{"id":4633,"date":"2024-12-09T19:34:26","date_gmt":"2024-12-09T18:34:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4633"},"modified":"2024-12-09T19:34:26","modified_gmt":"2024-12-09T18:34:26","slug":"guilleux-olivier-1891-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/12\/09\/guilleux-olivier-1891-1940\/","title":{"rendered":"Guilleux, Olivier (1891 \u2013 1940)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>1914 \u2013 1918 La grande guerre d\u2019Olivier Guilleux<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Olivier Guilleux, n\u00e9 \u00e0 Vouh\u00e9 (Deux-S\u00e8vres), est instituteur et sous-lieutenant de r\u00e9serve au moment de la mobilisation. Il rejoint le 115<sup>e<\/sup> RI (Mamers), embarque pour la Bataille des fronti\u00e8res et pr\u00e8s le combat de Virton, il marche en retraite jusqu\u2019au 2 septembre, date \u00e0 laquelle le 115 est transport\u00e9 au Bourget. Apr\u00e8s la Marne, il est bless\u00e9 pr\u00e8s de Noyon et fait prisonnier le 18 septembre. Restant en captivit\u00e9 jusqu\u2019en juillet 1918, il aura fait une tentative d\u2019\u00e9vasion en mars 1918. B\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019accord sur les officiers prisonniers, il est intern\u00e9 en Suisse, puis il revient en France d\u00e8s novembre. Reprenant ensuite sa carri\u00e8re d\u2019instituteur, il est directeur d\u2019\u00e9cole primaire lorsqu\u2019il d\u00e9c\u00e8de pr\u00e9matur\u00e9ment en 1940.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les \u00e9crits de guerre d\u2019Olivier Guilleux ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9s en 2003, avec une introduction fouill\u00e9e d\u2019\u00c9ric Kocher-Marboeuf (Universit\u00e9 de Poitiers, entretien par mail, mai 2024), chez Geste \u00e9dition (300 pages). Le corpus est triple, avec d\u2019abord les carnets du sous-lieutenant d\u2019ao\u00fbt 1914 jusqu\u2019au 18 septembre\u00a0; ce document, r\u00e9dig\u00e9 sur le vif et sauvegard\u00e9 (il avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 un homme qui a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter la capture), a \u00e9t\u00e9 repris avec une r\u00e9daction soign\u00e9e apr\u00e8s la guerre, mais sans modification sur le fond. La partie centrale est constitu\u00e9e par la correspondance du prisonnier avec sa famille, pendant la dur\u00e9e de la guerre\u00a0; enfin un r\u00e9cit de son \u00e9vasion r\u00e9dig\u00e9 a posteriori forme la troisi\u00e8me partie. Il existe par ailleurs un fonds Olivier Guilleux aux AD des Deux-S\u00e8vres (79).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">3. Analyse<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>A. Carnet de campagne <\/strong>(ao\u00fbt \u2013 septembre 1914)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les deux temps forts des carnets sont le combat d\u2019Ethe (Virton) le 22 ao\u00fbt et le r\u00e9cit du combat qui voit sa capture dans l\u2019Oise, lors de l\u2019arr\u00eat du repli allemand apr\u00e8s la bataille de la Marne. Il \u00e9crit le 22 ao\u00fbt (p. 45, avec autorisation de citation de Genevi\u00e8ve Gaillard, petite-fille d\u2019O. Guilleux, mai 2024)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous avons re\u00e7u le bapt\u00eame du feu. Et, dans quelles conditions\u00a0! Pendant quatorze heures, le 115<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><em>, apr\u00e8s avoir attaqu\u00e9, contre-attaqu\u00e9, s\u2019est cramponn\u00e9 aux mamelons situ\u00e9s au nord-est de Virton et \u00e0 la lisi\u00e8re de la ville sous un feu d\u2019enfer de l\u2019artillerie et de l\u2019infanterie prussienne. Voil\u00e0 ce que j\u2019ai vu. <\/em>(\u2026)\u00bb Il d\u00e9crit l\u2019impuissance sous le feu, car l\u2019ennemi n\u2019est pas visible, mais aussi sa r\u00e9sistance \u00e9nergique, avec l\u2019\u00e9pisode d\u2019une panique de deux sections sans officier \u00ab\u00a0<em>d\u00e9bouchant de la vall\u00e9e sur la route<\/em>\u00a0\u00bb, criant \u00ab<em>\u00a0ils sont l\u00e0, ils viennent\u00a0<\/em>\u00bb (p. 48). Un capitaine, un peu en arri\u00e8re et en surplomb lui crie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Guilleux, Guilleux, quelle d\u00e9route, arr\u00eatez-les\u00a0!<\/em>\u00bb Notre auteur tire son revolver et se place devant les fuyards\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le premier qui essaie de se sauver, je lui br\u00fble la cervelle.<\/em>\u00bb Il explique n\u2019avoir jamais \u00e9prouv\u00e9 une pareille \u00e9motion, et qu\u2019il aurait tir\u00e9 si un soldat avait pass\u00e9 outre, car c\u2019\u00e9tait tout le groupe qui partait, et \u00ab\u00a0<em>avec le groupe, ma section.<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019auteur d\u00e9crit ensuite une longue retraite qui les am\u00e8ne \u00e0 Dun-sur-Meuse, et r\u00e9fl\u00e9chissant aux op\u00e9rations, il estime que l\u2019\u00e9tat-major [de la DI\u00a0?] a failli, s\u2019engageant trop vite et sans prendre de pr\u00e9cautions. Quelques jours plus tard, il \u00e9voque l\u2019assassinat des civils d\u2019Ethe (plus de 200 morts) qui a suivi leur passage (p. 58) \u00ab(\u2026)<em> les Allemands firent un massacre de la population civile sous pr\u00e9texte que des francs-tireurs avaient tir\u00e9 sur des soldats allemands. Mais le commandement veut surtout, par des exemples, frapper de terreur les habitants et les emp\u00eacher de r\u00e9agir. C\u2019est dans leur m\u00e9thode.<\/em>\u00a0\u00bb Transf\u00e9r\u00e9 en train vers Paris le 2 septembre, le 115<sup>e<\/sup> RI se dirige sur la Marne par Meaux, mais n\u2019est pas engag\u00e9 au d\u00e9but de la bataille. L\u2019attitude des hommes envers les troph\u00e9es allemands est devenue blas\u00e9e (p. 77, 11 septembre) \u00ab<em>\u00a0Maintenant, ils se soucient peu de se surcharger. Ils passent, s\u2019arr\u00eatent, examinent, manient tous ces objets, puis, neuf fois sur dix les laissent sur place.\u00a0<\/em>\u00bb Dans l\u2019Oise, \u00e0 partir du 14, la r\u00e9sistance allemande est plus cons\u00e9quente, et O. Suilleux rapporte les r\u00e9cits des habitants rencontr\u00e9s, d\u00e9crivant la brutalit\u00e9 des envahisseurs (pillage, incendie, viols, assassinats de suspects). Le combat local qui m\u00e8ne \u00e0 sa capture est racont\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cise, et le caract\u00e8re haletant du r\u00e9cit est probablement li\u00e9 au fait qu\u2019il revit ces sc\u00e8nes, au moment o\u00f9 il remet au propre ses notes apr\u00e8s-guerre. Touch\u00e9 aux jambes par des \u00e9clats lors d\u2019une reconnaissance offensive, il lui faut attendre les Allemands, immobilis\u00e9 dans une ferme. Il est ensuite soign\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Noyon, par des infirmi\u00e8res fran\u00e7aises sous la direction de m\u00e9decins allemands. Dix jours plus tard, il est transport\u00e9 en Allemagne \u00e0 Magdebourg, d\u2019abord au Lazaret puis au camp de prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>B. Correspondance du prisonnier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La correspondance d\u2019Olivier Guilleux doit se lire en tenant compte d\u2019un double filtre&nbsp;: d\u2019abord celui d\u2019une autocensure, d\u2019un contr\u00f4le de ses sentiments&nbsp;: il veut rassurer sa famille, montrer que le moral tient&nbsp;; c\u2019est probablement vrai, car c\u2019est un homme dynamique, qui r\u00e9cup\u00e8re rapidement de sa blessure et s\u2019investit beaucoup dans les activit\u00e9s sportives du camp, mais l\u2019absence de mention de cafard ne signifie pas qu\u2019il n\u2019en \u00e9prouve pas.&nbsp;Par ailleurs, les lettres sont lues par un censeur, et les informations qui peuvent passer sont limit\u00e9es&nbsp;: temps qu\u2019il fait, activit\u00e9s, compte-rendu des colis re\u00e7us ou en attente, etc\u2026 Ces deux prismes finissent par produire une ambiance assez l\u00e9nifiante un peu trompeuse: la tentative d\u2019\u00e9vasion, par exemple, ne cadre pas avec l\u2019ambiance somme toute supportable \u00e9voqu\u00e9e dans les courriers.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Dans ses lettres, O. Guilleux \u00e9voque souvent ses activit\u00e9s multiples, il d\u00e9crit un programme charg\u00e9 en ao\u00fbt 1915 (p. 135) \u00ab&nbsp;<em>Je suis arriv\u00e9, non sans effort, \u00e0 me cr\u00e9er une vie active. Je tue le temps \u00e0 force de travail.<\/em>\u00bb Il ne se plaint pas de ses conditions de captivit\u00e9 \u2013le pourrait-il&nbsp;? \u2013, et le sort des officiers prisonniers, non astreints au travail, n\u2019est pas celui des hommes du rang&nbsp;; ainsi par exemple, du printemps \u00e0 Halle (mars 1916, p. 144)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le soleil est de jour en jour de plus en plus chaud. (\u2026). Chaque officier ach\u00e8te son petit pot de fleurs. Ici, on vend surtout des jonquilles.&nbsp;<\/em>\u00bb \u00ab&nbsp;Positiver&nbsp;\u00bb devient de plus difficile avec le temps, et on lit la lassitude entre les lignes&nbsp;: (p. 166 Hann-M\u00fcnden, mars 1917) \u00ab&nbsp;<em>Je me suis remis au russe avec courage. Je vais pouvoir arriver assez vite \u00e0 quelques r\u00e9sultats. Je ne n\u00e9glige pas l\u2019anglais, non plus. Malgr\u00e9 tout, apr\u00e8s presque trois ans de captivit\u00e9, l\u2019esprit manque un peu de fra\u00eecheur et le rendement ne correspond pas toujours au travail. Mais ceci est secondaire. L\u2019essentiel n\u2019est-il pas d\u2019\u00e9viter le \u00ab&nbsp;g\u00e2tisme&nbsp;\u00bb sous toutes ses formes.&nbsp;<\/em>\u00bb Le seul moment rep\u00e9r\u00e9 dans la correspondance o\u00f9 on peut consid\u00e9rer qu\u2019il trompe la censure est celui des v\u0153ux anticip\u00e9s pour l\u2019ann\u00e9e 1917 (p. 152) <em>\u00ab&nbsp;Mais il est d\u2019autres v\u0153ux que j\u2019aurais tant aim\u00e9 vous formuler sur le front \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des camarades. D\u2019ici je ne peux y faire qu\u2019une discr\u00e8te allusion. Mais vous me comprenez.<\/em>&nbsp;\u00bb (\u2026) \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est cette conviction qui nous rend supportable une aussi longue captivit\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Correspondance de la famille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ses parents et ses s\u0153urs lui racontent les travaux des champs, l\u2019\u00e9volution du jardin, les progr\u00e8s acad\u00e9miques des deux s\u0153urs qui sont \u00e9l\u00e8ves institutrices. Ici un extrait affectueux montre le soin que l\u2019on a de reconstituer l\u2019ambiance familiale malgr\u00e9 l\u2019\u00e9loignement (p. 120)\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab<em>&nbsp;Vouh\u00e9, le 16 f\u00e9vrier 1915 Cher petit fr\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Nous venons de d\u00eener, je m\u2019empresse de t\u2019\u00e9crire. Je voudrais t\u2019envoyer une bonne longue lettre qui te ferait bien plaisir. Papa, un peu enrhum\u00e9, est dans un fauteuil, Champagne sur les genoux&nbsp;; grand-p\u00e8re se chauffe, maman, pr\u00e8s de la lampe, tricote <\/em>(\u2026)&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Sur des photographies de prisonniers fran\u00e7ais en 1918, certains uniformes semblent encore en bon \u00e9tat apr\u00e8s quelques ann\u00e9es de d\u00e9tention&nbsp;: une mention \u2013 pour les officiers \u2013 apporte ici un \u00e9clairage int\u00e9ressant&nbsp; (ao\u00fbt 1915, p. 130) \u00ab&nbsp;<em>Nous irons \u00e0 Parthenay te commander une culotte et une vareuse chez le tailleur du r\u00e9giment. Aussit\u00f4t que ce sera fait nous te l\u2019exp\u00e9dierons avec ta capote.<\/em>&nbsp;\u00bb Dans l\u2019Allemagne affam\u00e9e de 1917, il est aussi difficile de survivre avec l\u2019ordinaire du camp, et nous avons deux descriptions tr\u00e8s utiles de colis, d\u2019abord de la part de sa s\u0153ur Claire (ao\u00fbt, p. 186)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;<em>demain, maman te fera un colis de pommes de terre&nbsp;; dans celui de jeudi, il y avait&nbsp;: pain, beurre, lard, tapioca, v\u00e9g\u00e9taline, riz, prunes, sucre.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Puis, de la part de l\u2019auteur, un r\u00e9capitulatif de ses demandes (novembre, p. 202)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;(\u2026) <em>envoyez-moi un colis par semaine compos\u00e9 comme suit&nbsp;: pain, beurre, une bo\u00eete de corned-beef, une bo\u00eete de conserves faites \u00e0 la maison, chocolat, riz, caf\u00e9 ou th\u00e9 ou cacao. En plus, une fois par mois envoyez-moi un colis contenant des l\u00e9gumes secs. Envoyez-moi \u00e9galement chaque mois deux colis de pommes de terre (dans le premier, vous mettrez une bo\u00eete de v\u00e9g\u00e9taline, dans le second, une bouteille d\u2019huile).<\/em> (\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>C. L\u2019\u00e9vasion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La narration, r\u00e9dig\u00e9e apr\u00e8s la guerre, indique que la proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re hollandaise (une semaine de marche) [de Str\u00f6hen, 250 km., une proximit\u00e9 toute relative], la d\u00e9couverte d\u2019un uniforme allemand dans une cache am\u00e9nag\u00e9e dans une cloison par des Anglais depuis transf\u00e9r\u00e9s, et la perspective d\u2019une vie \u00ab&nbsp;<em>s\u2019annon\u00e7ant rude, triste, mis\u00e9rable&nbsp;\u00bb <\/em>l\u2019ont d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 sauter le pas. Il se cache dans un cellier \u00e0 charbon \u00e0 50 m\u00e8tres du camp, puis d\u00e9crit une errance d\u2019une semaine, rapidement \u00e9puisante malgr\u00e9 son entra\u00eenement physique, \u00e0 cause du manque de vivres, de sommeil (il se cache le jour dans des bosquets ch\u00e9tifs) et surtout de la perte d\u2019orientation, car il n\u2019a pas de carte. (p. 254) \u00ab&nbsp;<em>J\u2019avais perdu toute direction et m\u2019en remettais au hasard.&nbsp;<\/em>\u00bb. Il est \u00e0 bout que lorsqu\u2019un garde barri\u00e8re l\u2019interpelle le 7<sup>e<\/sup> jour, et il n\u2019a plus la force de fuir. Ramen\u00e9 au camp, estimant bien s\u2019en tirer en n\u2019\u00e9tant pas pass\u00e9 \u00e0 tabac, il est condamn\u00e9 \u00e0 4 mois de cachot. Il est tellement \u00e9puis\u00e9 au d\u00e9but qu\u2019il ne s\u2019aper\u00e7oit pas des rigueurs de sa d\u00e9tention, mais rapidement l\u2019interdiction des colis se fait ressentir (p. 269) \u00ab&nbsp;<em>\u00c0 ce r\u00e9gime, je ne pourrais tenir longtemps.<\/em>&nbsp;\u00bb Cette mention est instructive, notamment sur le sort des camarades sans colis, ou des Russes, Serbes ou Roumains\u2026. La corruption d\u2019une sentinelle allemande par un camarade am\u00e9liore son ordinaire mais c\u2019est surtout gr\u00e2ce \u00e0 la visite du Consul d\u2019Espagne, qui \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un passage au camp, vient \u00e9couter ses dol\u00e9ances au cachot, qu\u2019il ne fait \u00ab&nbsp;que&nbsp;\u00bb deux mois d\u2019isolement. Il b\u00e9n\u00e9ficie ensuite de l\u2019accord de transf\u00e8rement pour internement en Suisse en franchissant la fronti\u00e8re en juillet 1918. Le 1<sup>er<\/sup> novembre, il \u00e9crit de Gen\u00e8ve qu\u2019il est inscrit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et qu\u2019il a \u00e9tabli un beau programme, mais (p. 287) \u00ab<em>&nbsp;Je ne crois pas pouvoir le remplir car mon internement en Suisse ne saurait se prolonger.<\/em> (\u2026) <em>La grippe s\u00e9vit en Suisse avec rage. Les cas mortels sont assez nombreux. Le mieux est de ne pas y penser.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> Donc un document int\u00e9ressant sur le combat de 1914, ainsi que sur le v\u00e9cu de la d\u00e9tention d\u2019un officier captur\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, mais avec un caract\u00e8re un peu ir\u00e9nique, comme on l\u2019a vu, \u00e0 lire avec les cl\u00e9s n\u00e9cessaires pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue. C\u2019est une bonne r\u00e9f\u00e9rence aussi sur ce que peut \u00eatre concr\u00e8tement un processus d\u2019\u00e9vasion (voir aussi Charles de Gaulle, Jacques Rivi\u00e8re ou Roland Garros\u2026), th\u00e8me assez populaire entre les deux guerres, la cr\u00e9ation de la m\u00e9daille des \u00e9vad\u00e9s datant de 1926.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, d\u00e9cembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1914 \u2013 1918 La grande guerre d\u2019Olivier Guilleux 1. Le t\u00e9moin Olivier Guilleux, n\u00e9 \u00e0 Vouh\u00e9 (Deux-S\u00e8vres), est instituteur et sous-lieutenant de r\u00e9serve au moment de la mobilisation. 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