{"id":5142,"date":"2026-09-10T09:05:27","date_gmt":"2026-09-10T08:05:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5142"},"modified":"2026-09-10T09:05:28","modified_gmt":"2026-09-10T08:05:28","slug":"reuss-marguerite-nee-cadier-1887-1965-lettres-a-mon-mari-disparu-1915-1917","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/09\/10\/reuss-marguerite-nee-cadier-1887-1965-lettres-a-mon-mari-disparu-1915-1917\/","title":{"rendered":"Reuss Marguerite n\u00e9e Cadier (1887-1965), Lettres \u00e0 mon mari disparu (1915-1917)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1. La t\u00e9moin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marguerite Cadier, fille de pasteur et originaire d\u2019Osse-en-Aspe dans les Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques, se marie en 1908 avec Paul Reuss, ing\u00e9nieur chez Thompson-Houston et natif de Strasbourg. \u00c0 la mobilisation, le couple a deux enfants (Georges, 5 ans et Paulette, 2 ans), et en attend un troisi\u00e8me. Paul mobilis\u00e9 au 5<sup>e<\/sup> RI rejoint le front au tout d\u00e9but de septembre 1914 et est tu\u00e9 le 26 septembre \u00e0 la ferme du Godat (Marne). Marguerite est tr\u00e8s proche des deux fr\u00e8res de Paul, qui combattent en Champagne au 35<sup>e<\/sup> RI&nbsp;: \u00c9douard est tu\u00e9 le 25 septembre 1915 et Armand le lendemain 26 septembre. Le petit Jean-Paul est n\u00e9 le jour de la mort de son p\u00e8re Paul, et ses deux oncles ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s exactement un an apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Paul Reuss Jr, petit-fils de Marguerite, a publi\u00e9 en 2014 les <em>Lettres \u00e0 mon mari disparu<\/em> <em>(1915 \u2013 1917)<\/em>&nbsp; (\u00e9dition L\u2019Harmattan, 280 pages). Trois \u00e9pais cahiers contenaient des lettres que Marguerite avait \u00e9crites \u00e0 son \u00e9poux au-del\u00e0 de la mort, ainsi que la copie de la correspondance que s\u2019\u00e9taient \u00e9chang\u00e9s les jeunes gens de 1908 \u00e0 1913. Contrairement \u00e0 la volont\u00e9 de sa m\u00e8re, sa fille Paulette n\u2019avait pas d\u00e9truit ces documents et Paul Reuss Jr signale en pr\u00e9sentation qu\u2019il n\u2019a pas voulu faire de s\u00e9lection, de fa\u00e7on \u00e0 ne pas risquer de trahir l\u2019esprit des cahiers. On trouve aussi des photographies et quelques extraits de lettres envoy\u00e9es par Paul \u00e0 sa femme en ao\u00fbt et septembre 1914.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3. Analyse<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre pr\u00e9sente une des modalit\u00e9s possibles du deuil de guerre, c\u2019est-\u00e0-dire ici la poursuite des relations de couple au-del\u00e0 de la mort. Dans une autre notice, Juliette Breyer continuait \u00e0 \u00e9crire \u00e0 son mari, dont on lui a annonc\u00e9 la mort&nbsp;; refusant l\u2019\u00e9vidence (\u00ab&nbsp;ils disent que tu es mort&nbsp;\u00bb), cette n\u00e9vrose lui permettait de supporter la situation en niant le r\u00e9el. Marguerite Reuss, elle, sait et admet que son mari est mort, mais il est encore pr\u00e9sent en elle&nbsp;; elle dialogue souvent int\u00e9rieurement avec lui, et finit par \u00e9prouver le besoin de lui \u00e9crire&nbsp;; cet \u00e9panchement, commenc\u00e9 en octobre 1915, correspond chronologiquement au choc li\u00e9 \u00e0 la mort des deux fr\u00e8res de Paul, tu\u00e9s un an apr\u00e8s lui&nbsp;: la communication muette ne suffit plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Premi\u00e8res lettres \u00e0 Paul apr\u00e8s la mort de ses deux fr\u00e8res<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 de la disparition, Paul est toujours vivant, et le couple continue d\u2019exister, c\u2019est cette certitude qui permet \u00e0 Marguerite de ne pas sombrer (octobre 1915 p. 17, avec autorisation de citation) <em>\u00ab&nbsp;Il me semble que plus j\u2019avancerai sur cette route si sombre et plus j\u2019aurai besoin de t\u2019\u00e9crire pour retrouver la force n\u00e9cessaire pour vivre.<\/em>&nbsp;\u00bb Avec la mort des deux autres fr\u00e8res, un drame affreux pour les parents qui viennent de perdre trois fils en un an, elle se sent paradoxalement plus forte (p. 18) \u00ab&nbsp;<em>Il me semble \u00e0 pr\u00e9sent que ma douleur \u00e0 moi ne compte plus. Elle a \u00e9t\u00e9 engloutie par la nouvelle, immense douleur. Mon deuil s\u2019est fondu avec ce nouveau terrible deuil (\u2026).<\/em>&nbsp;\u00bb Il n\u2019y a pas de tristesse morbide, elle m\u00e8ne une conversation apais\u00e9e avec les disparus, ce qui lui permet de vivre (p. 21) \u00ab<em>Tout ce qui se rapporte \u00e0 vous est si beau, si bienfaisant que j\u2019y renouvelle ma provision de courage, de calme, d\u2019\u00e9quilibre int\u00e9rieur. Merci pour tout ce que vous me donnez tous les trois (\u2026).<\/em> \u00bb&nbsp; Marguerite ne se plaint pas de sa vie&nbsp;; No\u00e9mie, la veuve d\u2019\u00c9douard, vit avec elle, et elles s\u2019occupent ensemble de leurs jeunes enfants en se soutenant mutuellement. Elle r\u00e9affirme \u00e0 Paul \u00e0 plusieurs reprises la certitude de la continuation de leur amour, et elle pr\u00e9cise (26 octobre 1915, p. 25)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Mon c\u0153ur gr\u00e2ce \u00e0 toi, \u00e0 notre amour, s\u2019est \u00e9panoui, s\u2019est agrandi, purifi\u00e9 et fortifi\u00e9 et \u00e0 pr\u00e9sent lorsque la vie est trop laide et trop triste, je ne suis jamais seule (\u2026).&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00eatre toi-et-moi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour retrouver la voix et la pr\u00e9sence de Paul, pour se reprojeter dans cette intimit\u00e9, elle explique le 14 novembre 1915 avoir d\u00e9cid\u00e9 une d\u00e9marche qu\u2019elle va suivre pendant deux ans, il s\u2019agit de recopier la correspondance re\u00e7ue de Paul de 1908 \u00e0 1913 (p. 27, extrait soulign\u00e9 \u00e9galement par Paul Reuss Jr dans sa pr\u00e9sentation) &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Chaque soir \u2013 quand ce ne sera pas trop tard ou que je ne serai pas trop fatigu\u00e9e \u2013 avant de m\u2019endormir je veux copier dans ce cahier une de tes lettres<\/em> [de 1908 \u00e0 1913], <em>il me semble t\u2019entendre me parler \u2013 ce ne sera pas moi seulement qui parlerai dans ce cahier, ce sera toi aussi. J\u2019intercalerai aussi de temps en temps une de mes lettres<\/em> [m\u00eame p\u00e9riode], <em>puis c\u2019est l\u2019\u00eatre toi-et-moi que je veux laisser parler \u2013 pas toi uniquement et surtout pas moi uniquement, mais cet \u00eatre toi-et-moi qui ne fait qu\u2019un, qui est grand, fort, qui doit \u00eatre bon, tr\u00e8s bon pour tous et doit vaincre la mort \u2013 puisqu\u2019il est \u00e9ternel.&nbsp;<\/em>\u00bb Ce Toi-et-Moi, cette essence particuli\u00e8re, qu\u2019on pourrait aussi appeler l\u2019esprit particulier de leur couple n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par la guerre, et avec ce Toi-et-Moi (p. 46) \u00ab&nbsp;<em>Nous poss\u00e9dons dans notre grand amour la source du vrai bonheur.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Correspondance entre les promis puis les \u00e9poux (1908 \u2013 1913)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On n\u2019insistera pas ici sur ces lettres qui occupent la grande majorit\u00e9 du volume, ce corpus de qualit\u00e9 sort de notre probl\u00e9matique \u00ab&nbsp;T\u00e9moignage Grande Guerre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Remarques diverses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>*<\/strong> maladies des enfants (avril 1916, p.81) &nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux pages relatent le harassement, l\u2019\u00e9puisement qu\u2019\u00e9prouve Marguerite, sur une p\u00e9riode de quelques semaines, \u00e0 s\u2019occuper des enfants souvent malades. L\u2019insomnie, l\u2019angoisse avec la peur de l\u2019aggravation, du d\u00e9c\u00e8s infantile, encore fr\u00e9quent \u00e0 cette \u00e9poque, sont bien d\u00e9crits&nbsp;: se sont accumul\u00e9s en peu de temps angines, bronchites, diagnostic de scoliose et arriv\u00e9e de la rougeole, on peut voir aussi le r\u00f4le apaisant des cahiers&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Voil\u00e0, Paul, j\u2019ai grogn\u00e9 et bien grogn\u00e9 et tu as eu la patience de m\u2019\u00e9couter jusqu\u2019au bout. Cela m\u2019a fait du bien et peut-\u00eatre cela ira-t-il mieux bient\u00f4t&nbsp;? Je l\u2019esp\u00e8re et viendrai te le dire.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>*<\/strong> le deuil en noir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (mai 1916, p. 128)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marguerite d\u00e9testait au d\u00e9but porter le deuil, ne pouvant en accepter l\u2019id\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>puisque je ne voulais pas que tu sois mort.<\/em>&nbsp;\u00bb Apr\u00e8s la mort des fr\u00e8res de Paul, elle lui explique que porter le deuil lui est devenu plus l\u00e9ger, que ce signe l\u2019englobe maintenant avec ses fr\u00e8res, une amie proche morte de maladie, \u00ab&nbsp;<em>et tant d\u2019autres<\/em>&nbsp;\u00bb. \u00catre en couleur dans ces moments troubl\u00e9s lui semble impossible, et de toute fa\u00e7on &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>toi tu vis, tu as triomph\u00e9 de la mort, tu ne peux plus mourir<\/em> (\u2026).\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>*<\/strong> \u00e9mergence du religieux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but on ne sait pas si la survie de Paul dans l\u2019esprit de Marguerite est li\u00e9e \u00e0 une promesse chr\u00e9tienne de r\u00e9surrection, ce n\u2019est pas formul\u00e9 de cette mani\u00e8re, mais probablement sous-entendu (famille protestante pratiquante). Le glissement progressif devient plus explicite dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du recueil, Marguerite intercale \u00e0 trois reprises la copie de textes de pr\u00e9dication de pasteurs&nbsp;; un passage d\u2019octobre 1916 illustre bien ce mouvement (p.150) \u00ab&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Notre Amour sera vainqueur.&nbsp;\u00bb<\/em> <em>O\u00f9&nbsp;? Quand&nbsp;? Comment&nbsp;?<\/em> (\u2026) <em>Nous devons apprendre \u00e0 attendre cette victoire avec patience et confiance et apprendre aussi \u00e0 \u00eatre reconnaissant \u00e0 cette lumineuse esp\u00e9rance qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e.<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cahiers s\u2019interrompent semble-t-il \u00e0 la fin de 1917.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lettres de Paul Reuss soldat (ao\u00fbt- septembre 1914)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces quelques extraits soulignent la duret\u00e9 de la courte campagne de Paul, il arrive au front d\u00e9but septembre avec un renfort du 5<sup>e<\/sup> RI. Il insiste sur l\u2019\u00e9puisement physique et le caract\u00e8re d\u00e9primant de la pluie fr\u00e9quente mais (21 septembre, p. 263) \u00ab&nbsp;<em>la principale privation est l\u2019absence totale de nouvelles de toi et de tous.&nbsp;<\/em>\u00bb Il est tu\u00e9 \u00e0 un moment caract\u00e9ristique de la deuxi\u00e8me quinzaine de septembre, qui voit les Allemands se retrancher sur des sites d\u00e9fensifs favorables, et les Fran\u00e7ais s\u2019\u00e9puiser dans des attaques meurtri\u00e8res et st\u00e9riles (B\u00e9theny, Chol\u00e9ra, Godat\u2026 voir aussi Anatole Bouve). \u00ab&nbsp;<em>Couch\u00e9s dans les tranch\u00e9es, sous la mitraille, il nous reste le temps de r\u00e9fl\u00e9chir et plus d\u2019une fois je t\u2019ai fait mentalement mes adieux. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9 jusqu\u2019ici et esp\u00e8re que la chance continuera \u00e0 me favoriser, si pareil souhait est chr\u00e9tien&nbsp;? Que cette terrible guerre se termine vite. C\u2019est le souhait de tous, mais sans abdiquer de nos justes revendications.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp; Sa derni\u00e8re lettre du 25 demande si \u00ab&nbsp;<em>cette d\u00e9licieuse petite H\u00e9l\u00e8ne est l\u00e0?<\/em>&nbsp;\u00bb Si c\u2019est un gar\u00e7on, ce serait Jean, en fait ce sera Jean-Paul.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On poss\u00e8de aussi une lettre-testament, r\u00e9dig\u00e9e sous le bombardement le 18 septembre, et qui a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e dans son portefeuille (p. 265). Cette \u00e9mouvante lettre d\u2019adieu m\u00e9lange les th\u00e8mes de l\u2019amour, de la tristesse et du devoir, sans &nbsp;mentionner la religion&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu sauras que jusqu\u2019au bout tout mon \u00eatre s\u2019est cramponn\u00e9 \u00e0 la vie pour toi, sans jamais d\u2019ailleurs abdiquer le devoir. J\u2019aurais voulu vivre et m\u00eame mort je vivrai pour toi et mon esprit t\u2019entourera.<\/em>\u00bb (\u2026) <em>Je n\u2019oublie pas les enfants dans ce supr\u00eame adieu. Que Georges sache que s\u2019il est orphelin, c\u2019est pour le d\u00e9fendre que son p\u00e8re est mort et qu\u2019il se pr\u00e9pare \u00e0 en faire autant pour ses propres enfants. Que Paulette en femme h\u00e9ro\u00efque apprenne \u00e0 souffrir comme sa m\u00e8re et \u00e0 songer avec amour \u00e0 ce p\u00e8re qui l\u2019aimait tant. Enfin, que l\u2019inconnu, H\u00e9l\u00e8ne ou Jean, qui j\u2019esp\u00e8re, n\u2019aura pas souffert de la guerre apprenne par ses fr\u00e8res et s\u0153urs qu\u2019il avait un p\u00e8re qui l\u2019aimait d\u00e9j\u00e0<\/em>.&nbsp;(\u2026)\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La grande maison familiale de la famille Cadier en vall\u00e9e d\u2019Aspe o\u00f9 la petite Marguerite a v\u00e9cu son enfance est maintenant un grand g\u00eete de vacances que l\u2019on peut louer via internet, son originalit\u00e9 \u00e9tant d\u2019y d\u2019avoir volontairement gard\u00e9 les traces de la m\u00e9moire familiale. Son site mail <em>Izarda<\/em> \u00e9voque le protestantisme et les premi\u00e8res voies trac\u00e9es par les Pyr\u00e9n\u00e9istes de la famille, on y trouve aussi un texte de 1991 de Paulette (2 ans en 1914)&nbsp; <a href=\"https:\/\/izarda.com\/2019\/01\/15\/marguerite-cadier\/\">https:\/\/izarda.com\/2019\/01\/15\/marguerite-cadier\/<\/a>&nbsp; qui raconte la vie paisible de sa m\u00e8re apr\u00e8s 1918 \u00ab&nbsp;<em>mais, pass\u00e9e cette affreuse guerre, il y avait les garnements\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb. On y trouve aussi cette remarque de Marguerite \u00e0 sa fille: <em>\u00ab&nbsp;Ma vie s\u2019est finie \u00e0 cet \u00e2ge&nbsp;\u00bb m\u2019a-t-elle dit le jour o\u00f9 une de mes cousines se mariait \u00e0 26 ans.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vincent Suard (septembre 2026)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. La t\u00e9moin Marguerite Cadier, fille de pasteur et originaire d\u2019Osse-en-Aspe dans les Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques, se marie en 1908 avec Paul Reuss, ing\u00e9nieur chez Thompson-Houston et natif de Strasbourg. \u00c0 la mobilisation, le couple a deux enfants (Georges, 5 ans et Paulette, 2 ans), et en attend un troisi\u00e8me. 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