{"id":478,"date":"2011-08-15T09:59:37","date_gmt":"2011-08-15T08:59:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=478"},"modified":"2021-09-12T19:37:34","modified_gmt":"2021-09-12T18:37:34","slug":"belleil-jean-baptiste-1877-1970","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/08\/15\/belleil-jean-baptiste-1877-1970\/","title":{"rendered":"Belleil, Jean-Baptiste (1877- 1970)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin.<\/strong><\/p>\n<p>Jean-Baptiste Belleil est n\u00e9 en 1877 dans une famille modeste de Loire-Atlantique. Apr\u00e8s son Certificat d&rsquo;\u00c9tudes Primaires et quelques ann\u00e9es d&rsquo;apprentissage, il contracte un engagement, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 19 ans, au 35<sup>e<\/sup> RAC de Vannes. Il fut en garnison \u00e0 Vannes, puis, \u00e0 compter du 9 janvier 1912, au 31<sup>e<\/sup> RAC au Mans, en qualit\u00e9 de sous-lieutenant. Lieutenant le 9 janvier 1914, il f\u00fbt aux Arm\u00e9es du 2 ao\u00fbt 1914 au 20 juillet 1915 (front de Verdun, puis Vosges et Alsace). \u00c0 cette derni\u00e8re date et apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 trois fois bless\u00e9 (7 septembre 1914 ; 28 avril 1915 ; 20 juillet 1915), il f\u00fbt affect\u00e9 au 104<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;artillerie lourde, au Mans. Mari\u00e9, p\u00e8re de 4 enfants de deux mariages, il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 27 juillet 1970 \u00e0 Pontivy (56), o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait retir\u00e9 apr\u00e8s son d\u00e9part \u00e0 la retraite. Il \u00e9tait le beau-fr\u00e8re du capitaine Charles Mah\u00e9, commandant d\u2019une compagnie du 48<sup>e<\/sup> RI de Guingamp, disparu \u00e0 Roclincourt le 9 mai 1915, dont <em>Bretagne 14-18<\/em> a \u00e9galement publi\u00e9 les carnets et lettres de guerre.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Lieutenant Belleil J.B., <em>R\u00e9cit de guerre d&rsquo;un officier d&rsquo;artillerie (P\u00e9riode du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914 au 12 f\u00e9vrier 1915)<\/em>, Adaptation Julien Prigent, Septembre 2005, Bretagne 14-18, 134 pages (21&#215;29) \u2013 I.S.B.N.\u00a0: 2-913518-35-4<\/p>\n<p>Jean-Baptiste Belleil r\u00e9sume en avant-propos de ses m\u00e9moires, ce qui les a motiv\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>C\u00e9dant aux sollicitations pressantes et r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de mes enfants, je me d\u00e9cide \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 87 ans, \u00e0 transcrire aussi fid\u00e8lement que possible sur les pages qui suivent, en consultant mes diff\u00e9rents carnets o\u00f9 ils sont consign\u00e9s au jour le jour, les principaux \u00e9v\u00e8nements de la journ\u00e9e, en rem\u00e9morant mes souvenirs sur les faits dont j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin, l&rsquo;auteur, le confident \u2026 ainsi que quelques correspondances et pi\u00e8ces d&rsquo;archives en ma possession.<\/em> \u00bb (p. 6)<\/p>\n<p>Il r\u00e9digea sa chronique de guerre sur des carnets. Son r\u00e9cit nous conduit du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914 au 12 f\u00e9vrier 1915. Les carnets suivants, de cette derni\u00e8re date jusqu&rsquo;\u00e0 juillet 1915, mois o\u00f9 cet officier, bless\u00e9 pour la troisi\u00e8me fois, quitta v\u00e9ritablement le front, n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s.<\/p>\n<p>Pendant toute cette narration, le lieutenant Belleil est au 31<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie de campagne du Mans. Ce r\u00e9giment va d\u00e9barquer dans la zone des Arm\u00e9es, \u00e0 Consenvoye, au nord imm\u00e9diat de Verdun, le 12 ao\u00fbt 1914, au sein de la 54<sup>e<\/sup> division de r\u00e9serve, unit\u00e9 du Groupement des divisions de r\u00e9serve de la d\u00e9fense de Verdun. Il va d\u2019abord \u00eatre engag\u00e9 lors de la bataille de Spincourt, du 23 au 25 ao\u00fbt, puis retraiter vers Verdun. Du 4 au 8 septembre, ce sera la dure bataille de la Vaux-Marie. Le 8 septembre, bien que bless\u00e9, il est appel\u00e9 \u00e0 prendre le commandement de la 25<sup>e<\/sup> batterie du 31<sup>e<\/sup> RAC.. \u00c0 partir du 14 septembre, le r\u00e9giment poursuit les Allemands jusqu\u2019au nord de Verdun. Ce seront ensuite les combats pour Saint-Mihiel puis, \u00e0 partir du 21 octobre 1915, la participation aux combats pour les \u00c9parges. Le 5 d\u00e9cembre, Pierre Belleil doit c\u00e9der la place de commandant de batterie \u00e0 un certain capitaine B. , vieux r\u00e9serviste du Train des \u00c9quipages, ami de Sarrail mais sans aucune exp\u00e9rience de l\u2019artillerie et du front dont il devra sans cesse combler les incomp\u00e9tences en dirigeant de fait la batterie. Cette situation \u00e9trange se prolongera jusqu\u2019au 31 janvier, date o\u00f9 le capitaine B. sera relev\u00e9 et remplac\u00e9. Le lieutenant Belleil ressentira toujours de l\u2019amertume de cette r\u00e9trogradation. Quand le journal se cl\u00f4t, le 12 f\u00e9vrier 1915, le r\u00e9giment est toujours en position sur la Calonne et pr\u00e8s des \u00c9parges.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Ce r\u00e9cit n&rsquo;est pas un document brut \u00e9crit \u00e0 chaud ou en l\u00e9ger diff\u00e9r\u00e9. C&rsquo;est une reprise tardive de souvenirs bas\u00e9s sur des \u00e9crits d&rsquo;\u00e9poque, des carnets personnels peu structur\u00e9s, des correspondances ou sur la seule m\u00e9moire mais avec l&rsquo;intention certaine d&rsquo;une r\u00e9daction autre que les carnets qui sont souvent des notes \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce, des pens\u00e9es r\u00e9sum\u00e9es \u00e0 quelques mots sans souci de syntaxe, de pr\u00e9occupations quotidiennes et prosa\u00efques. Ici nous avons quelque chose de construit avec une recherche de style. C&rsquo;est un r\u00e9cit destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre lu et donc, n\u00e9cessairement, coh\u00e9rent dans la chronologie et dans l&rsquo;\u00e9criture. C&rsquo;est un r\u00e9cit \u00e9crit par un homme cultiv\u00e9 et soucieux d&rsquo;\u00e9viter toute grossi\u00e8ret\u00e9 de langage. Il semble que, m\u00eame, il en arrive \u00e0 un exc\u00e8s d&rsquo;\u00e9criture que l&rsquo;on n&rsquo;attend pas \u00e0 trouver chez un ancien combattant de la Grande Guerre. Par exemple, le mot \u00ab\u00a0boche\u00a0\u00bb n&rsquo;appara\u00eet jamais dans son texte qu&rsquo;il a certainement \u00e9pur\u00e9, car d&rsquo;apr\u00e8s sa famille, il usait toujours de ce qualificatif quand il \u00e9voquait la Guerre. Cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du r\u00e9cit, m\u00eame si l&rsquo;on est coutumier de propos plus cavaliers de la part des anciens de 14-18. Mais il d\u00e9note un certain appr\u00eat qui peut ne pas cadrer avec ce qui fut dit ou v\u00e9cu r\u00e9ellement au sein de sa batterie.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du conflit, le r\u00e9cit pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat certain quant au fonctionnement d&rsquo;une batterie constitu\u00e9e de r\u00e9servistes qu&rsquo;il faut reprendre en main, instruire le plus rapidement possible afin de les pr\u00e9parer aux op\u00e9rations de guerre qui ne vont pas tarder.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur a, certes, eu l\u2019intention de transmettre l&rsquo;exp\u00e9rience de sa participation au conflit mondial mais transpara\u00eet aussi un dessein p\u00e9dagogique\u00a0: il veut expliquer la bonne marche d&rsquo;une batterie de 75, avec ses d\u00e9placements toujours compliqu\u00e9s, quand il fallait sortir les canons de la boue et les \u00e9vacuer sous le feu de l\u2019ennemi\u00a0; on d\u00e9couvre aussi le casse t\u00eate et les astuces de l\u2019intendance, des cantonnements de centaines d\u2019hommes et de dizaines de chevaux, des approvisionnements d\u2019une batterie en munitions, en nourriture, en fourrage, en avoine\u00a0; il d\u00e9taille enfin les techniques de rep\u00e9rage, de camouflage ou de choix des positions de tir. Ce t\u00e9moignage est tr\u00e8s pr\u00e9cieux car il d\u00e9crit, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la chronique des combats, leurs coulisses, moins clinquantes mais indispensables et rarement \u00e9voqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Il n\u2019\u00e9lude pas la complexit\u00e9 des relations humaines au sein d\u2019une grosse unit\u00e9 en temps de guerre. Son passage sur l\u2019arriv\u00e9e du capitaine B., certes ami du g\u00e9n\u00e9ral Sarrail mais artilleur totalement incomp\u00e9tent, et sur ses contacts avec cet officier dont il dut sans cesse r\u00e9parer les b\u00e9vues, est parfois savoureux mais on ressent bien que, m\u00eame \u00e0 87 ans, J.B. Belleil, officier sorti du rang, estimant n\u2019avoir pas failli, n\u2019avait toujours pas accept\u00e9 son \u00e9viction de la fonction de commandant de batterie.<\/p>\n<p>Ren\u00e9 Richard, ao\u00fbt 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin. Jean-Baptiste Belleil est n\u00e9 en 1877 dans une famille modeste de Loire-Atlantique. Apr\u00e8s son Certificat d&rsquo;\u00c9tudes Primaires et quelques ann\u00e9es d&rsquo;apprentissage, il contracte un engagement, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 19 ans, au 35e RAC de Vannes. Il fut en garnison \u00e0 Vannes, puis, \u00e0 compter du 9 janvier 1912, au 31e RAC au &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/08\/15\/belleil-jean-baptiste-1877-1970\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Belleil, Jean-Baptiste (1877- 1970)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[779,103,223,222,21],"tags":[780],"class_list":["post-478","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-104e-ral","category-103","category-31e-rac","category-officier-artillerie","category-souvenirs","tag-vie-dune-batterie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/478","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=478"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/478\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3888,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/478\/revisions\/3888"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=478"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=478"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=478"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}