{"id":5050,"date":"2026-02-04T17:40:49","date_gmt":"2026-02-04T16:40:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5050"},"modified":"2026-02-15T18:41:38","modified_gmt":"2026-02-15T17:41:38","slug":"maillet-andre-1889-1968","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/02\/04\/maillet-andre-1889-1968\/","title":{"rendered":"Maillet, Andr\u00e9 (1889-1968)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Maillet, Andr\u00e9, <em>Sous le fouet du destin. 1915-1916<\/em>, Paris, Bernard Giovanangeli, 2008, 157 p.<br><br><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<\/strong><br>Le jurassien et intellectuel Andr\u00e9 Maillet est soldat au 23e RI de Bourg-en-Bresse, qui tient La Fontenelle, dans les Vosges, \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 1915. Son r\u00e9giment est alors appel\u00e9 \u00e0 renforcer le 15-2 qui doit attaquer sur le Hartmannswillerkopf le 21. Racontant par \u00e9tapes ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une mont\u00e9e au Golgotha, il relate cinq jours \u00e9piques et sanglants dans les \u00ab <em>R\u00e9gions infernales<\/em> \u00bb dont il \u00e9chappe, bless\u00e9, les pieds gel\u00e9s, sauv\u00e9 par miracle par des brancardiers.<br><br><strong>El\u00e9ments biographiques : <\/strong><br>Andr\u00e9 Maillet est n\u00e9 le 30 novembre 1889 \u00e0 Le Vaudioux, canton de Champagnolle, dans le Jura, d\u2019un p\u00e8re scieur. Volontiers po\u00e8te, il est instituteur \u00e0 son recrutement et professeur au coll\u00e8ge de Nantua \u00e0 la d\u00e9claration de guerre. Il dit : \u00ab Je voulais former des jeunes gens, mes \u00e9l\u00e8ves, pour la lutte qui les attendaient\u2026 \u00bb (p. 46). Bernard Giovanangeli, qui introduit cette r\u00e9\u00e9dition, \u00e9voque le cercle intellectuel dans lequel, jeune, il \u00e9volue avant la guerre, \u00e9crivant po\u00e8mes et \u00ab pi\u00e8ces de sa composition \u00bb. Il publie chez Jouve en 1918 un premier livre de po\u00e8mes, \u00e9crits avant la guerre (1909-1912), sous le titre L&rsquo;Angoisse \u00e9ternelle, puis chez Perrin en 1919 Sous le fouet du destin. D\u2019autres livres suivent, dont le dernier para\u00eet en 1965. Son parcours militaire est t\u00e9nu, tr\u00e8s vraisemblablement du fait de sa faible constitution. Il est d\u2019abord r\u00e9form\u00e9 pour \u00ab faiblesse g\u00e9n\u00e9rale et imminence \u00bb le 26 octobre 1911, puis reconnu apte au service arm\u00e9 par le Conseil de R\u00e9vision de Nantua le 26 novembre 1914. Il est d\u2019abord incorpor\u00e9 au 60e RI \u00e0 compter du 16 f\u00e9vrier 1915, puis passe au 23e RI le 14 ao\u00fbt suivant. [Il n\u2019a donc pas particip\u00e9 aux combats sur La Fontenelle de juin et juillet, particuli\u00e8rement \u00e2pres pour son r\u00e9giment]. La gelure de ses pieds \u00e0 la fin de la bataille du HWK entra\u00eene une inaptitude temporaire d\u2019un mois, avant qu\u2019il soit class\u00e9 au service auxiliaire le 27 novembre 1916 pour \u00ab amaigrissement et dyspepsie \u00bb. Il est finalement reconnu d\u00e9finitivement inapte \u00e0 faire campagne pour faiblesse g\u00e9n\u00e9rale, gastro-ent\u00e9rite, an\u00e9mie et amaigrissement par la commission de r\u00e9forme de D\u00f4le du 26 novembre 1917. Il ne retournera finalement jamais au front et sera d\u00e9mobilis\u00e9 le 10 mai 1919. Jean Norton Cru, qui lui consacre une longue notice analytique dans T\u00e9moins (p. 363 \u00e0 366), indique qu\u2019il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 en 1919 et qu\u2019il exerce les m\u00e9tiers de professeur au lyc\u00e9e d\u2019Alais (aujourd\u2019hui Al\u00e8s) puis inspecteur primaire \u00e0 Montceau-les-Mines. Il est \u00e9galement recens\u00e9 \u00e0 Aurillac et N\u00eemes (1921) ou Villefranche (1933). Andr\u00e9 Maillet meurt le 16 avril 1968 \u00e0 Lyon. <br><br><strong>Commentaires sur l&rsquo;ouvrage : <\/strong><br>Licenci\u00e9 en philosophie, sa formation litt\u00e9raire transpire \u00e0 chaque ligne de son impressionnant t\u00e9moignage uniquement vosgien, sombre et tr\u00e8s intellectualis\u00e9, qu\u2019il circonscrit \u00e0 l\u2019attaque du HWK le 21 d\u00e9cembre 1915. Lancinant d\u2019abord, \u00e0 partir du moment o\u00f9 il apprend que le r\u00e9giment doit quitter La Fontenelle pour aider \u00e0 l\u2019attaque de la \u00ab <em>Mangeuse d\u2019hommes<\/em> \u00bb avec le 15-2, r\u00e9giment vosgien qui l\u2019occupe, Maillet multiplie les r\u00e9f\u00e9rences bibliques, \u00e9voquant alors une longue mont\u00e9e au Calvaire. Puis l\u2019ouvrage tourne au terrible et horrifique l\u2019apocalypse d\u00e9clench\u00e9. On sent la formation classique rien qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de son chapitrage, en forme de d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en 15 tableaux empruntant au registre dramatique : <br>Premier tableau \u2013 Le sort en est jet\u00e9 : La m\u00e9ditation du factionnaire &#8211; Dans la grange du corps de garde &#8211; La proclamation aux guerriers<br>Deuxi\u00e8me tableau \u2013 Sous le fouet du festin : La travers\u00e9e de l\u2019oasis &#8211; Le r\u00eave des guerriers &#8211; Vers l\u2019Alsace &#8211; L\u2019\u00e9tape &#8211; L\u2019ascension du Golgotha<br>Troisi\u00e8me tableau \u2013 Les r\u00e9gions infernales : L\u2019assaut &#8211; Le tir de barrage &#8211; En patrouille &#8211; En contre-attaque &#8211; En attendant la mort &#8211; La f\u00eate des damn\u00e9s &#8211; Des profondeurs de l\u2019ab\u00eeme.<br><br>Peu des camarades qu\u2019il cite et c\u00f4toie survivent \u00e0 la boucherie dans un style dramatique impressionnant dont il ne se fait aucune illusion sur l\u2019issue, s\u2019abandonnant \u00e0 l\u2019id\u00e9e de la mort : \u00ab C\u2019est vrai\u2026 je me r\u00e9signe. La mort n\u2019est pour moi ni un ch\u00e2timent, ni une promesse \u00bb (p. 119). Tr\u00e8s t\u00f4t dans l\u2019ouvrage, il \u00e9voque en effet la certitude de sa mort prochaine, comme de celle des autres d\u2019ailleurs ! Il dit \u00ab Celui-l\u00e0 ne reviendra pas \u00bb ! \u00bb (p. 43) et plus loin \u00ab Lesquels laisseront sur la terre encore inconnue leur d\u00e9pouille aujourd\u2019hui fr\u00e9missante ? \u00bb (p. 44). Il se r\u00e9volte \u00e0 l\u2019id\u00e9e de sa propre mort sacrificielle mais dit qu\u2019elle ne l\u2019effraie pas : \u00ab J\u2019ai pass\u00e9 de trop longues nuits de m\u00e9ditation avec les sages et les po\u00e8tes, mes amis, pour craindre son coup d\u00e9finitif et brutal \u00bb (p. 44). Et plus loin : \u00ab \u2026 je regarde ce sang, et je cherche les \u00e2mes de ceux qui ne sont plus \u00bb (page 80). Oscillant entre mythologie et christianisme, il avance un parall\u00e8le christique : \u00ab Et je comprends le bonheur divin du Christ, agonisant sur le promontoire tragique du Golgotha, pour d\u00e9livrer le monde \u00bb (p. 74).<br>Il incarne quelque peu aussi le Hartmannswillerkopf, parlant du \u00ab r\u00e2le immense de la montagne \u00bb (p. 90). <br>Patriote, le passage de la fronti\u00e8re (au col de Bussang) r\u00e9v\u00e8le sa souffrance traumatique de 1871 : \u00ab Voici enfin la r\u00e9alisation du r\u00eave de mon enfance \u00bb (page 51) alors qu\u2019il participe \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la province perdue. Ayant pourtant une vision tr\u00e8s po\u00e9tique des allemands, il en affirme aussi une haine certaine, marquant l\u2019opposition irr\u00e9conciliable des deux races. Il affirme que \u00ab la vie nationale est sup\u00e9rieure \u00e0 la vie individuelle \u00bb (p. 117). <br>Comme Eug\u00e8ne Lemercier, dont le statut intellectuel et la psychologie sont similaires, Andr\u00e9 Maillet a une haute opinion de sa classe, tendant parfois \u00e0 la condescendance. Il dit, \u00e0 la vue de territoriaux transform\u00e9s en cantonniers : \u00ab Ils se rel\u00e8vent, lourdement, bris\u00e9s, \u00e0 notre passage, et, de l\u2019air placide et calme des ruminants, nous regardent d\u00e9filer \u00bb (p. 56). Plus, il avance : \u00ab Le penseur a m\u00eame ici moins de valeur que le rustique, car il r\u00e9fl\u00e9chit trop, il raisonne trop, et une machine \u00e0 tuer ne doit pas penser \u00bb (p. 76).<br>Il int\u00e9riorise en permanence son \u00ab exp\u00e9rience \u00bb de combattant et cherche \u00e0 analyser, dans un m\u00e9lange d\u2019utopie et de pacifisme, les sentiments et les rouages qui le poussent \u00e0 agir contre sa volont\u00e9. Il dit : \u00ab Quelle est donc la force qui nous pousse \u00e0 la mort ? Quelle est donc la force qui nous attire aux enfers ? Quel nom donner \u00e0 la myst\u00e9rieuse puissance des T\u00e9n\u00e8bres qui nous conduit au sacrifice ? \u00bb, l\u2019expliquant, r\u00e9aliste, par le simple consentement (p. 70), ajoutant plus loin : \u00ab L\u2019aiguillon de la n\u00e9cessit\u00e9 fait des prodiges \u00bb (p. 87). Aussi, il se r\u00e9volte en vain contre l\u2019obligation d\u2019\u00f4ter la vie : \u00ab Tuer des hommes ! quelle horreur ! Est-ce possible ? Tout ce que j\u2019ai d\u2019humain se dresse contre ces crimes \u00bb (p. 93). Et il appr\u00e9hende ce moment : \u00ab \u2026 Je redoute l\u2019instant o\u00f9 je devrai tuer. Et pourtant, je sens, je sais que, au premier signal je l\u00e2cherai mon coup de feu, et que ma balle portera juste, terriblement meurtri\u00e8re\u2026 Je le sais. Je sais que je tuerai parce qu\u2019il y va de la s\u00e9curit\u00e9 de mes camarades qui comptent sur moi, parce qu\u2019il y va de leur vie\u2026. Je tuerai parce que j\u2019y suis oblig\u00e9, parce que c\u2019est le devoir ! \u00bb (p.111). Pour la libert\u00e9, il accepte et justifie alors la notion de meurtre : \u00ab C\u2019est pour la d\u00e9fendre et la conserver que nous avons accept\u00e9 ces meurtres et ces tueries que nous n\u2019avons, en particulier, pas voulus \u00bb (p. 118). Il revient plus loin sur ce terme : \u00ab Notre tuerie se passe en champ clos. Nous sommes seuls admis \u00e0 franchir le seuil des r\u00e9gions infernales \u00bb. Et il se confie alors sur l\u2019indicible horreur, comme celle, la guerre suivante, des camps de la Shoah, que l\u2019on ne croira pas : \u00ab Quand tu narreras tes aventures, on ne te croira pas. On sourira avec une l\u00e9g\u00e8re pointe de piti\u00e9 condescendante en pensant : \u00ab Il chevauche son dada \u00bb (p. 141), s\u2019interrogeant page suivante sur la difficult\u00e9 de trouver les mots, voire d\u2019autres vecteurs, convoquant ainsi musiciens, peintres ou po\u00e8tes du futur, pour \u00e9voquer la r\u00e9alit\u00e9 de la sauvagerie \u00e0 laquelle les poilus ont surv\u00e9cu. Ainsi \u00ab Seuls devraient avoir le droit d\u2019en causer ceux qui l\u2019ont v\u00e9cue, ceux qui ont souffert \u00bb (p. 143). Et sa conclusion est formelle : \u00ab Si les hommes connaissaient toutes ces tortures, s\u2019ils pouvaient souffrir tous, par la pens\u00e9e, ce que nous avons r\u00e9ellement souffert, c\u2019en serait \u00e0 jamais fait des guerres \u00bb (p. 142). H\u00e9las, il n\u2019est pas optimiste sur l\u2019oubli pr\u00e9visible des g\u00e9n\u00e9rations futures et sur la certitude formelle et d\u00e9sabus\u00e9e que \u00ab La guerre ne dispara\u00eetra qu\u2019avec le dernier soupir du dernier des mourants \u00bb (p. 144).<br>Le t\u00e9moignage de Maillet, soldat du 23e RI, qui n\u2019est sur le Hartmannswillerkopf qu\u2019en renfort temporaire pour l\u2019attaque du 21 d\u00e9cembre 1915, est \u00e0 rapprocher de celui d\u2019Auguste Chapatte (Souvenirs d\u2019un poilu du 15-2), qu\u2019il pourrait m\u00eame avoir vu lors de sa blessure de ce dernier, voyant, p.86, \u00ab les bombardiers se glissent vers les fortins, en les attaquant \u00e0 la grenade ; font sauter les derniers centres de r\u00e9sistance et les derniers repaires de mitrailleuses \u00bb ; m\u00eame lieu, m\u00eame temporalit\u00e9 mais unit\u00e9s diff\u00e9rentes, sans que l\u2019un cite l\u2019autre et r\u00e9ciproquement le r\u00e9giment fr\u00e8re de circonstance d\u2019ailleurs ! <br>Au sortir de la bataille, apr\u00e8s son r\u00e9cit \u00e9pique et impressionnant, Andr\u00e9 Maillet dresse un bilan surr\u00e9aliste et tr\u00e8s lucide : \u00ab Je n\u2019ai plus que mon fusil\u2026 J\u2019ai perdu mes musettes, mon masque \u00e0 gaz, ma couverture, ma toile de tente, ma pelle-b\u00eache, mes gu\u00eatres, mon masque et ma cravate\u2026 Je n\u2019ai plus rien. J\u2019ai perdu toutes mes forces et ma sant\u00e9. Je ne suis plus qu\u2019une loque, qu\u2019une \u00e9pave exsangue, qu\u2019un squelette, qui se traine m\u00fb par ce qui me reste de puissance de volont\u00e9. J\u2019ai laiss\u00e9 l\u00e0-bas tout ce que j\u2019avais encore de possibilit\u00e9s de bonheur, tout ce que nourrissaient d\u2019espoirs mon c\u0153ur et mon cerveau. (\u2026) Je ne suis plus un homme \u00bb (p. 136). Et quand m\u00eame les survivants retrouvent leur sac, celui-ci a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9 pendant leur absence au c\u0153ur de la bataille ! (p. 137). <br><br>Au final, l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage est ainsi celui d\u2019un intellectuel id\u00e9aliste et fataliste mais r\u00e9sign\u00e9 \u00e0 donner sa vie \u00e0 la France. L\u2019ouvrage est tr\u00e8s riche psychologiquement et assez pauvre quant \u00e0 certaines pr\u00e9cisions (toponymes, souvent oubli\u00e9s, dates ou unit\u00e9s ; il ne cite par exemple jamais le 15-2 alors que son r\u00e9giment, pr\u00e9lev\u00e9 de La Fontenelle, \u00e0 80 kilom\u00e8tres au nord, soutient l\u2019attaque principale par cette unit\u00e9), circonscrivant le t\u00e9moignage \u00e0 une seule p\u00e9riode comprise entre la mi-d\u00e9cembre 1915 et le 1er janvier 1916. Maillet apporte ainsi \u00e0 la litt\u00e9rature de guerre un r\u00e9cit intellectualis\u00e9 plus qu\u2019un t\u00e9moignage \u00ab technique \u00bb, voire journalistique, de soldat. <br><br><strong>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage <\/strong>:<br>Page 48 : Vue de Bussang<br>56 : Surnomme le front \u00ab le toboggan \u00bb<br>57 : Sentiments anti-alsaciens, pris pour des espions<br>60 : D\u00e9fil\u00e9 du r\u00e9giment \u00e0 Saint-Amarin, \u00ab pour l\u2019image \u00bb, puis effondrement dans l\u2019\u00e9puisement !<br>64 : Ach\u00e8te une carte d\u2019\u00e9tat-major pour suivre ses d\u00e9placements<br>66 : Homme faisant son testament avant l\u2019attaque, et toilette de condamn\u00e9s \u00e0 mort<br>83 : Pancarte allemande demandant quand aura lieu l\u2019attaque fran\u00e7aise !<br>89 : Per\u00e7oit un couteau de tranch\u00e9e (qui lui servira \u00e0 creuser son trou sur le champ de bataille, qu\u2019il appellera sa tombe)<br>90 : Prisonniers allemands envi\u00e9s car ils quittent le champ de mort<br>99 : \u00ab \u2026 le principal effet du bombardement est de nous endormir \u00bb<br>110 : D\u00e9cide de ne plus faire de prisonniers<br>126 : Bruit des \u00e9clats d\u2019obus : \u00ab grand bruit d\u2019\u00e9toffes froiss\u00e9es et de r\u00e2les d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s \u00bb<br>131 : Veut bombarder Mulhouse insolemment \u00e9clair\u00e9e<br>132 : Aide des brancardiers allemands \u00e0 franchir une tranch\u00e9e, tu\u00e9s juste apr\u00e8s<br>136 : Ferme les yeux pour ne pas voir la montagne devenue cimeti\u00e8re \u00e0 ciel ouvert<br>141 : Sur les lettres : \u00ab Les lettres sont douces. On nous parle comme si nous \u00e9tions encore du monde des humains\u2026 \u00bb<br><br><em>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2026<br><br><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maillet, Andr\u00e9, Sous le fouet du destin. 1915-1916, Paris, Bernard Giovanangeli, 2008, 157 p. R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :Le jurassien et intellectuel Andr\u00e9 Maillet est soldat au 23e RI de Bourg-en-Bresse, qui tient La Fontenelle, dans les Vosges, \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 1915. 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