{"id":4612,"date":"2024-11-04T17:15:25","date_gmt":"2024-11-04T16:15:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4612"},"modified":"2024-11-05T18:59:53","modified_gmt":"2024-11-05T17:59:53","slug":"lemaire-maurice-1895-1979","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/11\/04\/lemaire-maurice-1895-1979\/","title":{"rendered":"Lemaire, Maurice (1895-1979)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Bernard, Hubert, Maurice Lemaire, Saint-Di\u00e9-des-Vosges, Imprimeries Loos Saint-Di\u00e9, 1978, 217 p. <br> <br><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage<\/strong> :<br>Maurice Henri Lemaire est n\u00e9 le 25 mai 1895 \u00e0 Martimprey, hameau de Gerb\u00e9pal dans les Vosges, d\u2019un p\u00e8re instituteur, patriote. Il entre en 1906 au coll\u00e8ge de Saint-Di\u00e9, o\u00f9 il obtient un prix d\u2019excellence (en 5<sup>e<\/sup>), puis le prix d\u2019honneur de la ville de Saint-Di\u00e9, ce qui lui vaudra un retour \u00e0 la maison en taxi automobile ! Il entre ensuite en 1912 au lyc\u00e9e Henri Poincar\u00e9 de Nancy et \u00e0 son sortir, il enseigne quelques semaines au coll\u00e8ge de Bruy\u00e8res. Le 1er d\u00e9cembre 1914, de s\u2019engager pour la dur\u00e9e de la guerre dans l\u2019artillerie. Le bureau de recrutement d\u2019Epinal l\u2019exp\u00e9die comme canonnier-conducteur de 2<sup>e<\/sup> classe au 3<sup>e<\/sup> RAL (Rimailho) \u00e0 Joigny. Il suit rapidement les cours d\u2019officier de r\u00e9serve puis, examen r\u00e9ussi, il est dirig\u00e9 sur l\u2019\u00e9cole d\u2019artillerie de Fontainebleau. Il en sort aspirant le 21 mai 1915 et int\u00e8gre le 5<sup>e<\/sup> RAL de Valence. Il arrive au front \u00e0 Sainte-Menehould et est affect\u00e9 \u00e0 la 2<sup>e<\/sup> batterie du 3<sup>e<\/sup> groupe dans la for\u00eat d\u2019Argonne, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du front des Islettes, dans le secteur de La Haraz\u00e9e. Il y exerce la fonction d\u2019officier observateur-r\u00e9gleur-orienteur. En septembre 1915, il prend position aux abords de Souain, dans la Champagne pouilleuse o\u00f9 il change d\u2019affection, d\u00e9sign\u00e9 comme officier de liaison \u00e0 la 11<sup>e<\/sup> batterie du 107<sup>e<\/sup> RAL. Il dit : \u00ab Je faisais \u00e0 cheval les liaisons entre le commandement et les batteries de notre groupe. On pr\u00e9para pendant plusieurs semaines une tentative de perc\u00e9e du front. Chacun se d\u00e9filait car l\u2019attaque devait se faire par surprise\u2026 \u00bb (p. 17). Comme tant d\u2019autre, l\u2019attaque \u00e9choue et son r\u00e9giment se transporte \u00e0 Verdun. Il participe \u00e0 l\u2019offensive \u00e0 la bataille de 1916 ; s\u2019inscrit dans le dispositif de protection des tranch\u00e9es devant le fort de Douaumont dans le secteur des forts de Souville puis de Tavannes o\u00f9 il y subit les gaz. Soucieux de la protection de ses servants, il construit des abris susceptibles de r\u00e9sister aux 150 ennemis devant lequel il allume des petits feux afin de r\u00e9aliser une surpression destin\u00e9e \u00e0 lutter contre la p\u00e9n\u00e9tration des gaz. Maurice Lemaire passe ainsi toute la bataille avec \u00ab la charge d\u2019user \u00e0 Verdun toutes les pi\u00e8ces r\u00e9siduelles de Rimailho de l\u2019artillerie fran\u00e7aise \u00bb (p. 22). En 1917, il revient Champagne, o\u00f9 sa batterie cantonne dans le village de Cormicy, \u00ab un tas de ruines \u00bb (p. 22). Il poursuit sa fonction d\u2019observateur, utilisant pour se faire la haute chemin\u00e9e de briques de l\u2019usine Holden \u00e0 la lisi\u00e8re nord de Reims qui culmine \u00e0 80 m\u00e8tres de hauteur. Le duel des deux artilleries est d\u2019abord un duel logistique de ravitaillement de ses batteries de 155 Schneider. Or la cadence, qui aurait d\u00fb atteindre 600 coups par batterie et par jour n\u2019en atteignait que 200. Sa batterie est bient\u00f4t d\u00e9plac\u00e9e dans l\u2019Aisne, \u00e0 proximit\u00e9 de Crouy puis elle revient sur le front de Verdun, rive droite, au sud des carri\u00e8res d\u2019Haudromont. Du 20 au 25 ao\u00fbt 1917, il participe \u00e0 l\u2019offensive qui permet la reprise de la cote 304, du Mort-Homme, de Samogneux, de la cote 344 et de Beaumont, occasionnant la capture de 10 000 prisonniers. En octobre, il est \u00e0 nouveau sur l\u2019Aisne et le 1er d\u00e9cembre, apr\u00e8s un retour en formation \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Fontainebleau, il en sort fin f\u00e9vrier 1918 comme lieutenant commandant de batterie. Il reprend sa place au front comme officier-orienteur le premier avril. Il re\u00e7oit de plein fouet, entre Coucy-le-Ch\u00e2teau et Reims, l\u2019offensive Ludendorff, qu\u2019il contribue \u00e0 parvenir \u00e0 arr\u00eater sur la Vesle. Le 15 juillet, la 11<sup>e<\/sup> batterie Lemaire, dans l\u2019arm\u00e9e Mangin, est dans la for\u00eat de Villers-Cotter\u00eats, o\u00f9 l\u2019attaque allemande tombe dans le vide et une 2<sup>e<\/sup> ligne intacte. Ses canons font partie d\u2019un front de 50 kilom\u00e8tres dont les bouches se d\u00e9clenchent, repoussant l\u2019ennemi. D\u00e8s lors, la guerre change quelque peu de visage. Le groupe d\u2019artillerie de Maurice Lemaire, devenu le 7<sup>e<\/sup> groupe du 107<sup>e<\/sup>, est envoy\u00e9 dans le Nord avec les troupes plac\u00e9es sous le commandement du roi de Belgique Albert 1<sup>er<\/sup>. Lentement, la r\u00e9sistance allemande flanche, c\u2019est l\u2019hallali et les fran\u00e7ais avancent. Le 7 novembre au soir, \u00e0 Oycke, en Belgique, un 210 tombe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la baraque o\u00f9 Maurice Lemaire a prise place ; il a le pied touch\u00e9 par un \u00e9clat d\u2019obus. Op\u00e9r\u00e9, il est dirig\u00e9 sur Le Havre. Il dit : \u00ab La guerre \u00e9tait finie sans crier gare et mon groupe d\u2019artillerie devait d\u00e9j\u00e0 avancer vers l\u2019est, en rote pour l\u2019Allemagne, alors que moi, je restais l\u00e0 clou\u00e9, immobile et sans gloire \u00bb (p. 26). A peine remis, il quitte l\u2019h\u00f4pital, et parvient \u00e0 rejoindre Li\u00e8ge o\u00f9 il tient \u00e0 d\u00e9filer victorieux, le pied band\u00e9, broch\u00e9, juch\u00e9 sur un cheval. En f\u00e9vrier 1919, alors qu\u2019il est \u00e0 J\u00fclich, en occupation en Rh\u00e9nanie du Nord, sur la rive gauche du Rhin, il apprend que les anciens candidats de 1914 \u00e0 Polytechnique conservent en 1919 les m\u00eames droits pour se repr\u00e9senter. Il postule et entre au centre de pr\u00e9paration de Strasbourg alors que deux promotions se mettent en place, l\u2019une, comprenant des \u00e9l\u00e8ves de 18 et 19 ans, et l\u2019autre, sp\u00e9ciale, r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 tous ceux qui avaient fait la guerre. Il en ressort 70\u00e8me sur 404 le 1<sup>er<\/sup> septembre 1921. Le 15 suivant, il donne sa d\u00e9mission d\u2019officier de l\u2019arm\u00e9e active, persuad\u00e9 qu\u2019il a particip\u00e9 \u00e0 la \u00ab <em>Der des ders<\/em> \u00bb, et le 1<sup>er <\/sup>octobre, il entre au service de la voie du Chemin de fer du Nord. Il entame ainsi qu\u2019une carri\u00e8re dans cette voie, puis une carri\u00e8re politique toutes deux m\u00e9morables, ayant une fonction pr\u00e9pond\u00e9rante dans l\u2019organisation du Chemin de fer fran\u00e7ais dans les terribles journ\u00e9es de mai et juin 1940, r\u00e9solvant la \u00ab <em>crise<\/em> \u00bb des trains bloqu\u00e9s en gares ; il est m\u00eame \u00e0 ce titre nomm\u00e9 \u00ab<em> g\u00e9n\u00e9ral-cheminot <\/em>\u00bb. Maurice Lemaire meurt le 20 janvier 1979 \u00e0 Paris ; il repose au cimeti\u00e8re de Provench\u00e8res-et-Colroy (Vosges).<br><br><strong>Commentaires sur l\u2019ouvrage :<\/strong><br>Hubert Bernard, journaliste tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans la vie associative vosgienne, signe avec cet ouvrage une compl\u00e8te et d\u00e9finitive biographie sur ce grand vosgien, technicien et homme politique, officier de la Grande Guerre et ayant eu un r\u00f4le profond dans la seconde, notamment dans les Chemins de fer. Son action comme artilleur sur les fronts les plus violents n\u2019est pas omise et fut dense et intense ; d\u00e8s lors il est \u00e0 regretter l\u2019absence apparente de carnet de guerre ; donn\u00e9e non confirm\u00e9e toutefois malgr\u00e9 l\u2019ajout, dans cette biographie, de passages issus d\u2019un t\u00e9moignage personnels, possiblement d\u00fb \u00e0 un interview de Maurice Lemaire par l\u2019auteur. Page 16 par exemple, il relate son arriv\u00e9e au front et son acceptation par les artilleurs pr\u00e9sents comme au sein d\u2019une petite famille. D\u00e8s lors, la partie biographique, contenant apparemment des souvenirs, du la Grande Guerre comporte 13 pages (p. 15 \u00e0 27). L\u2019ouvrage, notamment pour l\u2019enfance de Lemaire, vaut \u00e9galement pour la restitution anthropologique des Vosges d\u2019avant 1914. L\u2019ouvrage est agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019un opportune chronologie qui retrace notamment grades, fonctions et affectations au cours du conflit ainsi qu\u2019un liste impressionnantes de m\u00e9dailles et de distinctions des deux guerres. <br><br><strong>El\u00e9ments utiles dans l\u2019ouvrage<\/strong> :<br>Page 5 : \u00ab <em>Les paysans \u00e9taient parfois mis\u00e9rables, mais ils ne le savaient pas. La terre \u00e9tait plus ingrate que la for\u00eat ou le tissage <\/em>\u00bb<br>7 : Le 18 juin 1898, Henri Lemaire, p\u00e8re de Maurice Lemaire, recueille les derniers soupirs de Victor F\u00e9licien Fonck, p\u00e8re de Ren\u00e9 Fonck, voiturier \u00e9cras\u00e9 par son charriot <br> : Rigaulisse, b\u00e2ton de r\u00e9glisse<br>8 : Plombage des v\u00e9los lors du passage des cols<br> : \u00ab <em>Ravages<\/em> \u00bb occasionn\u00e9s dans les garde-robes par le jeu des boutons !<br>9 : Saint-Di\u00e9 \u00e0 Saint-Jean-d\u2019Ormont en taxi automobile pour f\u00eate un \u00e9v\u00e9nement ! <br>11 : Ao\u00fbt 1914, il a 19 ans et la famille ne peut revenir \u00e0 Saint-Jean-d\u2019Ormont, ses parents sont \u00e9vacu\u00e9s \u00e0 Laval-sur-Vologne<br>14 : Vierge de Piti\u00e9 de Colroy-la-Grande \u00e9rig\u00e9e par la m\u00e8re de Maurice <br> : Saute en marche du train \u00e0 St-Di\u00e9<br>20 : Premiers obus \u00e0 gaz, bruit, effet, odeur<br>21 : Fait du feu devant les entr\u00e9es d\u2019abris pour cr\u00e9er une surpression contre les gaz<br> : Masques au chevaux<br> : Spectacle de la guerre<br>21 : il s\u2019amuse \u00e0 compter les \u00e9clairs des canons fran\u00e7ais tirant sur la rive droite de la Meuse<br>22 : Consommation utile des 155 Schneider<br>27 : Vue de l\u2019ambiance en Allemagne, accueil poli, presque correct de la population et correction mutuelle<br>75 : Il encontre un mar\u00e9chal P\u00e9tain anglophobe<br><br><em>Yann Prouillet, novembre 2024<\/em><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bernard, Hubert, Maurice Lemaire, Saint-Di\u00e9-des-Vosges, Imprimeries Loos Saint-Di\u00e9, 1978, 217 p. 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