{"id":4678,"date":"2025-04-17T10:53:04","date_gmt":"2025-04-17T09:53:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4678"},"modified":"2025-04-23T17:35:41","modified_gmt":"2025-04-23T16:35:41","slug":"puistienne-jean-1896-1983","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/04\/17\/puistienne-jean-1896-1983\/","title":{"rendered":"Puistienne, Jean (1896-1983)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage <\/strong>:<br><br><em>Escadrille 155<\/em>. Jean Puistienne &amp; Jean Bommart. Berger-Levrault, 1935, 222 p.<br><br>8 mars 1917, apr\u00e8s une blessure, Jean Puistienne, du 105<sup>e <\/sup>R.I., est vers\u00e9 comme \u00e9l\u00e8ve pilote dans l\u2019aviation. Il d\u00e9bute alors son journal de guerre qui l\u2019am\u00e8ne, de son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Dijon, en passant par Istres, Avord et Pau, \u00e0 sa nomination comme pilote de chasse \u00e0 la N 155. Il raconte dans ses \u00e9crits sa formation, son int\u00e9gration comme \u00ab bleu \u00bb, ses combats jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apoth\u00e9ose de la victoire, \u00ab d\u00e9filant \u00bb au-dessus de Metz, le 19 novembre 1918, pour y r\u00e9colter &#8230; une radiation du personnel naviguant ! <br> <br><strong>El\u00e9ments biographiques <\/strong>:<br><br>Jean, Charles, Victor Puistienne est n\u00e9 le 29 octobre 1896 \u00e0 Vichy (Allier). Il est le fils de L\u00e9on, docteur en m\u00e9decine et m\u00e9decin-chef de l\u2019h\u00f4pital thermal de la ville et de Marie Charlotte Berlencourt. Il s\u2019unit \u00e0 Casablanca au Maroc le 23 f\u00e9vrier 1935 \u00e0 Simone Raufast, n\u00e9e en 1906. Il a une s\u0153ur, Colette, n\u00e9e en 1900, et semble \u00eatre chef d\u2019entreprise \u00e0 Casablanca apr\u00e8s la Grande Guerre. Il y a peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments sur son parcours militaire. Classe 1916, \u00e9tudiant c\u00e9libataire, il est recrut\u00e9 \u00e0 Roanne et appel\u00e9 pr\u00e9liminairement au 121e RI le 9 avril 1915 puis passe au 105<sup>e<\/sup> R.I. de Riom (Puy-de-D\u00f4me). Bless\u00e9 au visage sur la Somme \u00e0 l\u2019automne 1916 par \u00e9clat d\u2019obus, il souhaite changer d\u2019arme et, en mars 1917, apr\u00e8s quatre demandes infructueuses, parvient \u00e0 entrer en formation d\u2019\u00e9l\u00e8ve pilote. Il dispose d\u2019une fiche de personnel sur le site personnel de l&rsquo;a\u00e9ronautique dans M\u00e9moire des Hommes. Il passe avec succ\u00e8s les diff\u00e9rentes phases de formation, du d\u00e9bourrage \u00e0 Dijon d\u00e8s le 31, \u00e0 son affectation comme pilote \u00e0 l\u2019escadrille N 155 stationn\u00e9e alors \u00e0 M\u00e9lette, pr\u00e8s de Ch\u00e2lons-sur-Marne (aujourd\u2019hui Ch\u00e2lons-en-Champagne) et dont l\u2019insigne est le Grand Cacatois, un perroquet puis le Petit Poucet en mars 1918 (p. 133). Il passe caporal le 20 juillet 1917 et termine sa campagne comme sergent. Fin 1918, il obtient une citation qui reprend ses actions teint\u00e9es de courage (report\u00e9e p. 218). Le 11 novembre, il sous-entend qu\u2019il est un miracul\u00e9 ; il dit : \u00ab D\u00e9cid\u00e9ment nous n\u2019aurons pas laiss\u00e9 notre peau dans la bagarre \u00bb. Sa carri\u00e8re comme aviateur, pourtant brillante, malgr\u00e9 14 mois \u00e0 tromper la mort dans le ciel, s\u2019ach\u00e8ve dans une bacchanale a\u00e9rienne qui le destitue. Le 19 novembre, au-dessus de Metz reconquise, il survole, en compagnie de 4 camarades, le d\u00e9fil\u00e9 de la victoire. Il dit : \u00ab Et c\u2019est le drame : \u2026 Lequel a commenc\u00e9 ?.. Un carrousel a\u00e9rien se d\u00e9clenche\u2026 Loopings, glissades, boucles\u2026 au-dessus de la foule ravie\u2026 Soudain, une clameur s\u2019\u00e9l\u00e8ve\u2026 Avec fracas, un Spad vient de s\u2019\u00e9craser sur le pav\u00e9\u2026 \u00bb. Le 13 d\u00e9cembre, la sanction tombe. \u00ab Le sergent Puistienne, du 105<sup>e<\/sup> d\u2019infanterie, d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 l\u2019escadrille SPA 155, cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019arm\u00e9e\u2026 Une blessure\u2026 et ses quatre camarades sont punis de quinze jours d\u2019arr\u00eats de rigueur, radi\u00e9s du personnel navigant de l\u2019a\u00e9ronautique et renvoy\u00e9s dans leurs armes respectives, avec le motif suivant : \u00ab Pilotes absolument inconscients, sont un danger pour la s\u00e9curit\u00e9 publique \u00bb. \u00ab Nous nous sommes inclin\u00e9s, sans protester. La guerre \u00e9tait finie. On n\u2019avait plus besoin de nous (p. 215 \u00e0 219). \u00bb Il termine, amer, son journal en disant \u00ab Si \u2013 ce qu\u2019\u00e0 Dieu ne plaise \u2013 on avait un jour de nouveau besoin de nous, il serait inutile de nous appeler \u00bb (p. 219) mais il semblerait toutefois que Jean Puistienne soit rest\u00e9 dans l\u2019aviation puisqu\u2019il figure au grade de capitaine \u00e0 l\u2019effectif de l\u2019escadrille ERC (Escadrille de r\u00e9serve de chasse) 571 stationn\u00e9e \u00e0 Casablanca le 10 mai 1940. Pascal Poly confirme en effet qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 commandant de la 6<sup>e<\/sup> escadrille du GC III\/4 de d\u00e9cembre 1939 \u00e0 juillet 1940. L&rsquo;escadrille ERC 571 a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e au GC III\/4 et le capitaine Puistienne a pris le commandement de la 6<sup>e<\/sup> escadrille de ce GC III\/4 cr\u00e9\u00e9 en mai 1940 \u00e0 partir de l&rsquo;ERC 571 et l&rsquo;ERC 573 stationn\u00e9e \u00e0 Casablanca le 10 mai 1940. Jean Puistienne d\u00e9c\u00e8de le 23 janvier 1983 \u00e0 Lagardelle-sur-L\u00e8ze (Haute-Garonne) \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 86 ans.<br><br><strong>Commentaires sur l\u2019ouvrage :<\/strong><br><br>A l\u2019instar de Georges Villa dans son carnet de guerre paru dans Au-dessus de la tranch\u00e9e pour l\u2019aviation d\u2019observation, Jean Puistienne livre dans son carnet de vol un t\u00e9moignage vivant, \u00ab sur le vif \u00bb, haletant m\u00eame si peu d\u00e9lay\u00e9, mais qui rapporte excellemment la vie et l\u2019\u00e9volution d\u2019un pilote de chasse de la Grande Guerre en formation puis en combat sur les deux derni\u00e8res ann\u00e9es de guerre. Apr\u00e8s un an d\u2019apprentissage, il vole sur le M\u00f4me Jeannette, d\u00e9crivant une lutte a\u00e9rienne de mani\u00e8re haletante et finalement impressionnante, \u00e9voquant un v\u00e9ritable \u00ab sabbat \u00bb (p. 176). Il est heureux quand il abat enfin son premier \u00ab boche \u00bb le 27 janvier 1918 (page 120). Un ouvrage \u00e0 placer alors dans les tout meilleurs t\u00e9moignages sur l\u2019aviation. Le livre est pr\u00e9fac\u00e9 par Gilbert Sardier, ancien chef d\u2019escadrille de la SPA 48 qui \u00e9voque \u00ab notre jeunesse sportive ; insouciante, fougueuse, dont le patriotisme exalt\u00e9 par l\u2019appel du Pays en danger fut m\u00fbri par le climat ardent de l\u2019Aviation de Chasse \u00bb. L\u2019ouvrage est co-pr\u00e9sent\u00e9 par le journaliste et romancier Jean Bommart, dont on n\u2019identifie toutefois pas le r\u00f4le exact dans la publication.<br> <br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br><br>Page 36 : Tente D.W., Dickson-Walrave (vap 157), tente au velum blanc (p.177)<br>42 : Terminologie des \u00e9l\u00e8ves par rapport \u00e0 leur niveau d\u2019apprentissage<br>43 : Tenue copurchic<br>68 : Le Fant\u00f4me, fuselage d\u2019avion fix\u00e9 au sol et son fonctionnement<br>86 : Casque Roold, et chanson sur<br>92 : Avion camoufl\u00e9<br>98 : Tricots Rasurels et lutte vestimentaire contre le froid<br>105 : R\u00e9seau tiss\u00e9 par les balles incendiaires<br>109 : \u00ab Mission sp\u00e9ciale \u00bb du d\u00e9p\u00f4t d\u2019espion derri\u00e8re les lignes ennemies<br>119 : Diff\u00e9rence entre guide et chef meneur d\u2019homme<br>121 : Ce qu\u2019il faut faire en cas de capture (br\u00fbler l\u2019avion, lexique, Colt + 3 chargeurs) <br> : Bague touchwood, porte-bonheur<br>133 : Choix du Petit Poucet comme nouvel insigne, propos\u00e9 par le lieutenant Persillie<br>135 : \u00ab Beau spectacle, un peu bruyant \u00bb des mitrailleuses et de la DCA<br>139 : Nom des avions (Spad, Nieuport, Morane, Br\u00e9guet, Caudron, Dorand, Farman, Sopwith, Letord, Voisin, Caproni) et caract\u00e9ristiques<br>158 : Ass\u00e8chement du terrain \u00e0 l\u2019essence enflamm\u00e9e<br>177 : \u00ab J\u2019ai retrouv\u00e9 un \u00e9clat de ferraille incrust\u00e9 dans mon bloc-notes \u00bb<br>179 : Enrayage trop fr\u00e9quent des Wickers<br>181 : Degorce se lave les dents avec une allumette enduite de craie pour enlever le tartre<br>196 : Autrey (Vosges)<br>201 : Citation de l\u2019Escadre de combat n\u00b01 sign\u00e9e par P\u00e9tain. La N155, en 7 mois, a abattu 106 avions et incendi\u00e9 42 drachens, <br>208 : Au retour d\u2019un combat, il compte 23 balles dans son avion, dont deux dans le pare-brise<br>210 : \u00ab Pench\u00e9 sur le vide, son mitrailleur distribue une mort scientifique six cents fois \u00e0 la minute \u00bb<br>213 : Il survole le Bois-le-Pr\u00eatre et dit : \u00ab Pont-\u00e0-Mousson passe, les anciennes lignes silencieuses, mortes, qui font t\u00e2che dans le paysage vert comme la cicatrice d\u2019une vieille blessure \u00bb<br>219 : Affaire de l\u2019accident a\u00e9rien de Metz, qui lui vaut sa radiation<br><br><em>Yann Prouillet, 17 avril 2025<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : Escadrille 155. Jean Puistienne &amp; Jean Bommart. Berger-Levrault, 1935, 222 p. 8 mars 1917, apr\u00e8s une blessure, Jean Puistienne, du 105e R.I., est vers\u00e9 comme \u00e9l\u00e8ve pilote dans l\u2019aviation. Il d\u00e9bute alors son journal de guerre qui l\u2019am\u00e8ne, de son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Dijon, en passant par Istres, Avord et &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/04\/17\/puistienne-jean-1896-1983\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Puistienne, Jean (1896-1983)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4695,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[98,133,3],"tags":[1250,1349],"class_list":["post-4678","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1931-1945","category-aviateur","category-carnet","tag-aviateur","tag-escadrille-n155"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4678"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4678\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4719,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4678\/revisions\/4719"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}