{"id":4895,"date":"2025-08-06T14:32:17","date_gmt":"2025-08-06T13:32:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4895"},"modified":"2025-08-06T14:32:18","modified_gmt":"2025-08-06T13:32:18","slug":"fribourg-andre-1887-1948","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/08\/06\/fribourg-andre-1887-1948\/","title":{"rendered":"Fribourg, Andr\u00e9 (1887-1948)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Andr\u00e9 Fribourg, <em>Croire. Histoire d\u2019un soldat<\/em>, Paris, Payot, 1918, 255 pages<br><br>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<br>En forme de pr\u00e9lude, intitul\u00e9 \u00ab Aux man\u0153uvres d\u2019Argonne pendant le coup d\u2019Agadir \u00bb, Andr\u00e9 Fribourg \u00e9voque d\u2019abord trois jours de man\u0153uvres de son r\u00e9giment, le 106\u00e8me R.I. de Ch\u00e2lons-sur-Marne, en septembre 1911, autour de Clermont-en-Argonne. L\u2019ouvrage s\u2019ouvre ensuite sur l\u2019embarquement, \u00e0 Paris, le 4 ao\u00fbt 1914, dans le train qui l\u2019am\u00e8ne sur le front, d\u00e9barquant la troupe \u00e0 proximit\u00e9 des \u00c9parges, dans la Meuse, o\u00f9 se d\u00e9roule la premi\u00e8re partie de son r\u00e9cit. Elle s\u2019ach\u00e8ve avec sa blessure \u00e0 la t\u00eate, le 10 octobre 1914, par un obus. Apr\u00e8s quelques semaines \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Neufch\u00e2teau (Vosges) puis de Vitr\u00e9 (Ille-et-Vilaine), il retrouve ses camarade du 106 dans les Flandres, aux alentours de Hondschoote, de Nieuport et de Bergues. En septembre 1915, il est enfin de retour chez lui, diminu\u00e9 car ayant en partie perdu trois de ses sens (odorat, ou\u00efe et vue), vraisemblablement \u00e0 cause de l\u2019obus qui l\u2019a couch\u00e9 dans cette tranch\u00e9e des \u00c9parges. Les pages qui concernent ce chapitre sont sensibles, \u00e9voquant les horloges \u00e9teintes. Il dit l\u2019\u00ab&#8230; impression fun\u00e8bre qui se d\u00e9gage de la maison, et m\u2019affirme que, quoi que je pense ou fasse, une part de moi est bien morte, l\u00e0-bas, au champ de douleur et de gloire \u00bb (page 228). Un an plus tard, en octobre 1916, il reprend son poste d\u2019enseignant et cl\u00f4ture son t\u00e9moignage dans une phrase explicative de son court titre : \u00ab Sachons aimer, souffrir et mourir, c\u2019est-\u00e0-dire sachons croire \u00bb.<br><br>El\u00e9ments biographiques :<br>Georges, Andr\u00e9, Alexandre Andr\u00e9-Fribourg, dit Andr\u00e9 Fribourg, est n\u00e9 le 20 novembre 1887 \u00e0 Bourmont (aujourd\u2019hui Bourmont-entre-Meuse-et-Mouzon) dans le d\u00e9partement de la Haute Marne. Apr\u00e8s des \u00e9tudes brillantes au lyc\u00e9e Henri IV, il est agr\u00e9g\u00e9 d\u2019histoire et professeur au coll\u00e8ge de Nantua, puis dans des \u00e9coles (Turgot et Sainte-Barbe) \u00e0 Paris, o\u00f9 il demeure. Il a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 deux ouvrages quand la guerre se d\u00e9clenche. R\u00e9form\u00e9 du fait de sa blessure, il publiera plusieurs autres ouvrages, teint\u00e9s de  propagandisme. Il obtiendra dans sa carri\u00e8re litt\u00e9raire trois prix de l\u2019acad\u00e9mie fran\u00e7aise (Th\u00e9rouanne en 1916, Sobrier-Arnould en 1918 et de Joest en 1939). Croire. Histoire d\u2019un soldat s\u2019ouvre sur une d\u00e9dicace \u00ab \u00c0 la 1\u00e8re compagnie du 106\u00e8me r\u00e9giment d\u2019Infanterie \u00bb, avec lequel il a fait toute sa courte campagne. Envoy\u00e9 apr\u00e8s-guerre pour diff\u00e9rentes missions \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, il fait \u00e9galement une carri\u00e8re politique, d\u2019abord comme d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Ain (1919 et 1924), puis comme membre du Conseil Sup\u00e9rieur des Colonies et secr\u00e9taire de la Commissions de l\u2019Enseignement des Beaux-Arts avant de se retirer de la vie politique en 1936. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Paris le 27 septembre 1948.<br><br>Commentaire sur l\u2019ouvrage :<br>Apr\u00e8s-un avant-propos de l\u2019auteur, l\u2019ouvrage s\u2019ouvre sur la narration \u00ab de l\u2019int\u00e9rieur \u00bb d\u2019une man\u0153uvre du r\u00e9giment pendant quelques jours de septembre 1911 en Argonne. Partant de la caserne \u00e0 Ch\u00e2lons-sur-Marne (aujourd\u2019hui Ch\u00e2lons-en-Champagne), celui-ci passe par Valmy, Clermont-en-Argonne, Malancourt, Septsarges et Rar\u00e9court. Le but de ce pr\u00e9lude est de d\u00e9montrer le \u00ab dressage \u00bb et l\u2019aguerrissement de la troupe par la marche et la man\u0153uvre. R\u00e9servistes (dont lui ?),  \u00ab de tous les types, de toutes les classes ; l\u2019assemblage est divers \u00e0 souhait : ouvriers, instituteurs, paysans, \u00ab intellectuels \u00bb, gens de la ville et des champs, rien n\u2019y manque \u00bb (page 15), aboutissant \u00e0 \u00ab La renaissance morale \u00bb (page 28).<br>Suivent une infinit\u00e9 de tableaux bien \u00e9crits, dont la plupart, au moins pour la partie \u00ab Lorraine \u00bb de l\u2019ouvrage, forment de tr\u00e8s belles lignes d\u2019ambiance ou de r\u00e9flexion :<br>Le d\u00e9part &#8211; Embarquement (journ\u00e9e du 4 ao\u00fbt 1914) : long chapitre qui relate, quasi minute par minute, la s\u00e9paration et les ressources morales qu\u2019elles impliquent pour le civil transform\u00e9 en soldat anonyme dans la masse, l\u2019ambiance du train, l\u2019id\u00e9e qu\u2019il a de la grandeur de l\u2019aventure qu\u2019il s\u2019appr\u00eate \u00e0 vivre (pages 33 \u00e0 43).<br>Au bois des Chevaliers se d\u00e9compose en la mont\u00e9e au front, d\u2019abord en train puis \u00e0 pied, ayant d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Villers-Benoitevaux, dans la Meuse, avant l\u2019arriv\u00e9e dans le secteur des \u00c9parges, si embl\u00e9matique, m\u00eame si il ne le cite qu\u2019\u00e0 la fin du livre (page 241).<br>Suivent de multiples tableaux qu\u2019il classe ainsi, comme autant de chapitres de sa vie au front de la guerre : L\u2019arriv\u00e9e (page 61) \u2013 En seconde ligne (66) \u2013 L\u2019attaque de nuit (68) \u2013 En sentinelle (75) \u2013 La corv\u00e9e de cartouches (79) \u2013 La tombe (84) \u2013 La pluie (86) \u2013 La balle (90) \u2013 L\u2019insomnie (93) \u2013 L\u2019isolement (96) \u2013 L\u2019attente (100) \u2013 Les \u00ab volontaires \u00bb (109) \u2013 La rel\u00e8ve (114) \u2013 Le repos (119) \u2013 L\u2019angoisse (123) \u2013 Le layon (130) et Le poste de secours (141), tous correspondant \u00e0 sa p\u00e9riode sur le front de Lorraine (ao\u00fbt &#8211; 10 octobre 1914).<br>La seconde partie de l\u2019ouvrage, intitul\u00e9e En Flandres, diff\u00e8re assez notamment de la premi\u00e8re ; elle comporte la p\u00e9riode de janvier \u00e0 mai 1915. Toutefois, Jean Norton-Cru dit : \u00ab Mais cette deuxi\u00e8me campagne nous semble fictive \u00bb page 607 de T\u00e9moins, ce qui semble \u00e9vident puisque le 106\u00e8me RI n\u2019est pas en Belgique au cours de cette p\u00e9riode, le r\u00e9giment ne quittant le secteur des \u00c9parges que le 3 ao\u00fbt 1915. Pourtant Fribourg avance c\u00f4toyer les m\u00eames personnages cit\u00e9s dans la premi\u00e8re partie de son ouvrage, comme Herbin par exemple. Cette partie, plus litt\u00e9raire, teint\u00e9e de roman, fait appel aux dialogues et \u00e0 la procuration de certains tableaux comme Le t\u00e9l\u00e9phone, sur le sacrifice des zouaves (pages 159 \u00e0 165), ou Le combat sur mer (pages 167 \u00e0 171), tr\u00e8s lyrique. Le chapitre l\u2019Estaminet (pages 184 \u00e0 191) nomme plusieurs de ces \u00e9tablissements dans un village non identifi\u00e9 mais qui pourrait \u00eatre Groenendijk : Cabaret au Chat, Soleil, B\u0153uf de Flandre, La Botte de paille, La Belle vue, L\u2019Arc ou L\u2019H\u00f4tel de Ville, ces deux derniers fr\u00e9quent\u00e9s par les officiers. La citation de la mort de son ami, qu\u2019il apprend par courrier (page 200), le sergent parisien Camille Aussi\u00e8re, \u00e0 Zillebecke le 14 d\u00e9cembre 1914, donne une indication sur le 94\u00e8me r\u00e9giment d\u2019infanterie, mais qui ne fait pas partie de la division de Fribourg. Elle ne r\u00e9sout donc pas la question de savoir si cette partie est romanc\u00e9e ou si il a en effet \u00e9t\u00e9 r\u00e9affect\u00e9 \u00e0 un autre r\u00e9giment apr\u00e8s sa convalescence cons\u00e9cutive \u00e0 sa blessure. Sa fiche matricule n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e aux archives d\u00e9partementales de la Haute-Marne. Toujours est-il que son r\u00e9cit en Flandres est moins pr\u00e9cis que celui sur les \u00c9parges, ne citant par exemple aucun nom de tu\u00e9. Enfin, les 4 lettres de Jacqueline, \u00e9manant manifestement d\u2019une enfant, formant le chapitre avant-dernier Lettres de la marraine est \u00e9galement superflu.<br>Certains des noms cit\u00e9s permettent toutefois de confirmer la r\u00e9alit\u00e9 de sa narration : Rigollet (page 74) est bien Auguste, Albert Rigollet, 2\u00e8me classe du 106\u00e8me R.I., tu\u00e9 Aux \u00c9parges le 29 octobre 1914 ou Th\u00e9venier (page 84), Paul Georges Th\u00e9venier, 2\u00e8me classe au m\u00eame r\u00e9giment, tu\u00e9 \u00e0 Mouilly le 10 octobre de la m\u00eame ann\u00e9e.<br>Dans le chapitre intitul\u00e9 Le prisonnier (pages 200 \u00e0 203), parlant leur langue, il interroge deux prisonniers allemands, un ouvrier saxon et un paysan.<br>Peu avant sa blessure, il d\u00e9crit : \u00ab J\u2019\u00e9cris ces lignes en un coin de grange presque ti\u00e8de, assis dans le foin \u00bb (page 119).<br>Au final l\u2019ouvrage, composite, rev\u00eat un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat d\u2019un double ordre ; la partie manifestement testimoniale dans son parcours lorrain [m\u00eame si Jean Norton-Cru all\u00e8gue que le seul s\u00e9jour au front se limite \u00e0 10 jours, du 1er au 10 octobre 1914, qui sont en effet les dates clairement \u00e9nonc\u00e9es dans le r\u00e9cit] et la qualit\u00e9 d\u2019\u00e9criture, d\u00e9crivant tant le milieu qui entoure Fribourg que ses propres sentiments, parfois profonds. Il r\u00e9fl\u00e9chit sur la guerre, qu\u2019il compare \u00e0 un Dieu sacrificiel (page 144), son r\u00f4le \u00e0 la guerre, comme sentinelle par exemple, parfois jusqu\u2019\u00e0 la dissertation. Il avance \u00e9galement : \u00ab Comme cette guerre \u00e9largit la vie, spatialement d\u2019abord, elle m\u2019a fait conna\u00eetre \u00e0 fond la Champagne, la Lorraine, la Bretagne, et demain me r\u00e9v\u00e8lera les Flandres ; elle me met en contact avec des paysans, des ouvriers bien plus \u00e9troitement que le r\u00e9giment ne l\u2019avait pu faire : la mort, toujours planante, rapproche ; personnellement, elle m\u2019a forc\u00e9 \u00e0 me creuser, \u00e0 me conna\u00eetre mieux, et la m\u00eame menace mortelle a d\u00e9chir\u00e9 dans mon esprit plus d\u2019une illusion tenace ; historiquement m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 elle, j\u2019ai mieux compris bien des faits du pass\u00e9 illumin\u00e9 par l\u2019ardeur du pr\u00e9sent\u2026 Je lui devrai, quoi qu\u2019il arrive, une plus grande connaissance du monde, des hommes, de moi-m\u00eame \u00bb (page 154).<br> <br>Renseignements tir\u00e9s de l\u2019ouvrage :<br><br>Parcours suivi par l\u2019auteur (date) <br>En train : Paris &#8211; porte de la Villette &#8211; Bondy &#8211; (4 ao\u00fbt 1914)<br>Partie Lorraine (pages 47 \u00e0 150) : En train : Noisy-le-Roi &#8211; for\u00eat de Marly \u2013 Mareil \u2013 Saint-Germain \u2013 Paris \u2013 Noisy-le-Sec \u2013 Rosny \u2013 Nogent \u2013 Troyes \u2013 Villers[-sur-Meuse]-Benoiteveaux (ao\u00fbt 1914)<br>\u00c0 pied : Ferme d\u2019Amblonville \u2013 Mouilly \u2013 Bois des Chevaliers \u2013 Bois de la Marche de Lorraine (1er \u2013 10 octobre)<br>Partie Flandres (pages 153 \u00e0 217) : Hondschoote \u2013 Nieuport \u2013 Lombaertzyde \u2013 Westende \u2013 Bergues.<br><br>Renseignements tir\u00e9s de l\u2019ouvrage :<br>Page 18 : Note sur la tenue r\u00e9s\u00e9da et le casque, exp\u00e9riment\u00e9s par le 106\u00e8me RI en 1911<br>34 : Belles phrases sur la s\u00e9paration le 4 ao\u00fbt 1914<br>36 : Contenu de son sac, dont une enveloppe cachet\u00e9e contenant ses derni\u00e8res volont\u00e9s (qu\u2019il retrouve \u00e0 Paris \u00e0 son domicile apr\u00e8s son retour du front, vap 228)<br>43 : \u00ab Je sais que je vis une aventure \u00e9norme, d\u2019une raret\u00e9 infinie \u00bb<br>54 : Partage du singe, agr\u00e9ment\u00e9<br>65 : Espionnite du paysan allemand d\u2019Amblonville, ayant rep\u00e9r\u00e9 les alentours pour l\u2019artillerie d\u00e8s avant-guerre<br>79 : Sur sa haine de l\u2019ennemi, en octobre 1914 : \u00ab j\u2019ai l\u2019impression de les ha\u00efr moins violement qu\u2019au moment de leur ru\u00e9e d\u2019ao\u00fbt \u00bb<br>82 : Sur la fatalit\u00e9 : \u00ab Si je me h\u00e2te, je recevrai la balle qui allait passer devant moi ; si je m\u2019attarde, je recevrai celle qui serait pass\u00e9e derri\u00e8re moi \u00bb<br>84 : Description de la tombe de Paul Th\u00e9venier, appel\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre avec le temps<br>86 : \u00ab Pluie, boue, froid, insomnie, faim et soif, isolement, balle, obus, voil\u00e0 nos ennemis rang\u00e9s par ordre de valeur d\u00e9croissante \u00bb<br>90 : Dissertation sur les bruits des projectiles en fonction des types : Claquement \u2013 Tacquement \u2013 Ecrasement \u2013 D\u00e9chirement \u2013 Eclatement \u2013 Ronflement, vrombissement \u2013 Bourdonnement \u2013 Miaulement \u2013 Bruissement (fin 93)<br>93 : Manque de sommeil, caract\u00e9ristique et \u00e9volution (fin 95)<br>96 : Sur l\u2019isolement jusqu\u2019\u00e0 l\u2019existence vid\u00e9e et l\u2019ignorance de la guerre (fin 98). \u00ab J\u2019ignore tout de la guerre. J\u2019ignore l\u2019arm\u00e9e \u00e0 laquelle j\u2019appartiens. J\u2019ignore tout de mon corps, \u00e0 peu pr\u00e8s tout de ma division et de ma brigade, beaucoup de mon r\u00e9giment, de mon bataillon et m\u00eame de ma compagnie. Mon groupe est l\u2019escouade ; c\u2019est par escouade que nous occupons et que nous d\u00e9fendons les tranch\u00e9es. Mais chacun de nous ne vit gu\u00e8re qu\u2019avec une dizaine, une vingtaine de camarades. Dans les gigantesques arm\u00e9es compos\u00e9es de centaines de milliers de soldats qui luttent dans ces bois, l\u2019homme est aussi isol\u00e9 que jadis quand il marchait en bande autour d\u2019un totem. Notre isolement para\u00eet organis\u00e9. On nous a r\u00e9duits \u00e0 l\u2019\u00e9tat de cellule guerri\u00e8re et j\u2019ai l\u2019impression d\u2019une arm\u00e9e \u00e9miett\u00e9e. Nous ne savons rien, pas m\u00eame le nom du g\u00e9n\u00e9ral qui commande notre brigade\u2026 \u00bb (page 99)<br>98 : Sur les lettres \u00ab seuls liens avec le pays et la famille \u00bb, il apprend la mort de P\u00e9guy en lisant un vieux journal ayant emball\u00e9 un colis<br>100 : Th\u00e9orie des engrenages circulaires, \u00ab gigantesques machines \u00e0 tuer \u00bb<br>101 : Odeur composite de la tranch\u00e9e : \u00ab Odeur de graillon, qui vient des bouth\u00e9ons mal lav\u00e9s, odeur de cuir qui sort des \u00e9quipements, odeur de graisse qui vient des armes, odeur de poudre, odeur de crasse, odeur de dysenterie qui tourmente les hommes vingt fois par jour et les vide jusqu\u2019au sang, odeur de pourriture fade qui sort des grands quartiers de b\u0153uf qu\u2019on nous a livr\u00e9s par morceaux de trente kilos, \u00e0 nous qui ne pouvons pas faire de feu, odeur de chevaux crev\u00e9s, odeur de feuilles vives et mortes et du sol humide, odeur du sang s\u00e9ch\u00e9 et des cadavres jeunes dont la terre est farcie \u00bb<br>126 : Menaces du capitaine (G\u00e9rard) : \u00ab Je br\u00fble la g\u2026 \u00e0 qui faiblira \u00bb, (vap 241 sur son suicide avant de remonter au front)<br>129 : Homme devenu fou<br>131 : Similitude situationnelle de la sc\u00e8ne d\u00e9crite avec la blessure de Maurice Genevoix (du m\u00eame r\u00e9giment)<br>131 : Boue \u00ab pareille \u00e0 de la cr\u00e8me de riz trop d\u00e9lay\u00e9e \u00bb<br>135 : Pelle-pioche plac\u00e9e contre la nuque en protection<br>136 : Sur la r\u00e9alit\u00e9 de la guerre : \u00ab Nous avions esp\u00e9r\u00e9 des batailles \u00e9piques, et nous allons mourir pil\u00e9s \u00e0 coups de ferraille, par une main invisible, au fond d\u2019un trou, dans la boue \u00bb<br>137 : Id\u00e9e de suicide d\u2019un soldat<br>157 : T\u00eate \u00e0 caler des roues de corbillard<br>190 : Sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir des amis au front <br>198 : Sur sa th\u00e9orie de la \u00ab vie en cercle, toujours identique, monotone, d\u00e9sesp\u00e9rante\u2026 M\u00eames horizons, m\u00eames platitudes, m\u00eames ruines, m\u00eames tranch\u00e9es, m\u00eames r\u00e9seaux, m\u00eames clochers, m\u00eames ruisseaux, m\u00eames visages, m\u00eames espoirs, m\u00eames souffrances, m\u00eame menace de la mort qui s\u2019approche ou s\u2019\u00e9loigne suivant l\u2019heure, mais qu\u2019on devine, toujours, guetteuse, autour de soi \u00bb. (\u2026) \u00ab Il n\u2019y a pas de bataille, mais seulement \u00ab musique de sc\u00e8ne \u00bb de bataille \u00bb<br>199 : Sur la mort des autres et la culpabilit\u00e9 de sa survivance : \u00ab Les pertes sont faibles actuellement dans le secteur, mais ailleurs il n\u2019en va pas de m\u00eame ; \u00e0 chaque mort que j\u2019apprends, j\u2019ai comme un \u00e9tonnement et un remords de vivre et je sens augmenter la dette que je contracte envers ceux qui sont tomb\u00e9s \u00bb<br><br><em>Yann Prouillet, 6 ao\u00fbt 2025<\/em><br><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 Fribourg, Croire. Histoire d\u2019un soldat, Paris, Payot, 1918, 255 pages R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :En forme de pr\u00e9lude, intitul\u00e9 \u00ab Aux man\u0153uvres d\u2019Argonne pendant le coup d\u2019Agadir \u00bb, Andr\u00e9 Fribourg \u00e9voque d\u2019abord trois jours de man\u0153uvres de son r\u00e9giment, le 106\u00e8me R.I. de Ch\u00e2lons-sur-Marne, en septembre 1911, autour de Clermont-en-Argonne. L\u2019ouvrage s\u2019ouvre ensuite sur l\u2019embarquement, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/08\/06\/fribourg-andre-1887-1948\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Fribourg, Andr\u00e9 (1887-1948)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4902,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[168,96,3,10,95],"tags":[1375,1389,1168],"class_list":["post-4895","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-106e-ri","category-1914-1918","category-carnet","category-combattant-infanterie","category-date-de-publication","tag-eparges","tag-flandres-belges","tag-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4895","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4895"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4895\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4903,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4895\/revisions\/4903"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4902"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4895"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4895"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4895"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}