2019est pas ce m\u00eame sentiment obscur de vengeance qui conduit Gu\u00e9deney \u00e0 faire ex\u00e9cuter sur-le-champ un Allemand convaincu de pillage par les objets trouv\u00e9s sur lui. On le voit tout au long du texte, Gu\u00e9deney est proche de ses hommes, qu\u2019il d\u00e9signe souvent comme \u00ab mes braves gens \u00bb. L\u2019expression peut para\u00eetre condescendante. Il ne faut pas s\u2019y tromper, il s\u2019agit bien d\u2019une r\u00e9elle proximit\u00e9 rendue possible par la modestie de l\u2019auteur, par ailleurs soucieux du moral de ses hommes. Pour cela, il sait qu\u2019il faut leur inculquer l\u2019esprit de corps indispensable \u00e0 la coh\u00e9sion d\u2019un groupe. Il s\u2019oppose parfois aux ordres sup\u00e9rieurs qui conduiraient \u00e0 \u00ab faire massacrer \u00bb ses chasseurs. Tout en mettant au premier plan la discipline, il ne n\u00e9glige aucun moyen pour maintenir ou relever le moral de ses combattants. C\u2019est ainsi que le 1er janvier 1915, il offre une coupe de champagne \u00e0 ses officiers et sous-officiers. Il sait aussi fermer les yeux quand il le faut, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du moral de la troupe. L\u2019un des attraits de ces m\u00e9moires est de suivre l\u2019\u00e9volution de la machine de guerre : changement de l\u2019\u00e9quipement du soldat avec le nouvel uniforme \u00ab bleu horizon \u00bb et le casque Adrian, compositions des unit\u00e9s, effets pervers de la loi Mourier, r\u00e9gime des permissions, etc. On y observe aussi l\u2019apparition des nouveaux armements, mortiers Cellerier et grenades artisanales en novembre 1914, des grenades Viven-Bessi\u00e8re (V-B) et du fusil-mitrailleur en septembre 1916, et enfin des chars en 1918. L\u2019auteur nous explique aussi le m\u00e9canisme d\u2019attribution des d\u00e9corations, qui sont parfois donn\u00e9es automatiquement. Comme l\u2019immense majorit\u00e9 des officiers de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, Alfred Gu\u00e9deney n\u2019aime gu\u00e8re les hommes politiques et affiche des id\u00e9es conservatrices. Il n\u2019a pas de mots assez durs pour qualifier l\u2019action des parlementaires qui, selon lui, sont \u00e0 l\u2019origine de toutes sortes de difficult\u00e9s que rencontre l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Toutefois, on peut se demander si ce n\u2019est pas plus le r\u00e9gime parlementaire de l\u2019\u00e9poque qui est vis\u00e9 par ses critiques que les hommes politiques eux-m\u00eames. S\u2019il y a bien eu l\u2019Union sacr\u00e9e pour entrer en guerre, la p\u00e9riode 1914-1918 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une grande instabilit\u00e9 minist\u00e9rielle. Le jeu des partis et les luttes pour le pouvoir ne cessent pas durant le conflit, si bien que la majorit\u00e9 des officiers a parfois l\u2019impression que l\u2019int\u00e9r\u00eat du pays passe au second plan. Il y avait donc un v\u00e9ritable foss\u00e9 entre les parlementaires et les militaires. Lyautey en a fait les frais avec un minist\u00e8re de la Guerre qui ne dura que trois mois. Cette incompr\u00e9hension des politiques est exprim\u00e9e par l\u2019auteur lorsqu\u2019il relate la visite du vieux g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9doya, devenu d\u00e9put\u00e9 : \u00ab Tout le monde sait que c\u2019est le Parlement qui en est responsable [du d\u00e9faut de pr\u00e9paration de la guerre], l\u2019arm\u00e9e ayant toujours \u00e9t\u00e9 jalous\u00e9e et d\u00e9test\u00e9e par nos radicaux-socialistes, aussi f\u00fbmes nous stup\u00e9faits d\u2019entendre le g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9doya faire un \u00e9loge dithyrambique des Chambres. \u00c0 l\u2019entendre c\u2019\u00e9taient les d\u00e9put\u00e9s et les s\u00e9nateurs qui nous conduiraient \u00e0 la victoire par les mesures habiles qu\u2019ils avaient prises et qu\u2019ils prenaient. Nous autres militaires, qui recevions les coups et risquions notre vie, nous n\u2019avions qu\u2019\u00e0 nous effacer devant les bavards du Parlement qui, bien \u00e0 l\u2019abri, loin de tout danger, sauvaient le pays par leurs discours \u00bb. Pourtant l\u2019arriv\u00e9e du radical-socialiste Clemenceau est salu\u00e9e par Gu\u00e9deney. Sans doute parce qu\u2019il est le seul parlementaire \u00e0 se rendre r\u00e9guli\u00e8rement au front et que sa r\u00e9putation d\u2019autorit\u00e9 ne peut que satisfaire un soldat. Gu\u00e9deney comprend alors que la France a enfin ce qui lui manque, un chef. Catholique pratiquant, l\u2019auteur a pour autre cible les francs-ma\u00e7ons. Selon lui, ils auraient exerc\u00e9 un v\u00e9ritable contre-pouvoir dans le fonctionnement de l\u2019arm\u00e9e. Le g\u00e9n\u00e9ral G\u00e9rard aurait ainsi obtenu ses galons de g\u00e9n\u00e9ral, puis aurait \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9, gr\u00e2ce aux loges. Ce n\u2019est pas exclu puisqu\u2019apr\u00e8s la guerre il devient pr\u00e9sident du conseil de l\u2019ordre du Grand Orient. Sarrail, franc-ma\u00e7on notoire, impliqu\u00e9 dans le scandale des fiches, est limog\u00e9 en juillet 1915 mais retrouve un commandement \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient. A contrario Joffre, lui aussi franc-ma\u00e7on, est tout de m\u00eame limog\u00e9 \u00e0 la fin de 1916. Faute d\u2019\u00e9tude globale sur ce sujet, il est bien difficile d\u2019\u00e9valuer l\u2019influence des loges durant le conflit. On peut d\u2019ailleurs se demander s\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019un mythe ayant son origine dans le scandale des fiches. Ces fiches avaient \u00e9t\u00e9 mises en place par le g\u00e9n\u00e9ral Andr\u00e9, ministre de la Guerre (1900-1904), afin de d\u00e9cider de l\u2019avancement des officiers en dehors des notes de la hi\u00e9rarchie. Elles \u00e9taient \u00e9tablies \u00e0 partir d\u2019informations fournies par les loges ma\u00e7onniques du Grand Orient afin de rep\u00e9rer les officiers \u00ab r\u00e9actionnaires \u00bb. Tout au long de ses souvenirs, l\u2019auteur porte des appr\u00e9ciations sur ses subordonn\u00e9s et plus encore sur ses sup\u00e9rieurs ; chaque fois que nous avons pu les confronter avec d\u2019autres t\u00e9moignages, elles d\u00e9notent une objectivit\u00e9 et une s\u00fbret\u00e9 de jugement. Son analyse du caract\u00e8re du g\u00e9n\u00e9ral Mangin nous semble particuli\u00e8rement pertinente sur laquelle nous reviendrons. D\u00e8s lors ces analyses sur les personnalit\u00e9s des g\u00e9n\u00e9raux sont pr\u00e9cieuses et peuvent faciliter l\u2019interpr\u00e9tation de certains \u00e9v\u00e9nements. Le t\u00e9moignage apporte ainsi des informations in\u00e9dites sur la pr\u00e9paration de la bataille du Chemin des Dames en r\u00e9v\u00e9lant le comportement et le caract\u00e8re irascible du g\u00e9n\u00e9ral Mazel qui peut expliquer, \u00e0 lui seul, l\u2019\u00e9chec de la V\u00e8me arm\u00e9e. En juin 1918, la d\u00e9sorganisation de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019offensive allemande du 27 mai, est admirablement \u00e9voqu\u00e9e. Elle met particuli\u00e8rement en \u00e9vidence le d\u00e9sarroi du g\u00e9n\u00e9ral Duchesne, incapable de ma\u00eetriser la situation. Le r\u00e9cit de l\u2019entr\u00e9e des troupes fran\u00e7aises en Alsace puis en Allemagne n\u2019est pas d\u2019un moindre int\u00e9r\u00eat. Rares sont les t\u00e9moignages de militaires qui d\u00e9crivent avec autant de d\u00e9tails l\u2019accueil enthousiaste des populations aux soldats fran\u00e7ais en Alsace. Il contraste avec la curiosit\u00e9 respectueuse des Allemands assistant au d\u00e9fil\u00e9 de ces m\u00eames troupes. Cette p\u00e9riode semble avoir fortement marqu\u00e9 Gu\u00e9deney, qui s\u2019attache \u00e0 en faire un r\u00e9cit particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9, accompagn\u00e9 de nombreuses photographies. Au total, on pourra retenir du t\u00e9moignage de Gu\u00e9deney un r\u00e9cit passionnant de l\u2019engagement d\u2019un bataillon de chasseurs et de son chef dans une guerre qui a d\u00e9sorient\u00e9 tous les \u00e9tats-majors. Les probl\u00e8mes de commandement et de relations avec les hommes y sont \u00e9voqu\u00e9s avec une rare acuit\u00e9. Au fur et \u00e0 mesure que l\u2019auteur monte dans la hi\u00e9rarchie, le t\u00e9moignage se transforme et devient moins proche des hommes, plus sensible aux rumeurs. En revanche, il nous permet de mieux comprendre le poids du haut commandement, avec ses d\u00e9fauts et ses qualit\u00e9s, dans les destin\u00e9es de la guerre. L\u2019un des apports les plus importants dans ce t\u00e9moignage est qu\u2019il fut \u00e0 la t\u00eate de la d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise re\u00e7ue \u00e0 la mairie de Colmar pour pr\u00e9parer le retour de l\u2019Alsace \u00e0 la France en novembre 1918 ; un tableau affich\u00e9 dans la salle d\u2019honneur de la mairie de la ville comm\u00e9more la r\u00e9ception de cette d\u00e9l\u00e9gation dirig\u00e9e par Alfred Gu\u00e9deney, premier officier fran\u00e7ais officiellement re\u00e7u par la municipalit\u00e9.<br><br><strong>\u00c9l\u00e9ments biographiques<\/strong> :<br>Alfred Gu\u00e9deney est n\u00e9 en 1872 \u00e0 Vr\u00e9court dans les Vosges et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Saint-Priest-Ligoure en 1958. Il est issu d\u2019un milieu relativement ais\u00e9. Son p\u00e8re est comptable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de construction des Batignolles, une grande entreprise de mat\u00e9riel ferroviaire install\u00e9e \u00e0 Paris. Apr\u00e8s des premi\u00e8res \u00e9tudes \u00e0 Remiremont, il les poursuit \u00e0 Paris au lyc\u00e9e Condorcet o\u00f9 il obtient un baccalaur\u00e9at \u00e8s sciences. En 1890, \u00e2g\u00e9 tout juste de 18 ans, il s\u2019engage dans l\u2019arm\u00e9e malgr\u00e9 une constitution jug\u00e9e un peu d\u00e9licate. Il \u00e9crit dans ses souvenirs qu\u2019il n\u2019a \u00ab jamais envisag\u00e9 une autre carri\u00e8re que celle de soldat \u00bb. Sa vocation a trouv\u00e9 son origine dans la guerre franco-prussienne, pendant laquelle son p\u00e8re a servi aux zouaves de la garde imp\u00e9riale. Son enfance, pass\u00e9e \u00e0 Remiremont, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re impos\u00e9e par le trait\u00e9 de Francfort, est fortement impressionn\u00e9e par les r\u00e9cits qu\u2019il entend de ses parents \u00e9voquant \u00ab sans cesse les \u00e9v\u00e8nements de l\u2019ann\u00e9e terrible, l\u2019invasion, l\u2019occupation allemande, l\u2019humiliation de la France \u00bb. Entr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole sp\u00e9ciale militaire de Saint-Cyr avec un rang m\u00e9diocre, 378<sup>e<\/sup> sur 461, il en ressort en 1892 dans un rang honorable, 85\u00e8me sur 454. Parmi ses camarades de promotion, on trouve quelques noms de la guerre, les g\u00e9n\u00e9raux Serrigny et de Lardemelle, major d\u2019entr\u00e9e et de sortie. En 1897, il entre \u00e0 l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure de guerre, formation indispensable pour acc\u00e9der aux plus hauts grades de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. \u00c0 sa sortie, il est 41<sup>e<\/sup> des 78 brevet\u00e9s de la promotion. C\u2019est honorable car il est particuli\u00e8rement jeune. Ses camarades sont en effet plus \u00e2g\u00e9s et b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une exp\u00e9rience militaire qui manque encore \u00e0 Gu\u00e9deney. Au cours de ses ann\u00e9es de formation, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un m\u00e9diocre cavalier ce qui, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la formation militaire est empreinte de tradition, aurait pu \u00eatre un handicap. Dans son appr\u00e9ciation de sortie, le g\u00e9n\u00e9ral Langlois, commandant de l\u2019\u00e9cole de guerre, a bien cern\u00e9 la personnalit\u00e9 du jeune officier : \u00ab la modestie lui nuit peut-\u00eatre un peu. Para\u00eet apte \u00e0 faire un bon officier d\u2019\u00e9tat-major et ne manque pas de qualit\u00e9 de commandement \u00bb. Cette modestie, parfois relev\u00e9e au cours de sa carri\u00e8re, a pu l\u2019emp\u00eacher de progresser plus rapidement. Mais Gu\u00e9deney est aussi un calme qui sait dominer ses \u00e9motions. Une r\u00e9elle qualit\u00e9 pour un officier, qui garde son sang-froid dans les situations les plus difficiles. Il ne manque pas d\u2019humour comme en t\u00e9moigne un article paru dans la revue Arm\u00e9e et Marine du 17 janvier 1904. Avec son camarade Edmond Boichut, il publie une chanson illustr\u00e9e de dessins de sa main, intitul\u00e9e \u00ab En rev\u2019nant de Montereau &#8211; souvenirs de l\u2019\u00e9cole de guerre \u00bb. Ce trait de caract\u00e8re qui vient parfois rompre l\u2019intensit\u00e9 dramatique du r\u00e9cit. Les Garibaldiens puis les Russes en font les frais. En 1900, Gu\u00e9deney appartient donc \u00e0 ce corps des officiers brevet\u00e9s, qui gr\u00e2ce \u00e0 leur formation th\u00e9orique de la guerre se consid\u00e8rent comme l\u2019\u00e9lite de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Ils affichent fr\u00e9quemment une attitude hautaine vis-\u00e0-vis des autres officiers, ce qui ne semble pas \u00eatre le cas de Gu\u00e9deney. Certains font carri\u00e8re dans les \u00e9tats-majors, mais doivent toujours alterner avec des commandements d\u2019unit\u00e9s. Traditionnellement, ils demandent alors leur affectation dans un bataillon de chasseurs. Cela sera d\u2019ailleurs le cas pour la premi\u00e8re affectation de Gu\u00e9deney. Sur les officiers brevet\u00e9s parfois qualifi\u00e9s de Jeunes-Turcs, il s\u2019agissait d\u2019unit\u00e9s mobiles charg\u00e9es de combattre en avant de l\u2019infanterie de ligne. En d\u00e9finitive, \u00e0 la veille de l\u2019entr\u00e9e en guerre, par son milieu familial et sa formation, Alfred Gu\u00e9deney incarne bien l\u2019officier type de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, dot\u00e9 d\u2019une solide exp\u00e9rience militaire acquise en grande partie en Alg\u00e9rie et au Maroc. Les notes contenues dans le dossier d\u2019Alfred Gu\u00e9deney sont continuellement tr\u00e8s bonnes et parfois m\u00eame \u00e9logieuses. Pour autant cela ne nous renseigne pas sur sa comp\u00e9tence car c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement le cas pour un officier. Celui-ci avait d\u2019ailleurs acc\u00e8s \u00e0 ses notes et pouvait ainsi, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les contester si elles ne le satisfaisaient pas. En fait, ces commentaires sont plus le reflet de la qualit\u00e9 des relations de l\u2019officier avec son sup\u00e9rieur direct qu\u2019une appr\u00e9ciation sur sa comp\u00e9tence. Tout au plus peut-on dire que le commentaire appuy\u00e9 de Weygand en 1923, venant de la part d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral de haut niveau, t\u00e9moigne d\u2019une excellente comp\u00e9tence dans le poste qu\u2019il occupait alors. Si on examine la progression de Gu\u00e9deney tout au long de sa carri\u00e8re, on constate qu\u2019il est dans la moyenne : capitaine \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 31 ans, colonel \u00e0 46 ans. On peut \u00eatre tent\u00e9 de la comparer \u00e0 celle d\u2019un autre Vosgien d\u2019un an son a\u00een\u00e9, de formation et d\u2019exp\u00e9rience comparable, Henri Claudel qui sera colonel \u00e0 43 ans. En d\u00e9finitive, l\u2019impression g\u00e9n\u00e9rale qui se d\u00e9gage de la carri\u00e8re de Gu\u00e9deney est celle d\u2019un officier s\u00e9rieux et comp\u00e9tent, passionn\u00e9 par son m\u00e9tier, et qui aurait sans doute pu progresser plus rapidement s\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 aussi modeste et r\u00e9serv\u00e9. Dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise d\u2019avant 1914, un officier doit se marier avec une jeune fille de bonne condition, c\u2019est-\u00e0-dire de moralit\u00e9 irr\u00e9prochable et dot\u00e9e de revenus suffisants. Une enqu\u00eate de gendarmerie est d\u2019ailleurs diligent\u00e9e pour le v\u00e9rifier. Au final, le ministre de la Guerre d\u00e9livre l\u2019autorisation de mariage. C\u2019est ainsi qu\u2019Alfred Gu\u00e9deney se marie en 1903 avec Marie Th\u00e9r\u00e8se Aline Rob\u00e9. Issue d\u2019une famille de la bourgeoise locale, elle est n\u00e9e en 1880 au Thillot o\u00f9 son p\u00e8re est percepteur. Le couple aura trois enfants, deux filles et un gar\u00e7on. Quand sonne le signal de la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, Gu\u00e9deney est rentr\u00e9 du Maroc et vient tout juste d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du 9\u00e8me bataillon de chasseurs \u00e0 pied \u00e0 Longuyon. La guerre d\u00e9clench\u00e9e, la premi\u00e8re partie de sa campagne le trouve au feu mais son extraction comme commandant d\u2019unit\u00e9s \u00e0 celle de l\u2019Etat-major donne un t\u00e9moignage composite, de la tranch\u00e9e aux hautes sph\u00e8res d\u00e9cisionnelles. <br><br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage<\/strong> :<br>Page 111 : Sur la diff\u00e9rence ente ouvriers et paysans, n\u2019aime pas les socialistes<br>122 : Conseil de guerre, ce qu\u2019il en pense<br>124 : Guignol<br>125 : Sur les prot\u00e9g\u00e9s des politiques<br> : Sur le sens du train, Somme ou Verdun<br>127 : Sur la volont\u00e9 de combattre sur un brancard<br>134 : L\u00e9gion d\u2019Honneur<br>135 : Providence<br>142 : Guerre sans une \u00e9gratignure<br>158 : Russes imb\u00e9ciles<br>162 : Portugais<br> : Belges<br>163 : Affaire des chiottes belges non lou\u00e9s pour les officiers<br>170 : Anglais trop respectueux : \u00ab \u2026 les anglais sont tellement respectueux de la consigne qu\u2019aux yeux de cet excellent major c\u2019\u00e9tait presque de l\u2019indiscipline de la part de notre infanterie d\u2019enlever un point d\u2019appui en plus des objectifs fix\u00e9s \u00bb <br>174 : Voit Flameng<br>175 : Femme et enfants venant en vacances \u00e0 Boulogne-sur-Mer<br>178 : Horrifi\u00e9 par les d\u00e9gradations allemandes<br> : No\u00ebl 1917 \u00e0 Remiremont<br>179 : Am\u00e9ricains m\u00e9diocres<br>197 : Sur sa vision des braves et des l\u00e2ches<br>214 : R\u00e9tablit la v\u00e9rit\u00e9 sur le concours am\u00e9ricain lors de la 2\u00e8me bataille de La Marne<br>216 : Il n\u2019a pas de mots assez durs pour les Allemands<br>220 : Justifie les ch\u00e2teaux pour les \u00e9tats-majors<br>226 : Le 30 septembre 1918, \u00ab le quartier g\u00e9n\u00e9ral du 1<sup>er<\/sup> Corps d\u2019Arm\u00e9e s\u2019installait dans les Vosges \u00e0 Cornimont. Son r\u00f4le actif dans la guerre \u00e9tait fini et nous ne devions plus prendre part \u00e0 aucune op\u00e9ration s\u00e9rieuse jusqu\u2019\u00e0 l\u2019armistice \u00bb<br>229 : Sur la vue des r\u00e9giments noirs am\u00e9ricains inutilisables au front qu\u2019\u00e0 garder des secteurs calmes <br>229 : Fin de guerre<br>230 : Chef de la d\u00e9l\u00e9gation re\u00e7ue \u00e0 la mairie de Colmar pour le retour \u00e0 la France<br>234 : Voit Hansi<br><br><em>Yann Prouillet, ao\u00fbt 2024<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adieu mon commandant. Souvenirs d\u2019un officier (Pr\u00e9sent\u00e9 par Cl\u00e9mence Reynaud et Denis Rolland), Senones, Edhisto, 2018, 346 p. R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :\u00ab Pendant toute ma vie militaire j\u2019ai \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 ma m\u00e8re, lui racontant les d\u00e9tails de tout ce que je faisais, elle a conserv\u00e9 toutes mes lettres et je les ai retrouv\u00e9es apr\u00e8s &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/09\/04\/guedeney-alfred-1872-1958\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Gu\u00e9deney, Alfred (1872-1958)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4576,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[202,16,21],"tags":[1311,1310,833],"class_list":["post-4565","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-202","category-officier-general","category-souvenirs","tag-chasseurs-a-pied","tag-etat-major","tag-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4565","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4565"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4565\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4590,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4565\/revisions\/4590"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4576"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4565"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4565"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4565"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}