{"id":5005,"date":"2026-01-14T14:23:26","date_gmt":"2026-01-14T13:23:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5005"},"modified":"2026-01-25T18:04:25","modified_gmt":"2026-01-25T17:04:25","slug":"javal-adolphe-1873-1944","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/01\/14\/javal-adolphe-1873-1944\/","title":{"rendered":"Javal, Adolphe (1873-1944)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Javal, Adolphe, <em>La grande paga\u00efe<\/em>, Deno\u00ebl, 1937, 329 p.<br><br><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage<\/strong> :<br>La feuille de route de sa mobilisation affecte le docteur Adolphe Javal \u00e0 l\u2019ambulance n\u00b05 du 5e corps d\u2019arm\u00e9e, qu\u2019il rejoint \u00e0 Fontainebleau avec 24 heures d\u2019avance, avant m\u00eame la d\u00e9claration de guerre. Se consid\u00e9rant plus comme un administrateur de formations sanitaires que comme un \u00ab urgentiste \u00bb, la narration de sa guerre est d\u00e8s lors une impressionnante suite d\u2019anecdotes, \u00e9maillant ses nombreuses mutations, dans un monde m\u00e9dical du front et de l\u2019arri\u00e8re-front qui \u00e9volue lui-m\u00eame au fil de la guerre. Il \u00ab collectionne \u00bb ainsi un nombre impressionnant d\u2019affectations jusqu\u2019\u00e0 sa d\u00e9mobilisation en 1919, offrant un nombre tout aussi cons\u00e9quent d\u2019analyses de ces milieux divers et vari\u00e9s.<br><br><strong>El\u00e9ments biographiques<\/strong> :<br>Louis Adolphe Javal est n\u00e9 le 11 juin 1873 \u00e0 Paris (16e arrondissement). Il est le fils du c\u00e9l\u00e8bre docteur Emile Javal, membre de l\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine et homme politique, et de Maria-Anna Elissen, demeurant un h\u00f4tel particulier 5 boulevard de la Tour-Maubourg. Il a deux s\u0153urs, Alice et Jeanne et aura deux enfants (Mathilde et Sabine). Ses travaux en m\u00e9decine lui font obtenir en 1904 le prix Desportes (th\u00e9rapeutique m\u00e9dicale). Il \u00e9crit dans la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, teintant ses \u00e9crits de militance. Il dit : \u00ab J\u2019\u00e9tais tellement \u00e9c\u0153ur\u00e9 de voir pratiquer ce syst\u00e8me, que je fis para\u00eetre dans la \u00ab Tribune M\u00e9dicale \u00bb du mois de septembre 1915\u2026 \u00bb (p. 75). Passionn\u00e9 d\u2019agriculture, il poss\u00e8de un ch\u00e2teau dans l\u2019Yonne, \u00e0 Vauluisant, ferme de 250 hectares dans laquelle il se rend fr\u00e9quemment pendant la Grande Guerre, parvenant m\u00eame \u00e0 se faire un temps affecter dans des formations proches pour \u00ab g\u00e9rer \u00bb le domaine. Son parcours pendant le conflit est particuli\u00e8rement divers, avant d\u2019\u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9 le 24 avril 1919. Apr\u00e8s-guerre, \u00e0 plusieurs reprises, il tente une carri\u00e8re politique, notamment s\u00e9natoriale, et \u00e9crit de nombreux articles m\u00e9dicaux et au moins deux ouvrages, le plus souvent anecdotiques, notamment sur ses relations ubuesques avec l\u2019administration (26 r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la BNF). Juive, toute la famille (sa fille Mathilde et ses deux filles) est d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Auschwitz, en 1943 et 1944. Son nom est inscrit sur un c\u00e9notaphe dans le Panth\u00e9on parmi les 197 \u00e9crivains morts pour la France dans la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<br><br><strong>Commentaire sur l\u2019ouvrage<\/strong> :<br>La guerre m\u00e9dicale d\u2019un docteur Javal plong\u00e9 dans le monde sanitaire kafka\u00efen \u00e0 la guerre m\u00eale emp\u00eacheur d\u2019embusquer en rond et journal de route d\u2019un m\u00e9decin qui tient parfois plus de l\u2019adjudant de compagnie (m\u00eame si on doit lui reconna\u00eetre en ce domaine une \u00e9vidente comp\u00e9tence). Il dit d\u2019ailleurs lui-m\u00eame pr\u00e9f\u00e9rer le r\u00f4le d\u2019administrateur (p. 168) que du praticien d\u2019ambulance de front. Aussi, son t\u00e9moignage est une \u0153uvre finalement tr\u00e8s surr\u00e9aliste mais de r\u00e9f\u00e9rence quant au parcours d\u2019un m\u00e9decin au sein de diff\u00e9rences formations (h\u00f4pitaux, ambulances, fixes ou mobiles, centres sanitaires, etc.) dans les diff\u00e9rentes phases de la Grande Guerre. Comme d\u2019autres t\u00e9moins des ambulances hippomobiles de 1914, Javal \u00e9voque un certain inemploi, voire un abandon de bless\u00e9s autour de la bataille de la Marne, notamment pendant ce qu\u2019il appelle le \u00ab circuit de la Meuse \u00bb. Il synth\u00e9tise ce sentiment : \u00ab Nous parcour\u00fbmes environ 500 kilom\u00e8tres pour fonctionner exactement quatre fois : c\u2019\u00e9tait extr\u00eamement peu pour s\u2019initier \u00e0 l\u2019art de faire la guerre \u00bb (page 45). Son ouvrage, dense et tr\u00e8s militant, fourmille, toutefois d\u2019indications sur le milieu m\u00e9dical subordonn\u00e9 au monde militaire, r\u00e9cit souvent teint\u00e9 de surr\u00e9alisme voire de truculence. <br><br>Particuli\u00e8rement critique, mais tout aussi lucide, il analyse en permanence et d\u00e9nonce \u00e0 chaque fois qu\u2019il le faut, et il ne s\u2019en prive jamais, les situations qu\u2019il vit, dans le d\u00e9tail comme dans le fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral des services qu\u2019il c\u00f4toie ou subit le plus souvent. Rest\u00e9 civil m\u00eame sous l\u2019uniforme, il ne se conformera finalement jamais \u00e0 l\u2019omnipotence parfois surr\u00e9aliste du militaire. Par-del\u00e0 son caract\u00e8re pol\u00e9mique (et proc\u00e9durier), l\u2019ouvrage fourmille d\u2019informations. Il dit : \u00ab J\u2019estime le rendement de la main d\u2019\u0153uvre militaire \u00e0 25 % au maximum de celui de la main d\u2019\u0153uvre civile \u00e0 l\u2019heure, et \u00e0 10 % de celui de la main d\u2019\u0153uvre civile \u00e0 la t\u00e2che \u00bb (p. 35). Il applique d\u2019ailleurs cette sentence peu am\u00e8ne plus loin : \u00ab Le rendement du travail d\u2019un militaire, se chiffre, chacun le sait, par un coefficient extr\u00eamement bas. Le chef est d\u00e9sarm\u00e9 pour am\u00e9liorer ce rendement, puisque le travail du militaire est, en g\u00e9n\u00e9ral, sans sanctions. Il faut truquer pour obtenir quelque chose \u00bb (page 245). Il n\u2019est parfois pas moins tendre \u00e0 l\u2019endroit des fonctionnaires : \u00ab Ce petit jeune homme de dix-huit ans avait du sang de fonctionnaire dans les veines \u00bb (p. 66). Souvent, il m\u00e2tine son r\u00e9cit d\u2019axiomes, de r\u00e9flexions psychologiques, voire philosophiques, luttant sans cesse contre la d\u00e9magogie \u00e9galement. Sur l\u2019\u00e9galitarisme, il dit : \u00ab L\u2019\u00e9galit\u00e9, appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine, produirait ce que les critiques appellent le nivellement par le bas. Au point de vue de la guerre actuelle, ce principe a caus\u00e9 des d\u00e9sastres irr\u00e9parables \u00bb (p. 94). Plus loin, il avance : \u00ab Rien ne ressemble moins en effet \u00e0 la m\u00e9decine militaire du temps de paix que la m\u00e9decine militaire du temps de guerre et, au risque de passer pour paradoxal, j\u2019ose dire que les m\u00e9decins civils de r\u00e9serve qui ne connaissent ni l\u2019une ni l\u2019autre et encore moins les r\u00e8glements, \u00e9tant exempts de tous pr\u00e9jug\u00e9s et de toute id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue, faisaient beaucoup meilleure besogne que certains m\u00e9decins de l\u2019active \u00bb (p. 96-97). Aussi, il n\u2019h\u00e9site pas cette sentence : \u00ab \u2026 l\u2019infirmerie est mon domaine : c\u2019est m\u00eame mon royaume \u00bb (p. 189) et en effet, il y fait r\u00e9gner une mani\u00e8re de despotisme \u00e9clair\u00e9, bien \u00e0 sa main, avec parfois des luttes pied \u00e0 pied contre une hi\u00e9rarchie qu\u2019il \u00e9pargne rarement. Aussi il fait de son temps militaire un combat incessant contre la hi\u00e9rarchie, les normes, le fonctionnarisme et l\u2019imp\u00e9ritie. Analyste du quotidien et des m\u0153urs, il explique la haine du gendarme : \u00ab C\u2019est par l\u2019interm\u00e9diaire de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 que se faisait souvent la liaison entre l\u2019\u00e9tat-major du C. A. et la troupe charg\u00e9e des travaux de cantonnement, ce qui explique facilement la haine farouche du gendarme qui s\u2019encra rapidement dans le c\u0153ur du poilu \u00bb (p. 135). L\u2019\u00e9tude de son r\u00e9cit permet \u00e9galement d\u2019alimenter l\u2019\u00e9tude de nombreux sympt\u00f4mes de guerre tels la simulation, le gestion de la syphilis (autre strat\u00e9gie d\u2019\u00e9vitement parfois), les contagieux, les embusqu\u00e9s, etc. Il aime \u00e0 dire \u00ab je gu\u00e9ris les simulateurs et je d\u00e9busque les embusqu\u00e9s \u00bb (page 243), sport dont il se fait le champion, notamment lors de son s\u00e9jour \u00e0 Fontainebleau. De m\u00eame quelques \u00e9pisodes cocasses, comme cet accouchement qu\u2019il g\u00e8re dans son ambulance, g\u00e9n\u00e9rant des d\u00e9bats tout militaires, sont repr\u00e9sentatifs de la dichotomie militaire\/civil. Il fustige souvent l\u2019administration idiote, par exemple appliqu\u00e9e \u00e0 la gestion des r\u00e9fugi\u00e9s, cas qu\u2019il \u00e9tudie de pr\u00e8s puisqu\u2019il en recueille, et emploie, comme des prisonniers d\u2019ailleurs, dans son ch\u00e2teau bourguignon (cf. son chapitre sur les r\u00e9fugi\u00e9s p. 150 \u00e0 158). Il \u00e9voque ce qu\u2019on peut appeler des \u00ab affaires \u00bb comme le pillage de Louppy-le-Petit, la d\u00e9bandade de Vauquois, les typhiques de Bar-le-Duc, estim\u00e9s \u00e0 3 000, l\u2019affaire de Joinville, l\u2019affaire Rabier, etc. Il reporte \u00e9galement parfois int\u00e9gralement plusieurs rapports, parfois techniques, qu\u2019il r\u00e9dige soit dans le cadre de ce qu\u2019il pense \u00eatre de bonne gestion, soit m\u00e9dicaux, soit comme comptes-rendus hi\u00e9rarchiques, dont certains sont \u00ab gratin\u00e9s \u00bb et d\u2019une spiritualit\u00e9 peu militaire. Il participe ainsi \u00e0 la statistique, y compris r\u00e9trospective (comme \u00e0 Verdun, voir p. 232), et la paperassite qu\u2019il d\u00e9nonce \u00e0 longueur d\u2019ouvrage. Il dit : \u00ab \u2026 la capacit\u00e9 du chef se mesurait au volume de paperasse envoy\u00e9 \u00e0 ses sup\u00e9rieurs \u00bb (p. 237). Il r\u00e9sume souvent sa pens\u00e9e, en forme de leitmotiv du livre : \u00ab Au d\u00e9but, en ao\u00fbt 1914, c\u2019\u00e9tait la paga\u00efe : mais en janvier 1916, c\u2019\u00e9tait encore la paga\u00efe avec une diff\u00e9rence cependant : le gaspillage d\u2019argent en plus \u00bb (p. 177). Il n\u2019est pas tendre non plus sur la classe 17, \u00ab \u00e9lev\u00e9s dans du coton \u00bb, consid\u00e9rant leur \u00ab gestion \u00bb par des auxiliaires ou des territoriaux comme grotesque ! (page 182). Bien entendu, son caract\u00e8re entier lui vaut jalousies (notamment quand il rentre hebdomadairement dans sa ferme de Vauluisant), inimiti\u00e9s, y compris politiques (voir page 93) et plaintes, qu\u2019il traite s\u00e9rieusement sans s\u2019en faire, et avec une certaine routine (voir p. 185). Il rapporte une punition elle-m\u00eame surr\u00e9aliste, \u00e0 la suite de son long chapitre sur sa \u00ab question noire \u00bb, celle de la \u00ab temp\u00e9rature anale \u00bb constituant \u00ab une grossi\u00e8re inconvenance \u00bb (p. 288). Mais en grande partie, l\u2019ouvrage, qui se veut caustique, ne manque pas de finesse d\u2019analyse et est \u00e9crit avec un savoureux second degr\u00e9. Par exemple, pages 189-190, il dresse une liste des maladies qu\u2019il consid\u00e8re comme \u00ab contagieuses \u00bb : pigritia (paresse), claudication, colique, r\u00e9formite, auxiliarite (vap 319) ! Il reporte quelques \u00ab m\u00e9thodes \u00bb, parfois \u00ab fermes \u00bb, pour lutter contre les simulateurs et les maladies arrangeantes pour les tire-au-flanc, ce qu\u2019il appelle les \u00ab attitudes vicieuses \u00bb (il cite les coxalgies, les ankyloses ou les adh\u00e9rences par exemple (p.197)). Son livre abonde ainsi en personnages cocasses, surr\u00e9alistes, qui t\u00e9moignent d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 entre \u00e9vitement du front et d\u00e9viance comportementale qui touchent souvent \u00e0 la psychiatrie, formant un tableau g\u00e9n\u00e9ral de soldats bien loin de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme patriotard lisible par ailleurs. Il en d\u00e9busque souvent et partout, parfois dans l\u2019auxiliaire m\u00eame, osant cette sentence : \u00ab tous ces d\u00e9chets humains qui ont encombr\u00e9 les d\u00e9p\u00f4ts et les formations sanitaires, n\u2019ont produit aucun travail utile et ont co\u00fbt\u00e9 tr\u00e8s cher \u00bb (p. 204-205). Plus loin, il dit m\u00eame : \u00ab Le d\u00e9p\u00f4t fut l\u2019\u00e9cole de la paresse \u00bb (p. 226). Pourtant il doit souvent faire des choix qui lui posent cas de conscience. Il dit : \u00ab Peut-on concevoir au monde quelque chose de plus injuste que la s\u00e9lection qu\u2019un m\u00e9decin doit faire entre les hommes qui auront le devoir de faire la guerre et ceux qui auront le droit de ne pas la faire ? \u00bb (p. 205). Plus loin, il dit : \u00ab Que les chiffres soient exacts ou faux, utilisables ou non, peu importe ; il y en aura des millions. La m\u00e9decine militaire est bien plus occup\u00e9e \u00e0 compter les malades qu\u2019\u00e0 les soigner. Personne ne s\u2019occupe d\u2019ailleurs de savoir si la circulaire est ex\u00e9cutable, si les infirmiers ou les thermom\u00e8tres sont en nombre suffisant. L\u2019ordre est formel : il faut des chiffres \u00bb (p. 221 et aussi 316). De forte personnalit\u00e9, il go\u00fbte peu les gens du midi\u2026 et les cur\u00e9s et les religieuses, qui transforment son ambulance en \u00ab s\u00e9minaire \u00bb et pratiquant des conversions plus ou moins forc\u00e9es (p. 241 et suivantes) ! Il n\u2019aime pas beaucoup plus la hi\u00e9rarchie, et ass\u00e8ne : \u00ab \u2026 la pl\u00e9thore des chefs superpos\u00e9s ne sert qu\u2019\u00e0 d\u00e9faire par l\u2019un ce que l\u2019autre \u00e0 fait \u00bb (p. 245). Il a \u00e9galement une analyse singuli\u00e8re de la question noire, qu\u2019il expose dans le chapitre \u00ab le tutu des n\u00e8gres \u00bb (page 284). L\u2019armistice sign\u00e9, qu\u2019il vit \u00e0 Coulommiers, l\u2019ambiance est particuli\u00e8re. Javal fait une analyse \u00e9galement singuli\u00e8re de son environnement ; il dit par exemple, sur le traitement f\u00e9minin des rapatri\u00e9s : \u00ab Les dames infirmi\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas contentes de le nouvelle orientation que prenait mon \u00e9tablissements. Elles voulaient des bless\u00e9s : elles avaient soif de sang. A la rigueur, elles auraient accept\u00e9 des malades, mais laver, \u00e9pouiller et nourrir ces rapatri\u00e9s ne leur allait pas\u2026 \u00bb (p. 300). Ses analyses, permanentes, classent cet ouvrage tant dans le domaine du t\u00e9moignage que dans celui de la r\u00e9flexion analytique d\u00e9taill\u00e9e sur la Grande Guerre sanitaire.<br><br>Son parcours est tr\u00e8s diversifi\u00e9 ; le 24 avril 1918, il \u00e9crit : \u00ab n\u00e9 en 1873 et ramen\u00e9 \u00e0 la classe 1891 par mes deux enfants, j\u2019ai fait deux ans et demi de front \u00bb. Le reprendre en totalit\u00e9 est fastidieux ; il est ballott\u00e9 d\u2019abord dans l\u2019ambulance 5 puis se trouve \u00e0 Bar-le-Duc le 16 juillet 1916. Le 18 mars 1917, il est nomm\u00e9 m\u00e9decin-chef de l\u2019ambulance 4\/37. Le 1er janvier 1918, il est nomm\u00e9 (par le ministre) m\u00e9decin-chef de service de groupement des centres (centre de r\u00e9entra\u00eenement d\u2019Estissac et de Cravant), centre de r\u00e9\u00e9ducation physique de Pithiviers) de la 5e r\u00e9gion. Il monte une station-magasin \u00e0 Montereau le 23 avril 1918 (\u00ab avec 600 hommes \u00e0 soigner : 200 vieux territoriaux et 400 n\u00e8gres qu\u2019on avait fait venir du Maroc et qu\u2019on payait 7 fr. 50 par jour \u00bb) (il y revient p. 238 et 289 zone d\u2019\u00e9tape), puis c\u2019est l\u2019h\u00f4pital d\u2019\u00e9vacuation de Vasseny, entre Reims et Soissons (2 ao\u00fbt 1917), au camp d\u2019Estissac (2 octobre 1917), \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Sens (11 f\u00e9vrier 1918), \u00e0 l\u2019h\u00f4pital mixte d\u2019Orl\u00e9ans (29 ao\u00fbt 1918), \u00e0 l\u2019h\u00f4pital 92 de Coulommiers, le 5 novembre 1918 par exemple. Apr\u00e8s l\u2019Armistice, arriv\u00e9 \u00e0 Paris (7 d\u00e9cembre 1918), \u00e0 la direction du service de sant\u00e9 du gouvernement militaire qui si\u00e9geait au lyc\u00e9e Buffon, et avant sa d\u00e9mobilisation le 24 avril 1919, il est un temps affect\u00e9 au Val-de-Gr\u00e2ce (mais dans les affres de la guerre tout juste finie, ne semble pas y avoir exerc\u00e9). Le fourmillement de ses affectations a certainement \u00e0 voir avec son comportement personnel comme ses pratiques professionnelles. Il conviendrait de rependre pr\u00e9cis\u00e9ment le d\u00e9roul\u00e9 de l\u2019ouvrage pour en retracer le parcours complet dat\u00e9 et localis\u00e9.<br><br>Les annexes report\u00e9es sont int\u00e9ressantes, surtout la 2\u00e8me, intitul\u00e9e \u00ab La Paperassite \u00bb, sous-titr\u00e9e (\u00e9tude bact\u00e9riologique, clinique et exp\u00e9rimentale), avec comme chapitrage I. Etude bact\u00e9riologique, II. Formes cliniques, III. Marche &#8211; Dur\u00e9e &#8211; Terminaison. IV. Complications. V. Traitement (p. 309 \u00e0 318). L\u2019ouvrage est enrichi d\u2019un index des noms cit\u00e9s.<br><br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l\u2019ouvrage<\/strong> :<br>Page 16 : 16 ambulances de Corps d\u2019Arm\u00e9e, 96 m\u00e9decins<br>24 : Composition de la colonne<br>62 : G\u00e9n\u00e9ral Micheler assassinant un soldat car il avait perdu son fusil<br>64 : Autobus touristique Cook pour visiter Paris<br> : Chiffres des malades (dysent\u00e9riques, typhiques, gelures) et bless\u00e9s fin septembre 1914<br>66 : Comment il cr\u00e9e la gare sanitaire de Clermont-en-Argonne<br>70 : Sur la vaccination antitypho\u00efdique<br>77 : Chambre de sulfuration pour l\u2019\u00e9pouillage<br>79 : Notice d\u2019utilisation des douches<br>85 : Cr\u00e9e un magasin d\u2019occasion distribuant des effets donn\u00e9s apr\u00e8s d\u00e9sarmement des hommes abandonnant leurs v\u00eatements et par les apports des gendarmes (vap 87 les 1 500 fusils qu\u2019il \u00ab recycle \u00bb)<br>100 : \u00ab D\u00e9bandade de Vauquois \u00bb, n\u00e9gociation avec les docteurs, menaces du commandement<br>103 : Cas de conseils de guerre<br>106 : Pieds gel\u00e9s : \u00ab malades ou bless\u00e9s \u00bb ? (vap 227, statistiques, 235, nombre)<br>109 : Vue des Garibaldiens, qui ils sont, but<br>123 : Douche froide contre les simulations (vap 128 sur ce sujet)<br>129 : G\u00e8re un accouchement, pol\u00e9mique tout militaire<br>136 : Sur les gendarmes pendus \u00e0 Verdun<br>142 : Salvarsan contre la syphilis<br>154 : Gabegie de l\u2019allocation aux chevaux de r\u00e9fugi\u00e9s<br>164 : Sur les typhiques de Bar-le-Duc<br>170 : Il couche dans la maison de Poincar\u00e9 \u00e0 Sampigny<br>172 : Chiffres sur la consommation de liquide (caf\u00e9, th\u00e9, vin) des troupiers du centre de Cond\u00e9<br>173 : Chiffres de l\u2019argent touch\u00e9 par hommes par mandats et bons de poste<br>178 : R\u00e9dige un billet d\u2019h\u00f4pital qu\u2019il consid\u00e8re comme efficace, aucun succ\u00e8s<br>180 : Sur la permission de 24 heures <br>182 : Comment il traite la classe 17 \u00ab \u00e9lev\u00e9s dans du coton \u00bb ! (vap 189 sur les visites m\u00e9dicales, 220, 222 : \u00ab Les bleus de la classe 17 ont acquis, pendant leur s\u00e9jour au d\u00e9p\u00f4t, un entra\u00eenement magnifique \u00e0 d\u00e9filer tout nus devant leur m\u00e9decin : ils me paraissent aptes \u00e0 partir maintenant pour les camps d\u2019instruction militaire \u00bb)<br>182 : Chasse aux embusqu\u00e9s<br>195 : F\u00e9vrier 1916, entr\u00e9e des femmes de service embauch\u00e9es dans les casernes<br>199 : Scandale de l\u2019avancement des embusqu\u00e9s<br>200 : Rep\u00e8re sur les pansements pour \u00e9viter qu\u2019ils ne soient d\u00e9faits<br>206 : H\u00f4pital du Tibre \u00e0 Fontainebleau pour les malades mentaux<br>207 : \u00ab Ne jamais r\u00e9soudre une difficult\u00e9, mais la repasser au voisin \u00bb<br>208 : Sur l\u2019h\u00e9ro\u00efsme : \u00ab Des centaines de mille hommes n\u2019ont pas fait autre chose, pendant la guerre, que le circuit des formations sanitaires, parce que l\u2019administration du service de sant\u00e9, c\u2019\u00e9tait la paga\u00efe, du commencement jusqu\u2019\u00e0 la fin. Et ce sont ceux-l\u00e0 qui crieront le plus fort apr\u00e8s la guerre, qui porteront les chevrons, d\u00e9banderont des d\u00e9corations et des pensions. Les costauds sont morts et seront vite oubli\u00e9s \u00bb<br>214 : Pansement Leclerc<br>215 : Registres et paperasserie (vap 237, 238, 305, 313, qualifi\u00e9 de \u00ab torchecul \u00bb)<br>216 : Orl\u00e9ans, h\u00f4pital Chataux pour les contagieux<br> : Probl\u00e8me administratif d\u2019un homme ayant deux maladies contagieuses !<br>217 : Manques de m\u00e9dicaments, diff\u00e9rences entre deux \u00e9tablissements (\u00ab affaire \u00bb des m\u00e9decins du fort Saint-Bris)<br>226 : \u00ab Le r\u00e8glement, c\u2019est comme l\u2019argent, il y en a de deux esp\u00e8ces : le sien et celui des autres \u00bb<br> : Sur l\u2019apr\u00e8s-guerre : \u00ab Avoir fait la guerre, la vraie guerre, avoir eu l\u2019ind\u00e9pendance, la camaraderie et les initiatives du front, puis, tout \u00e0 coup, retrouver les brimades de l\u2019int\u00e9rieur, les r\u00e8glements de la vie de caserne, non, ce n\u2019\u00e9tait pas supportable \u00bb<br>232 : Ecrit cagnia pour cagna<br>242 : Antimidi, car \u00ab l\u2019ambulance 4\/37 \u00e9tait une ambulance de m\u00e9ridionaux. On y parlait beaucoup mais on agissait peu \u00bb<br> : Cur\u00e9s syndiqu\u00e9s <br>251 : 65 m\u00e9decins sans malades ni bless\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019\u00e9vacuation de Vasseny<br>257 : Description du camp d\u2019Estissac<br>258 : Diff\u00e9rence entre infirmerie (maladies l\u00e9g\u00e8res) et h\u00f4pital <br>261 : 100 litres d\u2019essence par mois pour son infirmier-chauffeur d\u2019ambulance (vap 283, crise)<br>263 : Moniteurs pompiers<br>277 : Voit des n\u00e8gres du Maroc, fain\u00e9ants, n\u00e9s paresseux<br>280 : Permission agricole<br>284 : Grippe espagnole<br> : Noirs refusant la temp\u00e9rature rectale (vap 285 pol\u00e9mique, et 292, conf\u00e9rence) et ramadan<br> : Soviet des n\u00e8gres<br>285 : R\u00f4le de l\u2019inspecteur de la main d\u2019\u0153uvre <br>291 : Il dit, apr\u00e8s une sanction : \u00ab il est sans exemple que, dans un rapport militaire, un chat soit appel\u00e9 un chat \u00bb ! <br>297 : D\u00e9sordre gai, d\u00fb \u00e0 la victoire proche, \u00e0 Coulommiers le 5 novembre 1918<br> : H\u00f4pital de Coulommiers<br>298 : Traitement des prisonniers allemands et utilisation civile de la troupe<br> : Paye des permissionnaires<br> : 7 signatures pour un sortant<br>299 : Armistice et ambiance : \u00ab Ces hommes avaient fait la guerre pendant si longtemps ! La guerre finie, on ne pouvait plus les tenir dans une caserne \u00bb<br>300 : \u00ab Ce n\u2019\u00e9tait plus l\u2019h\u00f4pital, ce fut l\u2019auberge \u00bb et retour des prisonniers<br>302 : Perte de client\u00e8le par les m\u00e9decins<br> : 17 00 m\u00e9decins mobilis\u00e9s<br>320 : Centres de r\u00e9entrainement et de r\u00e9\u00e9ducation et m\u00e9thode de Joinville (circulaire minist\u00e9rielle du 12 d\u00e9cembre 1917) et chiffres<br><br><em>Yann Prouillet<\/em>, <em>janvier 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Javal, Adolphe, La grande paga\u00efe, Deno\u00ebl, 1937, 329 p. R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :La feuille de route de sa mobilisation affecte le docteur Adolphe Javal \u00e0 l\u2019ambulance n\u00b05 du 5e corps d\u2019arm\u00e9e, qu\u2019il rejoint \u00e0 Fontainebleau avec 24 heures d\u2019avance, avant m\u00eame la d\u00e9claration de guerre. 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