{"id":4596,"date":"2024-10-23T19:03:52","date_gmt":"2024-10-23T18:03:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4596"},"modified":"2024-11-02T17:22:13","modified_gmt":"2024-11-02T16:22:13","slug":"marchand-remy-1895-1981","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/10\/23\/marchand-remy-1895-1981\/","title":{"rendered":"Marchand, R\u00e9my (1895-1981)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Les M\u00e9moires d\u2019un poilu d\u2019Aunis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">R\u00e9my Marchand vit dans une famille de cultivateurs \u00e0 Boutrit, pr\u00e8s de Surg\u00e8res (Charente-Maritime) lorsqu\u2019il est incorpor\u00e9 (classe 15) en septembre 1915 au 57<sup>e<\/sup> RI. Il part pour le front en f\u00e9vrier 1916 dans l\u2019Aisne, est d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 Verdun, dans la Somme, puis en Alsace et dans l\u2019Oise. Bless\u00e9 \u00e0 Saconin (Aisne) en mai 1918, il revient en ligne en septembre, puis participe \u00e0 l\u2019offensive au sud de Saint Quentin. Apr\u00e8s l\u2019Armistice, il passe par Mulhouse puis participe \u00e0 l\u2019occupation en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>2. Le t\u00e9moignage<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Les M\u00e9moires d\u2019un poilu d\u2019Aunis &#8211; Un si long cauchemar<\/em>, de R\u00e9my Marchand, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 aux \u00e9ditions L\u2019Harmattan (2009, 239 pages). Sa fille Suzanne pr\u00e9cise en introduction que son p\u00e8re avait ramen\u00e9 de la guerre des calepins de poche, et qu\u2019il les avait retranscrits sur des cahiers verts les soirs d\u2019hiver. Elle ajoute \u00e9galement qu\u2019il avait rendu de nombreuses visites aux voisins des environs qui avaient perdu un proche \u00e0 la guerre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>R\u00e9my, si bon et compatissant, nous a aid\u00e9s \u00e0 faire le deuil de ceux que nous aimons&nbsp;<\/em>\u00bb ont t\u00e9moign\u00e9 ces voisins.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ces m\u00e9moires d\u2019un soldat paysan charentais, qui en fait sont plut\u00f4t des carnets, d\u00e9crivent l\u2019itin\u00e9raire d\u2019un combattant de 1915 \u00e0 1918, il note les faits du quotidien, insistant davantage lorsqu\u2019un incident vient briser la monotonie des jours. Il passe rapidement sur ses classes au camp de Souge, \u00e9voque sa joie d\u2019endosser l\u2019uniforme militaire (septembre 1915) puis l\u2019ambiance festive et avin\u00e9e lorsque son train s\u2019\u00e9branle vers le front (f\u00e9vrier 1916, p. 17)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vive le 57<\/em><sup><em>\u00e8me<\/em><\/sup><em>, vive l\u2019arm\u00e9e&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">R\u00e9my Marchand raconte son engagement \u00e0 Verdun en mai 1916, il est en ligne devant le fort de Vaux, travaillant la nuit \u00e0 relier entre eux des trous d\u2019obus. R\u00e9fugi\u00e9 dans le fort pendant la journ\u00e9e, il insiste sur la violence du bombardement et surtout sur la soif. Il participe \u00e0 un transport de 80 bless\u00e9s brancard\u00e9s dans l\u2019obscurit\u00e9 de Vaux \u00e0 Tavannes&nbsp;; ils se perdent \u00ab&nbsp;<em>dans la nuit noire<\/em>&nbsp;\u00bb, tombant constamment dans des trous d\u2019obus, c\u2019est pour lui l\u2019\u00e9preuve la plus dure qu\u2019il ait connue \u00e0 Verdun. Peut-\u00eatre y a-t-il ici l\u2019influence de lectures post\u00e9rieures, car il \u00e9voque le commandant Raynal organisant la d\u00e9fense du fort. Il \u00e9met aussi une appr\u00e9ciation positive sur sa hi\u00e9rarchie (p. 36)&nbsp;:&nbsp;<em>\u00abLe colonel et le commandant avaient les larmes aux yeux en voyant les hommes tomber si nombreux.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s retrait et temps de repos, il est en ligne en Argonne au Four de Paris. Son r\u00e9giment fait ensuite \u00e0 l\u2019automne 1916 (Marne) de nombreux exercices destin\u00e9s \u00e0 la formation des officiers (nouveaut\u00e9s tactiques, gaz, canon de 37 mm, p. 53)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>On nous fait faire beaucoup de chemin pour apprendre \u00e0 nos officiers \u00e0 commander.<\/em>&nbsp;\u00bb En d\u00e9cembre 1916, les hommes du 57<sup>e<\/sup> alternent marches et repos autour de Paris, ils font plus de 250 km de marche, il dit n\u2019avoir jamais su pourquoi. Une note ult\u00e9rieure (p. 56 note 1) explique pourtant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai su depuis que nous \u00e9tions dans la banlieue parisienne comme troupe de secours&nbsp;: on craignait une \u00e9meute dans la capitale.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c0 partir de janvier 1917, il raconte qu\u2019il a nou\u00e9 des relations avec des \u00ab&nbsp;pays&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, ce qui lui permet de se faire conna\u00eetre au train de combat comme capable de conduire les voitures et de soigner les chevaux. Pendant toute la guerre, il sera ainsi une sorte de \u00ab&nbsp;titulaire rempla\u00e7ant&nbsp;\u00bb, s\u2019occupant des chevaux des officiers en permission, ou prenant temporairement la place de conducteurs absents, ce sont pour lui des postes recherch\u00e9s car ils lui permettent d\u2019\u00e9viter la 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne et les gardes&nbsp;(p. 75)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Me voil\u00e0 en selle sur la route, au milieu de la file de voitures, fouet en main, pipe aux dents.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il n\u2019attaque pas avec son unit\u00e9 le 16 avril, \u00e9tant en ligne en soutien, et fait sa premi\u00e8re attaque le 5 mai devant Craonnelle&nbsp;; c\u2019est une action locale, ils font 14 prisonniers mais ont 18 tu\u00e9s \u00e0 la compagnie. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1917, en Alsace devant Altkirch, il effectue divers remplacements (agent de liaison, ordonnance d\u2019un capitaine), continuant \u00e0 aller souvent visiter les conducteurs (p. 102) \u00ab<em>&nbsp;pour avoir la possibilit\u00e9 de venir remplacer ceux qui partent en permission, ce qui m\u2019\u00e9vite \u00e0 chaque fois 15 jours de tranch\u00e9e.&nbsp;<\/em>\u00bb Il appr\u00e9cie l\u2019Alsace, la vue sur Altkirch, surtout le dimanche o\u00f9 on aper\u00e7oit les civils aller \u00e0 la messe sans qu\u2019un coup de canon soit tir\u00e9, et il trouve les Alsaciennes tr\u00e8s gentilles, tout en d\u00e9plorant (p. 108) \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019elles ne parlent pas beaucoup notre langue.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En mars 1918, son unit\u00e9 est alert\u00e9e pour aider les Anglais en repli \u00e0 Noyon, il y d\u00e9crit le pillage d\u2019un d\u00e9p\u00f4t anglais abandonn\u00e9, le probl\u00e8me \u00e9tant l\u2019incompr\u00e9hension des \u00e9tiquettes des conserves&nbsp;: c\u2019est lourd, et cela vaut il le coup&nbsp;? Pour le rapport poids-valeur, ce sont les bo\u00eetes de 500 cigarettes qui \u00e9taient les plus int\u00e9ressantes. Ils manquent d\u2019\u00eatre encercl\u00e9s dans Noyon, puis il d\u00e9crit les combats au Mont Renaud (57<sup>e<\/sup> RI, \u00e0 croiser avec G. Gaudy), avec les attaques allemandes (trois charges d\u2019infanterie en une journ\u00e9e), c\u2019est tr\u00e8s sanglant pour les assaillants, avec aussi des pertes s\u00e9rieuses pour les d\u00e9fenseurs. Apr\u00e8s un r\u00e9pit \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, il est affect\u00e9 au fusil mitrailleur avec deux camarades&nbsp;(p. 147)&nbsp;: \u00ab<em>Cela ne me sourit gu\u00e8re parce qu\u2019en cas d\u2019attaque, il est bien rare que l\u2019\u00e9quipe d\u2019un fusil mitrailleur (\u2026) ne soit pas atteinte. Cette arme \u00e9tant redout\u00e9e de l\u2019ennemi, on est plus t\u00f4t rep\u00e9r\u00e9 que les autres camarades.<\/em>&nbsp;\u00bb Il raconte une attaque allemande d\u2019infanterie \u00e0 d\u00e9couvert, avec lance-flamme, en intitulant son sous-chapitre \u00ab&nbsp;<em>Une attaque vue de 100 m\u00e8tres&nbsp;<\/em>\u00bb. Les Allemands sont fusill\u00e9s en masse, les porteurs de p\u00e9trole br\u00fblent avec leur liquide, et les survivants refluent en d\u00e9sordre, on retrouve fr\u00e9quemment \u00e0 cette p\u00e9riode (mars \u00e0 mai 1918) le r\u00e9cit de ces assauts allemands compacts tr\u00e8s meurtriers pour eux, une fois la ligne de r\u00e9sistance anglaise et fran\u00e7aise \u00e9tablie&nbsp;(p. 148) : \u00ab&nbsp;<em>Si la distance \u00e0 parcourir par l\u2019ennemi avait \u00e9t\u00e9 plus grande, nous avions le temps d\u2019en abattre les trois quarts au moins.<\/em>&nbsp;\u00bb Les pertes pour le 57<sup>e<\/sup> sont lourdes dans ce secteur de Noyon, et R. Marchand fini par \u00eatre bless\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement de deux balles, \u00e0 l\u2019assaut de la ferme de Saconin le 30 mai 1918.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Soign\u00e9 \u00e0 l\u2019ambulance, il est \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 la Salpetri\u00e8re \u00e0 Paris, raconte la souffrance quotidienne du pansement, et est surtout pr\u00e9occup\u00e9 par son manque d\u2019argent car il ne lui reste plus que 2 francs (p. 164)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>une pi\u00e8ce de quarante sous pour faire le gar\u00e7on \u00e0 Paris, c\u2019est peu&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb En juin et juillet, il est en convalescence \u00e0 Menton, il se prom\u00e8ne beaucoup, d\u00e9crit tout ce qu\u2019il voit, et est autoris\u00e9 \u00e0 faire une promenade en Italie au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re&nbsp;: on est loin ici des proscriptions \u00e0 la fronti\u00e8re pyr\u00e9n\u00e9ennes, \u00e0 cause de la crainte des d\u00e9sertions.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">R\u00e9int\u00e9gr\u00e9 au 57<sup>e<\/sup> en septembre 1918, il retrouve un remplacement de cuistot et il se pla\u00eet dans cette fonction, c\u2019est l\u2019occasion de d\u00e9crire une journ\u00e9e de travail \u00e0 la roulante, avec les horaires, les pr\u00e9parations, les feux sous les diff\u00e9rents contenants, ce sont deux pages (p. 197 et 198) tr\u00e8s utiles pour voir comment fonctionne dans le d\u00e9tail une cuisine au front. Malheureusement pour lui, il doit quitter son filon fin octobre pour attaquer, car il est le plus jeune et c\u00e9libataire. Il est \u00ab<em>tr\u00e8s \u00e9mu&nbsp;: la perspective d\u2019une attaque n\u2019a rien de bien gai.<\/em>&nbsp;\u00bb Il r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019en sortir, mais dans son unit\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9e, le moral est mauvais et tout le monde a le cafard. En permission le 4 novembre, il apprend l\u2019Armistice en Charente par les cloches, alors qu\u2019il est \u00e0 la chasse. \u00c0 Mulhouse en d\u00e9cembre 1918, il d\u00e9crit l\u2019Alsace lib\u00e9r\u00e9e, et la roulante est bien vue, car ils donnent les restes \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>une foule de femmes et de gosses de la ville.&nbsp;<\/em>\u00bb Pour l\u2019aspect pittoresque du dimanche mulhousien, il explique dans une salle de danse le \u00ab&nbsp;faites passer la monnaie&nbsp;\u00bb du bal alsacien (p. 225)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>Chaque s\u00e9ance dure quelques minutes seulement. \u00c0 mesure que la musique s\u2019arr\u00eate, 5 ou 6 gar\u00e7ons de salle en livr\u00e9e comme des laquais, ram\u00e8nent tous les couples \u00e0 la caisse au moyen d\u2019une longue corde, qui ram\u00e8ne ainsi tout le monde. Chaque couple remet un billet pris \u00e0 l\u2019avance ou 0.25 fr.&nbsp;<\/em>\u00bb Apr\u00e8s une longue station dans le sud de l\u2019Alsace, puis en Allemagne du Sud, il est d\u00e9mobilis\u00e9 en septembre 1919.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Donc un r\u00e9cit assez factuel, souvent monotone, mais un tableau utile de Verdun ou de Noyon, et surtout de la guerre de mouvement \u00e0 partir de mars 1918, avec le r\u00f4le central et meurtrier des mitrailleuses dans ces combats d\u2019infanterie en mouvement. Int\u00e9ressante et originale est aussi la description de la strat\u00e9gie personnelle de l\u2019auteur comme rempla\u00e7ant conducteur, ordonnance ou cuistot, ce qui lui permet d\u2019am\u00e9liorer grandement son quotidien de poilu du rang.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em> Vincent Suard, septembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les M\u00e9moires d\u2019un poilu d\u2019Aunis 1. Le t\u00e9moin R\u00e9my Marchand vit dans une famille de cultivateurs \u00e0 Boutrit, pr\u00e8s de Surg\u00e8res (Charente-Maritime) lorsqu\u2019il est incorpor\u00e9 (classe 15) en septembre 1915 au 57e RI. Il part pour le front en f\u00e9vrier 1916 dans l\u2019Aisne, est d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 Verdun, dans la Somme, puis en Alsace et dans &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/10\/23\/marchand-remy-1895-1981\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Marchand, R\u00e9my (1895-1981)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[633,1195],"tags":[1317,289,844],"class_list":["post-4596","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-57e-ri","category-memoires","tag-1317","tag-blessure","tag-filon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4596","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4596"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4596\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4607,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4596\/revisions\/4607"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4596"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4596"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4596"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}