{"id":5099,"date":"2026-02-25T18:01:53","date_gmt":"2026-02-25T17:01:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5099"},"modified":"2026-04-02T19:24:02","modified_gmt":"2026-04-02T18:24:02","slug":"roserot-de-melin-joseph-1879-1968","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/02\/25\/roserot-de-melin-joseph-1879-1968\/","title":{"rendered":"Roserot de Melin, Joseph (1879-1968)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Joseph Roserot de Melin, <em>Avec les territoriaux en 1914-1918. La vie quotidienne des Poilus sur le front des Vosges<\/em>. Troyes, chez l&rsquo;auteur, 1971, 255 p.<br><br><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><br>Joseph Marie Gustave Roserot de Melin na\u00eet \u00e0 Troyes (Aube) le 27 avril 1879 d\u2019une famille de juristes. Son grand-p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 juge \u00e0 Bar-sur-Seine (Aube) et son p\u00e8re Alphonse, ancien archiviste, est avocat et sa m\u00e8re, Victorine Laperouse est sans profession. La famille demeure 5 rue des Cordeliers, lui-m\u00eame demeurera \u00e0 sa mort 10 rue Marcelin Berthelot. Apr\u00e8s avoir fait des \u00e9tudes secondaires \u00e0 l\u2019Institution Saint-Joseph d\u2019\u00c9pinal, par ailleurs dirig\u00e9e par son oncle, Paul Roserot et avoir obtenu son baccalaur\u00e9at, il entre au s\u00e9minaire Fran\u00e7ais de Rome o\u00f9 il poursuit ses \u00e9tudes sacerdotales de 1897 \u00e0 1903. \u00c0 son retour dans sa ville, il est d\u2019abord vicaire \u00e0 la cath\u00e9drale pendant quelques mois puis professeur au Grand S\u00e9minaire. En 1906, il est nomm\u00e9 cur\u00e9 de Cl\u00e9rey, et en 1908 de Gy\u00e9-sur-Seine, \u00e9galement dans l\u2019Aube. En 1911, il est professeur d\u2019Histoire dans un coll\u00e8ge parisien (il a une chambre rue de Varenne) et entre \u00e0 l\u2019Ecole des Chartes jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9claration de guerre, qui le surprend en troisi\u00e8me ann\u00e9e. D\u2019abord r\u00e9form\u00e9 pour une \u00ab faiblesse de constitution \u00bb qui l\u2019exempte de service militaire, il est reconnu apte par un Conseil de R\u00e9forme d\u00e9but 1915. Il est affect\u00e9 dans les Vosges, qu\u2019il conna\u00eet, ayant pass\u00e9 des vacances \u00e0 G\u00e9rardmer alors qu\u2019il \u00e9tait adolescent, de 1893 \u00e0 1897. Il parle allemand, ce qui lui permettra de converser avec des prisonniers allemands et italien.<br><br>Il rentre d\u00e9finitivement \u00e0 Troyes en 1930 et poursuit, alors qu\u2019il occupe les fonctions de vicaire, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9, ce jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 1952, une carri\u00e8re d\u2019historien, homme de lettres (il est docteur \u00e8s-lettres) et archiviste pal\u00e9ographe. Il est aussi membre de l\u2019Ecole fran\u00e7aise de Rome de 1919 \u00e0 1922 puis aum\u00f4nier de l\u2019arm\u00e9e du Rhin (\u00e0 l\u2019instar de l\u2019abb\u00e9 Julien Schuhler). Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 acad\u00e9mique de l\u2019Aube. Il a contribu\u00e9 au dictionnaire historique de la Champagne m\u00e9ridionale des origines \u00e0 1790, avec le concours de l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres. Il a publi\u00e9 aussi une biographie de Antonio Caracciolo (\u00e9v\u00eaque de Troyes de 1515 \u00e0 1570). Il devait pr\u00e9senter sa th\u00e8se \u00e0 l\u2019Ecole des Chartes le 8 juillet 1914 mais la guerre l\u2019interrompt et il la soutient finalement le 27 janvier 1919. Il publie enfin de nombreux autres ouvrages religieux, dont un sur la Cit\u00e9 du Vatican (en 1937). Il est qualifi\u00e9 de \u00ab Grand \u00e9rudit qui s\u2019est passionn\u00e9 pour l\u2019histoire religieuse de la Champagne \u00bb (Dossier de LH, Base L\u00e9onore, p. 10). <br><br>Malgr\u00e9 son statut, il fait la guerre comme simple soldat de 2e classe au 51e RIT de 1915 \u00e0 1919 et sera cit\u00e9 \u00e0 l\u2019Ordre au r\u00e9giment en novembre 1916, date \u00e0 laquelle il re\u00e7oit la Croix de guerre (remise le 21 d\u00e9cembre suivant) et passe 1re classe (p. 127). Juste apr\u00e8s sa d\u00e9mobilisation, il est un temps chapelain de Saint-Louis des Fran\u00e7ais \u00e0 Rome, d\u2019avril \u00e0 octobre 1919. En 1940, il se signale \u00ab \u00e0 l\u2019admiration de tous, se prodiguant au soin des bless\u00e9s, \u00e0 l\u2019inhumation des morts, venant en aide \u00e0 la population sinistr\u00e9e \u00bb (p. 8). Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Troyes le 5 mai 1968 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 89 ans.<br><br><strong>2. Le t\u00e9moignage <\/strong><br>Joseph Roserot de Melin conna\u00eet la mobilisation \u00e0 Troyes le 1er ao\u00fbt 1914 mais il n\u2019arrive finalement au 51e r\u00e9giment d\u2019infanterie territoriale sur le front des Vosges, \u00e0 l\u2019est de Saint-Di\u00e9, dans les Vosges, que le 18 d\u00e9cembre 1914. Il partage d\u00e8s lors la vie des poilus qui souffrent dans les tranch\u00e9es de moyenne montagne, froides et aussi meurtri\u00e8res qu\u2019ailleurs dans ce secteur dit calme. Andr\u00e9 Marsat et Patrice Roserot de Melin, qui publient post mortem le journal de guerre de Joseph Roserot de Melin, nous renseignent sur sa tenue, dans dix petits carnets \u00ab d\u2019une \u00e9criture fine et serr\u00e9e \u00bb (p. 9). Ils \u00e9noncent toutefois une publication non int\u00e9grale. Le t\u00e9moignage, pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9, couvre la p\u00e9riode du 1er ao\u00fbt 1914 au 11 novembre 1918.<br><br><strong>3. Analyse<\/strong><br>Un formidable t\u00e9moignage, issu d\u2019un homme lettr\u00e9, sur un secteur des Vosges tr\u00e8s m\u00e9connu et sur des hommes souvent moins \u00e9voqu\u00e9s \u00ab de l\u2019int\u00e9rieur \u00bb. Noms et lieux sont d\u00e9crits pr\u00e9cis\u00e9ment de m\u00eame que mille choses et anecdotes qui rendent l\u2019ouvrage vivant et plein d\u2019attraits multiples. Une r\u00e9f\u00e9rence malgr\u00e9 un trop peu de descriptions des faits militaires.<br>Si son journal de guerre d\u00e9bute le samedi 1er ao\u00fbt 1914 avec le tocsin et la mobilisation \u00e0 Troyes, Joseph Roserot de Melin n\u2019est pas mobilis\u00e9 de suite. D\u2019abord r\u00e9form\u00e9 pour faiblesse de constitution, il t\u00e9moigne d\u2019un \u00ab pays qui s\u2019arme, et si joyeusement \u00bb, mais aussi d\u2019un climat violemment anticl\u00e9rical, subissant insultes et m\u00eame un jet d\u2019artichaut par un voyou (p. 13) ! Il se plaint plus tard d\u2019ailleurs de temps en temps de cet anticl\u00e9ricalisme, accus\u00e9 d\u2019embusqu\u00e9 ou de faire durer la guerre (p. 33). Ce n\u2019est qu\u2019en d\u00e9cembre qu\u2019il subit une nouvelle visite d\u2019incorporation au cours de laquelle il demande \u00e0 partir sur le front, \u00ab faveur \u00bb qui lui est accord\u00e9e et qui l\u2019affecte d\u2019abord fraction O, 31e  compagnie du 24e RI (p. 14). Il \u00e9voque faire partie d\u2019un groupe d\u2019\u00e9l\u00e8ves caporaux mais pourtant il n\u2019entre toutefois toujours pas en campagne, errant en diff\u00e9rents lieux (Bernay puis \u00c9vreux (Eure), Roissy-en-France, Livry, il s\u2019acclimate d\u2019abord de la \u00ab grossi\u00e8ret\u00e9 du milieu \u00bb militaire, fait de \u00ab soldats d\u2019occasion : paysans plus ou moins impotents arrach\u00e9s \u00e0 leur culture, poursuivis par le souvenir de leur champ, de leur femme, de leur enfant \u00bb dans une vie de garnison idiote o\u00f9, infirmier de fortune, il pose des ventouses et prend des temp\u00e9ratures (p. 15). Il parvient finalement \u00e0 recevoir une affectation au front le 15 d\u00e9cembre. Ainsi, son journal pour 1914 et la quasi-totalit\u00e9 de 1915 est assez disert et ne comporte que 22 dates pour 17 mois. <br><br>C\u2019est par piston du capitaine de l\u2019Horme d\u00e9j\u00e0 au front qu\u2019il accepte une place d\u2019infirmier aum\u00f4nier au 2e bataillon du 51e RIT C\u2019est le 18 \u00ab apr\u00e8s-midi \u00bb (p. 23) que commence le sous-titre de son t\u00e9moignage : \u00ab La vie quotidienne des Poilus sur le front des Vosges \u00bb. Il int\u00e8gre d\u2019abord une compagnie de mitrailleuses mais finalement revient \u00e0 la 4e compagnie. Sa premi\u00e8re prise de contact avec les territoriaux du front n\u2019est pas tr\u00e8s am\u00e8ne. Le 21 d\u00e9cembre, il assiste \u00e0 une visite de malades et dit : \u00ab Quelle collection ! Il y a de tous les sp\u00e9cimens de d\u00e9chets. Ne blaguons pas trop fort les Boches de leur lev\u00e9e en masse, la n\u00f4tre a ramass\u00e9 bien trop d\u2019estropi\u00e9s \u00bb (p. 25). <br><br>Il \u00e9gr\u00e8ne ensuite au fil des pages ses premi\u00e8res fois, qui t\u00e9moignent d\u2019un acclimatation lente avec la guerre. Sa premi\u00e8re s\u00e9ance de mitrailleuse le 24 d\u00e9cembre 1915, son bapt\u00eame du feu le 28 suivant, la premi\u00e8re fois qu\u2019il franchit le parapet date du 4 mars 1916, premi\u00e8re patrouille le 23 suivant, premier duel a\u00e9rien le 17 mai, premier enterrement sur le front le 15 juin et quand il voit son premier allemand, \u00e0 4 km, le 16 juillet.<br><br>Mais il finit par trouver sa place et m\u00eame par \u00eatre accept\u00e9. Il dit : \u00ab Ils sont gentils pour moi, tous. Hommes, sous-officiers, officiers, me traitent volontiers en aum\u00f4nier. \u00c7a n\u2019est peut-\u00eatre pas profond, mais cordial \u00bb (p. 38). C\u2019est en effet son colonel qui lui conf\u00e8re ce statut le 23 mai en disant : \u00ab Votre r\u00f4le d\u2019aum\u00f4nier n\u2019est pas de passer les fils de fer\u2026 \u00bb (p. 65). Il se voit d\u2019ailleurs comme un \u00ab soldat-camarade-aum\u00f4nier \u00bb (p.168) et donne l\u2019impression d\u2019un pr\u00eatre qui cherche toute sa guerre \u00e0 se faire aimer de ses soldats, ces \u00ab pauvres diables qui souffrent des pieds \u00e0 la t\u00eate \u00bb (p. 211). De fait donc, il est manifestement \u00ab prot\u00e9g\u00e9 \u00bb par les officiers qu\u2019il c\u00f4toie, au moins pour les plus pieux, et donc certains lui commandent des messes. Il se consid\u00e8re ainsi parfois comme un \u00ab cur\u00e9 ambulant \u00bb. De fait, tout son t\u00e9moignage donne la plus large part \u00e0 son \u00ab minist\u00e8re sur le font \u00bb, faisant le plus possible messes partout o\u00f9 il le peut comme dans les villages de repos ou de l\u2019arri\u00e8re. Il intervient aussi aupr\u00e8s de la population (extr\u00eame onction ou confessions de civils voire (p. 150) m\u00eame une retraite de 2 jours au grand s\u00e9minaire de Saint-Di\u00e9), cat\u00e9chisme avec les enfants, jouissant pour cela d\u2019une libert\u00e9 certaine, parfois surr\u00e9aliste, le transformant singuli\u00e8rement en touriste en voiture parfois, favorisant son apostolat et donnant de fait \u00e0 son journal de guerre le caract\u00e8re d\u2019un journal de pr\u00eatre \u00e0 la guerre. Roserot de Melin est plus religieux que militaire, mais il fait la guerre toutefois. En cela, son t\u00e9moignage, \u00e0 l\u2019\u00e9chelon d\u2019un r\u00e9giment territorial, rejoint celui de Julien Schuhler, avec un m\u00e9lange de guerrier et de religiosit\u00e9 omnipr\u00e9sente. Au cours d\u2019un coup de main auquel il participe, passant ainsi le parapet, il r\u00e9colte distinction (1re classe) et citation, analysant longuement la diff\u00e9rence entre cette derni\u00e8re et la r\u00e9alit\u00e9 de son \u00ab action au feu \u00bb, soulignant la dissemblance entre arguties militaires et \u00ab \u00c9cole des Chartes \u00bb ! (p. 127, 128 et 157). D\u2019ailleurs, le \u00ab tableau du communiqu\u00e9 \u00bb, affich\u00e9 sur les arches de la mairie de Saint-Di\u00e9 g\u00e9n\u00e8re les commentaires goguenards des civils qui disent : \u00ab C\u2019est parler pour ne rien dire \u00bb (p. 174). <br><br>Mais sa proximit\u00e9 avec le commandement n\u2019emp\u00eache pas qu\u2019il garde quand m\u00eame un esprit critique pour ceux d\u2019entre eux qu\u2019il m\u00e9sestime tel ce lieutenant M. (notons \u00e0 ce sujet au passage que la plupart du temps les noms sont cit\u00e9s, saufs ceux qu\u2019ils critique). En effet, il dit : \u00ab C\u2019est l\u2019occasion de noter combien ces chefs, terr\u00e9s dans leurs bonnes maisons \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, ignorent tout de notre vie et froissent continuellement les hommes. Ils semblent prendre plaisir \u00e0 agacer. Ils se piquent d\u2019appliquer des consignes tatillonnes de temps de paix, ne comprennent rien \u00e0 la psychologie du troupier actuel et se rendent odieux, eux qui ne souffrent que si peu de tous nos ennuis \u00bb (p. 39). Il y revient le 16 juin 1916 quand le commandement prescrit de d\u00e9placer des chevaux de frise : \u00ab Travail idiot au surplus. Si les chefs se rendaient mieux compte de ce qu\u2019ils commandent souvent ! \u00bb (p. 69). Mais le b\u00e9n\u00e9fice de ses liens particuliers avec le commandement lui permet de s\u2019\u00e9pancher et parfois d\u2019intervenir pour les hommes mal trait\u00e9s ou dont le moral flanche par trop (p. 213). C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui le fait tenir aussi lui-m\u00eame pendant toute la guerre, disant garder le moral pour le communiquer aux hommes qui l\u2019entourent.<br><br>Sa vie est front est pour lui \u00ab bizarre \u00bb (p. 59), m\u00e9lange de diff\u00e9rence sociale affich\u00e9e et de camaraderie de fr\u00e8res d\u2019armes, terme qu\u2019il reprend quelques pages plus loin \u00e9voquant des \u00ab journ\u00e9es alternativement guerri\u00e8res et pacifiques o\u00f9 la vie reprend ses habitudes corporatives, sa physionomie r\u00e9gionale, ses manies \u00bb (p. 64). Il fustige la tendance, croissante d\u2019ailleurs au fil du r\u00e9cit, du soldat \u00e0 l\u2019intemp\u00e9rance : \u00ab Ils sont braves gens, mais toujours le bidon, le satan\u00e9 bidon \u00e0 la main \u00bb (p. 74). Plus loin, il d\u00e9crit : \u00ab Ce qui m\u2019agace aussi, c\u2019est l\u2019incurable inconscience de ces troupiers. Ils refusent totalement \u00e0 sortir de leur gangue grossi\u00e8re. Ceux d\u2019en face sont trop m\u00e9canis\u00e9s, ceux-ci pas assez. Ils seront superbes quand il le faudra, ils sont insupportables de manque de discipline, de s\u00e9rieux dans l\u2019ordinaire. La racine de ce vice, c\u2019est qu\u2019ils boivent \u00bb (p. 105). En effet la \u00ab viande saoule \u00bb (p. 223) qu\u2019il voit partout le d\u00e9go\u00fbte. <br><br>Il r\u00e9serve aussi une place particuli\u00e8re aux soldats, \u00ab gensses du Midi \u00bb, dont il aime la volubilit\u00e9 mais dont il se moque volontiers du caract\u00e8re : \u00ab Il y a toujours quelque chose de comique dans cette \u00e9loquence m\u00e9ridionale et le na\u00eff \u00e9talage de leurs pens\u00e9es intimes \u00bb (p. 77 mais aussi 78, 99, 105, 106 et 147). <br><br>Il avoue souvent aussi sa propre peur. Le 21 juin 1916, il se demande : \u00ab Pourquoi la journ\u00e9e m\u2019a-t-elle paru si lourde ? J\u2019ai senti cette fois l\u2019angoisse de la mort\u2026 je me suis senti r\u00e9volt\u00e9 contre cette perspective\u2026 \u00bb (page 71) et il y revient dans les m\u00eames termes quelques jours \u00e0 peine plus tard : \u00ab Est-ce pour cela que toute la journ\u00e9e, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nerveux ; nerveux. J\u2019avais l\u2019\u00e2me brouill\u00e9e. Depuis mon arriv\u00e9e, je n\u2019ai pas encore eu cette lourdeur sur la poitrine, cette angoisse du lendemain, ce besoin physique de la certitude d\u2019en sortir et de revoir les miens \u00bb (p. 72). Il se recommande \u00e0 Dieu lors des moments \u00ab chauds \u00bb. Il dit : \u00ab Pendant l\u2019attente, j\u2019ai fait le v\u0153u d\u2019aller \u00e0 Lourdes si nous revenions sains et saufs, et pour que je sorte de la tourmente \u00bb (p. 115). Il fera d\u2019ailleurs ce voyage le 3 octobre 1918. Plus loin, il d\u00e9nonce : \u00ab J\u2019ai relu tout \u00e0 l\u2019heure mon acte d\u2019acceptation de la mort\u2026 \u00bb (page 124). Car plus la guerre dure, plus il l\u2019appr\u00e9hende. Il dit, en janvier 1917 : \u00ab J\u2019avoue que plus la guerre se prolonge, plus mon appr\u00e9hension du feu est grande. Que vaut le dicton : s\u2019aguerrir au feu ! Pas grand-chose, \u00e0 mon avis, d\u2019apr\u00e8s ce que j\u2019ai constat\u00e9 chez les autres et chez moi \u00bb (pages 142 et 154). Il confesse plus loin encore : \u00ab Une balle claque. Je rentre d\u2019instinct la t\u00eate dans les \u00e9paules, mais, honteux je regarde aussit\u00f4t autour de moi si quelqu\u2019un m\u2019a vu \u00bb (page 153).<br><br>De m\u00eame il ne cache pas non plus ses moments de cafard. Car la guerre dure. Il dit, le 6 octobre 1916 : \u00ab Mais, si je ne disais pas que cette vie, j\u2019en ai plein le dos, je mentirais comme une agence de propagande boche \u00bb (page 114). C\u2019est parfois l\u2019inaction dont il souffre qui l\u2019invite \u00e0 l\u2019introspection qui lui fait dire : \u00ab Mais je suis dans un marasme vague et obs\u00e9dant : la mort de Fran\u00e7ois en fait le fonds. Il s\u2019y greffe des \u00e9l\u00e9ments de cafard mal pr\u00e9cis\u00e9s et l\u2019ennui, cet ennui ancien d\u2019exp\u00e9rience, qui me prend lorsque le nouveau d\u2019une situation est \u00e9puis\u00e9 et que je vois net, dans tous ses recoins, le terrain o\u00f9 je me suis avanc\u00e9 \u00bb (page 89). La routine lui p\u00e8se aussi, d\u00e9but 1917 : \u00ab Quand j\u2019\u00e9tais \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019arri\u00e8re\u00a0\u00bb, j\u2019imaginais la vie du front comme un cordial, un excitant qui devait emp\u00eacher l\u2019\u00e2me de baisser. Mais non, la routine gagne tout. La lassitude des jours, l\u2019accoutumance des p\u00e9riodes, les p\u00e9riodes de s\u00e9curit\u00e9, et puis la naturelle propension \u00e0 d\u00e9tendre le ressort trop longtemps comprim\u00e9, et puis la vulgarit\u00e9 des gestes et des mots, le sans-g\u00eane moral des cantonnements : tant de choses cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re o\u00f9 l\u2019\u00e2me s\u2019\u00e9tiolerait vite si elle ne renouvelait pas sa provision \u00bb (p. 161). Il s\u2019interroge de m\u00eame sur la guerre elle-m\u00eame et, lucide, dit : \u00ab Dans la pratique, la guerre n\u2019est qu\u2019une horreur du corps et de l\u2019\u00e2me \u00bb (page 162). Ce cafard est un r\u00e9v\u00e9lateur de sa guerre tout en surr\u00e9alisme tant y est attach\u00e9 le sentiment r\u00e9current de d\u00e9s\u0153uvrement. Le 23 mars 1917, il rapporte : \u00ab Longue journ\u00e9e\u2026 si longue dans son d\u00e9s\u0153uvrement. J\u2019erre dans la montagne, le matin, et, l\u2019apr\u00e8s-midi, je fl\u00e2ne au bureau de la 4e, sur le chemin, un peu partout, n\u2019\u00e9tant nulle part pr\u00e9sent d\u2019esprit. Car ces journ\u00e9es vides sont terribles pour le c\u0153ur et le cerveau. Les lourdes impressions de d\u00e9racinement intellectuel et moral se font plus pressantes. Et le d\u00e9sir de sortir de ce cauchemar vous br\u00fble jusqu\u2019\u00e0 la moelle de l\u2019\u00eatre \u00bb (p. 163). Il cultive une certaine honte de son spleen r\u00e9current, disant : \u00ab Je m\u2019en veux de mes terreurs, mais elles me tenaillent bien durement \u00bb (p. 178). Il ressent \u00ab toute la pesanteur de la guerre sur le dos \u00bb (p. 209), ne trouvant une certaine consolation que dans les messes qu\u2019il dit dans tous les lieux possibles.<br><br>Quelques fois contemplatif, il d\u00e9crit les Vosges et sa beaut\u00e9 montagnarde, o\u00f9 la m\u00e9t\u00e9o joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant, comme la lutte d\u2019artillerie parfois formidables : \u00ab On eut dit une chevelure g\u00e9ante \u00bb apr\u00e8s un bombardement sur le Violu (p. 83) ou \u00ab Mais cette neige et ce silence, c\u2019est comme un linceul et un tombeau. Et l\u2019\u00e2me est tout alourdie \u00bb (p.160). Il est \u00e9galement spectateur des combats sur la Cote 607, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres au sud de sa position, par-del\u00e0 la vall\u00e9e de la Fave. Dans ce pays du bruit ou chaque coup de fusil r\u00e9sonne, se r\u00e9percutant sur les montagnes, et o\u00f9 le canon s\u2019amplifie par la topographie, il s\u2019\u00e9tonne \u00e9galement du silence. Il dit : \u00ab Est-il possible qu\u2019\u00e0 800 m. des lignes il y ait ce calme absolu, un calme de tombe ? \u00bb (p. 86). <br><br>Chartiste, il est avide de culture et introduit la litt\u00e9rature au front ; il lit plusieurs fois Gaspard \u00e0 ses poilus, mais aussi Genevoix, R\u00e9dier ou Barbusse qu\u2019il critique. Il \u00e9voque \u00e9galement sa th\u00e8se linguistique sur le patois et l\u2019anthropologie des populations qu\u2019il observe \u00ab in situ \u00bb, comme ces lits vosgiens dont il d\u00e9crit le caract\u00e8re \u00ab bizarre \u00bb (p. 83). Mais il conna\u00eet aussi parfois les naissances ill\u00e9gitimes ou les divorces de guerre, dressant quelques tableaux qui d\u00e9montrent le poids de celle-ci sur les villageois vosgiens (p. 94, 100 ou 144). Baptisant un b\u00e9b\u00e9 malade, il l\u00e2che : \u00ab Son p\u00e8re ? \u2013 Ah, dame, son p\u00e8re ? \u00bb (\u2026) \u00ab Il y en plus d\u2019un sans doute ! \u00bb (p. 144 et vap 152 et 159). D\u00e8s lors, des renseignements int\u00e9ressants peuvent \u00eatre par l\u00e0-m\u00eame d\u00e9gag\u00e9s sur cette anthropologie dans son t\u00e9moignage. Le 27 septembre 1917, le commandement lui donne la mission de r\u00e9diger l\u2019historiographie du r\u00e9giment. Il d\u00e9pouille alors JMO et registre des citations pour s\u2019ex\u00e9cuter (page 203) et rencontre le lieutenant Dupuy, journaliste \u00e0 l\u2019Excelsior, qui r\u00e9alise celui de la 41e division (et qui sera publi\u00e9 en 1936 chez Payot, dans la collection de r\u00e9f\u00e9rences de <em>M\u00e9moires, \u00e9tudes et documents pour servir \u00e0 l\u2019histoire de la guerre mondiale<\/em> sous le titre <em>La guerre dans les Vosges. 41e division d&rsquo;infanterie 1er ao\u00fbt 1914 &#8211; 16 juin 1916)<\/em>. <br><br>Contrairement \u00e0 nombre de poilus, Roserot de Melin \u00e9voque parfois ce qu\u2019il fait en permission. \u00c0 Paris, il constate que \u00ab La femme a une vogue extraordinaire en temps de guerre ! \u00bb (p. 251).<br><br>Le 14 janvier 1918, il apprend le recensement des classes 1898 et avant pour \u00eatre revers\u00e9 dans des r\u00e9giments d\u2019active. \u00ab Son \u00bb 51e RIT sera d\u2019ailleurs dissous le 12 juin suivant. D\u00e8s lors, la fin de son t\u00e9moignage, \u00e0 partir du moment o\u00f9 il est chang\u00e9 d\u2019affectation, fin janvier, t\u00e9moigne d\u2019une certaine nouvelle errance, ressemblant singuli\u00e8rement \u00e0 celle de a premi\u00e8re ann\u00e9e de guerre. Il occupe plusieurs r\u00f4les, un temps inspecteur d\u2019hygi\u00e8ne au camp de la Noblette, dans la Marne, et affectations. Le 1er avril, malade, souffrant de bronchite et de pleurite, et il conna\u00eet divers h\u00f4pitaux et finit par vivre le 11 novembre en convalescence \u00e0 Polisy.<br><br>L\u2019ouvrage comporte 24 photographies int\u00e9ressantes et 2 cartes. Il comporte quelques fautes patronymiques et erreurs (ballade pour balade, ou l\u2019utilisation, \u00e0 plusieurs reprises, de l\u2019expression mouler le caf\u00e9 pour la mitrailleuse, incorrecte, celle de moudre le caf\u00e9 \u00e9tant le plus souvent utilis\u00e9e par les soldats).<br><br><em>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage<\/em> :<br><br>Un volume consid\u00e9rable d\u2019informations peut \u00eatre d\u00e9gag\u00e9 de ces pages. <br>Page 13 : Troyes le 1er ao\u00fbt 1914<br>16 : Paquets de bismuth<br>24 : Ad\u00e8le et Germaine, nom d\u2019abris de mitrailleuse<br>25 : Boue des Vosges, \u00ab bouillie genre sauce tomate \u00bb<br> : Mitrailleuse allemande de capture r\u00e9utilis\u00e9e<br>26 : Remise de croix de guerre \u00e0 Neuvillers-sur-Fave<br> : Vue de baraquements : \u00ab \u00c7a tient de la cale de paquebot avec sa double rang\u00e9e de couchettes &#8211; et puis des chambres \u00e9troites taill\u00e9es dans le tuf rouge \u00bb<br> : Bapt\u00eame du feu \u00e0 l\u2019obus<br>27 : Surnom de vosgiennes<br> : Motif comique de punition ayant jou\u00e9 du piston (vap 28, augment\u00e9e par le colonel)<br>28 : Drapeau orn\u00e9 d\u2019un Sacr\u00e9 C\u0153ur<br>29 : Projecteur d\u2019automobile<br> : Major, grossier personnage injuriant les malades<br>31 : Cherche vainement des shrapnels antia\u00e9riens<br>33 : Soldat avec un chien loup<br>34 : Pulv\u00e9risateur Draeger et appareil \u00e0 oxylithe (vap 42 Vermorel)<br> : Vue de Saint-Di\u00e9 \u00ab Mais vraiment trop de femmes et de fringants officiers, sous-officiers et soldats autour d\u2019elles\u2026 \u00e0 7 kilom\u00e8tres du front \u00bb<br> : Ch\u00e2teau du Spitzemberg, description, ossements d\u00e9couverts (vap 47 + poterie, 66)<br>39 : \u00ab \u00c7a vaut la peine d\u2019\u00eatre vu un bataillon territorial en d\u00e9placement ! \u00bb<br>42 : Vue du g\u00e9n\u00e9ral Bulot (vap 43)<br>43 : Entend le canon de Verdun (vap 44)<br> : Il brancarde et trouve que \u00ab c\u2019est fichtrement dur \u00bb !<br>44 : Eradication de la barbe, conservation du bouc<br>45 : R\u00e9colte de la r\u00e9sine pour remplacer l\u2019encens<br> : Vue du petit cimeti\u00e8re de Graingoutte<br> : Bruit de balle \u00ab susurrement d\u2019abeille \u00bb (vap 46 \u00ab vo\u00fbte de sifflements <br>47 : Prisonnier allemand pensant qu\u2019il allait \u00eatre obligatoirement fusill\u00e9<br>58 : Lutte \u00e9pique de rats (vap 159)<br>63 : Boules lyonnaises<br> : Prescription de \u00ab plus de d\u00e9put\u00e9s dans les r\u00e9giments de leur circonscription \u00bb vap 64 la note du Gal en chef n\u00b09972 : \u00ab les fils ne pourront \u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 servir dans le corps de leur p\u00e8re \u00bb<br>64 : Journaux allemand \u00e9tal\u00e9s sur des barbel\u00e9s, r\u00e9cup\u00e9ration par une patrouille, \u00ab fielleuse et naus\u00e9abonde Gazette des Ardennes, &#8211; sale cuisine, oh combien habile ! de tous les \u00e9l\u00e9ments qui peuvent nous exciter les uns contre les autres, le tout dans ce gros bluff allemand o\u00f9 ils sont pass\u00e9 ma\u00eetres \u00bb <br> : Lyonnais : \u00ab genre de parisianisme, avec une touche m\u00e9ridionale dans le parler \u00bb<br>67 : Prise d\u2019armes dans un pr\u00e9 de Robache avec Claret de la Touche, Olris et Bulot<br>72 : Mort de Funck-Bentano (vap 81 la description du lieu)<br> : Rate Pierre Loti de peu (voir sa notice in Loti, Pierre)<br>73 : Bombardement de St-Di\u00e9, 48 obus et un enfant de 4 ans tu\u00e9<br>74 : Exhumation d\u2019Albert Schwarz, n\u00e9 le 8 avril 1881 \u00e0 Saint-Laurent (Vosges) soldat au 152e RI tomb\u00e9 le 21 septembre 1914<br>79 : Mort par accident de grenade (vap 94, 176 d\u2019un soldat mort en permission d\u2019un accident de voiture)<br> : Vue de Gustave Bourgain, peintre de Marine<br>80 : Entend des chants allemands et des voix de femme derri\u00e8re \u00ab .. la barri\u00e8re terrible qui est entre nous \u00bb<br>85 : Critique Genevoix (vap 180) et R\u00e9dier (vap 151 Barbusse)<br>88 : Moulin-jouet sur un ruisseaux (voir en cela \u00e9galement Martin, Henri)<br>94 : Divorce d\u00fb \u00e0 la guerre (vap 100 sur une dissolution de foyer \u00e0 l\u2019encans)<br>96 : Soldat brocanteur<br>97 : Chat<br>99 : Serpentin d\u2019\u00e9toiles et anneaux de serpent lumineux des fus\u00e9es<br> : Imperm\u00e9able Mackintosh<br>101 : Vue d\u2019un allemand d\u00e9serteur disant qu\u2019il reste un an de guerre (06.09.1916) (vap 126 un d\u00e9serteur polonais allemand (de Posen))<br>106 : R\u00eave d\u2019une visite dans les tranch\u00e9es allemandes<br>109 : Sur les r\u00e9compenses. \u00ab L\u2019histoire des r\u00e9compenses au front, si elle \u00e9tait \u00e9crite un jour, offrirait quelques bizarres contradictions \u00bb. \u00ab Bizarre et\u2026 p\u00e9nible \u00bb. Exemples<br>115 : Tir ami<br>118 : Sur l\u2019ambiance \u00e0 Paris : \u00ab Et d\u2019ailleurs, ce Paris qui s\u2019amuse avec nos soldats de la grande guerre\u2026 \u00bb<br> : Evoque l\u2019id\u00e9e n\u00e9faste de \u00ab guerre kilom\u00e9trique \u00bb<br>123 : B\u00e9rets de la section franche<br>124 : Accident de crapouillot<br>125 : Coup de main faisant 16 prisonniers \u00e0 Frapelle, il y participe<br>127 : Prisonnier bless\u00e9 maltrait\u00e9e par un soldat<br>128 : Homme bless\u00e9 au fusil de chasse<br>132 : Lemaire, ancien maire du Ban-de-Sapt<br> : Pavillon Jules Ferry \u00e0 Saint-Di\u00e9<br>133 : Entend le canon de Verdun<br>134 : B\u00e2t le seigle<br>135 : Femme consid\u00e9rant que les Allemands faisaient moins de d\u00e9g\u00e2t que les Alpins<br>136 : Harmonica quadruple achet\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve<br>149 : Cas de l\u00e2ches<br>150 : Tentative de suicide<br>157 : Pain g\u00e2ch\u00e9<br>160 : Manteau camoufl\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Garbit<br>161 : Photo d\u2019un groupe franc<br>166 : Vue d\u2019une cousine de M. G\u00e9rard qui raconte 30 mois d\u2019occup\u00e9e \u00e0 La\u00eetre et dans l\u2019Aisne, subterfuges pour cacher de argent, montre, bague dans les cheveux ou un ourlet (vap 174)<br>177 : Allemand achevant un bless\u00e9 au couteau<br>180 : Fusil-mitrailleur au bruit de cr\u00e9celle<br>184 : Chapelle Sainte-Claire<br>186 : Laage, aviateur abattu entre les lignes et sauv\u00e9 par une patrouille, son r\u00e9cit<br>192 : Concours de mitrailleurs (que Roserot trouve inutile)<br> : Gros obus avec un bruit de trolley, (vap 200 bruit de m\u00e9tro)<br>204 : Assiste \u00e0 un Conseil de guerre(vol d\u2019un sac d\u2019avoine par un artilleur)<br>212 : Canne artisanat de tranch\u00e9e<br> : Scierie de Denipaire (vap 222)<br>230 : Classe 1919 : \u00ab Pauvres gosses ! S\u2019ils avaient vu ce que nous avons vu ! \u00bb<br>235 : Voit Fonck<br> : Football-association diff\u00e9rent de rugby<br> : Poilus jaloux des Italiens : \u00ab Ils sont vex\u00e9s que les Italiens viennent chez nous pour faire les travaux de l\u2019arri\u00e8re, tandis que nous allons chez eux\u2026 \u00e0 l\u2019avant \u00bb<br>239 : Carte de pain : \u00ab Nous avons ri des Allemands quand ils ont imagin\u00e9 ce syst\u00e8me de pr\u00e9voyance \u00bb<br>251 : Assiste \u00e0 une conf\u00e9rence \u00ab propagande \u00bb<br><br><em>Prouillet Yann, f\u00e9vrier 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joseph Roserot de Melin, Avec les territoriaux en 1914-1918. La vie quotidienne des Poilus sur le front des Vosges. Troyes, chez l&rsquo;auteur, 1971, 255 p. 1. Le t\u00e9moinJoseph Marie Gustave Roserot de Melin na\u00eet \u00e0 Troyes (Aube) le 27 avril 1879 d\u2019une famille de juristes. Son grand-p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 juge \u00e0 Bar-sur-Seine (Aube) et son &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/02\/25\/roserot-de-melin-joseph-1879-1968\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Roserot de Melin, Joseph (1879-1968)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5107,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[100,247,13,3],"tags":[1092,1436,784],"class_list":["post-5099","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1966-1980","category-51e-rit","category-medecin-service-de-sante","category-carnet","tag-aumonier","tag-territorial","tag-vosges"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5099"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5099\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5118,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5099\/revisions\/5118"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}