{"id":4749,"date":"2025-05-08T10:10:44","date_gmt":"2025-05-08T09:10:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4749"},"modified":"2025-05-08T10:10:45","modified_gmt":"2025-05-08T09:10:45","slug":"lebesgue-rene-1893-1973","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/05\/08\/lebesgue-rene-1893-1973\/","title":{"rendered":"Lebesgue, Ren\u00e9 (1893 &#8211; 1973)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Classe 13, journal d\u2019un sapeur du g\u00e9nie<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ren\u00e9 Lebesgue, n\u00e9 \u00e0 Valdampierre (Oise), est m\u00e9canicien lorsqu\u2019il est incorpor\u00e9 \u00e0 Versailles au 1<sup>er<\/sup> r\u00e9giment du g\u00e9nie. Sa classe est appel\u00e9e en novembre 1913, un mois apr\u00e8s la classe 12, c\u2019est la premi\u00e8re \u00e0 devoir effectuer trois ans de service militaire. Affect\u00e9 successivement dans diff\u00e9rentes unit\u00e9s du g\u00e9nie, il combat \u00e0 Massiges en 1914 et 1915, y est bless\u00e9, et apr\u00e8s sa convalescence part pour l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient (Dardanelles puis Salonique). Rapatri\u00e9 malade \u00e0 Toulon, il revient en ligne en mai 1917 (Aisne) jusqu\u2019\u00e0 la fin du conflit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Classe 13, journal d\u2019un sapeur du g\u00e9nie<\/em>, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 compte d\u2019auteur \u00e0 <em>La Pens\u00e9e Universelle<\/em> (1988, 217 pages). Le livre n\u2019a ni pr\u00e9face ni pr\u00e9sentation, on sait seulement par la 4<sup>e<\/sup> de couverture que \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est par hasard que Robert Lebesgue a retrouv\u00e9 le journal de guerre de son p\u00e8re, Ren\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb Il s\u2019agit de carnets journaliers qui mentionnent jour apr\u00e8s jour les diff\u00e9rentes activit\u00e9s et missions du soldat. Ces carnets ont probablement \u00e9t\u00e9 recopi\u00e9s, car on a une mention des \u00ab&nbsp;boches&nbsp;\u00bb d\u00e8s le 3 septembre 1914.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Presque aucune mention intime dans ces carnets de Ren\u00e9 Lebesgue, c\u2019est un document un peu aust\u00e8re, mais pr\u00e9cis pour l\u2019indication les missions et occupations, pour tous les jours du conflit. L\u2019auteur est souvent \u00e0 l\u2019arri\u00e8re \u00e0 faire des travaux d\u2019am\u00e9nagement, de r\u00e9paration ou de d\u2019entretien, mais il est aussi parfois tr\u00e8s expos\u00e9. Ainsi \u00e0 Massiges en d\u00e9cembre 1914, il am\u00e9nage des abris, fait de l\u2019instruction aux marsouins pour le creusement de tranch\u00e9e (\u00ab&nbsp;\u00e9cole de sape&nbsp;\u00bb), confectionne des r\u00e9seaux, mais il fait aussi une attaque avec son peloton&nbsp;: (p.31) \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est affreux, la bataille&nbsp;: morts, bless\u00e9s, les balles sifflent de tous c\u00f4t\u00e9s. Vingt-deux de chez nous sont disparus, morts, bless\u00e9s ou prisonniers.&nbsp;<\/em>\u00bb Il est ensuite occup\u00e9 au percement d\u2019une mine, et il signale l\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 belle (9 janvier 1915, p. 32) \u00ab&nbsp;<em>Vers 6h30 ce matin, les boches font sauter notre mine. C\u2019est une chance pour nous que nous n\u2019avons plus de bougie pour nous \u00e9clairer dans la mine, nous \u00e9tions retourn\u00e9s aux abris, sans ce manque d\u2019\u00e9clairage nous aurions \u00e9t\u00e9 dans la mine et sautions avec.<\/em>&nbsp;\u00bb. En mars 1915, il monte avec son peloton au fortin de Beaus\u00e9jour (p. 39)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Spectacle affreux&nbsp;: boyaux remplis de morts, boches et fran\u00e7ais&nbsp;; nous marchons sur les morts \u00e9tendus au fond des boyaux \u00e0 moiti\u00e9 recouverts de terre. Plus loin dans la tranch\u00e9e, ici un bras qui d\u00e9passe, plus loin une main, plus loin un pied. Les cadavres ayant \u00e9t\u00e9 recouvert, nous rapprofondissons les boyaux d\u00e9molis par les obus.<\/em>&nbsp;\u00bb Il est bless\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement par \u00e9clats aux bras et \u00e0 la t\u00eate le 9 avril 1915 dans sa deuxi\u00e8me attaque \u00e0 Beaus\u00e9jour.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s soins et convalescence, il revient \u00e0 Versailles (Satory) en juillet 1915, o\u00f9 il est vers\u00e9 dans une unit\u00e9 de projecteurs. Parti pour l\u2019Orient en septembre 1915, il est&nbsp;responsable du fonctionnement d\u2019un projecteur oxyac\u00e9tyl\u00e9nique&nbsp;: il \u00e9claire la tranch\u00e9e turque (Dardanelles) sur demande de l\u2019infanterie. Il passe ensuite \u00e0 Salonique en janvier 1916, fait des travaux d\u2019am\u00e9nagement de camps, construction de cabanes, terrassement\u2026 Un temps convoyeur de chemin de fer, il se sp\u00e9cialise ensuite dans la m\u00e9canique automobile. Au camp de Karassouli en juin 1916, il devient chauffeur pour son lieutenant, tout en r\u00e9parant les moteurs des automobiles du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Malade du paludisme, il est hospitalis\u00e9 trois mois puis est rapatri\u00e9 en janvier 1917, il ne r\u00e9int\u00e8gre une compagnie du g\u00e9nie au front qu\u2019en mai 1917 \u00e0 Pontavert. Il se partage alors entre l\u2019entretien des projecteurs, une permanence d\u2019observatoire (syst\u00e8me optique de nature non pr\u00e9cis\u00e9e) et divers travaux de camps (terrassement). Il mentionne aussi ses travaux personnels d\u2019artisanat: un briquet en forme de bidon de soldat, un autre en forme de livre, confection d\u2019un avion puis d\u2019un sous-marin. Apr\u00e8s son 24<sup>e<\/sup> anniversaire (11 novembre 1917, \u00ab\u00a0<em>quelle triste f\u00eate<\/em>\u00a0\u00bb) il est vers\u00e9 \u00e0 la compagnie t\u00e9l\u00e9graphique de l\u2019Arm\u00e9e (Aisne). Il y apprend le morse, dresse des poteaux, tire des lignes\u2026 Il participe \u00e0 la construction et \u00e0 l\u2019entretien de centraux t\u00e9l\u00e9phoniques, puis passe \u00e0 l\u2019entretien des groupes \u00e9lectrog\u00e8nes. Il insiste depuis 1917 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Armistice sur la fr\u00e9quence et la dangerosit\u00e9 des bombardements a\u00e9riens allemands. Le 24 d\u00e9cembre 1918, \u00ab<em>\u00a0Le soir \u00e0 minuit je vais assister \u00e0 la messe de minuit \u00e0 l\u2019\u00e9glise du pays pour la premi\u00e8re fois de ma vie.<\/em>\u00a0\u00bb, puis il \u00ab\u00a0<em>tra\u00eene son ennui<\/em>\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1919\u00a0: quelques corv\u00e9es, beaucoup de \u00ab\u00a0<em>rien \u00e0 signaler\u00a0<\/em>\u00bb, et apr\u00e8s avoir avec son groupe \u00e9lectrog\u00e8ne \u00e9clair\u00e9 le bal de 14 juillet \u00e0 Villers-Cotter\u00eats, il est d\u00e9mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1919.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> Donc ici un homme d\u00e9brouillard, habile de ses mains, qui se forme en permanence \u00e0 de nouvelles missions, et que nous pouvons suivre dans ses activit\u00e9s multiples. Il est peu bavard sur ce qu\u2019il pense du conflit, mais ses \u00e9crits illustrent bien, de mani\u00e8re factuelle, ce qu\u2019a pu \u00eatre une guerre v\u00e9cue dans l\u2019arme du g\u00e9nie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du simple soldat.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, mai 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Classe 13, journal d\u2019un sapeur du g\u00e9nie 1. Le t\u00e9moin Ren\u00e9 Lebesgue, n\u00e9 \u00e0 Valdampierre (Oise), est m\u00e9canicien lorsqu\u2019il est incorpor\u00e9 \u00e0 Versailles au 1er r\u00e9giment du g\u00e9nie. Sa classe est appel\u00e9e en novembre 1913, un mois apr\u00e8s la classe 12, c\u2019est la premi\u00e8re \u00e0 devoir effectuer trois ans de service militaire. Affect\u00e9 successivement dans &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/05\/08\/lebesgue-rene-1893-1973\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Lebesgue, Ren\u00e9 (1893 &#8211; 1973)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[101,214,3,1246],"tags":[1336,441],"class_list":["post-4749","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1981-1990","category-1er-genie","category-carnet","category-genie","tag-champagne","tag-orient"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4749","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4749"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4749\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4752,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4749\/revisions\/4752"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4749"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4749"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4749"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}