{"id":4639,"date":"2024-12-12T19:58:17","date_gmt":"2024-12-12T18:58:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4639"},"modified":"2024-12-12T19:58:17","modified_gmt":"2024-12-12T18:58:17","slug":"perron-marcel-1897-1993","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2024\/12\/12\/perron-marcel-1897-1993\/","title":{"rendered":"Perron, Marcel (1897-1993)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Marcel Joseph Marie Perron est n\u00e9 le 9 d\u00e9cembre 1897 \u00e0 Port-Louis, Morbihan, dans un milieu populaire catholique pratiquant. Titulaire du certificat d\u2019\u00e9tudes primaires, il devient \u00e9lectricien, s\u2019engage sur un bateau de guerre et se sp\u00e9cialise dans le domaine des transmissions. Il fait toute la guerre de 1914-18 dans la marine. Mari\u00e9 \u00e0 Brest en 1920, on le retrouve plus tard dans une usine hydro\u00e9lectrique des Pyr\u00e9n\u00e9es. Sa petite-fille le pr\u00e9sente comme r\u00e9sistant sous l\u2019Occupation et grand admirateur de Charles de Gaulle. Membre et porte-drapeau de l\u2019association des \u00ab&nbsp;Combattants de moins de 20 ans&nbsp;\u00bb, il parlait volontiers de la solidarit\u00e9 et de la camaraderie entre marins. Il est mort \u00e0 Toulouse le 15 novembre 1993 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 95 ans.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Son manuscrit est r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019encre sur un cahier d\u2019\u00e9colier. Il est bien \u00e9crit et lisible jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re page o\u00f9 se trouve un passage au crayon difficile \u00e0 d\u00e9chiffrer. Il va du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914 jusqu\u2019en avril 1916. Une liste sur feuille d\u00e9tach\u00e9e reprend les principales dates de l\u2019itin\u00e9raire en M\u00e9diterran\u00e9e. Elle se termine par&nbsp;: \u00ab&nbsp;du 16\/8\/17 au 6\/5\/18 \u2013 sous-marins&nbsp;\u00bb. La petite-fille de Marcel Perron se souvient en effet que son grand-p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 sous-marinier. Mais on ne dispose d\u2019aucun document pr\u00e9cis. Pour la guerre des sous-marins fran\u00e7ais en 14-18, il reste \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer au t\u00e9moignage de Marius Reverdy (voir notice).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur ne livre pas de sentiments autres que de conformisme patriotique, sauf de la compassion pour les r\u00e9fugi\u00e9s arm\u00e9niens cherchant \u00e0 \u00e9chapper au g\u00e9nocide de 1915.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La succession de p\u00e9riodes en mer ou au mouillage n\u2019est pas passionnante, mais c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment d\u2019authenticit\u00e9 que l\u2019on retrouve ailleurs, dans le t\u00e9moignage de Joseph Madr\u00e8nes, par exemple (voir notice). Au cours des premiers mois, il s\u2019agit pour le cuirass\u00e9 Jaur\u00e9guiberry de croiser au large de Barcelone pour intercepter les bateaux transportant des r\u00e9servistes allemands venant d\u2019Am\u00e9rique du Sud et cherchant \u00e0 regagner leur pays d\u2019origine par l\u2019Italie et la Suisse. Corv\u00e9es au mouillage et sorties en mer se succ\u00e8dent.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 29 novembre 1914, br\u00e8ve description de Malte&nbsp;: \u00ab&nbsp;La ville est assez belle. La plupart des rues sont en escaliers. Il n\u2019y a pas une rue sans \u00e9glise. Du matin jusqu\u2019au soir, on n\u2019entend que le son des cloches. On ne rencontre que des troupeaux de ch\u00e8vres dans les rues. Les habitants sont froids envers les \u00e9trangers.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 21 mars 1915, des nouvelles de la tentative de forcer le d\u00e9troit des Dardanelles&nbsp;: \u00ab&nbsp;Faisons route sur Port-Sa\u00efd. Apprenons que le Bouvet est coul\u00e9, le Gaulois avari\u00e9, et que l\u2019Oc\u00e9an et l\u2019Irr\u00e9sistible sont coul\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les 24 et 25 avril, long r\u00e9cit du d\u00e9barquement de troupes fran\u00e7aises sur la rive asiatique du d\u00e9troit pour faire diversion pendant que les Britanniques prennent pied sur la p\u00e9ninsule de Gallipoli (c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en). Au soir du 28, la man\u0153uvre ayant r\u00e9ussi, le g\u00e9n\u00e9ral D\u2019Amade et l\u2019amiral Gu\u00e9pratte paient \u00ab&nbsp;la double en vin&nbsp;\u00bb.&nbsp;Le 4 mai, Marcel Perron fait partie de la compagnie de d\u00e9barquement qui vient renforcer les troupes \u00e0 terre, mais qui repart sans avoir tir\u00e9 un coup de fusil, ayant seulement souffert du froid pendant la nuit. Les op\u00e9rations de bombardement des c\u00f4tes turques se poursuivent en mai&nbsp;; des sous-marins allemands torpillent des navires anglais. Un parlementaire fran\u00e7ais ayant \u00e9t\u00e9 gard\u00e9 en otage \u00e0 Boutroum, le Latouche-Tr\u00e9ville d\u00e9truit la ville. Sa compagnie de d\u00e9barquement re\u00e7oit le \u00ab&nbsp;libre droit de pillage&nbsp;\u00bb. Les marins reviennent \u00e0 bord charg\u00e9s de poules, oies et canards, et font un grand repas, \u00ab&nbsp;le tout \u00e0 la sant\u00e9 des Turcs&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 28 juillet 1915, sur la c\u00f4te syrienne, \u00e0 Lattaki\u00e9, voici un \u00e9pisode \u00e9tonnant mettant en sc\u00e8ne le gros cuirass\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Arr\u00eatons deux barcasses, l\u2019une charg\u00e9e de bl\u00e9, d\u2019oignons et d\u2019orge, de la volaille et un mouton, la deuxi\u00e8me charg\u00e9e d\u2019\u0153ufs. Enlevons une partie du chargement de la premi\u00e8re et cinq caisses d\u2019\u0153ufs de la deuxi\u00e8me. Accueillons leurs \u00e9quipages et coulons les deux barcasses.&nbsp;\u00bb Une suite, le 24 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Croisons au sud de Jaffa. Apercevons une caravane de trente chameaux venant de Jaffa et se dirigeant vers le sud. La dispersons \u00e0 coups de canon, plusieurs b\u00eates tu\u00e9es et bless\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 3 septembre, \u00e0 Port-Sa\u00efd&nbsp;: \u00ab&nbsp;La Foudre et le d\u2019Estr\u00e9es entrent en rade ayant \u00e0 bord plus de 2000 Arm\u00e9niens qui fuient leur pays pour \u00e9chapper au massacre. Il n\u2019y a que des vieillards, des femmes et des enfants, ils font tous piti\u00e9 \u00e0 voir. Les hommes sont rest\u00e9s combattre contre les Turcs pour favoriser le d\u00e9part de leurs familles.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le document est conserv\u00e9 par Mme Reberga n\u00e9e Perron, petite-fille de Marcel&nbsp;: <a href=\"mailto:joele.reberga@wanadoo.fr\">joele.reberga@wanadoo.fr<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>R\u00e9my Cazals, d\u00e9cembre 2024<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marcel Joseph Marie Perron est n\u00e9 le 9 d\u00e9cembre 1897 \u00e0 Port-Louis, Morbihan, dans un milieu populaire catholique pratiquant. Titulaire du certificat d\u2019\u00e9tudes primaires, il devient \u00e9lectricien, s\u2019engage sur un bateau de guerre et se sp\u00e9cialise dans le domaine des transmissions. Il fait toute la guerre de 1914-18 dans la marine. 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