{"id":493,"date":"2011-09-05T14:59:15","date_gmt":"2011-09-05T13:59:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=493"},"modified":"2021-09-12T19:42:50","modified_gmt":"2021-09-12T18:42:50","slug":"brute-de-remur-augustin-1852-1944","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/05\/brute-de-remur-augustin-1852-1944\/","title":{"rendered":"Brut\u00e9 de R\u00e9mur, Augustin (1852-1944)"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BDR.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-494 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/BDR-149x300.jpg\" alt=\"\" width=\"149\" height=\"300\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Source de l&rsquo;image\u00a0: Collectif, <em>La Chapelotte<\/em>, SPV, 2004, p. 172.<\/strong><\/p>\n<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Augustin-Gabriel-Marie Brut\u00e9 de R\u00e9mur est n\u00e9 \u00e0 Rennes le 18 mars 1852. A 18 ans, il s\u2019engage pour la dur\u00e9e de la guerre de 1870-1871. Il la termine avec le grade de lieutenant dans un bataillon de chasseur, mais la commission de r\u00e9vision des grades le r\u00e9trograde sergent. Il est admis \u00e0 Saint-Cyr avec le rang de 188<sup>e<\/sup> sur 304 et en sort 56<sup>e<\/sup>. Le 1<sup>er<\/sup> novembre 1874, il est sous-lieutenant au 6<sup>e<\/sup> BCP (Embrun) et en mars 1879, lieutenant au 10<sup>e<\/sup> BCP (Saint-Di\u00e9). Dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure de guerre, il est d\u2019abord d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 la brigade topographique d\u2019Alg\u00e9rie, puis est nomm\u00e9 capitaine au 28<sup>e<\/sup> RI en 1884 puis au 47<sup>e<\/sup> d\u2019infanterie (Saint-Malo) en 1892. Chef de bataillon au 148<sup>e<\/sup> RI (Verdun) deux ans plus tard, le 6 avril 1897, il est alors commandant du 25<sup>e<\/sup> BCP (Saint-Mihiel) puis lieutenant-colonel commandant du 173<sup>e<\/sup> d\u2019infanterie (Bastia) en 1901. Le 27 septembre 1906, Brut\u00e9 de R\u00e9mur est nomm\u00e9 colonel au 39<sup>e<\/sup> RI ; il y succ\u00e8de au g\u00e9n\u00e9ral Sarrail promu directeur de l\u2019infanterie. Il est mis \u00e0 la retraite le 18 mars 1912 et demeure \u00e0 Boulogne-sur-Mer. Lorsque la guerre \u00e9clate, il obtient le commandement de la 152<sup>e<\/sup> brigade dans les Vosges. Il quitte les Vosges \u00e0 regret le 25 mars 1916 pour prendre, avec le grade de g\u00e9n\u00e9ral, le commandement de la 194<sup>e<\/sup> brigade. Il a alors 64 ans. Le 19 f\u00e9vrier 1917, envoy\u00e9 en cong\u00e9 de repos puis atteint par la limite d\u2019\u00e2ge, il est plac\u00e9 dans le cadre de r\u00e9serve. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Rennes le 16 juillet 1944.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Brut\u00e9 de R\u00e9mur, Augustin (g\u00e9n\u00e9ral),<em> Histoire d\u2019un secteur calme. La 152<sup>\u00e8me<\/sup> brigade dans les Vosges. Le Palon \u2013 la Forain \u2013 la M\u00e8re Henry \u2013 la scierie Coichot \u2013 la Halte \u2013 Celles \u2013 la Chapelotte.<\/em> Paris, la France h\u00e9ro\u00efque, 1929, 115 pages.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques semaines d\u2019inaction, le g\u00e9n\u00e9ral Brut\u00e9 de R\u00e9mur parvient, bien que d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9 &#8211; il a 62 ans -, avec d\u2019inou\u00efes difficult\u00e9s, &#8211; son hagiographe et pr\u00e9facier de Raymond Duguet rappelle qu\u2019il fut notamment sali par l\u2019affaire des fiches &#8211; \u00e0 \u00eatre affect\u00e9 au commandement de la 152<sup>e<\/sup> brigade d\u2019infanterie de r\u00e9serve alors dans les Vosges. C\u2019est un secteur qu\u2019il conna\u00eet bien pour y avoir \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans sa carri\u00e8re de chasseur \u00e0 pied et surtout pour en avoir dress\u00e9 plusieurs analyses de doctrine militaire. Il arrive \u00e0 Saint-Di\u00e9 le 23 septembre 1914, alors que le front se cristallise. Il va d\u00e8s lors s\u2019\u00e9riger en historiographe de cette grande unit\u00e9, rapportant de mani\u00e8re pr\u00e9cise les op\u00e9rations militaires et les petits faits r\u00e9v\u00e9lant sa proximit\u00e9 avec les hommes. Il consigne aussi ses impressions et ses critiques, parfois violentes des incomp\u00e9tents, m\u00eame s\u2019ils sont ses sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Ainsi d\u00e9butent ses souvenirs, presque jour par jour, de 20 mois de guerre de montagne, de la vall\u00e9e de la Plaine \u00e0 La Fontenelle. Rapidement, l\u2019extension du front l\u2019am\u00e8ne sur les hauteurs de la Chapelotte, qui vont devenir le point de friction le plus violent, d\u2019abord sur terre, au d\u00e9but de 1915 puis sous la surface, dans une guerre des mines qui atteindra \u00e0 cet endroit la plus grande profondeur rencontr\u00e9e sur l\u2019ensemble des fronts. Mais les diff\u00e9rents secteurs interm\u00e9diaires n\u2019en seront pas moins des lieux de mort, de la cote 675, face \u00e0 la M\u00e8re-Henry, \u00e0 la Forain et au Palon.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir tant donn\u00e9 de sa personne, pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation formidable des fronts de montagne et dirig\u00e9 ses hommes au feu, il quitte le secteur peu avant sa brigade, qui recueillera sur d\u2019autres fronts \u00ab\u00a0<em>des lauriers peut-\u00eatre plus s\u00e9rieux, mais aussi, h\u00e9las\u00a0! plus co\u00fbteux <\/em>\u00bb (page 110). Le 5 avril 1916, il est nomm\u00e9 au commandement de la 194<sup>e<\/sup> brigade territoriale et part pour la Somme pour une autre guerre qu\u2019il n\u2019a pas relat\u00e9.<\/p>\n<p><strong>2. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Voici un excellent ouvrage de souvenirs, v\u00e9ritable historique de brigade dans un secteur si peu \u00e9tudi\u00e9 par la litt\u00e9rature de guerre. Le t\u00e9moignage est pr\u00e9cis, tant dans les lieux que par les faits de guerre \u00e9voqu\u00e9s, petits ou grands et l\u2019auteur fait montre d\u2019un franc-parler parfois violent et critique, notamment des \u00ab\u00a0<em>strat\u00e8ges en chambre<\/em> \u00bb mais aussi de ses subordonn\u00e9s comme de ses sup\u00e9rieurs. Il pr\u00e9sente l\u2019attrait d\u2019une vision non conventionnelle, juste et m\u00eame novatrice de la guerre \u00e0 ce grade\u00a0; ne consid\u00e8re-t-il pas que la bataille doit \u00eatre trait\u00e9e comme une \u00ab\u00a0<em>affaire commerciale<\/em> \u00bb (page II)\u00a0? La verve du g\u00e9n\u00e9ral narrateur est inaccoutum\u00e9e et la note de politique g\u00e9n\u00e9rale (page 33), qui fait t\u00e2che dans le court du r\u00e9cit, ne parvient pas \u00e0 minorer cet excellent t\u00e9moignage vosgien. Apr\u00e8s que le pr\u00e9facier d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 rappelle \u00ab\u00a0<em>la vie quotidienne du soldat\u00a0dans la tranch\u00e9e, avec tout ce qu\u2019elle a tour \u00e0 tour de monotone, de dangereux, d\u2019impr\u00e9vu, de compliqu\u00e9, vie dans laquelle l\u2019h\u00e9ro\u00efsme reste le plus souvent obscur, dans laquelle on marche \u00e0 la mort, sans phrases, dans laquelle on survit sans trop savoir comment\u00a0!<\/em> \u00bb (page II), le g\u00e9n\u00e9ral Brut\u00e9 de R\u00e9mur ajoute sa pierre. Certes, l\u2019officier souscrit lui aussi d\u2019abord \u00e0 l\u2019espionnite\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Malgr\u00e9 le calme dont nous jouissons, qui permet de mieux \u00e9tudier ce qui se passe, on se sent environn\u00e9 d\u2019espions\u00a0; il n\u2019y a pas de soir o\u00f9, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, des fus\u00e9es lanc\u00e9es en arri\u00e8re de nos lignes ne renseignent l\u2019ennemi sur nos positions et nos mouvements<\/em> \u00bb (page 17), ou \u00e0 la rumeur\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le soir du 4 d\u00e9cembre, une de ces tranch\u00e9es (\u2026) nous est reprise par l\u2019ennemi, gr\u00e2ce au stratag\u00e8me que voici\u00a0: vers 18 heures, une soixantaine de soldats allemands, d\u00e9guis\u00e9s en soldat fran\u00e7ais, ayant r\u00e9ussi, on ne sait comment, \u00e0 traverser notre premi\u00e8re ligne (le terrain tr\u00e8s bois\u00e9 facilite la chose), se pr\u00e9sente devant l\u2019ouvrage\u00a0; c\u2019est l\u2019heure de la rel\u00e8ve, nos hommes, les voyant venir de l\u2019arri\u00e8re, les laissent approcher sans d\u00e9fiance\u00a0; mais, arriv\u00e9s \u00e0 quelques pas, les Allemands se jettent sur eux, les assomment \u00e0 coups de crosse, et les enterrent dans la tranch\u00e9e qu\u2019ils comblent<\/em>.\u00a0\u00bb (page 31). Mais il est attentif \u00e0 l\u2019\u00e9tat sanitaire de ses troupes, aux \u00ab\u00a0<em>exc\u00e8s de fatigue<\/em> \u00bb, y compris des \u00ab\u00a0<em>officiers et sous-officiers qui, jusqu\u2019ici <\/em>[f\u00e9vrier 1915]<em> avaient bien support\u00e9 la campagne, accusent maintenant un peu de d\u00e9pression\u00a0; j\u2019ai d\u00fb en \u00e9vacuer plusieurs qui sont rendus, finis\u00a0; les soldats tiennent mieux. Je ne n\u00e9glige d\u2019ailleurs rien de ce qui peut contribuer \u00e0 les maintenir en bon \u00e9tat<\/em> \u00bb (page 41). Brut\u00e9 de R\u00e9mur va d\u2019ailleurs \u00e0 ce propos favoriser les \u00ab\u00a0<em>secours religieux et moraux<\/em> \u00bb (page 42), y compris \u00ab\u00a0<em>gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ma famille et de mes amis, j\u2019avais pu pourvoir les plus n\u00e9cessiteux de laine les plus indispensables\u00a0; en m\u00eame temps, j\u2019avais sollicit\u00e9 l\u2019aide de nombreuses \u0153uvres et soci\u00e9t\u00e9s de secours<\/em> \u00bb (page 42) et visiter ses ambulances, dont il se fait \u00ab\u00a0<em>un devoir<\/em> \u00bb (page 55). Il n\u2019en n\u2019est pas toutefois toujours ainsi\u00a0; au cours d\u2019une attaque de l\u2019ennemi, et pour \u00ab\u00a0<em>que le d\u00e9sordre ne se transforme pas en panique <\/em>(\u2026)<em> le lieutenant-colonel Hatton et son adjoint, le capitaine Moulut, se jettent au-devant des fuyards\u00a0; par leurs cris, leurs objurgations et \u00e0 coup de trique, ils leur <\/em>[les soldats]<em> font faire demi-tour<\/em> \u00bb (page 48). Sur ce point, il tente, comme nombre d\u2019officiers, de ne pas envoyer \u00e0 la mort ses soldats\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La pr\u00e9paration d\u2019artillerie n\u2019ayant donn\u00e9 aucun r\u00e9sultat, je d\u00e9cide de ne pas d\u00e9clencher l\u2019attaque et, de mon P.C. de la Croix-Charpentier, j\u2019en rends compte par t\u00e9l\u00e9phone au g\u00e9n\u00e9ral commandant la 71<sup>\u00e8me<\/sup> division. Mais sur l\u2019ordre de celui-ci, l\u2019op\u00e9ration doit \u00eatre reprise.<\/em> (\u2026)<em> Que de vies inutilement sacrifi\u00e9es. Du moins, j\u2019ai conscience d\u2019avoir fait tout ce qu\u2019il m\u2019\u00e9tait possible pour m\u2019y opposer, mais je ne connais rien de plus p\u00e9nible pour un chef que d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de d\u00e9fendre la vie de ses hommes contre les folies inconscientes\u00a0 ou criminelles de certains strat\u00e8ges en chambre qui ne connaissent rien du terrain ni de la situation. Lancer des hommes contre des retranchements solidement organis\u00e9s, alors que notre artillerie, plus dangereuse pour nous que pour l\u2019ennemi en raison de la zone bois\u00e9e o\u00f9 nous sommes, n\u2019a pu pr\u00e9parer leur attaque, que les tranch\u00e9es de l\u2019adversaire sont intactes, ses mitrailleuses au complet, que l\u2019assaillant ne dispose d\u2019aucuns moyens mat\u00e9riels pour se d\u00e9barrasser des r\u00e9seaux de fils de fer et crever le toit des tranch\u00e9es (car nous n\u2019avons ni cisailles suffisantes, ni grenades), c\u2019est un v\u00e9ritable crime, c\u2019est celui qu\u2019on m\u2019a fait commettre deux jours de suite et que je ne veux plus renouveler<\/em> \u00bb (page 51). Dans cette affaire, devant un g\u00e9n\u00e9ral Dubail qui, lui-m\u00eame \u00ab\u00a0<em>n\u2019admet aucune objection<\/em> \u00bb \u00e0 ses ordres d\u2019attaques inutiles, Brut\u00e9 de R\u00e9mur parviendra \u00e0 conserver son commandement\u00a0; d\u2019aucun, tel le colonel Keller, y laisseront leur commandement. Et Brut\u00e9 de R\u00e9mur de conclure\u00a0: \u00ab\u00a0<em>le grand coupable en tout cela, c\u2019est le communiqu\u00e9 officiel\u00a0; chaque commandant d\u2019arm\u00e9e veut avoir quelque chose \u00e0 y mettre<\/em> \u00bb (page 53). L\u2019officier rapporte cette guerre pour le moins \u00e9tonnante que l\u2019on fait dans les Vosges, dans le secteur de La Chapelotte\u00a0: \u00ab\u00a0<em>nous sommes dans une situation bizarre, rest\u00e9s accroch\u00e9s depuis le 27 f\u00e9vrier \u00e0 des rochers, \u00e0 une vingtaine de m\u00e8tres de nos adversaires qui nous jettent des cailloux, des bouteilles\u00a0; des paquets de journaux boches et souvent essayent d\u2019engager la conversation. Derni\u00e8rement, \u00e0 l\u2019occasion de la prise de Przemysl, le g\u00e9n\u00e9ral de Division, \u00e0 l\u2019instar de ce que font les Allemands quand ils ont un succ\u00e8s quelconque, avait prescrit de pousser des hurlements dans les tranch\u00e9es. <\/em>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! la ferme\u00a0!<em> \u00bb cria un Boche d\u2019un des ouvrages en face de nous\u00a0; celui-ci avait certainement pratiqu\u00e9 l\u2019argot parisien<\/em> \u00bb (page 61). Plus loin, d\u2019ailleurs, \u00ab\u00a0<em>des Lorrains annex\u00e9s qui ne nous veulent point de mal, au contraire\u00a0: parfois leurs sentinelles toussent pour nous avertir de nous cacher\u00a0; l\u2019autre jour, c\u2019\u00e9tait un de nos officiers qui, d\u00eenant \u00e0 une petite table devant sa casa, voyait tomber un petit caillou dans son assiette, mani\u00e8re de le pr\u00e9venir qu\u2019il \u00e9tait en vue. Mais les pauvres gens jouent l\u00e0 un jeu dangereux. Parmi les mieux attentionn\u00e9s \u00e0 notre \u00e9gard se trouvait un nomm\u00e9 Harmand, tr\u00e8s connu de nos chasseurs\u00a0: quand il prenait la faction, il les pr\u00e9venait qu\u2019ils n\u2019avaient rien \u00e0 craindre\u00a0; parfois aussi, avant de la quitter, il leur disait\u00a0: \u00ab <\/em>Attention, celui qui va me remplacer est un mauvais bougre\u00a0\u00bb. <em>Ses amabilit\u00e9s ont fini par \u00eatre connues des Boches et ils l\u2019ont fusill\u00e9<\/em> \u00bb (page 69). Le g\u00e9n\u00e9ral confirme l\u2019accord tacite des artilleurs fran\u00e7ais et allemands \u00e0 ne pas tirer sur les localit\u00e9s de chaque c\u00f4t\u00e9 du front\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Dans cette r\u00e9gion vosgienne, nous vivons sous un r\u00e9gime particulier et bizarre\u00a0: de part et d\u2019autre de la ligne qui s\u00e9pare Allemands et Fran\u00e7ais, les troupes sont cantonn\u00e9es dans des villages, et, sans s\u2019\u00eatre donn\u00e9 le mot, les deux adversaires semblent avoir pris pour r\u00e8gle d\u2019\u00e9pargner ces villages et de ne porter leurs coups que sur les maisons ou hameaux fortifi\u00e9s ou sur les ouvrages de d\u00e9fense<\/em> \u00bb (page 62). De tels exemples peuvent \u00eatre multipli\u00e9s \u00e0 l\u2019envi\u00a0dans cet ouvrage o\u00f9 Brut\u00e9 de R\u00e9mur nous donne \u00e0 lire une fresque courte mais dense de multiples tableaux d\u2019un int\u00e9r\u00eat technique voire anthropologique consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>Bibliographie de l\u2019auteur<\/p>\n<p><em>Etude sur les Vosges<\/em>, Paris, 1888, 67 pages<\/p>\n<p><em>La d\u00e9fense des Vosges et la Guerre de Montagne<\/em>, Paris, Dubois, 1890, 55 pages.<\/p>\n<p><em>Les Vosges en 1870 et dans la prochaine campagne, par un ancien officier de chasseurs \u00e0 pied<\/em>, Rennes, H. Caill\u00e8re, 172 p.<\/p>\n<p><em>Histoire d\u2019un secteur calme. La 152<sup>\u00e8me<\/sup> brigade dans les Vosges. Le Palon \u2013 La Forain \u2013 La M\u00e8re Henry \u2013 la scierie Coichot \u2013 la Halte \u2013 Celles \u2013 La Chapelotte.<\/em> Paris, la France h\u00e9ro\u00efque, 1929, 115 pages.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, CRID 14-18, septembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source de l&rsquo;image\u00a0: Collectif, La Chapelotte, SPV, 2004, p. 172. 1. Le t\u00e9moin Augustin-Gabriel-Marie Brut\u00e9 de R\u00e9mur est n\u00e9 \u00e0 Rennes le 18 mars 1852. A 18 ans, il s\u2019engage pour la dur\u00e9e de la guerre de 1870-1871. 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