{"id":4672,"date":"2025-04-16T13:52:26","date_gmt":"2025-04-16T12:52:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4672"},"modified":"2025-04-23T17:36:23","modified_gmt":"2025-04-23T16:36:23","slug":"dutoo-charles-1886-1964","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/04\/16\/dutoo-charles-1886-1964\/","title":{"rendered":"Dutoo, Charles (1886-1964)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br><br><em>Les m\u00e9moire d&rsquo;un chef de fanfare<\/em>, Charles Dutoo, Ets Douriez-Bataille \u00e9diteur, 1963, 96 p.<br><br>Aum\u00f4nier du 56<sup>e<\/sup> BCP, l\u2019auteur, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 couche sur le papier ses m\u00e9moires de guerre et notamment le r\u00f4le qu\u2019il accepte du successeur de l\u2019embl\u00e9matique colonel Driant, mort dans les premiers jours de la bataille de Verdun, le commandant Berteaux, de monter une fanfare r\u00e9gimentaire. B\u00e9n\u00e9ficiant pour ce faire d\u2019un appel de Maurice Barr\u00e8s dans la presse, 6 000 francs sont collect\u00e9s, permettant la cr\u00e9ant de l\u2019ensemble musical, l\u2019acquisition des partitions et des instruments. Un appel \u00ab aux chasseurs ayant des connaissances musicales et la pratique d\u2019un instrument \u00bb re\u00e7oit la candidature de 50 d\u2019entre eux. La fanfare est ainsi rapidement mont\u00e9e, avec 28 ex\u00e9cutants, majoritairement des gars du Nord et du Pas-de-Calais. La g\u00e9n\u00e9rale se passe \u00e0 la t\u00eate des troupes en traversant Belfort en mai 1916. D\u00e8s lors, la formation se produit au gr\u00e9 des mouvements du bataillon, se rodant au camp d\u2019Arches, dans les Vosges, puis sur la Somme en juillet, dans le secteur du fort de Vaux et en Champagne en 1917. La formation accompagne les messes ou les visites d\u2019autorit\u00e9s, distrayant les soldats entre deux attaques. Parall\u00e8lement \u00e0 la vie de son unit\u00e9 sonore, Dutoo relate sa vie particuli\u00e8re d\u2019aum\u00f4nier-musicien au front. Il raconte le c\u00f4toiement \u00e9tonnant des soldats noirs du Bataillon du Pacifique, dont le roi de l\u2019\u00eele de Lifou. Musicien bien entendu, l\u2019auteur explique le fonctionnement de son \u00ab unit\u00e9 \u00bb, son registre, ses archives, bient\u00f4t compl\u00e9t\u00e9 par une chorale. L\u2019hiver 1917 se passe en Alsace avant un retour en Champagne \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1918. Il est en Flandre et participe aux derniers combats en Flandre belge \u00e0 la fin de la guerre lorsque le 15 octobre, \u00e0 10 heures du matin, il est bless\u00e9 \u00e0 la jambe par un \u00e9clat d\u2019obus. C\u2019est sur la place d\u2019Avranches qu\u2019il participe \u00e0 la joie d\u00e9lirante de la population \u00e0 l\u2019annonce de l\u2019Armistice. Il vit ces grandes journ\u00e9es en territoire belge, d\u00e9filant avec la 77<sup>e<\/sup> Division avant d\u2019entrer en territoire allemand aux premiers jours de 1919, logeant ses fanfaristes chez des allemands. Il d\u00e9crit enfin la dissolution du 56<sup>e<\/sup> bataillon, r\u00e9parti dans les 9\u00e8me et 1<sup>8e<\/sup> BCP, lui-m\u00eame \u00e9tant vers\u00e9 au 9\u00e8me. Le 29 mars 1919, \u00e0 Mohon, dans les Ardennes, il est d\u00e9mobilis\u00e9 pour reprendre son service de vicaire \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Etienne de Lille.<br> <br><strong>El\u00e9ments biographiques :<\/strong><br><br>Charles Dutoo nait le 20 avril 1886 \u00e0 Tourcoing, dans le Nord. Il fait ses \u00e9tudes au coll\u00e8ge du Sacr\u00e9-C\u0153ur, o\u00f9 il cultive tr\u00e8s t\u00f4t sa vocation religieuse. Il entre au Grand s\u00e9minaire \u00e0 Cambrai et Saint-Saulve, pr\u00e8s de Valenciennes et fait entre temps son service militaire au 8<sup>e<\/sup> BCP \u00e0 Amiens. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 7 juillet 1912 et est nomm\u00e9 professeur au coll\u00e8ge de Tourcoing. C\u2019est l\u00e0 que la guerre le mobilise au 26<sup>e <\/sup>BCP, celui du colonel Driant, dont il devient l\u2019aum\u00f4nier. Il retrouve \u00e0 Tourcoing le 4 d\u00e9cembre 1918 sa m\u00e8re, \u00ab que je n\u2019avais pas revue depuis 4 ans \u00bb. Apr\u00e8s la guerre, il reprend son m\u00e9tier de vicaire pendant 10 ann\u00e9es puis devient sous-directeur puis directeur dioc\u00e9sain des \u0152uvres de Lille pendant les 18 ann\u00e9es qui suivent. Il est \u00e9galement Pasteur \u00e0 Notre-Dame-de-Fives et cur\u00e9-doyen \u00e0 Lille Saint-Maurice. Il fonde l\u2019Action civile ouvri\u00e8re puis l\u2019Action catholique, ayant une action sociale tourn\u00e9e vers les \u00ab humbles gouvernantes de presbyt\u00e8re, \u00e0 ces femmes qui par leur d\u00e9vouement cach\u00e9 aident le minist\u00e8re des pr\u00eatres pour un salaire souvent modeste \u00bb (selon un discours posthume anonyme). Il restera tr\u00e8s marqu\u00e9 par la guerre et d\u00e9c\u00e8de de longue maladie le 27 janvier 1964 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 78 ans. Il \u00e9tait chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur, et avait \u00e9galement re\u00e7u la Croix de guerre et la M\u00e9daille militaire. <br><br><strong>Commentaires sur l\u2019ouvrage :<\/strong><br><br>Le t\u00e9moignage de l\u2019aum\u00f4nier-fanfariste du bataillon des chasseurs de Driant Charles Dutoo est par cette fonction un livre de souvenirs singulier. M\u00eame si peu profond dans sa mat\u00e9rialit\u00e9 testimoniale, souvent se raccrochant aux secteurs parcourus, un peu moins pr\u00e9cis sur les dates, il permet toutefois de retracer la r\u00e9alit\u00e9 peu connue d\u2019une fanfare de bataillon au front, activit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique le plus souvent d\u00e9volue au service de sant\u00e9, ainsi que son animation musicale dans la guerre. Constitu\u00e9e par la conjonction de la volont\u00e9, \u00ab le r\u00eave \u00bb du colonel Driant et l\u2019appui de Maurice Barr\u00e8s pour sa constitution, Dutoo n\u2019\u00e9lude rien de sa cr\u00e9ation, de son \u00e9conomie, de son fonctionnement, de ses \u0153uvres et autres caract\u00e9ristiques (comme la cr\u00e9ation p\u00e9riph\u00e9rique d\u2019une chorale) en repla\u00e7ant cette existence dans les diff\u00e9rents fronts de sa Grande Guerre, entrant par cette relation dans le champ testimonial. Ceci principalement de 1916 \u00e0 la dissolution du bataillon (28 f\u00e9vrier 1919) et sa d\u00e9mobilisation (31 mars 1919). Mais il n\u2019est pas seulement musicien ; sa tache au front est \u00e9galement la gestion des morts et le renseignement des vivants. Il dit \u00e0 ce sujet : \u00ab Les lendemains d\u2019attaque, je recevais toujours une avalanche de lettres. Familles ou amis voulaient apprendre de l\u2019aum\u00f4nier o\u00f9, quand et comment leur \u00eatre cher \u00e9tait tomb\u00e9. Apr\u00e8s avoir tri\u00e9 prudemment ; on comprend pourquoi, toute la correspondance du d\u00e9funt, je renvoyai aux siens les modestes mais pr\u00e9cieux souvenirs, qui alimenteraient sa m\u00e9moire, peut-\u00eatre au cours de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations \u00bb (page 29). Plusieurs descriptions de cette t\u00e2che sont \u00e0 relever dans l\u2019ouvrage. Dutoo d\u00e9crit \u00e9galement son c\u00f4toiement avec les soldats d\u2019un Bataillon du Pacifique et de son roi.<br> <br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br><br>Page 30 : Monseigneur de Liobet, \u00e9v\u00eaque de Gap, futur archev\u00eaque d\u2019Avignon, atteint par la loi Dalbiez, vers\u00e9 \u00e0 42 ans dans une division du 30<sup>e<\/sup> corps.<br>32 : Chasseur mort de froid<br>33 : Fouille les morts pour restituer objets et documents, r\u00e9dige des cartes macabres \u00e0 l\u2019intention des familles<br> : \u00ab Il n\u2019y a avais plus [\u00e0 Verdun] que des ossements et de la poussi\u00e8re ! Je me disais que le sol de Verdun \u00e9tait r\u00e9ellement fait de la cendre des morts : que la terre enti\u00e8re aussi \u00e9tait faite de tous ceux qui nous avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, depuis des mill\u00e9naires, et que l\u2019Eglise avait raison de nous rappeler chaque ann\u00e9e que, comme les autres, \u00ab\u00a0nous sommes poussi\u00e8re et nous retournerons en poussi\u00e8re\u00a0\u00bb\u00bb<br>34 : Ramassage des corps \u00e9clat\u00e9s<br>37 : Nom et paternit\u00e9 de morceaux jou\u00e9s par la Fanfare<br>40 : Espionnite, affaire des signaux, en fait une chasse aux pigeons<br>45 : N\u00e9crophores (insectes) emp\u00eachant le transport des corps, tra\u00een\u00e9s sur le champ de bataille<br> : Constitution d\u2019un cimeti\u00e8re, gravage des noms sur des bo\u00eetes de conserve, carte des croix<br>48 : Bapt\u00eame de l\u2019air propos\u00e9 aux officiers au repos<br>52 : Bataillon du Pacifique, nom de roi, difficult\u00e9 climatique et repos \u00e0 Saint-Rapha\u00ebl, utilisation privil\u00e9gi\u00e9e du tutoiement, hommes champions du lancer de grenade (fin 55)<br>65 : Kouglof appel\u00e9 gouqueloupf<br>80 : Sur les caves de Reims<br>84 : Re\u00e7oit en don d\u2019un prisonnier allemand un parabellum<br>86 : Aime son Adrian, \u00ab ce cher casque \u00ab\u00a0ennobli\u00a0\u00bb, lors de ma d\u00e9mobilisation, d\u2019une visi\u00e8re suppl\u00e9mentaire de cuivre \u00bb<br>92 : D\u00e9mobilis\u00e9, il re\u00e7oit \u00ab un costume civil gris de douteuse qualit\u00e9 \u00bb, le costume Abrami.<br><br><em>Yann Prouillet,16 avril 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : Les m\u00e9moire d&rsquo;un chef de fanfare, Charles Dutoo, Ets Douriez-Bataille \u00e9diteur, 1963, 96 p. Aum\u00f4nier du 56e BCP, l\u2019auteur, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 couche sur le papier ses m\u00e9moires de guerre et notamment le r\u00f4le qu\u2019il accepte du successeur de l\u2019embl\u00e9matique colonel Driant, mort dans les premiers jours de la &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/04\/16\/dutoo-charles-1886-1964\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Dutoo, Charles (1886-1964)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4676,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[99,13,10,21],"tags":[1092,1155,1347],"class_list":["post-4672","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1946-1965","category-medecin-service-de-sante","category-combattant-infanterie","category-souvenirs","tag-aumonier","tag-chasseur-a-pied","tag-fanfariste"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4672"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4672\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4721,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4672\/revisions\/4721"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4676"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}