{"id":5092,"date":"2026-02-15T18:56:38","date_gmt":"2026-02-15T17:56:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5092"},"modified":"2026-02-15T18:56:38","modified_gmt":"2026-02-15T17:56:38","slug":"arrouy-eloi-1895-1968","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/02\/15\/arrouy-eloi-1895-1968\/","title":{"rendered":"Arrouy, \u00c9loi (1895 \u2013 1968)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Journal de guerre 1914 \u2013 1918<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Miqu\u00e8l Ruquet<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c9loi Arrouy est n\u00e9 dans une famille d\u2019agriculteurs \u00e0 Fr\u00e9ch\u00e8de (Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es). Classe 15, il est incorpor\u00e9 en d\u00e9cembre 1914 puis vers\u00e9 au 401<sup>e<\/sup> RI. Il arrive au front en septembre 1915, et combat, essentiellement en Champagne, \u00e0 Verdun, au Chemin des Dames, en Flandre avec les Anglais \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1917, puis pour contrer les offensives allemandes de 1918&nbsp;: Somme (mars), Flandre (avril), puis dans l\u2019Aisne et la Marne (mai 1918)&nbsp;; il participe enfin aux combats de reconqu\u00eate de la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 1918. Apr\u00e8s la guerre, il est ajusteur aux usines Hispano-Suiza de S\u00e9m\u00e9ac (Tarbes).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Miqu\u00e8l Ruquet a publi\u00e9 le <em>\u00ab&nbsp;Journal de guerre d\u2019\u00c9loi Arrouy&nbsp;1914 \u2013 1918 <\/em>\u00bb en 2016 aux \u00c9ditions Trabucaire (201 pages). C\u2019est lors d\u2019une conf\u00e9rence en Cerdagne sur les insoumis de la Grande Guerre qu\u2019une famille lui a fait conna\u00eetre ce document. Le transcripteur n\u2019a modifi\u00e9 que l\u2019orthographe, tout en cherchant \u00e0 garder le plus possible le style du t\u00e9moin. Il a accompagn\u00e9 le texte original de t\u00eates de chapitres pour contextualiser les combats, avec des extraits du J.M.O. du 401<sup>e<\/sup> RI. \u00c9loi Arrouy a quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole \u00e0 douze ans, mais il a le go\u00fbt de l\u2019\u00e9criture&nbsp;; au front, le jeune soldat tient un journal qu\u2019il r\u00e9dige en cachette, seuls quelques camarades sont au courant. Il a retranscrit les carnets une premi\u00e8re fois, puis a r\u00e9alis\u00e9 une nouvelle version \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 peu pr\u00e8s lisible<\/em>&nbsp;\u00bb une fois arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la retraite. Sa fille Gabrielle signale en pr\u00e9face qu\u2019il \u00e9voquait tr\u00e8s souvent sa guerre, en famille ou avec des amis.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Champagne 1915, Alsace et Verdun 1916<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c9loi Arrouy d\u00e9couvre le front au milieu de l\u2019offensive de Champagne (29-30 septembre 1915), mais sans effectuer d\u2019attaque. Il est ensuite positionn\u00e9 en Alsace, o\u00f9 il devient ordonnance de son lieutenant. Il l\u2019accompagne \u00e0 un cours de grenadiers, et fait \u00e0 cette occasion des conqu\u00eates f\u00e9minines. Il rejoint la bataille de Verdun assez tard, et s\u2019estime favoris\u00e9&nbsp;comme ordonnance: <em>\u00abj\u2019ai coup\u00e9 \u00e0 beaucoup de travaux et de corv\u00e9es, la planque sert toujours.<\/em>\u00bb Il refuse de monter en renfort avec la 11<sup>e<\/sup> cie (p. 49) \u00ab&nbsp;<em>je n\u2019y connais personne, c\u2019est tout des gars du nord&nbsp;\u00bb<\/em> et rejoint la 6<sup>e<\/sup>, vers Vaux-Chapitre, en novembre 1916. En d\u00e9cembre, le 401 est \u00e0 l\u2019arri\u00e8re en man\u0153uvres de division et il \u00e9voque (p. 51) des vir\u00e9es \u00e0 Bar le Duc dans des <em>\u00ab&nbsp;maisons dites hospitali\u00e8res<\/em>&nbsp;\u00bb, avec parfois des d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec les gendarmes. Son unit\u00e9 participe \u00e0 l\u2019attaque du 15 d\u00e9cembre 1916, et le r\u00e9cit du combat est de bonne qualit\u00e9 (p. 53, avec autorisation de citation)&nbsp;: \u00ab<em>Ils<\/em>&nbsp;[les Allemands]<em> font camarades, ou r\u00e9sistent. La plus forte r\u00e9sistance se trouve aux abris de Lorient, nous e\u00fbmes bien du mal \u00e0 en venir \u00e0 bout, celui qui \u00e9tait pris les armes \u00e0 la main \u00e9tait tu\u00e9 sans piti\u00e9. J\u2019ai vu l\u00e0 un boche tirer sans rel\u00e2che malgr\u00e9 qu\u2019il soit entour\u00e9 des soldats fran\u00e7ais qui lui sautaient dessus&nbsp;; il a \u00e9t\u00e9 cribl\u00e9 de balles et de coups de ba\u00efonnettes.<\/em>&nbsp;\u00bb Ils font \u00e0 cette occasion un grand nombre de prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Verdun, Chemin des Dames 1917<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il retourne en ligne dans le secteur de Bezonvaux, le froid est terrible, et il essaie d\u2019avoir les pieds gel\u00e9s, mais il n\u2019y r\u00e9ussit pas (p. 62) \u00ab&nbsp;<em>Pas de chance, le major me dit que ce n\u2019\u00e9tait rien et que je l\u2019avais fait expr\u00e8s (de cela il avait raison*)<\/em> &#8211; avec note&nbsp;: *occitanisme \u00ab&nbsp;d\u2019aquo avia rason&nbsp;\u00bb &#8211; . Remont\u00e9 en ligne, il est cette fois \u00e9vacu\u00e9 avec 40\u00b0 de fi\u00e8vre; \u00e0 son retour, il dit avoir gard\u00e9 \u00e0 son domicile ou \u00ab&nbsp;<em>liquid\u00e9 au cours du voyage<\/em>&nbsp;\u00bb les effets neufs qu\u2019on lui avait donn\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. De m\u00eame au d\u00e9p\u00f4t d\u2019isol\u00e9s de Saint-Dizier (p. 67)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Une fois habill\u00e9s, \u00e0 quelques-uns, nous trouvons une porte de sortie et nous voil\u00e0 dans la ville. Tant que l\u2019on a eu de l\u2019argent, cela a march\u00e9&nbsp;; nous vendions ou \u00e9changions pour faire la bringue, mais le 26 <\/em>[f\u00e9vrier]<em>, plus d\u2019argent&nbsp;; il faut rentrer. On dut nous rhabiller et \u00e9quiper, sans compter une belle engueulade avec de belles promesses de punition.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 10 avril 1917, d\u00e9sign\u00e9 pour un stage de fusil-mitrailleur, il \u00e9vite l\u2019offensive du 16 avril, et rejoint ses camarades le 1<sup>er<\/sup> mai au tunnel de Vendresse. Le secteur est malsain, et il d\u00e9crit la dure attaque du 5 mai \u00e0 Vauclair, \u00ab<em>&nbsp;la journ\u00e9e fut une des plus terribles que j\u2019ai vue durant la guerre&nbsp;<\/em>\u00bb (p. 77). La 6<sup>e<\/sup> cie atteint ses objectifs mais a fondu, et l\u2019ordre de leur capitaine les r\u00e9volte: ils ont interdiction de ramener les bless\u00e9s, pour tenir prioritairement la position (p. 79) \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est une honte et nous nous en souviendrons&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Bataille de Flandre 1917<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 401<sup>e <\/sup>est transf\u00e9r\u00e9s en Belgique, et jusqu\u2019au d\u00e9but de 1918 la 133<sup>e<\/sup> DI alterne entra\u00eenement (plage de Coxyde) et engagements aux c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offensive anglaise de Passchendaele, dans un secteur noy\u00e9, risquant l\u2019enlisement et la noyade en tombant des passerelles (Bixchoote). En dehors des combats tr\u00e8s durs, il d\u00e9crit des blagues idiotes dont il est semble-t-il coutumier, et que l\u2019on retrouve souvent dans les r\u00e9cits de jeunes soldats comme Gaston Lefebvre par exemple (p. 86, \u00e0 Coxyde)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>En moins de temps qu\u2019il ne fallait pour le dire, il avait le plat sur la t\u00eate et de m\u2019\u00e9chapper dans la mer, derri\u00e8re moi le copain et courir dans l\u2019eau, les gendarmes qui criaient \u00ab&nbsp;venez ici&nbsp;\u00bb et finalement je fus rejoint derri\u00e8re les dunes par les copains, j\u2019encaissai une rouste et je dus me d\u00e9brouiller aupr\u00e8s du chef cuistot pour avoir \u00e0 manger pour l\u2019escouade. Pourquoi aussi m\u2019a t-il dit \u00ab&nbsp;chiche&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb Il fait une bonne description de bringue dans un caf\u00e9, sans assez d\u2019argent, avec (p. 90) \u00ab&nbsp;<em>des&nbsp;g\u00e2teaux aval\u00e9s<\/em> \u00ab&nbsp;\u00e0 la Charlot&nbsp;\u00bb, o<em>n en payait bien quelques-uns\u2026<\/em>\u00bb. Lors de l\u2019attaque d\u2019octobre 1917, il vient d\u2019avoir 22 ans, il \u00e9voque les fusils qui ne sont que des blocs de boue, et la mort du capitaine qui les avait emp\u00each\u00e9 de ramener des bless\u00e9s au Chemin des Dames&nbsp;: il indique que cet officier n\u2019est pas regrett\u00e9 (p. 105) \u00ab&nbsp;<em>il n\u2019a eu que ce qu\u2019il a m\u00e9rit\u00e9 et c\u2019est d\u2019ailleurs ce qui fera dire \u00e0 un copain quand on lui appris la mort du capitaine&nbsp;: \u00ab&nbsp;tant mieux, il ne nous fera plus chier&nbsp;\u00bb. Cela prouve dans quelle estime il \u00e9tait tenu par ses soldats.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>En d\u00e9fense successive lors des 4 offensives allemandes de 1918<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Son unit\u00e9 est transf\u00e9r\u00e9e en urgence dans la Somme \u00e0 la fin mars 1918 pour aider les Anglais enfonc\u00e9s, il \u00e9voque l\u2019absence d\u2019artillerie et de front tangible, la piti\u00e9 pour les civils qui fuient avec en m\u00eame temps le pillage syst\u00e9matique effectu\u00e9 par les soldats de tous bords (p. 116) \u00ab&nbsp;<em>dans les premi\u00e8res maisons de M\u00e9zi\u00e8res, plus ou moins de lumi\u00e8re&nbsp;; dans les caves, des soldats sont couch\u00e9s, ivres, le pinard coule, les chambres, les meubles, tout est pill\u00e9&nbsp;: on dirait que l\u2019ennemi est pass\u00e9 par l\u00e0. Dire que c\u2019est des Fran\u00e7ais qui font cela, c\u2019est une honte.<\/em>&nbsp;\u00bb Une sc\u00e8ne curieuse a lieu alors qu\u2019agent de liaison, il accompagne son lieutenant chez le colonel tr\u00e8s en col\u00e8re&nbsp;&#8211; enjolivement lors de la reprise de la transcription&nbsp;? &#8211;&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;il y a un peu de discussion&nbsp;; \u00e0 quel sujet, je ne le sais&nbsp;? Toujours est-il que le colonel Born\u00e8que fait mine de vouloir lui br\u00fbler la cervelle&nbsp;; tout doucement je glisse mon mousqueton sous le bras et attention si jamais il a le malheur de tirer. Heureusement il ne tire pas et tous les deux, nous repartons&nbsp;; le lieutenant est tr\u00e8s p\u00e2le et il me dit que nous devons contre-attaquer.<\/em>&nbsp;\u00bb Sans munitions, ils finissent par se replier apr\u00e8s des combats tr\u00e8s durs. Apr\u00e8s rel\u00e8ve le 2 avril et un peu de repos, les voil\u00e0 embarqu\u00e9s en urgence pour les Flandres, mais ce ne sont pas eux qui prennent le choc le plus violent au Mont Kemmel&nbsp;; la description insiste sur le pillage des maisons par les Anglais et les Fran\u00e7ais (p. 133, 17 avril 1918) \u00ab&nbsp;<em>On en \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 n\u2019avoir plus de c\u0153ur.&nbsp;<\/em>\u00bb Il \u00e9voque aussi l\u2019attitude des plus jeunes de la classe 18 lors de leur dernier engagement avant rel\u00e8ve (p. 136)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>On leur avait enseign\u00e9 la haine des Allemands et de massacrer les boches qui se rendaient en nombre. Les boches se voyant foutus pour foutus se ru\u00e8rent \u00e0 nouveau sur leurs armes et r\u00e9ussirent m\u00eame \u00e0 cerner certain contingent qu\u2019ils extermin\u00e8rent \u00e0 leur tour. Depuis ce jour, les jeunes de la classe 18 furent refroidis et ne voulaient plus rien savoir, pauvres gosses, car pour nous, ils l\u2019\u00e9taient&nbsp;(\u2026) Pour ma part, je n\u2019ai jamais tir\u00e9 sur un ennemi qui a lev\u00e9 les bras.<\/em>&nbsp;\u00bb Lors de l\u2019offensive allemande sur la Marne, le 401 est \u00e0 nouveau en ligne, mais est trop \u00e9prouv\u00e9 pour contre attaquer. Tenant des tranch\u00e9es dans l\u2019Oise lors de la 4<sup>e<\/sup> attaque allemande (Montdidier), ils fournissent en juillet des patrouilles, et notre soldat \u00e9voque des pr\u00e9paratifs de coup de main (p. 145)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>nous buvons tant qu\u2019il y a de l\u2019argent. Pourquoi le garderions-nous&nbsp;? Nous devons crever ce soir dans les fils de fer barbel\u00e9s. Et tandis que nous buvons, il vient au village de Coivrel un pauvre homme avec sa fille assez jolie et comme nous n\u2019avons pas soif, \u00e0 quatre, on projette de prendre la fille et d\u2019enfermer le vieux&nbsp;; h\u00e9las, un sous-officier nous a plus ou moins entendus&nbsp;; il avertit le pauvre homme qui tout de suite prend le large, sans finir la visite de sa maison&nbsp;; (\u2026) quant \u00e0 nous, nous avons eu droit \u00e0 un savon par le sous-officier, mais cela n\u2019alla pas plus loin.<\/em>&nbsp;\u00bb En ao\u00fbt et en septembre, E. Arrouy produit le r\u00e9cit int\u00e9ressant du combat de poursuite, avec une progression heurt\u00e9e et co\u00fbteuse, \u00e0 cause des mitrailleuses allemandes tr\u00e8s mobiles et de l\u2019utilisation syst\u00e9matique des obus \u00e0 gaz. En octobre, il participe aux combats dans les faubourgs de Saint-Quentin, sa fonction d\u2019agent de liaison lui permettant de bien saisir les enjeux tactiques du combat \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du bataillon. Il \u00e9voque les prisonniers qu\u2019ils font \u00e0 Saint-Quentin le 5 octobre (p. 173)&nbsp;: \u00ab<em>On les malm\u00e8ne un peu avant de les envoyer en arri\u00e8re mais c\u2019est dr\u00f4le, aucun ne veut \u00eatre Prussien.&nbsp;\u00bb (\u2026) Et encore on sort des prisonniers les mains en l\u2019air, Alsacien, Polonais, Autrichien, il y en a m\u00eame un qui sort son chapelet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu peux l\u2019implorer ton bon Dieu et attrape celui-l\u00e0.<\/em>&nbsp;\u00bb En permission \u00e0 la fin octobre, E. \u00c9loi rejoint pour vivre l\u2019Armistice&nbsp;puis apr\u00e8s un long positionnement dans le d\u00e9partement du Nord, il est d\u00e9mobilis\u00e9 en septembre 1919.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il y a donc plusieurs domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat dans ce t\u00e9moignage de qualit\u00e9, on peut \u00e9voquer par exemple&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; un soldat du rang qui dit sa v\u00e9rit\u00e9 et son ressenti de la guerre, en cachant ses notes, et en prenant des pr\u00e9cautions lorsqu\u2019il les ram\u00e8ne chez lui&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; mais aussi un texte retranscrit deux fois, dans lequel on sent appara\u00eetre des pr\u00e9occupations m\u00e9morielles contemporaines&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> &#8211; les op\u00e9rations d\u2019un r\u00e9giment \u00ab&nbsp;400&nbsp;\u00bb peu \u00e9pargn\u00e9, form\u00e9 surtout de jeunes, une unit\u00e9 de choc ressemblant en ce sens \u00e0 un BCP d\u2019active ou \u00e0 un r\u00e9giment colonial&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; l\u2019habitus d\u2019un soldat classe 15, avec une Grande Guerre v\u00e9cue plut\u00f4t de 1916 \u00e0 1918, avec le comportement bien sp\u00e9cifique d\u2019un \u00ab&nbsp;jeune&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ici bon soldat en ligne, mais turbulent et farceur, voleur \u00e0 l\u2019occasion, pouvant \u00eatre violent avec l\u2019ennemi, etc\u2026, mais qui acquiert une telle exp\u00e9rience du front qu\u2019il devient \u00e0 son tour en 1918 un v\u00e9ritable ancien pour ceux de la classe 18.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, f\u00e9vrier 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journal de guerre 1914 \u2013 1918 Miqu\u00e8l Ruquet 1. 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