{"id":4885,"date":"2025-07-29T18:15:03","date_gmt":"2025-07-29T17:15:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4885"},"modified":"2025-07-29T18:15:03","modified_gmt":"2025-07-29T17:15:03","slug":"testes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/07\/29\/testes\/","title":{"rendered":"Testes (-)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">TESTES, <em>Vies sacrifi\u00e9es<\/em>, Paris, Sp\u00e8s, 1926, 176 pages<br><br>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<br>L&rsquo;auteur, TESTES, qui pourrait \u00eatre Marie Le Mi\u00e8re, pr\u00e9sente un recueil de biographies, ayant valeur de Livre d\u2019Or, 19 contemporains du fondateur de l\u2019Union Catholique des Malades, au premier semestre de 1914, avec pour point de catalyse le sanatorium de Leysin, en Suisse, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le traitement des tuberculeux. Autant de personnages dont la vie, sacrifi\u00e9e par la maladie, se sont, en entrant dans l\u2019association, rapproch\u00e9s de Dieu.<br><br>Commentaires sur l&rsquo;ouvrage :<br>Tr\u00e8s peu d\u2019int\u00e9r\u00eat dans ces biographies de malades qui se sont, \u00e0 un moment de leur vie bris\u00e9e par la maladie, tourn\u00e9s vers la religion dans l\u2019U.C.M. Malgr\u00e9 qu\u2019ils soient contemporains de la Grande Guerre, certains n\u2019ont pour la plupart qu\u2019un lien assez t\u00e9nu avec \u00ab l\u2019exp\u00e9rience de guerre \u00bb. Aussi tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments peuvent \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s \u00e0 la lecture de cet ouvrage qui fait un lien profond entre l\u2019Histoire de l\u2019Union Catholique des Malades et de ses cr\u00e9ateurs ainsi que des sanatoriums, dont celui de Leysin. L\u2019ouvrage donne aussi quelques \u00e9l\u00e9ments sur l\u2019association protestante des Coccinelles, fond\u00e9e par les suissesses Ad\u00e8le Kamm et Louise D\u00e9venoge en 1909 et dont Louis Peyrot s\u2019inspira. L\u2019ouvrage peut toutefois se r\u00e9v\u00e9ler int\u00e9ressant dans le cadre d\u2019une \u00e9tude de parcours des malades et des emp\u00each\u00e9s dans la Grande Guerre. <br>Louis Peyrot (fondateur de l\u2019U.C.M. le 4 mars 1914) est n\u00e9 le 11 janvier 1888 \u00e0 N\u00e9ris-les-Bains, pr\u00e8s de Montlu\u00e7on (Allier) d\u2019un p\u00e8re docteur. Il est dans cette commune lorsque la guerre se d\u00e9clenche et les bless\u00e9s y affluent rapidement. C\u2019est probablement lors de son service militaire, en octobre 1906, au 121\u00e8me qu\u2019il commence \u00e0 d\u00e9velopper sa maladie, il sera \u00e0 jamais \u00e9cart\u00e9 de la Grande Guerre \u00e0 cause de sa tuberculose, qui lui \u00f4tera finalement la vie en ao\u00fbt 1916.<br>Jean Girardot, fondateur de l\u2019U.C.M., qui semble avoir toujours \u00e9t\u00e9 malade, dit, la guerre d\u00e9clar\u00e9e : \u00ab Nous sommes des contemplatifs par force \u00bb (page 42) avant de distiller, dans un court extrait de journal de maladie en guerre, ses pens\u00e9es religieuses, se disant, le 24 f\u00e9vrier 1917, tr\u00e8s heureux d\u2019\u00eatre malade \u00e0 la maison entour\u00e9s des siens. Il meurt le 24 juillet suivant.<br>Th\u00e9r\u00e8se Mias, r\u00e9moise, s\u0153ur d\u2019un m\u00e9decin, tombe malade \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 22 ans, en juin 1915. Elle aussi fr\u00e9quente Leysin, foyer religieux qui l\u2019invite \u00e0 entrer dans les ordres, le Tiers-Ordre de Saint-Fran\u00e7ois, qu\u2019elle int\u00e8gre en mai 1916. <br>Charles Rheinart, autre fondateur de l\u2019U.C.M., na\u00eet le 25 mai 1873 \u00e0 Charleville dans les Ardennes. Militaire, malade, il se tourne vers la religion avant de d\u00e9c\u00e9der le 18 mai 1914.<br>Marie Louise Genevi\u00e8ve Marcellot, n\u00e9 en 1891, se destine \u00e0 la religion d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 8 ans en entrant dans une \u00e9glise pr\u00e8s d\u2019Eurville, en Haute-Marne. Mais au cours d\u2019un voyage en Angleterre et \u00e0 Rome, elle tombe malade et la guerre la surprend dans son village, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud-est de Saint-Dizier. Malgr\u00e9 la menace de l\u2019invasion, elle ne le quitte pas et y installe m\u00eame une ambulance. Se d\u00e9multipliant, elle dit : \u00ab Sans l\u2019avoir choisie, j\u2019ai la meilleure part \u00bb, ajoutant : \u00ab Ici, on a presque la nostalgie du champ de bataille \u00bb, se morfondant d\u2019un front si proche mais pour tant si lointain, o\u00f9 elle pourrait rencontrer \u00ab le grand souffle \u00bb de la guerre et \u00ab l\u2019\u00e9lan vivifiant de la bataille \u00bb (pages 74 et 75). Deux ann\u00e9es de ce \u00ab r\u00e9gime \u00bb l\u2019affaiblissent \u00e0 nouveau, l\u2019obligeant elle-aussi \u00e0 Leysin. Elle rechute en 1921 avant de mourir le 1er juin 1923, dans sa 32\u00e8me ann\u00e9e, d\u2019une h\u00e9moptysie.<br>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Pinot \u00ab fit \u00e0 11 ans sa premi\u00e8re communion sous l\u2019\u00e9gide de son oncle, l\u2019abb\u00e9 de Cabanous, cur\u00e9 de Saint-Thomas d\u2019Aquin \u00bb (page 84). Elle perd ses parents tr\u00e8s t\u00f4t et r\u00eave d\u2019embrasser une carri\u00e8re m\u00e9dicale pour se consacrer aux pauvres. Un de ses fr\u00e8res combat en Argonne, dont elle s\u2019occupe lorsqu\u2019il est \u00e9vacu\u00e9 pour pieds gel\u00e9s. Malade, elle rechute en octobre 1915. Elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Boulogne-sur-Seine le 16 janvier 1916.<br>Madeleine Vernhett, qui a habit\u00e9 N\u00eemes et Genolhac, dans le Gard, semble mourir en 1919.<br>Ana\u00efck Petit de la Vill\u00e9on, appel\u00e9e famili\u00e8rement Yeddy, a 14 ans quand elle entre \u00e0 l\u2019U.C.M. Ayant pass\u00e9 la quasi-totalit\u00e9 de sa vie malade et alit\u00e9e, elle meurt le 19 mai 1920.<br>L\u2019abb\u00e9 Louis Delcroix, qui souffre \u00e9tant enfant d\u2019H\u00e9moptysie, fait le Grand S\u00e9minaire \u00e0 Lille. Habitant la Belgique lorsque la guerre se d\u00e9clenche, il raconte en quelques phrases l\u2019arriv\u00e9e des Allemands \u00e0 Lille le 4 septembre 1914, \u00e9chappant de justesse \u00e0 l\u2019occupation et au bombardement, contrairement \u00e0 ses deux s\u0153urs, rest\u00e9es dans la ville. Il meurt le 8 mai 1918 au Dorat, en Haute-Vienne. <br>Albert Lapied, n\u00e9 en 1903, est issu d\u2019une famille d\u2019artisans parisiens de 8 enfants. Son p\u00e8re est imprimeur, l\u2019un de ses fr\u00e8res sera typographe, un autre lithographe. Il perd sa m\u00e8re en ao\u00fbt 1919 et est quant \u00e0 lui gravement malade, passe de sanatoriums en sanatoriums. Il meurt paisiblement \u00e0 Paris.<br>Florence Peyrard est la 15\u00e8me de 17 enfants. N\u00e9e dans une famille pauvre, elle travaille d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de treize ans dans une des deux usines Sainte-Julie et Sainte-Marthe de tissage de soieries \u00e0 Saint-Julien-Molin-Molette, dans la Loire. Elle y subit les gr\u00e8ves de 1917 qui lui font perdre son emploi. Elle a 17 ans lorsque ses parents la placent comme domestique \u00e0 Lyon, puis \u00e0 Paris, mais elle y attrape la tuberculose. Elle d\u00e9c\u00e8de en mars 1921.<br>Mme Philippe habite \u00e0 Solal, petite commune de Suisse o\u00f9 elle est paysanne. Elle \u00e9pouse un fran\u00e7ais qui est mobilis\u00e9 d\u00e8s le 3 ao\u00fbt alors qu\u2019elle est enceinte d\u2019une petite fille qui na\u00eet le 21 septembre 1914. Son mari, cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre du jour et d\u00e9j\u00e0 croix de guerre, vient en permission \u00e0 Soral le 3 ao\u00fbt 1915, faisant connaissance enfin avec son enfant. Elle ressent les premiers sympt\u00f4mes de sa maladie le 14 septembre suivant. Elle donne \u00e0 sa fille une petite s\u0153ur le 15 juillet 1916. Mais, son \u00e9tat s\u2019aggravant, elle doit elle-aussi int\u00e9grer le sanatorium de Leysin et le 2 novembre 1918, elle s\u2019\u00e9teint quelques jours avant l\u2019Armistice et le retour de son mari.<br>Alors qu\u2019il est admissible aux examens de l\u2019\u00e9cole Polytechnique en juin 1910, Louis Teisserenc doit partir pour Leysin, qu\u2019il quitte en 1913 pour entrer \u00e0 Combo-les-Bains. Il retourne enfin dans sa famille \u00e0 Lod\u00e8ve en mai 1914 mais finit par s\u2019\u00e9teindre le 13 juillet 1915.<br>L\u2019ouvrage cite encore Anne-Marie de Germiny, dont le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 meut meurt au champ d\u2019honneur, Mme Fagneux, dont le mari et les quatre fr\u00e8res sont au front, Marthe Hortet, Marguerite Ducrest, Georgette Francey, Suzanne Legoux, de Mantes, tombant malade en qu\u00eatant pour les orphelins de 1915. Suivent encore Pierre Colin et Pierre Vallot, \u00ab qui connurent tous deux la douleur d\u2019\u00eatre retenus par la maladie loin des champs de gloire, aux jours de la Grande Guerre \u00bb (page 157) aux sanas de Durtol, Cambo, Montana ou Leysin.<br>Henriette Fert\u00e9 na\u00eet quant \u00e0 elle le 17 juillet 1892 \u00e0 Acy, pr\u00e8s de Soissons, dans l\u2019Aisne, dans une vielle famille de propri\u00e9taires terriens. Elle perd son p\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans et demi et se destine \u00e0 entrer chez les petites S\u0153urs de l\u2019Assomption, le 15 octobre 1913. Mais la maladie l\u2019en emp\u00eache et, moins d\u2019un an plus tard, elle fuit devant l\u2019invasion allemande, pour s\u2019arr\u00eater dans le Limousin. Elle revient \u00e0 Acy, o\u00f9 les tranch\u00e9es de seconde ligne commencent derri\u00e8re la ferme. Son \u00e9tat s\u2019aggrave en f\u00e9vrier 1916 et elle entre \u00e0 Leysin en juillet suivant. Le 27 mai 1918, la famille Fert\u00e9 doit \u00e0 nouveau fuir devant l\u2019avanc\u00e9e allemande, exode organis\u00e9 par Victor, le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Henriette, pour \u00e9chouer comme r\u00e9fugi\u00e9e au ch\u00e2teau d\u2019Arth\u00e9, dans l\u2019Yonne. Son fr\u00e8re tente \u00e0 plusieurs reprises de rentrer en pleine bataille : \u00ab Il a vu les ruines plus nombreuses qu\u2019au premier voyage, \u00e9crit-elle le 30 ao\u00fbt, et n\u2019a pu demeurer m\u00eame 24 heures, \u00e9tant rep\u00e9r\u00e9 par avion ou envelopp\u00e9 de ces gaz odieux\u2026 La maison tenait toujours, et le jardin, transform\u00e9 en for\u00eat vierge, embaumait. Un silence d\u00e9sertique sur le village. Pas une \u00e2me alentour. Et, seule, la voix du canon pour scander les heures. Les Barbares ont pris nos vieilles cloches, fid\u00e8les amies de toujours, qui avaient tant sonn\u00e9 pour nos joies et nos deuils \u00bb (page 170). Elle quitte toutefois le manoir d\u2019Arth\u00e9 le 1er octobre pour renter dans une maison rest\u00e9e miraculeusement debout malgr\u00e9 une guerre si proche, et o\u00f9 elle va vivre les \u00ab jours exaltants de la victoire \u00bb (page 170). La vie d\u2019apr\u00e8s-guerre reprend et Henriette s\u2019installe \u00e0 Soissons le 13 ao\u00fbt 1919. Mais la maladie trouve son chemin et elle finit par s\u2019\u00e9teindre le 21 octobre 1920 \u00e0 midi.<br><br>Sur l\u2019U.C.M., la lecture de cet ouvrage peut \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par celle de <em>L&rsquo;apostolat d&rsquo;un malade<\/em> : Louis Peyrot et l&rsquo;Union catholique de malades \/ Jean-Paul Belin | Gallica<br><br><em>Yann Prouillet, 29 juillet 2025<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TESTES, Vies sacrifi\u00e9es, Paris, Sp\u00e8s, 1926, 176 pages R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :L&rsquo;auteur, TESTES, qui pourrait \u00eatre Marie Le Mi\u00e8re, pr\u00e9sente un recueil de biographies, ayant valeur de Livre d\u2019Or, 19 contemporains du fondateur de l\u2019Union Catholique des Malades, au premier semestre de 1914, avec pour point de catalyse le sanatorium de Leysin, en Suisse, sp\u00e9cialis\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/07\/29\/testes\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Testes (-)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4892,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[97,41,12],"tags":[1385,1384,1383],"class_list":["post-4885","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1919-1930","category-articles","category-civil","tag-malades","tag-non-combattants","tag-notices-biographiques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4885","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4885"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4885\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4893,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4885\/revisions\/4893"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4892"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4885"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4885"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4885"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}