{"id":484,"date":"2011-09-01T08:42:36","date_gmt":"2011-09-01T07:42:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=484"},"modified":"2021-09-12T19:39:19","modified_gmt":"2021-09-12T18:39:19","slug":"lechner-jean-1893-1955","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/01\/lechner-jean-1893-1955\/","title":{"rendered":"Lechner, Jean (1893-1955)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin <\/strong><\/p>\n<p>Jean Lechner na\u00eet \u00e0 Strasbourg le 14 juin 1893, d\u2019un p\u00e8re alsacien et d\u2019une m\u00e8re allemande originaire de D\u00fcsseldorf. Cet exemple d\u2019union mixte n\u2019est pas inhabituel \u00e0 cette \u00e9poque en Alsace-Lorraine, surtout dans les grandes villes du Reichsland qui ont accueilli le plus grand nombre de migrants allemands au cours de l\u2019Annexion. N\u00e9 allemand, il poursuit sa scolarit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obtention de l\u2019Abitur, \u00e9quivalent du Baccalaur\u00e9at. Contrairement \u00e0 la plupart des jeunes de son \u00e2ge, il parle couramment fran\u00e7ais. D\u00e8s ao\u00fbt 1914, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 21 ans, il est mobilis\u00e9 dans un r\u00e9giment d\u2019artillerie de l\u2019arm\u00e9e allemande. Durant ses premiers mois de formation d\u2019artilleur, il tire tous les b\u00e9n\u00e9fices de sa bonne condition physique li\u00e9e \u00e0 une pratique r\u00e9guli\u00e8re de la natation avant la guerre. Il rejoint le front de Champagne en f\u00e9vrier 1915 et y demeure jusqu\u2019en avril, avant d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 vers le front oriental en Pologne. En ao\u00fbt, il est affect\u00e9 aux \u00e9quipes de t\u00e9l\u00e9phonistes. A sa grande satisfaction, sa campagne russe prend fin en septembre de la m\u00eame ann\u00e9e, quand il est redirig\u00e9 vers la Champagne. Apr\u00e8s avoir connu des combats tr\u00e8s meurtriers dont il sort indemne, il est promu caporal le 20 octobre 1915. Un mois plus tard, il change de secteur pour celui de Verdun o\u00f9 il participe au d\u00e9but de la grande bataille en f\u00e9vrier 1916, avant d\u2019obtenir sa premi\u00e8re permission \u00e0 Strasbourg le 1er avril. L\u00e0, il est affect\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019une batterie de r\u00e9serve \u00e0 Schiltigheim afin de former les jeunes recrues. Il est par ailleurs cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019arm\u00e9e et d\u00e9cor\u00e9 de la croix de fer 2e classe. Il repart au front \u00e0 Verdun le 24 juin 1916. Ensuite, les permissions dans sa famille sont plus fr\u00e9quentes et il conna\u00eet des promotions successives&nbsp;: le 1er janvier 1917 il est promu mar\u00e9chal des logis, puis le 3 juillet lieutenant de r\u00e9serve. Parall\u00e8lement, il int\u00e8gre une formation d\u2019officier d\u2019artillerie qui &nbsp;lui permet de quitter le front r\u00e9guli\u00e8rement pour des p\u00e9riodes variables. A chaque fois, ces p\u00e9riodes sont accueillies avec beaucoup de soulagement, comme autant de jours de r\u00e9pit loin du front (p.115). Apr\u00e8s une derni\u00e8re formation sur la logique de guerre entre le 25 juillet et le 8 septembre 1918, il rejoint le front dans les Ardennes. Bien que la guerre ne laisse plus aucun espoir de victoire du c\u00f4t\u00e9 allemand, cet Alsacien est encore d\u00e9cor\u00e9 de la croix de fer 1\u00e8re classe le 5 novembre. Malgr\u00e9 quelques difficult\u00e9s rencontr\u00e9es au passage du Rhin avec les troupes fran\u00e7aises, il peut enfin retrouver sa famille au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre 1918. R\u00e9int\u00e9gr\u00e9 dans la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, il se marie en 1922 puis s\u2019installe avec sa femme \u00e0 Colmar, o\u00f9 il obtient un poste de fonctionnaire \u00e0 la pr\u00e9fecture. Son pass\u00e9 militaire sous l\u2019uniforme allemand le rattrape en 1940 quand l\u2019Alsace est annex\u00e9e de fait par l\u2019Allemagne nazie. Les nouvelles autorit\u00e9s en place tentent alors de se rallier cet ancien officier de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale, mais en vain car malgr\u00e9 les pressions et les menaces d\u2019expulsion, celui-ci demeure hostile au IIIe Reich. Redevenu fran\u00e7ais en 1945, il s\u2019\u00e9teint 10 ans plus tard, en d\u00e9cembre 1955.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Journal de la guerre 14\/18 du soldat Jean Lechner&nbsp;\u00bb, in Catherine Lechner, <em>Alsace-Lorraine. Histoires d\u2019une trag\u00e9die oubli\u00e9e<\/em>, S\u00e9guier, Paris, 2004, p.13-176.<\/p>\n<p>Jean Lechner a r\u00e9dig\u00e9 son journal de guerre en allemand et semble avoir mis un point d\u2019honneur \u00e0 le tenir le plus r\u00e9guli\u00e8rement possible, depuis sa mobilisation jusqu\u2019\u00e0 son retour des arm\u00e9es. Ce n\u2019est cependant pas la forme originale de ce journal qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9e ici, mais la version traduite en fran\u00e7ais par les propres soins de son auteur. En effet, une fois la guerre termin\u00e9e Jean Lechner entreprend de traduire son journal. Cela lui semble \u00eatre un \u00ab&nbsp;bon exercice&nbsp;\u00bb linguistique au moment o\u00f9 le fran\u00e7ais redevient la langue officielle dans sa r\u00e9gion natale (p.167). Il d\u00e9cide ensuite de br\u00fbler le journal original en allemand, comme pour effacer un peu d\u2019un pass\u00e9 devenu controvers\u00e9 dans le contexte d\u2019effervescence tricolore qui suit la r\u00e9int\u00e9gration de l\u2019Alsace-Lorraine \u00e0 la France. Cela rend donc impossible toute confrontation entre la source originale et sa traduction. Catherine Lechner, qui est \u00e0 l\u2019origine de sa publication, n\u2019y a apport\u00e9 aucune modification.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Le premier int\u00e9r\u00eat d\u2019un journal de guerre est d\u2019offrir \u00e0 l\u2019historien une multitude de d\u00e9tails sur la vie quotidienne des soldats. Outre les qualit\u00e9s litt\u00e9raires de Jean Lechner, la longueur de son service (52 mois) et la vari\u00e9t\u00e9 des th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration sur lesquels il a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 font de son t\u00e9moignage un outil remarquable pour appr\u00e9hender les difficiles conditions de vie au front. Le froid (p.133), la boue (p.33, 39), les poux et plus g\u00e9n\u00e9ralement la mauvaise hygi\u00e8ne (p.34, 39, 52) sont des th\u00e8mes omnipr\u00e9sents, tout comme les pr\u00e9occupations quotidiennes du soldat en dehors des combats&nbsp;: la faim, la soif et l\u2019alimentation (voir notamment p.54, 102) occupent une place importante, de m\u00eame que l\u2019\u00e9puisement, la fatigue (p.85, 102), l\u2019attente du courrier et la joie lors de son arriv\u00e9e (p.45, 58, 78), ou encore la participation aux offices religieux (p.39, 110, 113, 127, 131, 139).<\/p>\n<p>Ce t\u00e9moignage permet \u00e9galement de suivre le parcours d\u2019un soldat qui commence comme artilleur et finit la guerre comme officier. Les sp\u00e9cificit\u00e9s de la condition d\u2019artilleur apparaissent au fil des pages, avec les changements r\u00e9guliers de position, les longues marches, les travaux pour l\u2019installation et le camouflage des pi\u00e8ces d\u2019artillerie, puis les bombardements (l\u2019auteur s\u2019applique souvent \u00e0 noter le nombre d\u2019obus tir\u00e9s), le bruit assourdissant qui occasionne des maux de t\u00eate, des vertiges, ou des saignements du nez et des oreilles (p.40). Pour Jean Lechner, \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9ter sans cesse les m\u00eames gestes, la \u00ab&nbsp;guerre devient un m\u00e9tier&nbsp;\u00bb (p.63). Bien que moins soumis aux assauts de l\u2019infanterie ennemie, l\u2019artilleur craint des bombardements souvent meurtriers. Par ailleurs, Lechner est parfois d\u00e9sign\u00e9 pour faire le guet en premi\u00e8re ligne, ce qui constitue pour lui des moments o\u00f9 \u00ab&nbsp;la tension est \u00e0 son comble&nbsp;\u00bb (p.57). Il conna\u00eet \u00e9galement l\u2019\u00e9preuve du feu en premi\u00e8re ligne en tant que t\u00e9l\u00e9phoniste, une fonction qui n\u00e9cessite d\u2019assurer les r\u00e9parations des lignes lors des assauts. Cependant, malgr\u00e9 les risques encourus, il effectue son travail consciencieusement. Cela lui vaut de monter en grade et d\u2019obtenir ainsi de meilleures conditions de vie, avec des heures de repos r\u00e9guli\u00e8res, le confort d\u2019un lit, une meilleure nourriture, une meilleure solde, et plus de temps libre qu\u2019il peut mettre \u00e0 profit pour ses loisirs (promenades \u00e0 cheval, natation, th\u00e9\u00e2tre, concerts ou casino).<\/p>\n<p>Le style assez personnel d\u2019un journal de guerre permet de pouvoir suivre l\u2019\u00e9volution du moral de son auteur. Ici, le \u00ab&nbsp;cafard&nbsp;\u00bb et l\u2019angoisse de la mort sont deux sentiments qui reviennent sans cesse. D\u00e8s ao\u00fbt 1914, Jean Lechner fait part de ses r\u00e9ticences face \u00e0 la guerre : \u00ab&nbsp;nous sommes jeunes et ne demandons qu\u2019\u00e0 vivre, \u00e0 faire du sport, \u00e0 poursuivre nos \u00e9tudes et fonder une famille&nbsp;\u00bb (p.24). Puis, \u00e0 partir de son bapt\u00eame du feu en f\u00e9vrier 1915, il transcrit r\u00e9guli\u00e8rement et sans pudeur dans son journal la peur qui l\u2019agite (p.34). Cette angoisse de la mort est tr\u00e8s \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 sa profonde envie de vivre et\/ou survivre \u00e0 cette \u00e9preuve&nbsp; (\u00ab&nbsp;je ne veux pas mourir&nbsp;\u00bb est une formule qui revient souvent). Tandis qu\u2019\u00e0 certains moments il veut croire \u00e0 la bonne \u00e9toile qui l\u2019a maintenu en vie quand ses camarades tombaient \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s (p.74, 79), \u00e0 d\u2019autres sa d\u00e9sillusion est si grande qu\u2019il se r\u00e9signe \u00e0 attendre une mort qui lui semble aussi certaine que prochaine (\u00ab&nbsp;J\u2019ai un fort pressentiment. Cette fois je ne reviendrai pas&nbsp;\u00bb, p.69. Voir aussi p.87-88). Ainsi, apr\u00e8s la mort de ses plus proches camarades en septembre 1915, il n\u2019attache plus aucune importance \u00e0 sa vie et se porte volontaire pour des missions hautement dangereuses, qu\u2019il s\u2019agisse de faire le guet dans des postes d\u2019observation pris pour cible par l\u2019ennemi, ou bien d\u2019aller r\u00e9parer des lignes t\u00e9l\u00e9phoniques sous le feu de la mitraille. Il en sort pourtant \u00e0 chaque fois indemne, et ses actes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s sont per\u00e7us par sa hi\u00e9rarchie comme autant de preuves de courage et de bravoure qui lui valent une promotion au grade de caporal (p.89). Cependant, m\u00eame avec les am\u00e9liorations successives de sa condition, son fatalisme reprend r\u00e9guli\u00e8rement, notamment \u00e0 partir de son arriv\u00e9e \u00e0 Verdun (\u00ab&nbsp;je vais mourir (\u2026)&nbsp; je ne reviendrai jamais de l\u00e0&nbsp;\u00bb, p.99). De la m\u00eame mani\u00e8re, le cafard ne le quitte jamais longtemps et, m\u00eame en permission aupr\u00e8s des siens, il a du mal \u00e0 retrouver le calme int\u00e9rieur auquel il aspire (p.58, 106, 150). Une forte lassitude se d\u00e9veloppe chez lui au cours de l\u2019ann\u00e9e 1918 devant une guerre qui ne se termine pas, accompagn\u00e9e d\u2019une amertume profonde envers les d\u00e9cideurs (\u00ab&nbsp;je hais ceux qui ont fait cette guerre&nbsp;\u00bb p.149, \u00e0 nouveau p.162).<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019int\u00e9r\u00eat principal de ce journal est de nous offrir un bon exemple de la complexit\u00e9 du cas des Alsaciens-Lorrains au cours de la Grande Guerre. M\u00eame s\u2019il ne porte pas un grand int\u00e9r\u00eat aux affaires politiques de sa r\u00e9gion natale, Jean Lechner semble \u00eatre de tendance autonomiste, dans une famille dont le p\u00e8re et le fr\u00e8re sont francophiles et la m\u00e8re allemande de naissance. Aussi, il est tr\u00e8s vite confront\u00e9 \u00e0 un questionnement identitaire et s\u2019interroge souvent sur le sens \u00e0 donner \u00e0 cette guerre. A la veille de son d\u00e9part au front, il note&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai pas de haine pour l\u2019ennemi. Qui est l\u2019ennemi, au juste&nbsp;? Les Fran\u00e7ais aux c\u00f4t\u00e9s desquels certains de mes amis sont all\u00e9s se battre ou les Allemands, les fils du pays de ma m\u00e8re&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p.31). Cependant, les combats meurtriers auxquels il participe l\u2019\u00e9loignent temporairement de ces r\u00e9flexions, et il semble alors exercer son \u00ab&nbsp;travail&nbsp;\u00bb de soldat s\u00e9rieusement et loyalement, sans jamais penser \u00e0 d\u00e9serter pour rejoindre les lignes fran\u00e7aises, ni h\u00e9siter \u00e0 les combattre. Le 25 mars 1915,&nbsp;sur le front fran\u00e7ais, il \u00e9crit : \u00ab&nbsp;nous prenons des centaines d\u2019obus sur la t\u00eate, j\u2019en ferai prendre autant \u00e0 mes ennemis (\u2026) il faut tuer pour vivre&nbsp;\u00bb (p.41). Arriver \u00e0 finir la guerre en vie et sans mutilation le pr\u00e9occupe davantage que l\u2019avenir politique de l\u2019Alsace-Lorraine, qui fait pourtant l\u2019objet de grands d\u00e9bats \u00e0 l\u2019arri\u00e8re (p.107-108, et p.125&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous, Alsaciens, sommes les soldats oubli\u00e9s de cette guerre (\u2026) si plus tard je devais rester allemand ou devenir fran\u00e7ais, que m\u2019importe&nbsp;\u00bb). Pourtant, les victoires alli\u00e9es de l\u2019\u00e9t\u00e9 1918 r\u00e9activent les questions d\u2019identit\u00e9s et de sentiment d\u2019appartenance&nbsp;: \u00ab&nbsp;beaucoup d\u2019Alsaciens voudraient redevenir Fran\u00e7ais. Je le voudrais bien aussi&nbsp;\u00bb (p.159). Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Armistice et \u00e0 la d\u00e9mobilisation rapide de l\u2019arm\u00e9e allemande, Jean Lechner arrive en gare de Kehl (premi\u00e8re ville \u00e0 l\u2019est de Strasbourg, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Rhin) le 4 d\u00e9cembre 1918. Impatient de retrouver les siens, il se heurte cependant aux contr\u00f4les des troupes fran\u00e7aises stationn\u00e9es \u00e0 la fronti\u00e8re. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s de longues heures d\u2019interrogatoire qu\u2019il peut enfin retrouver ses proches. Comme beaucoup d\u2019Alsaciens-Lorrains rentr\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e allemande d\u00e9faite, il vit mal la m\u00e9fiance dont il fait l\u2019objet \u00e0 son retour dans la r\u00e9gion natale, autant celle des nouvelles autorit\u00e9s fran\u00e7aises en place que celle d\u2019une population devenue hostile \u00e0 tout ce qui rappelle l\u2019Allemagne (\u00ab&nbsp;nous rentrons chez nous o\u00f9 notre population maudit les soldats allemands&nbsp;\u00bb p.166). Son malaise se poursuit les journ\u00e9es suivantes, quand toute la ville est plong\u00e9e dans une euphorie tricolore \u00e0 laquelle il se sent \u00e9tranger&nbsp;: \u00ab&nbsp;je me sens tr\u00e8s fatigu\u00e9 devant cette effervescence, ce d\u00e9ploiement d\u2019enthousiasme.&nbsp;(\u2026) Les caf\u00e9s sont bond\u00e9s de gens qui crient leur haine de l\u2019Allemagne. Je ne crois pas qu\u2019aucun soldat alsacien revenant du front puisse s\u2019exclamer de la sorte. Nous sommes avant tout heureux d\u2019\u00eatre vivants. Des voisins \u00e0 mes parents s\u2019interrogent sur mon indiff\u00e9rence devant la victoire des Fran\u00e7ais et me soup\u00e7onnent presque d\u2019\u00eatre germanophile&nbsp;\u00bb (p.167). Trouver une place dans la nation du vainqueur apr\u00e8s avoir combattu dans les rangs du vaincu&nbsp;: ce passage exprime tr\u00e8s bien la difficult\u00e9 que ces soldats rencontrent \u00e0 partir de leur retour pour se r\u00e9int\u00e9grer dans une soci\u00e9t\u00e9 alsacienne-lorraine qui a radicalement chang\u00e9 depuis leur d\u00e9part.<\/p>\n<p>Rapha\u00ebl GEORGES, ao\u00fbt 2011.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Jean Lechner na\u00eet \u00e0 Strasbourg le 14 juin 1893, d\u2019un p\u00e8re alsacien et d\u2019une m\u00e8re allemande originaire de D\u00fcsseldorf. Cet exemple d\u2019union mixte n\u2019est pas inhabituel \u00e0 cette \u00e9poque en Alsace-Lorraine, surtout dans les grandes villes du Reichsland qui ont accueilli le plus grand nombre de migrants allemands au cours de l\u2019Annexion. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/01\/lechner-jean-1893-1955\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Lechner, Jean (1893-1955)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[103,58,3,11],"tags":[500,416,674,330,716,398,253],"class_list":["post-484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-103","category-armee-allemande","category-carnet","category-combattant-artillerie","tag-alsacien","tag-camaraderie","tag-guerre-comme-metier","tag-mort","tag-nourriture","tag-poux","tag-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=484"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/484\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3891,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/484\/revisions\/3891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}