{"id":4863,"date":"2025-07-08T09:30:53","date_gmt":"2025-07-08T08:30:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4863"},"modified":"2025-07-10T19:17:20","modified_gmt":"2025-07-10T18:17:20","slug":"genevoix-maurice-1890-1980","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/07\/08\/genevoix-maurice-1890-1980\/","title":{"rendered":"Genevoix, Maurice (1890-1980)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Maurice Genevoix, <em>Trente mille jours<\/em>. France Loisirs, 1980, 251 p.<br><br><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br>\u00c0 quelques mois de sa mort, Maurice Genevoix, revient sur son enfance, sur sa vie, militaire, comme litt\u00e9raire, avec les succ\u00e8s qu\u2019il a connus, du Prix Goncourt (1925) \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise (1946). Il appuie son r\u00e9cit sur quelques \u00e9pisodes marquants (sa recherche de maison, son enfance, ses \u00e9tudes, ses voyages, sa pratique d\u2019\u00e9criture, alternant livres de guerre et romans, ses prix litt\u00e9raires, etc.), m\u00e2tin\u00e9s de souvenirs militaires, de son service au 144e RI (1911) \u00e0 son entr\u00e9e en guerre avec le 106e RI le 22 ao\u00fbt 1914. Il revient aussi sur son \u00ab coup de veine \u00bb puis sa grave blessure, atteint de trois balles et quelques courts tableaux qui ont marqu\u00e9 sa m\u00e9moire.<br><br><strong>El\u00e9ments biographiques :<\/strong><br>N\u00e9 le 29 novembre 1890 \u00e0 Decize (Ni\u00e8vre), il meurt d&rsquo;une crise cardiaque le 8 septembre 1980, alors qu&rsquo;il est en vacances dans sa maison d&rsquo;Alsudia-Cansades, pr\u00e8s de X\u00e0bia (province d&rsquo;Alicante), en Espagne. Nous ne reprendrons pas dans cette notice l\u2019immense carri\u00e8re et la biographie de celui qui fut l\u2019un des plus illustres t\u00e9moins de la Grande Guerre, les \u00e9l\u00e9ments le concernant \u00e9tant facilement acqu\u00e9rables sur Internet. <br><br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l\u2019ouvrage :<\/strong><br>Dans Trente mille jours, quelques \u00e9pisodes diss\u00e9min\u00e9s \u00e9voquent son \u00ab exp\u00e9rience \u00bb militaire. Page 95, il \u00e9voque le statut particulier qu\u2019il choisit pour son service militaire. Il dit : \u00ab En 1911, un statut particulier pr\u00e9cisait les obligations des jeunes Fran\u00e7ais admis aux \u00ab Grandes \u00e9coles \u00bb. Comme tous les citoyens, ils devaient \u00e0 leur pays deux ann\u00e9es de service militaire. Mais ils pouvaient, \u00e0 leur convenance, opter entre deux solutions : ou bien s\u2019acquitter d\u2019abord d\u2019une premi\u00e8re ann\u00e9e \u00ab dans la troupe \u00bb, la seconde seulement apr\u00e8s leur temps d\u2019\u00e9cole et, cette fois, comme officiers. Ou bien entrer d\u2019embl\u00e9e rue Descartes [Polytechnique] ou rue d\u2019Ulm [\u00c9cole normale sup\u00e9rieure], et accomplir ensuite et d\u2019une traite les deux ann\u00e9es de service. C\u2019est la premi\u00e8re solution qui nous \u00e9tait judicieusement conseill\u00e9e, et c\u2019est elle que j\u2019ai choisie \u00bb. Il fait son temps \u00e0 Bordeaux, au 144e RI, et se souvient d\u2019une rixe qui aboutit \u00e0 une citation \u00ab pour avoir courageusement particip\u00e9 \u00e0 l\u2019arrestation d\u2019un malfaiteur dangereux \u00bb (p. 102). Il revoit l\u2019affichage de l\u2019ordre de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale et de son ordre de rejoindre le 106e d\u2019infanterie. Il dit : \u00ab Un engagement d\u00e9j\u00e0 s\u00e9v\u00e8re, le 22 ao\u00fbt, aux abords de Cons-la-Granville ; fit appeler le premier renfort, dont j\u2019\u00e9tais \u00bb (p. 113). Suit son bapt\u00eame du feu, la bataille de La Marne, ses engagements aux lisi\u00e8res de Rembercourt-aux-Pots puis de sa campagne jusqu\u2019aux Eparges et sa rencontre avec Porchon (fin p. 124). Il y revient quelques pages plus loin, se souvenant des hommes qu\u2019il a perdus, \u00e9voquant d\u2019autres camarades comme Alain-Fournier (p. 133 et 139) ou Louis Pergaud (p. 134) dont il apprend leur mort \u00e0 quelques pas de sa propre position. Il \u00e9voque un peu plus loin de la m\u00eame fa\u00e7on les camarades de la promo Lakanal 1912 dont il fait le macabre relev\u00e9 des 19 tu\u00e9s au fil des ann\u00e9es de guerre (p. 167). Il se souvient aussi de l\u2019attaque allemande sur la Tranch\u00e9e de Calonne et les circonstances de sa triple blessure, pr\u00e9cisant bien entendu qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit tout cela dans Ceux de 14, mais il compl\u00e8te : \u00ab J\u2019y reviens apr\u00e8s soixante ans, incit\u00e9 ou plut\u00f4t oblig\u00e9 par des raisons qui touchent directement \u00e0 l\u2019inspiration m\u00eame et, j\u2019esp\u00e8re, \u00e0 la justification du livre que j\u2019\u00e9cris aujourd\u2019hui \u00bb (p. 137). Page suivante, il \u00e9voque son \u00ab coup de veine \u00bb, cet obus qui explose derri\u00e8re lui sur un parados aux Eparges, et qui ne lui occasionne que quelques l\u00e9g\u00e8res br\u00fblures (p. 138 et 139). Enfin, il invoque la mort qu\u2019il a pu donner. Il dit : \u00ab Il \u00e9tait entendu qu\u2019\u00e0 la guerre on tirait sur des inconnus que l\u2019on ne voyait pas ; ou seulement sur de vagues silhouettes, aper\u00e7ues dans un \u00e9loignement qui les d\u00e9personnalisait \u00bb. Mais il pr\u00e9cise juste apr\u00e8s : \u00ab Deux fois au moins, dans la nuit de la Vaux-Marie, et le matin du 18 f\u00e9vrier, lors de la premi\u00e8re contre-attaque allemande au Eparges, j\u2019ai tir\u00e9 sur des hommes que je voyais assez pour me rappeler aujourd\u2019hui leur visage \u00bb (p. 236). Il contrebalance cet aveu par cet \u00e9pisode qui illustre le <em>live and let live<\/em>. Il dit : \u00ab \u2026 j\u2019ai vu la peur et l\u2019angoisse de mourir dans les yeux du sergent allemand qu\u2019avec trois de ses hommes nous venions de faire prisonniers. Avant de les lancer \u00e0 l\u2019assaut contre nous, leurs chefs les avaient persuad\u00e9s que nous fusillions les captifs \u00bb mais qu\u2019il \u00e9pargne et rassurer, conversant avec eux dans leur langue, provoquant leur apaisement et l\u2019aveu : \u00ab Je ne suis pas prussien, je suis souabe \u00bb (p. 237). <br>Au final, Trente mille jours n\u2019est pas \u00e0 proprement parler un livre de souvenirs de guerre mais un compl\u00e9tif de l\u2019\u0153uvre de guerre de Maurice Genevoix dont les pages ne forment qu\u2019une incompl\u00e8te et quelque peu redondante parfois (\u00e0 plusieurs reprises il r\u00e9\u00e9crit deux fois les m\u00eames lignes (cas d\u2019Alain-Fournier, du bless\u00e9 agonisant ou du \u00ab coup de veine \u00bb) synth\u00e8se. <br><br><em>Yann Prouillet, 8 juillet 2025<\/em><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maurice Genevoix, Trente mille jours. France Loisirs, 1980, 251 p. 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