{"id":4701,"date":"2025-04-20T14:32:32","date_gmt":"2025-04-20T13:32:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4701"},"modified":"2025-04-23T17:37:39","modified_gmt":"2025-04-23T16:37:39","slug":"baudlot-camille-1903-1994","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/04\/20\/baudlot-camille-1903-1994\/","title":{"rendered":"Baudlot, Camille (1903-1994)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br><br><em>J&rsquo;avais dix ans en 1913<\/em>, slnd, 22 p.<br><br>N\u00e9 en 1903, Camille Baudlot, fils de p\u00e2tissier dans la commune de Nurlu, \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres au nord de P\u00e9ronne dans la Somme, se souvient, \u00e0 l\u2019aube de ses 80 ans, de son adolescence dans la Grande Guerre. D\u00e8s la d\u00e9claration, il se rappelle du d\u00e9part de son p\u00e8re, au 13\u00e8me jour de la mobilisation, puis de son retour, 15 jours plus tard, sans qu\u2019il s\u2019explique cette \u00ab lib\u00e9ration \u00bb. Le 17 ao\u00fbt, il voit passer des r\u00e9fugi\u00e9s belges, bient\u00f4t suivis par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en d\u00e9route. Le canon se rapprochant, les parents de Camille mettent ce qu\u2019ils peuvent sur une charrette et prennent eux-aussi la route de l\u2019exil. H\u00e9berg\u00e9 quelques jours chez une lointaine cousine, la famille est \u00ab rattrap\u00e9e \u00bb par les Uhlans ; elle rentre alors \u00e0 Nurlu. Vers le 6 septembre, le village est lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s la bataille de La Marne mais les Allemands reviennent, manquant de fusiller son p\u00e8re. Et le village de s\u2019enfoncer dans l\u2019occupation. Le 10 octobre, les Allemands embarquent son p\u00e8re comme prisonnier civil ; il ne rentrera dans ses foyers que le 17 janvier 1916. Il se souvent \u00e9galement (page 9) d\u2019un espion fran\u00e7ais, apparemment d\u00e9pos\u00e9 par un avion (?), muni de pigeons voyageurs, log\u00e9 pendant 12 jours chez un voisin, et renseign\u00e9 par des r\u00e9sistants de sa famille. Il \u00e9voque \u00e9galement un trafic de viande. Vers le 25 juillet 1916, \u00ab \u00e9tant la premi\u00e8re maison du village \u00bb en direction de P\u00e9ronne (p. 11), la famille est expuls\u00e9e. Il se souvient encore de la mort en combat a\u00e9rien du sous-lieutenant Henri Desnos le 24 septembre 1916 &#8211; un monument marquant cet \u00e9v\u00e8nement est toujours visible au centre de Nurlu. Quatre jours plus tard, les Allemands d\u00e9cident d\u2019\u00e9vacuer le village. Par Beauvois-en-Cambraisis (o\u00f9 il se souvient avoir fait se premi\u00e8re communion, le 13 novembre), puis Caudry, dans le Nord, la famille \u00e9choue \u00e0 Revin dans les Ardennes. Elle se retrouve dans la loge de concierge d\u2019une usine ; elle va y passer le reste de la guerre. \u00c0 14 ans, l\u2019adolescent est r\u00e9quisitionn\u00e9 au travail obligatoire et est affect\u00e9 comme jardinier, se consid\u00e9rant comme \u00ab un peu moins malheureux \u00bb (p. 15). En 1918, son p\u00e8re et son fr\u00e8re (\u00e2g\u00e9 de 17 ans), sont \u00e0 nouveau prisonniers civils. Son p\u00e8re sera gravement bless\u00e9 et \u00e9vacu\u00e9 en Allemagne ; il ne rentrera qu\u2019en mars 1919 mais gardera toujours des s\u00e9quelles de ses blessures mal soign\u00e9es. Rest\u00e9 seul avec sa m\u00e8re, les troupes ennemies se retirant de la ville, Camille est \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 Rocroi, se souvenant d\u2019une des nuits les plus terribles qu\u2019il ait v\u00e9cue, celle du 10 au 11 novembre 1918. A 9 heures, des Italiens, accompagn\u00e9s de dragons fran\u00e7ais, arrivent et annoncent la fin de la guerre. Camille et sa m\u00e8re restent \u00e0 Rocroi jusqu\u2019en mars 1919, rejoint par les deux fr\u00e8res puis par leur p\u00e8re. Nurlu \u00e9tant enti\u00e8rement ras\u00e9, la famille \u00e9choue dans un premier temps dans une ferme de Br\u00e9tigny-sur-Orge, ce jusqu\u2019en 1920, quand ils retournent enfin dans leur village dont ils ne retrouvent l\u2019emplacement de leur maison que par quelques tessons de la vaisselle familiale ! Avec des briques r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es et gratt\u00e9es, ils reconstruisent une baraque provisoire, puis participent \u00e0 la renaissance du village, en 1921. Le 13 novembre, il fait son service militaire au 5<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de Chasseurs \u00e0 Cheval avant de fonder enfin lui-m\u00eame une famille. Il termine son r\u00e9cit par cette affirmation, que le lecteur ne saurait remette en cause : \u00ab Tout ce que j\u2019ai racont\u00e9 est rigoureusement exact \u00bb !<br><br><strong>El\u00e9ments biographiques :<\/strong><br><br>Camille Georges Henri Baudlot est n\u00e9 le 14 ao\u00fbt 1903 \u00e0 Nurlu dans la Somme. Il est le fils d\u2019un p\u00e2tissier, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 11 septembre 1926, et de son \u00e9pouse, m\u00e8re au foyer. Camille est la cadet de la fratrie, ayant deux fr\u00e8res, Edmond, n\u00e9 en 1895, et Maurice, n\u00e9 en 1900. Il se marie le 21 septembre 1931 et de son union na\u00eetront deux filles. Son \u00e9pouse, qu\u2019il qualifie de \u00ab compagne id\u00e9ale \u00bb (p. 22), d\u00e9c\u00e8de en 1968. Il est un temps recens\u00e9 comme g\u00e9rant, domicili\u00e9 \u00e0 Amiens, rue B\u00e9ranger, en 1936. Il dit avoir fait la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et \u00ab un peu de r\u00e9sistance \u00bb (p. 22). Il d\u00e9c\u00e8de le 25 janvier 1994 \u00e0 Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 90 ans.<br><br><strong>Commentaires sur l&rsquo;ouvrage : <\/strong><br><br>Peu d\u2019erreurs, peut-\u00eatre chronologiques, sont relev\u00e9es dans ce petit livret de 22 pages, auto-\u00e9dit\u00e9, en forme de rapide autobiographie de guerre d\u2019un adolescent, de 11 \u00e0 15 ans, ballot\u00e9 de son village de Nurlu, dans la Somme, aux Ardennes occup\u00e9es, o\u00f9 toute la famille a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e, avant de ne rentrer dans un foyer aras\u00e9 \u00e0 reconstruire qu\u2019en 1920. Un r\u00e9cit dense et int\u00e9ressant malgr\u00e9 sa bri\u00e8vet\u00e9 et son absence de profondeur, \u00e0 classer dans les souvenirs de guerre d\u2019adolescent.<br><br><em>Yann Prouillet, 20 avril 2025<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : J&rsquo;avais dix ans en 1913, slnd, 22 p. N\u00e9 en 1903, Camille Baudlot, fils de p\u00e2tissier dans la commune de Nurlu, \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres au nord de P\u00e9ronne dans la Somme, se souvient, \u00e0 l\u2019aube de ses 80 ans, de son adolescence dans la Grande Guerre. 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