{"id":4955,"date":"2025-09-16T19:51:56","date_gmt":"2025-09-16T18:51:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4955"},"modified":"2025-09-30T18:03:15","modified_gmt":"2025-09-30T17:03:15","slug":"lechvien-michel-1890-1974","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2025\/09\/16\/lechvien-michel-1890-1974\/","title":{"rendered":"Lec\u2019hvien, Michel (1890 \u2013 1974)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">War hent ar g\u00ear &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur la route de la maison<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Hen ivez, pell a oa, a verve gant ar c\u2019hoant da l\u00e2ret, ha hepdale, kenavo d\u2019ar Boched.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Lui aussi, depuis longtemps, bouillait du d\u00e9sir de dire sans d\u00e9lai k\u00e9navo aux Allemands.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c0 la mobilisation, Michel Lec\u2019hvien est cultivateur dans la ferme de son p\u00e8re \u00e0 Kermestr (Ploubazlanec, C\u00f4tes d\u2019Armor). Il rejoint \u00e0 24 ans le 3<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie \u00e0 pied de Cherbourg, puis est transport\u00e9 \u00e0 Maubeuge pour renforcer l\u2019artillerie de l\u2019ensemble fortifi\u00e9\u00a0: il est fait prisonnier le 8 septembre 1914 lors de la chute de la place. D\u00e9tenu dans diff\u00e9rents camps, il r\u00e9ussit en avril 1916 \u00e0 s\u2019\u00e9vader avec deux camarades et \u00e0 atteindre la fronti\u00e8re hollandaise. R\u00e9incorpor\u00e9 au 3<sup>e<\/sup> RAP, il fait de l\u2019instruction \u00e0 Cherbourg jusqu\u2019\u00e0 son retour volontaire en ligne, avec le 105<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie lourde en janvier 1918. D\u00e9mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1919, il reprend la ferme familiale en 1921.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>War hent ar g\u00ear &#8211; Sur la route de la maison &#8211;<\/em>, sous-titr\u00e9 <em>La Grande Guerre banale et exceptionnelle de Michel Lec\u2019hvien<\/em>, est un ensemble de textes publi\u00e9 aux \u00e9ditions <em>\u00c0 l\u2019ombre des mots<\/em> en 2018 (275 pages). Le recueil a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative de Marie-Claire Morin, \u00e9ditrice fondatrice d<em>\u2019\u00c0 l\u2019ombre des mots<\/em> et petite-fille de M. Lec\u2019hvien. L\u2019ouvrage propose deux versions du r\u00e9cit, avec des commentaires et explications de Yann Lagadec et Herv\u00e9 Le Goff.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">a. Le texte en breton est assez court, puisque ce r\u00e9cit d\u2019\u00e9vasion occupe 22 pages (p. 41 \u00e0 p.62). War hent ar g\u00ear est un petit opuscule paru en 1929, &nbsp;qui reprend avec quelques modifications mineures le texte original paru en 1928 dans l\u2019hebdomadaire Breiz. Ce r\u00e9cit est sign\u00e9 \u00ab&nbsp;eul laboureur&nbsp;\u00bb (le laboureur), dans un hebdomadaire r\u00e9gionaliste modeste par son tirage mais influent par sa diffusion dans les milieux bretonnants, il veut promouvoir la langue et la culture bretonne, son autre but \u00e9tant moral et religieux, voire cat\u00e9chistique (note 13 p. 31, H. Le Goff).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">b.&nbsp; Suit une traduction du r\u00e9cit de 1929 (p. 65 \u00e0 p. 95), effectu\u00e9e vers 1995 par Job Lec\u2019hvien, pr\u00eatre et neveu de Michel, \u00e0 usage familial. Cette traduction a \u00e9t\u00e9 revue par Jef Philippe.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">c. Viennent ensuite les <em>Souvenirs d\u2019un ancien combattant<\/em>, la seconde version du t\u00e9moin Michel Lec\u2019hvien, r\u00e9dig\u00e9e cette fois en fran\u00e7ais vers 1970&nbsp;; ce r\u00e9cit a une taille plus cons\u00e9quente (p. 97 \u00e0 p. 153).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">d. Herv\u00e9 Le Goff propose un int\u00e9ressant d\u00e9cryptage culturaliste (p. 15 \u00e0 38) et Yann Lagadec un appareil d\u2019explication et de mise en perspective historique (p. 155 \u00e0 269).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>a. Le r\u00e9cit d\u2019origine en breton<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Dans le registre \u00ab&nbsp;t\u00e9moignage&nbsp;Grande Guerre&nbsp;\u00bb, outre la rare relation d\u2019une \u00e9vasion r\u00e9ussie \u2013 nous ne manquons pas de r\u00e9cits de captivit\u00e9 \u2013, l\u2019int\u00e9r\u00eat est ici la forme de cette narration. Il s\u2019agit d\u2019un texte en langue bretonne, tr\u00e8s marqu\u00e9 par l\u2019oralit\u00e9, et pouvant ainsi \u00eatre destin\u00e9 \u00e0 un jeune lectorat&nbsp;; la publication dans la revue est accompagn\u00e9e de quelques gravures d\u2019illustration, la revue <em>Breiz<\/em> se voulant aussi un biais pour familiariser avec la lecture du breton ceux qui n\u2019en \u00e9taient pas familiers (A. Le Goff).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>b. Le texte d\u2019origine traduit<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">On trouve ici les figures de style du conte, avec une invitation \u00e0 l\u2019\u00e9coute, et, scandant le r\u00e9cit, des comparaisons imag\u00e9es, de la sagesse populaire, des proverbes et des dictons familiaux. Il s\u2019agit vraiment d\u2019un t\u00e9moignage historique, nous dit le locuteur au d\u00e9but, car (p. 64) \u00ab&nbsp;<em>ce n\u2019est pas un conte<\/em> [au sens de&nbsp;: ce n\u2019est pas une fiction], <em>ce que je vais \u00e9crire, mais une histoire v\u00e9cue et v\u00e9ridique d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre.<\/em>&nbsp;\u00bb On peut prendre (avec autorisation de citation) cinq exemples pour exemplifier cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; p. 71 les prisonniers doivent abattre des arbres \u00ab&nbsp;<em>Aucun salaire ne nous \u00e9tait donn\u00e9 pour notre peine. Je me fatiguai.<\/em> \u00ab&nbsp;Si vous faites le mouton, disaient les anciens, vous serez tondus&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>De crainte d\u2019\u00eatre tondu trop court, je demandai \u00e0 revenir \u00e0 Sennelager.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; p. 74 il se d\u00e9cide \u00e0 pr\u00e9parer son \u00e9vasion&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>\u00ab&nbsp;Homme sage, avant d\u2019entreprendre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Prends conseil tout d\u2019abord.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; pour fuir, il s\u2019associe avec deux camarades, mais pas davantage (p. 75)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous \u00e9tions maintenant assez de trois. Il ne fallait pas trop publier le d\u00e9sir qui \u00e9tait dans notre esprit. Car, comme disent les L\u00e9onards<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>La poule perd son \u0153uf<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Qui chante trop apr\u00e8s pondre.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; arrive le jour favorable (3 avril 1916)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;le vent \u00e9tait bon, il \u00e9tait temps de vanner.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; puis pour clore cette premi\u00e8re partie de l\u2019\u00e9vasion (p. 80)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab&nbsp;<em>Kenavo, ferme de Kamen,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Kenavo, gardien inattentif&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Demain, devant ton ma\u00eetre,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Tu feras une danse sans sonneurs&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Alain Le Goff pr\u00e9cise que le fr\u00e8re de l\u2019auteur, l\u2019abb\u00e9 Pierre-Marie Lec\u2019hvien, un des principaux animateurs de la revue <em>Breiz<\/em>, a fait ajouter dans livret de 1929, avec l\u2019accord de son fr\u00e8re, la phrase pros\u00e9lyte finale&nbsp;(r\u00e9ussite totale de l\u2019entreprise, fin du r\u00e9cit): \u00ab&nbsp;<em>Le lendemain, dimanche des Rameaux, avec mon p\u00e8re (\u2026) j\u2019\u00e9tais dans mon \u00e9glise paroissiale \u00e0 la grand\u2019messe, remerciant le Seigneur Dieu, la glorieuse Vierge Marie et Madame Sainte Anne.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">c. <em>Souvenirs d\u2019un ancien combattant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En 1970, Michel Lec\u2019hvien r\u00e9\u00e9crit en fran\u00e7ais une nouvelle relation de son \u00e9pop\u00e9e (terme impropre car \u2013 en breton comme en fran\u00e7ais \u2013 le propos est tr\u00e8s sobre). La trame est identique, mais l\u2019ensemble est bien plus d\u00e9taill\u00e9&nbsp;; ainsi, la p\u00e9riode qui va de la mobilisation \u00e0 la capture \u00e0 Maubeuge occupe une page en 1929 et cinq dans le r\u00e9cit personnel et non publi\u00e9 de 1970. Le style est factuel, descriptif et exempt de toute l\u2019oralit\u00e9 du texte d\u2019origine. On peut constater que les \u00e9l\u00e9ments centraux sont \u00e0 peu pr\u00e8s identiques, mais le temps ayant fait son \u0153uvre, la faim ou la brutalit\u00e9 des Allemands sont att\u00e9nu\u00e9es dans le second r\u00e9cit&nbsp;: (p. 110) \u00ab&nbsp;<em>Des colis arrivaient de France, de nos familles, ce qui nous permettait de tenir sans trop de mal<\/em>.&nbsp;\u00bb L\u2019\u00e9vasion devient possible parce que l\u2019auteur va travailler \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur dans des fermes, et il signale y avoir \u00e9t\u00e9 bien trait\u00e9. De m\u00eame il est int\u00e9ressant de constater qu\u2019en breton (1928 et 1929), si l\u2019auteur utilise \u00ab&nbsp;an Alamaned&nbsp;\u00bb (les Allemands) et \u00ab&nbsp;soudarded an Alamagn&nbsp;\u00bb (les soldats allemands), il cite \u00e0 plusieurs reprises \u00ab&nbsp;ar Boched&nbsp;\u00bb (les Boches)&nbsp;: ce sobriquet m\u00e9prisant a disparu sous le trait de l\u2019auteur en 1970, de m\u00eame que dans la traduction du texte breton par Job Lec\u2019hien en 1995, on voit ici qu\u2019avec le temps, la M\u00e9moire prend le relais de l\u2019Histoire, en arrondissant les asp\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La pr\u00e9paration de l\u2019\u00e9vasion est minutieuse, et M. Lec\u2019hvien explique comment il a trouv\u00e9 des conseils avant de se lancer dans ces 75 km \u00e0 vol d\u2019oiseau qui le s\u00e9paraient de la fronti\u00e8re (4 jours de marche de nuit, p. 113) \u00ab&nbsp;<em>Ceux-l\u00e0 qui \u00e9taient repris, se voyaient les v\u00eatements marqu\u00e9s. Habituellement sur la manche de la veste-capote, \u00e9tait cousu un tissu \u00e0 couleur vive, rouge \u00e9carlate, vert cru, bleu, jaune. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der \u00e9tait de la part des Allemands une lourde erreur. En effet, qui pouvait fournir des renseignements pr\u00e9cis \u00e0 ceux-l\u00e0 qui songeaient \u00e0 s\u2019\u00e9vader, sinon ces \u00e9vad\u00e9s repris&nbsp;? Ils pouvaient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 juste titre comme des \u00ab&nbsp;professeurs d\u2019\u00e9vasion&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em>\u00bb Ils sont chaleureusement accueillis par les Hollandais, avec pain blanc \u00e0 profusion et gestes amicaux (p. 131)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019un d\u2019eux nous photographia parmi un groupe de soldats <\/em>[hollandais]<em> et, nous demandant nos adresses, nous promit de nous envoyer \u00e0 chacun une photo, il tint parole.<\/em>&nbsp;\u00bb Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible de retrouver cette photographie en 2016.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>d. contribution savante<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Yann Lagadec apporte des \u00e9clairages sur ce t\u00e9moignage&nbsp;; il reproduit l\u2019article de <em>L\u2019\u00c9claireur du Finist\u00e8re<\/em> (p. 158) qui \u00e9voque l\u2019\u00e9vasion r\u00e9ussie, et qui insiste sur les informations rapport\u00e9es par les fuyards sur la situation en Allemagne (p. 169, exemplaire du 29 avril 1916)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;La garde des camps est confi\u00e9e \u00e0 des territoriaux et \u00e0 des r\u00e9form\u00e9s qui sont nourris comme les prisonniers. C\u2019est une preuve qu\u2019en d\u00e9pit des fanfaronnades du chancelier, les vivres n\u2019abondent pas en Allemagne.<\/em>&nbsp;\u00bb. Il croise aussi le texte de M. Lec\u2019hvien avec des r\u00e9cits de prisonniers et d\u2019\u00e9vad\u00e9s bretons&nbsp;et note par exemple que sur le plan mat\u00e9riel, l\u2019installation de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans les baraquements (avec interrupteur ext\u00e9rieur) impressionne les prisonniers (p. 203 note 70)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Pour ces ruraux bretons, le fait d\u2019\u00eatre \u00e9clair\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 n\u2019a rien de banal.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les motivations profondes des trois \u00e9vad\u00e9s sont difficiles \u00e0 \u00e9clairer, mais c\u2019est revoir les siens et la Bretagne qui domine&nbsp;; la volont\u00e9 de reprendre le combat n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9e&nbsp;et Y. Lagadec n\u2019a trouv\u00e9 pour cette motivation qu\u2019un seul cas de figure avec un intern\u00e9 civil qui n\u2019avait jamais vu le front (p. 222)&nbsp;; il se dit en d\u00e9saccord avec St\u00e9phane-Audouin-Rouzeau et Annette Becker (\u00ab&nbsp;<em>Oubli\u00e9s de la Grande Guerre<\/em>, 1998, p. 126 et 127,&nbsp; et \u00ab&nbsp;14-18 <em>Retrouver la Guerre&nbsp;<\/em>\u00bb, 2000, p. 119), qui proposent la g\u00e9n\u00e9ralisation selon laquelle les prisonniers br\u00fblent de s\u2019\u00e9vader pour des raisons patriotiques et pour poursuivre le combat (p. 119) <em>\u00ab&nbsp;le d\u00e9sir logique du capitaine de Gaulle comme de celui de l\u2019immense majorit\u00e9 des prisonniers est l\u2019\u00e9vasion. Car elle est espoir de retour au c\u0153ur de la guerre <\/em>(\u2026)<em>.&nbsp;<\/em>\u00bb Selon Y. Lagadec, (p. 222, note 99) cette d\u00e9monstration \u00ab&nbsp;<em>ne parvient pas \u00e0 convaincre \u00e0 la lecture des t\u00e9moignages de la plupart des \u00e9vad\u00e9s \u00e9tudi\u00e9s.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Donc un t\u00e9moignage int\u00e9ressant, inscrit dans l\u2019histoire de l\u2019\u00e9volution rapide de la Bretagne des ann\u00e9es Soixante. La force du t\u00e9moignage de Michel Lech\u2019vien tient dans sa concision, sa modestie-m\u00eame (Y. Lagadec, p. 268), et, pour le r\u00e9cit en breton, dans sa forme proche du style des conteurs itin\u00e9rants pour publics adultes, encore nombreux en 1914. Pierre-Jakez H\u00e9lias (\u00ab&nbsp;<em>Le qu\u00eateur de m\u00e9moire&nbsp;<\/em>\u00bb, 1990, p. 267) montre que ces conteurs accueillis aux veill\u00e9es avant 1914 ont progressivement \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9s par l\u2019alphab\u00e9tisation des publics, puis entre-deux guerres par l\u2019\u00e9clairage \u00e9lectrique et la T.S.F., le poste de t\u00e9l\u00e9vision venant achever ce processus de disparition. Peut-\u00eatre Michel Lec\u2019hvien a-t-il voulu proposer en 1970 un r\u00e9cit en fran\u00e7ais plus dans l\u2019air du temps&nbsp;? Si celui-ci est plus complet, on lui pr\u00e9f\u00e9rera quand m\u00eame le court r\u00e9cit d\u2019origine, qui m\u00e9lange irruption de la modernit\u00e9 de la Grande Guerre et univers culturel bien plus ancien.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, septembre 2025<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>War hent ar g\u00ear &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur la route de la maison Hen ivez, pell a oa, a verve gant ar c\u2019hoant da l\u00e2ret, ha hepdale, kenavo d\u2019ar Boched. Lui aussi, depuis longtemps, bouillait du d\u00e9sir de dire sans d\u00e9lai k\u00e9navo aux Allemands. 1. 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