{"id":4865,"date":"2025-07-15T13:54:57","date_gmt":"2025-07-15T12:54:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4865"},"modified":"2025-07-29T11:02:12","modified_gmt":"2025-07-29T10:02:12","slug":"deries-leon-1859-1933","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/07\/15\/deries-leon-1859-1933\/","title":{"rendered":"Deries, L\u00e9on (1859-1933)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">L\u00e9on Deries, <em>La terre qui ne meurt pas<\/em>, collection France, Librairie Berger-Levrault, 1918, 64 pages.<br><br>1. L\u2019auteur<br>Armand, Jean, L\u00e9on Deries, n\u00e9 \u00e0 Angers (Maine-et-Loire) le 22 septembre 1859 \u00e9tait agr\u00e9g\u00e9 d\u2019universit\u00e9 et enseignant. Il est inspecteur acad\u00e9mique de la Manche de 1892 \u00e0 1923, date \u00e0 laquelle il part \u00e0 la retraite. Ag\u00e9 de 55 ans en 1914, il semble ne pas avoir \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9. On lui connait une fille, Madeleine, qui sera \u00e9galement une brillante universitaire. Il \u00e9crit une dizaine d\u2019ouvrages dont ce La terre qui ne meurt pas, qui semble \u00eatre le seul qui traite enti\u00e8rement de la Grande Guerre. Qualifi\u00e9 de \u00ab fin lettr\u00e9, un humaniste distingu\u00e9, connaissant \u00e0 fond les litt\u00e9ratures anciennes, un chercheur passionn\u00e9 de l&rsquo;in\u00e9dit, dou\u00e9 d&rsquo;une vive intelligence et d&rsquo;une \u00e9rudition \u00e0 laquelle s&rsquo;ajoutait une activit\u00e9 d\u00e9bordante (selon sa biographie dans <em>Wikip\u00e9dia <\/em>citant <em>L\u2019Ouest-Eclair<\/em>) \u00bb, il d\u00e9c\u00e8de le 5 avril 1933 \u00e0 Saint-L\u00f4 (Manche) \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 73 ans. <br><br>2. Analyse<br>Dans un petit opuscule de la \u00ab Collection France \u00bb, L\u00e9on Deries livre 14 chapitres hommages \u00e0 la terre et \u00e0 ceux qui la travaillent. Il fait une analyse qui se veut profonde du lien entre l\u2019homme et le terroir, rappelant d\u2019abord leur lien ancestral, parfois perdu dans les habitudes ; il dit : \u00ab Nous vivons et nous ne savons m\u00eame plus \u00e0 qui nous sommes redevables de notre existence \u00bb (page 17). Circonstances obligent, il multiplie les figures de style, parfois audacieuses, faisant le lien entre les diff\u00e9rentes composantes d\u2019une nation en arme. Ainsi, il compare les paysans qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s, ces vieillards \u00ab doublement vieux, vieux par les ann\u00e9es et vieux aussi par les souffrances \u00bb (page 46) \u00e0 une arm\u00e9e dont le fusil est l\u2019outil, la faux ou le r\u00e2teau : \u00ab Pauvre arm\u00e9e aux rangs clairsem\u00e9s, d\u00e9faillante et d\u00e9bile, dont les efforts auraient \u00e9t\u00e9 impuissants si \u00e0 elle ne s\u2019\u00e9taient jointes deux autres arm\u00e9es, l\u2019arm\u00e9e des femmes et l\u2019arm\u00e9e des enfants ! \u00bb (page 18). Il n\u2019oublie pas que ce sont bien les femmes qui ont assur\u00e9 les vendanges \u00e0 la place des hommes, lesquels ont d\u00e9sert\u00e9 la terre qui nourrit pour celle qui combat, tue et meurt dans une guerre qui niv\u00e8le une terre elle-m\u00eame d\u00e9sertifie (page 44). Il \u00e9voque tout autant la \u00ab mobilisation des enfants \u00bb (page 51), ces fils qui ont remplac\u00e9s les p\u00e8res aux champs, et ces filles \u00e0 la conduite des b\u00eates devant la charrue, certains donnant leur vie \u00e9galement dans les accidents d\u2019un quotidien besogneux qui lui aussi comporte bien des dangers mortels. Deries n\u2019oublie pas non plus le retour diminu\u00e9 des mutil\u00e9s, ces \u00ab revenants dans les campagnes \u00bb (page 56). Au final, cet hommage \u00e0 la terre, aux hommes, aux femmes et aux enfants qui nourrissent, se destine \u00e0 tous les contemporains, avec des adresses plus particuli\u00e8res, distill\u00e9es ci et l\u00e0 au fil des pages. Ainsi, il proclame : \u00ab Touristes du souvenir qui plus tard visiterez ces royaumes de la mort, devenus des royaumes de la vie, d\u00e9couvrez-vous. Vous ne rencontrerez plus le grand vieillard qui est all\u00e9 dormir avec les a\u00efeux son dernier sommeil, mais vous rencontrerez ses fils et petits-fils, et, en les saluant, ayez pour l\u2019a\u00efeul un souvenir, un pieux souvenir de respect, amour et de reconnaissance \u00bb (page 47). On ne peut \u00e0 la lecture de ces mots que penser aux paysans qui ont redonn\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui leur aspect aux terres du Nord, du Chemin des Dames ou de la Champagne. Toutefois, le chapitre \u00ab L\u2019entente des c\u0153urs et l\u2019entr\u2019aide des bras \u00bb, qui c\u00e9l\u00e8bre une concorde int\u00e9rieure arasant les querelles de toutes sortes entre les fran\u00e7ais, est un v\u0153ux pieux. Les derni\u00e8res lignes closent l\u2019hommage aux gens de la terre, de la vigne, de l\u2019herbe ou de l\u2019arbre, et r\u00e9v\u00e8lent ce que l\u2019ouvrage proclame, en ce d\u00e9but de 1918 (l\u2019ouvrage est publi\u00e9 en f\u00e9vrier) : \u00ab C\u2019est parce qu\u2019ils ont pour elle le m\u00eame amour ind\u00e9fectible que la terre de France n\u2019est pas morte, qu\u2019elle survit et survivra au plus formidable ouragan qui ait jamais secou\u00e9 le monde jusqu\u2019au plus profond de ses entrailles \u00bb (page 63).<br><br>La table des mati\u00e8res r\u00e9sume la progression de l\u2019opuscule : \u00ab A la fin de juillet 1914 \u00bb, \u00ab L\u2019appel du 1er ao\u00fbt \u00bb, \u00ab La plaie b\u00e9ante de la France des champs \u00bb, \u00ab La campagne de France \u00e0 vol d\u2019oiseau \u00bb, \u00ab Un miracle de patience et d\u2019\u00e9nergie \u00bb, \u00ab \u00c0 la porte de Paris \u00bb, \u00ab Aux pays des herbages \u00bb, \u00ab Aux bords de la Loire \u00bb, \u00ab Au pied des Alpes \u00bb, \u00ab Sur le sol des pardons \u00bb, \u00ab Au seuil de la bataille \u00bb, \u00ab L\u2019entente des c\u0153urs et l\u2019entr\u2019aide des bras \u00bb, \u00ab Les revenants dans les campagnes \u00bb et \u00ab La terre de France qui vit toujours \u00bb. <br><br><em>Yann Prouillet, juillet 2025<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u00e9on Deries, La terre qui ne meurt pas, collection France, Librairie Berger-Levrault, 1918, 64 pages. 1. 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