{"id":4649,"date":"2025-02-12T17:21:52","date_gmt":"2025-02-12T16:21:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4649"},"modified":"2025-02-27T20:41:56","modified_gmt":"2025-02-27T19:41:56","slug":"mergen-joseph-felix-1880-1947","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/02\/12\/mergen-joseph-felix-1880-1947\/","title":{"rendered":"Mergen, Joseph F\u00e9lix (1880 \u2013 1947)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Itin\u00e9rance d\u2019un instituteur public de Dunkerque \u00e0 Salonique&nbsp;&nbsp; <\/em>Carnets de guerre 1914 \u2013 1918<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Joseph Mergen est au moment de la mobilisation instituteur \u00e0 Asni\u00e8res, dans la banlieue parisienne&nbsp;; il a deux enfants et son \u00e9pouse Julia est \u00e9galement institutrice&nbsp;; il rejoint \u00e0 34 ans le 28<sup>e<\/sup> RI, combat en Belgique, puis, pass\u00e9 au 81<sup>e<\/sup> RI, en Champagne et \u00e0 Verdun. Sous-lieutenant en octobre 1915, il est transport\u00e9 \u00e0 Salonique en f\u00e9vrier 1917, o\u00f9 il se bat sur le front d\u2019Orient jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Armistice. D\u00e9mobilis\u00e9 lieutenant en f\u00e9vrier 1919, il d\u00e9c\u00e8dera en 1947 apr\u00e8s une carri\u00e8re d\u2019instituteur et de directeur d\u2019\u00e9cole primaire.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Thierry Mergen, petit-fils de l\u2019auteur, a publi\u00e9 en 2019 \u00ab&nbsp;<em>Itin\u00e9rance d\u2019un instituteur public de Dunkerque \u00e0 Salonique, Carnets de guerre 1914 \u2013 1918&nbsp;<\/em>\u00bb, (Books on Demand, 249 pages). Il a retranscrit int\u00e9gralement la totalit\u00e9 des huit carnets de F\u00e9lix Mergen, tenus au jour le jour, ayant simplement ajout\u00e9 quelques titres de chapitre, des photographies originales jointes aux carnets, et des illustrations ext\u00e9rieures (cartes postales). Il n\u2019y a pas d\u2019informations sur une \u00e9ventuelle reprise ult\u00e9rieure du texte d\u2019origine, et la version propos\u00e9e para\u00eet dans sa forme \u00ab&nbsp;proche&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Belgique, Beaus\u00e9jour, 1<sup>\u00e8re<\/sup> blessure &nbsp;(ao\u00fbt 1914 \u2013 mars 1915)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">F\u00e9lix Mergen, sergent de r\u00e9serve et p\u00e9dagogue de profession, forme d\u2019abord les classes 14 et 15 au d\u00e9p\u00f4t \u00e0 \u00c9vreux. Sa premi\u00e8re exp\u00e9rience du front en Belgique (f\u00e9vrier \u2013 mars 1915) a lieu \u00e0 l\u2019ouest d\u2019Ypres. Il \u00e9voque un secteur difficile, et des soucis relationnels avec son lieutenant&nbsp;; lui soutient ses hommes, qui estiment qu\u2019on les nourrit mal&nbsp;(24 f\u00e9vrier 1915, p. 20) [avec autorisation de citation]&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nos hommes sont de plus en plus m\u00e9contents et ils ont raison. On leur distribue des rations pour enfant de quatre ans et on ne leur laisse pas un instant de r\u00e9pit.<\/em>&nbsp;\u00bb Homme \u00e9nergique, probablement autoritaire, il a parfois des relations heurt\u00e9es avec ses sup\u00e9rieurs (Watou, au repos, p. 21)&nbsp;: <em>\u00ab Toujours la m\u00eame vie, toujours tr\u00e8s occup\u00e9e et au fond vide, ordinaire, d\u00e9plorable. Le lieutenant est insupportable.&nbsp;<\/em>\u00bb Pr\u00e9occup\u00e9 par le cadeau qu\u2019il veut faire \u00e0 sa femme (mouchoirs en valenciennes), il a d\u00e9nich\u00e9 une dentelli\u00e8re, mais elle n\u2019arrive pas \u00e0 fournir, et malgr\u00e9 ses relances, ce ne sera pas pr\u00eat avant son d\u00e9part de Belgique&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Quelle flemme ces ouvri\u00e8res. Il est vrai qu\u2019elles ne font pas que de la dentelle.&nbsp;<\/em>\u00bb Donc d\u00e8s ses d\u00e9buts en ligne, on voit un sous-officier consciencieux mais de caract\u00e8re entier.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019int\u00e9r\u00eat principal des carnets r\u00e9side dans la pr\u00e9cision avec laquelle l\u2019auteur d\u00e9crit son secteur et son service de sergent en Champagne, \u00e0 Beaus\u00e9jour. En avril 1915, il commande \u00e0 des M\u00e9ridionaux (81<sup>e<\/sup> RI &#8211; Montpelliers) dans un secteur difficile, car les Allemands sont souvent tr\u00e8s pr\u00e8s, avec des petits postes ou des boyaux obstru\u00e9s par des barrages de sacs de terre \u00e0 moins de 25 m\u00e8tres. Il raconte ses efforts pour emp\u00eacher les hommes de garde de s\u2019endormir, les houspillant, ou au contraire ses soucis avec les bavards, qui ne peuvent travailler aux tranch\u00e9es en silence. Il engueule certains caporaux, s\u2019appuie sur d\u2019autres, et d\u00e9pense une grande \u00e9nergie \u00e0 essayer de lutter contre l\u2019inertie des hommes fatigu\u00e9s et r\u00e9frig\u00e9r\u00e9s. Les d\u00e9saccords sur le service sont aussi fr\u00e9quents avec son lieutenant (p.39 \u00ab&nbsp;<em>Naturellement \u00e7a va mal&nbsp;<\/em>\u00bb), et le r\u00e9cit est une tr\u00e8s bonne \u00e9vocation du m\u00e9tier de sergent en premi\u00e8re ligne, dans un secteur expos\u00e9, dans ce qu\u2019il a de mat\u00e9riel et d\u2019ingrat.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Dans cet univers lunaire, parsem\u00e9 de cadavres, l\u2019adversaire n\u2019est jamais consid\u00e9r\u00e9 autrement que comme ennemi d\u00e9sincarn\u00e9&nbsp;; ainsi, une op\u00e9ration est mont\u00e9e pour \u00e9liminer quelques Allemands trop proches derri\u00e8re un barrage (on les entend \u00ab&nbsp;baragouiner&nbsp;\u00bb), et l\u2019attaque surprise par jet de grenade r\u00e9ussit (mars 1915, devant Beaus\u00e9jour, p. 47) \u00ab<em>&nbsp;Les hommes ont fini quatre bless\u00e9s pour avoir la paix. Ils \u00e9taient g\u00eanants avec leurs g\u00e9missements et leurs Kamarad&nbsp;! Kamarad&nbsp;! Ensuite, le lieutenant les fait balancer par-dessus le barrage. Les Boches s\u2019en arrangeront.<\/em>&nbsp;\u00bb De temps en temps, le lieutenant et le meilleur tireur de la section viennent faire des cartons aux cr\u00e9neaux&nbsp;; l\u2019auteur fait de m\u00eame (p. 57)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Un de mes poilus a descendu un Boche que je lui avais signal\u00e9. J\u2019en fais autant pour trois autres. Les Boches font passer un chiffon rouge au-dessus de leur parapet <\/em>(\u2026)&nbsp;\u00bb Devant les lignes, la tension est constante (p. 59) \u00ab&nbsp;<em>vers 22 heures, je descends un Boche qui s\u2019\u00e9tait avanc\u00e9, seul, jusqu\u2019\u00e0 30 m de chez nous<\/em> (\u2026) <em>J\u2019ai tout de m\u00eame bien br\u00fbl\u00e9 13 cartouches avant d\u2019en venir \u00e0 bout. La 13<sup>e<\/sup> lui a \u00e9t\u00e9 fatale car j\u2019ai entendu son cri. Pas facile le tir, la nuit.<\/em>&nbsp;\u00bb il pr\u00e9cise aussi avoir \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de tirer debout, par-dessus le parapet, car son cr\u00e9neau ne valait rien.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les conflits avec son sup\u00e9rieur direct sont relat\u00e9s&nbsp;: redescendus au repos, on laisse les hommes se disperser, alors que le commandant et le colonel multiplient les demandes de corv\u00e9es diverses, et il est impossible de les retrouver rapidement. F. Mergen \u00ab&nbsp;raisonne&nbsp;\u00bb qu\u2019il n\u2019accepte pas les reproches, que c\u2019est le lieutenant qui a laiss\u00e9 les hommes se disperser, qu\u2019ensuite il aurait d\u00fb d\u00e9fendre le repos de ses hommes&nbsp; etc\u2026 Nouveau conflit le lendemain (p. 62) le lieutenant devient grossier \u00ab&nbsp;<em>Je lui donne tr\u00e8s \u00e9nergiquement une le\u00e7on de politesse, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre mis au grade \u00e0 vous, car l\u2019algarade se passait en pr\u00e9sence d\u2019autres sous-officiers et d\u2019hommes. (\u2026) Quel sale oiseau&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019auteur est bless\u00e9 en avril 1915&nbsp;: revenant d\u2019une reconnaissance en rampant, il fait les trois derniers m\u00e8tres en se relevant&nbsp;et il avoue avoir fait une belle cible, par sa faute. \u00c9vacu\u00e9 sur Biarritz, il revient en Champagne en ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Tranch\u00e9e de la Vistule, Aisne, Verdun, 2<sup>e<\/sup> blessure (ao\u00fbt 1915-ao\u00fbt 1917)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La deuxi\u00e8me partie du t\u00e9moignage en Champagne est marqu\u00e9e par l\u2019\u00e9vocation de l\u2019offensive du 25 septembre 1915. Le 81<sup>e<\/sup> RI est de r\u00e9serve d\u2019Arm\u00e9e, et n\u2019est engag\u00e9 que le lendemain du d\u00e9but de l\u2019attaque, pour relayer ceux qui ont pu progresser le 1<sup>er<\/sup> jour. Du 26 septembre au 2 octobre, ils se retrouvent bloqu\u00e9s devant la tranch\u00e9e de la Vistule qui les surplombe, s\u2019\u00e9puisant en attaques st\u00e9riles et meurtri\u00e8res. Ils sont sous le feu ennemi, le gaz fait son apparition, et ils restent impuissants, sous la pluie, sans liaison efficace avec l\u2019artillerie. Pour lui, si la premi\u00e8re vague d\u2019assaut a pu ais\u00e9ment avancer sur la ligne allemande, la seconde vague a rencontr\u00e9 des d\u00e9fenses intactes (p. 100)<em> \u00ab&nbsp;et nous sommes venus nous briser sans profit sur les nouvelles lignes boches, non effleur\u00e9es par notre artillerie qui tire beaucoup mais trop au petit bonheur.<\/em>&nbsp;\u00bb Pass\u00e9 sous-lieutenant \u00e0 l\u2019automne 1915, en ligne devant Somme-Suippes (le Trou-Bricot), il commande un tir des canons de 58 et apr\u00e8s un r\u00e9glage efficace, il paraphrase le tirailleur Banania, \u00ab&nbsp;scie&nbsp;\u00bb tr\u00e8s \u00e0 la mode en 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous entendons brailler des Boches pendant que d\u2019autres galopent \u00e0 fond de train dans les boyaux. Y a bon&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Dans l\u2019Aisne en avril 1916, l\u2019auteur \u00e9voque un coup de main qu\u2019il doit mener (p. 133) \u00ab&nbsp;<em>Vilaine affaire.<\/em> (\u2026) <em>Il faut, c\u2019est l\u2019ordre, pas \u00e0 discuter.<\/em>&nbsp;\u00bb La mission se passe sans drame, mais \u00e9choue, et ses chefs voudraient qu\u2019il la recommence; ici, comme avec Robert Morin par exemple, il plaide que c\u2019est au tour des autres&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Ma d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e regrettable car c\u2019est moi qui jusqu\u2019ici avait fait le coup le plus s\u00e9rieux. J\u2019en suis flatt\u00e9 mais ce n\u2019est pas une raison pour risquer ma peau plus que les autres. La mienne vaut la leur&nbsp;! Zut&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb On voit que l\u2019espace de n\u00e9gociation des chefs de section est limit\u00e9 mais qu\u2019il existe. F. Mergen raconte ensuite sa tr\u00e8s courte et tr\u00e8s intense exp\u00e9rience de Verdun. De retour de permission le 4 ao\u00fbt 1916, il monte seul en ligne pour retrouver son unit\u00e9 au plus fort du combat (Fleury-sous-Douaumont). Apr\u00e8s une nuit \u00e9puisante, il doit assurer un assaut local malheureux sous le barrage allemand (p. 152) \u00ab&nbsp;<em>Il y a du flottement et il est l\u2019heure&nbsp;! Ma 1<sup>er<\/sup> ligne ne part pas&nbsp;! J\u2019ai beau siffler tant que \u00e7a peut, personne ne bouge&nbsp;! Nom de nom&nbsp;! J\u2019y saute et comment&nbsp;! Allons&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. Bless\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9paule quelques instants apr\u00e8s, il est pans\u00e9 au poste de secours et arrive \u00e0 pied \u00e0 la voiture d\u2019\u00e9vacuation, au milieu des \u00e9clatements&nbsp;; il mentionne une int\u00e9ressante algarade (p. 155) \u00ab&nbsp;<em>Le jeune aide-major qui dirige l\u2019embarquement ne veut pas conna\u00eetre mon galon, m\u00eame pas me laisser asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du chauffeur et il pr\u00e9tend charger un grand bless\u00e9 boche&nbsp;! Heureusement des brancardiers apportent des grands bless\u00e9s, des n\u00f4tres. J\u2019exige que le Boche soit descendu et remplac\u00e9 par un Fran\u00e7ais. Apr\u00e8s bien des difficult\u00e9s, j\u2019obtiens gain de cause, d\u2019autorit\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Arm\u00e9e d\u2019Orient, Salonique, Monastir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s convalescence, il apprend avec joie sa mutation au 122 RIT, et \u00e0 38 ans, il pense pouvoir se reposer un peu, mais catastrophe, trois jours plus tard arrive un contrordre, sa mutation pour l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient. \u00c0 Marseille, en attendant son embarquement, il visite la ville (janvier 1917, p. 165)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Pas fameux le vieux Port, mais quelles \u00e9tudes de m\u0153urs&nbsp;! Quelle licence&nbsp;! Je ne suis pourtant pas b\u00e9gueule, mais c\u2019est raide jusqu\u2019\u00e0 l\u2019invraisemblable.<\/em>&nbsp;\u00bb. Embarqu\u00e9 sur le Saint-Laurent, son navire est torpill\u00e9 en rade de Malte (2.02.17), avec un faible nombre de victimes \u00ab&nbsp;<em>Voil\u00e0 une journ\u00e9e qui compte et nous ne sommes qu\u2019\u00e0 Malte&nbsp;! C\u2019est gai&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Au printemps, son service au 1<sup>er<\/sup> R\u00e9giment de marche d\u2019Afrique le tient autour de Salonique, puis il doit en mai 1917 rejoindre les lignes vers Monastir, ce qui n\u2019est pas le cas de tous les cadres&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est une vengeance du vieux Dissez qui a horreur des v\u00e9rit\u00e9s maintes fois entendues. Aussi nous ne nous g\u00eanons plus du tout&nbsp;!<\/em> (p. 189). \u00c0 partir de ce moment, il alterne des secteurs de premi\u00e8re ligne assez actifs et difficiles (il est enterr\u00e9 plusieurs fois par des torpilles), comme par exemple devant la cote 1248. Il est fr\u00e9quemment malade, mais \u00e0 Salonique il refuse en septembre 1917 une proposition d\u2019\u00e9vacuation (p. 213) \u00ab<em>&nbsp;Proposition que je dois repousser \u00e0 nouveau en raison des circonstances&nbsp;: attente de mon 2<sup>e<\/sup> galon, reconstitution du r\u00e9giment. J\u2019aurais l\u2019air de me sauver et donc je resterai, \u00e0 moins d\u2019aggravation s\u00e9rieuse.&nbsp;<\/em>\u00bb Si sa sant\u00e9 se raffermit \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, il sera ensuite r\u00e9guli\u00e8rement frapp\u00e9 par des otites tr\u00e8s invalidantes. Il tient en 1918 des positions sur le front de Monastir, et il y d\u00e9crit (p. 234) certains secteurs peupl\u00e9s de \u00ab&nbsp;<em>nombreux cadavres, tous d\u00e9j\u00e0 d\u00e9ratis\u00e9s plusieurs fois, quelques-uns en morceaux \u00e9pars.<\/em> (\u2026) C\u2019est un \u00ab&nbsp;<em>fouillis effarant et \u00e0 la Edgar Poe.&nbsp;\u00bb <\/em>Il participe \u00e0 l\u2019offensive en septembre 1918, mais est r\u00e9hospitalis\u00e9 en octobre. \u00c0 Salonique, il note le 3 novembre \u00ab&nbsp;<em>une Grande f\u00eate juive, comm\u00e9morative de la d\u00e9claration de Georges V (reconstitution de la Jud\u00e9e)<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00e9voque l\u2019effondrement autrichien le 7 novembre, mais, curieusement, ne dit pas un mot du 11 novembre. Il embarque pour l\u2019Italie le 13 d\u00e9cembre, d\u2019o\u00f9 le train l\u2019am\u00e8ne \u00e0 Vintimille. Les derniers mots du r\u00e9cit sont un myst\u00e9rieux (p. 247)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Zut de zut&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. Nous avons donc ici l\u2019int\u00e9ressant t\u00e9moignage, tr\u00e8s factuel, d\u2019un cadre de r\u00e9serve d\u2019\u00e2ge d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;m\u00fbr&nbsp;\u00bb, ce combattant ne disant rien de ses pens\u00e9es profondes, ni sur lui ni sur la guerre&nbsp;; et quand l\u2019aum\u00f4nier veut le convaincre de faire ses P\u00e2ques, \u00ab&nbsp;<em>je m\u2019en tire en r\u00e9pondant que j\u2019y r\u00e9fl\u00e9chirai.&nbsp;<\/em>\u00bb (p. 78).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Au sortir de la lecture de ces carnets, on se fait aussi la r\u00e9flexion qu\u2019\u00e0 la rentr\u00e9e 1919, \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire d\u2019Asni\u00e8res, \u00e7a n\u2019a pas d\u00fb broncher dans la classe de Monsieur Mergen. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Itin\u00e9rance d\u2019un instituteur public de Dunkerque \u00e0 Salonique&nbsp;&nbsp; Carnets de guerre 1914 \u2013 1918 1. 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