{"id":5156,"date":"2026-10-28T19:09:11","date_gmt":"2026-10-28T18:09:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=5156"},"modified":"2026-10-28T19:11:39","modified_gmt":"2026-10-28T18:11:39","slug":"emmanuel-geisler-1895-1976","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/10\/28\/emmanuel-geisler-1895-1976\/","title":{"rendered":"Geisler, Emmanuel (1895-1976)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\">Emmanuel Geisler, <em>La guerre au quotidien. Carnets et lettres d\u2019Emmanuel Geisler et de ses proches de 1914 \u00e0 1918<\/em>, Mont\u00e9limar, \u00e9ditions Marie de la Baume, 2013, 405 pages<br><br>R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage :<br><br>Emmanuel Geisler (1895-1976) est le fils d\u2019une grande famille propri\u00e9taire forestier et de fabriques de papier des Vosges, disposant d\u2019un ch\u00e2teau, celui des Ch\u00e2telles, \u00e0 Etival-Clairefontaine, pr\u00e8s de Raon-l\u2019\u00c9tape. Il int\u00e8gre le 10\u00e8me BCP le 18 d\u00e9cembre 1914 et arrive sur le front d\u2019Artois en juin 1915. Il termine sa guerre lieutenant au 19\u00e8me BCP. S\u2019il tient d\u2019abord un carnet de guerre, ce sont surtout les lettres qu\u2019il \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re et \u00e0 sa famille qui sont aussi publi\u00e9es, ce jusqu\u2019au 20 novembre 1918. L\u2019ouvrage est compl\u00e9t\u00e9 des notes journali\u00e8res de Jean Arnoux, tenancier de caf\u00e9 du centre de Raon-l\u2019\u00c9tape, des souvenirs de Maria Braconnier, cuisini\u00e8re du ch\u00e2teau, puis par deux lettres de Michel Geisler, fr\u00e8re d\u2019Emmanuel, \u00e9crites en octobre 1914, d\u2019autres lettres de Jacqueline et Louis de Longeaux, de septembre 1914 \u00e0 juin 1916 et d\u2019une g\u00e9n\u00e9alogie.<br><br>\u00c9l\u00e9ments biographiques :<br><br>Emmanuel Henri Marie Geisler est n\u00e9 le 30 d\u00e9cembre 1895 \u00e0 Etival-Clairefontaine de l\u2019industriel Gabriel Louis (qui meurt subitement en f\u00e9vrier 1914) et de Marie Ernestine Am\u00e9lie Genin dont il est le 7\u00e8me enfant. Il \u00e9pouse \u00e0 Versailles le 28 d\u00e9cembre 1925 Berthe Albertine Jeanne Le Tellier avec laquelle il aura 6 enfants. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Etival le 9 mars 1976. Dans une lettre \u00e9crite en 1974, il r\u00e9sume son accession aux diff\u00e9rents grades dans sa campagne : \u00ab Chasseur de 1\u00e8re classe mon bapt\u00eame du feu au \u00ab Bois Carr\u00e9 \u00bb, du 15 au 19 juin 1915, comme je redescends seul de mon escouade on me nomma caporal \u00bb (\u2026) Le 15 ao\u00fbt suivant, toujours pour boucher les trous, je fus nomm\u00e9 sergent, je fus m\u00eame sergent fourrier \u00bb (\u2026) puis sergent grenadier. (&#8230;) \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e [1915] je fus d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9 comme sous-lieutenant et comme je n\u2019avais pas 20 ans on ne me nomma \u00e0 ce grade qu\u2019en redescendant de Verdun en 1916, car \u00e0 Verdun j\u2019avais command\u00e9 en fait la section o\u00f9 je me trouvais [5\u00e8me compagnie] et 2 ans apr\u00e8s, c\u2019est-\u00e0-dire au d\u00e9but de mai 1918, j\u2019obtins r\u00e9glementairement ma 2\u00e8me ficelle \u00bb. Son dossier de L\u00e9gion d\u2019Honneur est effectivement plus pr\u00e9cis quant \u00e0 ses grades : Entr\u00e9e en service le 19 d\u00e9cembre 1914 comme chasseur de 2\u00e8me classe au d\u00e9p\u00f4t du 10\u00e8me BCP. Caporal (5\u00e8me compagnie) sergent du 11 juin 1915 au 4 mai 1916. Sous-lieutenant chef de section \u00e0 titre temporaire (compagnie hors-rang) (page 137) du 5 mai au 18 septembre 1916. Officier-adjoint du commandant de compagnie, agent de liaison du Corps \u00e0 la Brigade, du 19 septembre au 9 novembre 1916. Officier de renseignement du 10 novembre 1916 au 10 mai 1918, lieutenant de renseignement du 11 mai 1918 (il fait un stage dans l\u2019aviation en septembre et dit commander un compagnie le 7 novembre) au 15 janvier 1919, lieutenant chef de section du 16 janvier au 22 ao\u00fbt 1919 et d\u00e9mobilis\u00e9 le 23 ao\u00fbt suivant pour devenir \u00e0 son tour industriel.  <br>Il traverse sa campagne en multipliant les miracles ; il re\u00e7oit une blessure superficielle par \u00e9clat d\u2019obus au mollet droit au Fort de Vaux le 7 avril 1916, l\u00e9g\u00e8rement touch\u00e9 au milieu de 3 morts et de deux autres bless\u00e9s. Il dit \u00e0 sa m\u00e8re la concernant : \u00ab Dites-vous que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9 \u00bb (page 179), avoue une autre blessure l\u00e9g\u00e8re au cou r\u00e9sultant d\u2019un accident de grenade (page 193), confie une ecchymose et avoir \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement gaz\u00e9 le 8 juin 1918 (page 259). Il dit aussi avoir fait une \u00ab sorte de crise de paludisme \u00bb (page 258) mais n\u2019\u00e9tait-ce pas la grippe espagnole ?<br>Il est cit\u00e9 le 18 juillet 1915 et le 16 septembre 1916 (transmission d\u2019ordres sur le champ de bataille), en juin 1918 (organisation d\u2019observatoires) et le 29 octobre 1918 (liaison et reconnaissance). Il est fait chevalier de la L\u00e9gion d\u2019Honneur le 20 juillet 1927. <br>Ayant 6 enfants \u00e0 la seconde d\u00e9claration de guerre, il ne sera pas mobilis\u00e9 en 1939. Bachelier es-lettres, il deviendra pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral des Pap\u00e8teries de Ch\u00e2telles. Il exercera \u00e9galement les fonctions de pr\u00e9sident du Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des Fabricants de papiers, cartons et celluloses jusqu\u2019en 1945, conseiller de la Banque de France. Localement il exerce aussi les fonctions pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 de Secours Mutuels \u00ab La Bienfaisante \u00bb de Raon-l\u2019Etape, des Anciens Combattants et de Sidi de la m\u00eame ville et de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re Association des Anciens de Lorette des Vosges. <br><br>Commentaires sur l&rsquo;ouvrage :<br><br>T\u00e9moignage majeur \u00e0 plus d\u2019un titre, les correspondances et le carnet de guerre d\u2019Emmanuel Geisler permettent d\u2019appr\u00e9hender la guerre d\u2019un jeune fils d\u2019industriel qui entre dans le conflit au seuil de ses vingt ans, conservant toute sa guerre son lien avec une m\u00e8re universellement aidante. Son aspect juv\u00e9nile est soulign\u00e9 dans une lettre re\u00e7ue par cette derni\u00e8re le 21 mai 1916 : \u00ab J\u2019ai \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi le plus beau des sous-lieutenants de chasseurs \u00e0 pied. (\u2026) Il a un petit air d\u2019avoir quinze ans et une physionomie rieuse et fine qui retient les regards et la sympathie. Son capitaine me l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 comme un homme de confiance. \u00c0 20 ans, c\u2019est toujours un titre flatteur \u00bb (page 187). Le 23 juillet 1916, il lui \u00e9crit : \u00ab Ce n\u2019est pas la qualit\u00e9 d\u2019officier qui m\u2019emp\u00eache d\u2019avoir 20 ans et d\u2019aimer retrouver une Maman \u00bb (page 193).<br>L\u2019ouvrage s\u2019ouvre sur un tr\u00e8s int\u00e9ressant \u00e9crit qu\u2019Emmanuel intitule \u00ab Journal d\u2019un non combattant, ao\u00fbt-d\u00e9cembre 1914, notes prises avec irr\u00e9gularit\u00e9 et paresse par un non combattant de 4 mois et demi \u00bb, tenu \u00e0 partir du 25 juillet 1914. Il y d\u00e9crit ce qu\u2019il fait et constate avant sa propre entr\u00e9e en guerre. Il pense d\u2019abord \u00e0 s\u2019engager ; le 1er septembre, il dit \u00ab J\u2019en suis d\u00e9gout\u00e9, toujours fuir, jamais je n\u2019ai tant recul\u00e9 ! Je me ferai honte moi-m\u00eame, ah, que je ne suis n\u00e9 un an plus t\u00f4t, je partirai maintenant ! \u00bb (page 47). Le 6, l\u2019appel de sa classe est enfin annonc\u00e9 ; il dit \u00ab Je vais me choisir des souliers. Je suis bien content ! \u00bb (page 49). Son \u00ab rapport \u00bb de l\u2019ambiance parisienne d\u2019ao\u00fbt 14 puis sa visite en voiture, qu\u2019il conduit lui-m\u00eame, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re puis au front, dans les r\u00e9gions lib\u00e9r\u00e9es, de Rambervillers \u00e0 Raon-l\u2019Etape, est un m\u00e9lange de constatations visuelles et de rapports d\u2019une guerre par procuration, exag\u00e9r\u00e9e par un ind\u00e9niable bourrage de cr\u00e2ne dont il n\u2019est pas enti\u00e8rement dupe. Ainsi, ces 50 pages du journal pendant la guerre d\u2019un bourgeois adolescent patriote est particuli\u00e8rement \u00e9clairant. <br>Le 18 d\u00e9cembre 1914, il est appel\u00e9 au 10\u00e8me Bataillon de Chasseur \u00e0 Pied et arrive 2\u00e8me classe \u00e0 Langres (13\u00e8me compagnie). Il devient rapidement chef d\u2019escouade et passe 1\u00e8re classe (27 avril), instruisant la classe 1916. Sa p\u00e9riode d\u2019instruction achev\u00e9e, il arrive sur le front d\u2019Artois en juin 1915, ce jusqu\u2019en janvier 1916. Il d\u00e9couvre au front la guerre, sa salet\u00e9 et ses conditions de vie. Le 1er ao\u00fbt 1915, il \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re : \u00ab Ecoutez, je sais ce que c\u2019est le feu, eh bien cela va. Mais si jamais je retourne au d\u00e9p\u00f4t, \u00e0 la suite d\u2019une blessure, jamais je ne serai volontaire pour repartir comme je l\u2019ai \u00e9t\u00e9, car je sais ce que c\u2019est la vermine \u00bb. Il cherche d\u2019ailleurs \u00e0 ce moment (page 232) \u00e0 s\u2019embusquer dans l\u2019artillerie en faisant jouer des relations (page 124), projet finalement vague et inabouti puisque Emmanuel Geisler fera \u00ab sa \u00bb guerre jusqu\u2019au bout. En ao\u00fbt 1915, il occupe un temps le r\u00f4le d\u2019avocat d\u2019un caporal accus\u00e9 d\u2019homicide par accident au Conseil de Guerre, dont il obtient l\u2019acquittement (p. 131), r\u00f4le qu\u2019il endosse \u00e0 nouveau en mars et en avril 1916 (pages 174 et 183). Suivent Verdun (f\u00e9vrier \u00e0 ao\u00fbt 1916), La Somme (ao\u00fbt \u00e0 d\u00e9cembre 1916), l\u2019Alsace (d\u00e9cembre 1916 \u00e0 juin 1917), l\u2019Aisne (juin \u00e0 novembre 1917), les Vosges (fin novembre 1917 \u00e0 mai 1918), seconde bataille de La Marne (mai \u00e0 juillet 1918) et Champagne, sous Reims, d\u2019ao\u00fbt \u00e0 novembre 1918 dans une guerre, longue suite de miracles. Il convient parfois de sa chance quand un obus enl\u00e8ve son k\u00e9pi et n\u2019entra\u00eene sur lui \u00ab qu\u2019un peu d\u2019abrutissement et de surdit\u00e9 passag\u00e8re \u00bb (page 110). <br>La lecture de la guerre d\u2019un fils qui maintient tant le lien maternel donne une teinte particuli\u00e8re \u00e0 ce livre, dans lequel la guerre est finalement secondaire, laissant place \u00e0 une correspondance domestique, pratique, \u00e0 hauteur d\u2019homme dans la tranch\u00e9e (au risque de le faire passer pour un Dandy, mais ses moyens lui permettent), citant beaucoup de produits de consommation. Il s\u2019en explique le 12 septembre 1916 : \u00ab La consigne m\u2019emp\u00eache de vous dire ce qui serait int\u00e9ressant \u00bb (page 199). Pass\u00e9 sous-lieutenant, il se pr\u00e9occupe de son apparence par \u00e9l\u00e9gance et confie par l\u00e0-m\u00eame avoir moins besoin d\u2019argent. Il a conscience que son r\u00f4le d\u2019agent de liaison lui conf\u00e8re une certaine protection. Il dit le 9 septembre 1916 : \u00ab Je suis en ce moment un sale embusqu\u00e9 \u00bb. Mais ce fils bourgeois garde bien entendu sa cuture industrielle ! Le 5 mai 1917, il commente : \u00ab L\u2019arm\u00e9e a de dr\u00f4les de m\u00e9thodes de travail. Je sais bien que la main-d\u2019\u0153uvre ne lui co\u00fbte rien, mais un entrepreneur civil proc\u00e9dant ainsi serait ruin\u00e9 en quelques jours \u00bb ! Censure oblige, il s\u2019\u00e9panche peu dans ses courriers mais marque toutefois quelques r\u00e9flexions plus profondes, signes de maturit\u00e9. Parfois, il r\u00e9v\u00e8le des sentiments plus surr\u00e9alistes, notamment quand le sujet concerne l\u2019Allemagne et les for\u00eats. Le 12 mai 1917, il dit : \u00ab &#8230; si nous reprenons l\u2019Alsace comme le Nord, les for\u00eats seront br\u00fbl\u00e9es et les fermes ras\u00e9es. Il n\u2019y a pas d\u2019h\u00e9sitation \u00e0 avoir \u00bb (page 226). La guerre est longue et le moral n\u2019est pas bon ; il dit, le 3 ao\u00fbt 1917 : \u00ab La guerre est maintenant un sujet dont j\u2019\u00e9vite de parler avec les poilus, quiconque a v\u00e9cu avec la troupe en fait autant, car il n\u2019est pas difficile de se rendre compte que si vous-m\u00eame trouvez le temps long, combien le paysan qui n\u2019attend rien que la fin pour s\u2019en aller, doit faire de mauvaises r\u00e9flexions ! \u00bb. Il se confie \u00e9galement sur son r\u00f4le d\u2019officier par rapport \u00e0 la troupe ; plus loin, il dit : \u00ab \u2026 la discipline se maintient gr\u00e2ce \u00e0 la force d\u2019inertie et notre r\u00f4le est d\u2019\u00e9viter les frottements en nous montrant fermes et en s\u2019occupant de la vie mat\u00e9rielle \u00bb. Poursuivant son analyse psychologique, mais d\u00e9voilant \u00e9galement sa diff\u00e9rence sociale et d\u2019\u00e9duction, il disserte dans le paragraphe suivant : \u00ab Il faudrait parler aux gens du sacrifice. L\u2019\u00e9ducation qu\u2019ils ont re\u00e7ue ne leur permet pas de le comprendre. Et pourtant certains actes individuels montrent qu\u2019il y a \u00e7\u00e0 et l\u00e0 cette id\u00e9e de sacrifice \u00e0 l\u2019\u00e9tat latent et qu\u2019un choc peut la faire sortir ; mais il faut ce choc et s\u2019il vient, il est amen\u00e9 par des contingences absolument ind\u00e9pendantes de nous \u00bb (page 232). Il revient en d\u00e9cembre 1917 sur la dur\u00e9e de la guerre, et s\u2019\u00e9tonne : \u00ab Si je pensais faire 3 ans \u00e0 ce moment, je ne pensais pas en tout cas faire 3 ans de guerre, ni vous non plus. Il me semble maintenant que je n\u2019ai gu\u00e8re v\u00e9cu en temps de paix et je ne compte plus avec l\u2019avenir qu\u2019en supputant les repos et les p\u00e9riodes de tranch\u00e9es et les p\u00e9riodes de permission qui peuvent m\u2019\u00e9choir \u00bb (page 245). Il confie quelques jours plus tard que sa \u00ab sensibilit\u00e9 s\u2019est beaucoup \u00e9mouss\u00e9e depuis la guerre \u00bb (page 246).<br>L\u2019ouvrage est compl\u00e9t\u00e9 de lettres et de souvenirs qui centrent l\u2019int\u00e9r\u00eat sur la demeure familiale des industriels, le ch\u00e2teau des Ch\u00e2telles (voir sa visite le 9 d\u00e9cembre 1917, sa description, l\u2019usine et le moral des ouvriers (page 244)).  <br>Publi\u00e9 opportun\u00e9ment par Marie Geisler de la Baume, petite-fille d\u2019Emmanuel, cette correspondance permet d\u2019entrer dans l\u2019intimit\u00e9 et l\u2019histoire des familles industrielles vosgiennes, \u00e0 l\u2019instar de Marie Favre pour la famille Cuny-Boucher, ou de Fran\u00e7ois Mathey, milieu rarement p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par la litt\u00e9rature testimoniale. Ce t\u00e9moignage, par le caract\u00e8re adolescent du t\u00e9moin, au moins dans la premi\u00e8re partie d\u2019une guerre qui le forge lentement en combattant meneur d\u2019hommes, l\u2019ouvrage rappelle celui de Pierre Suberviolle ou d\u2019Eug\u00e8ne Lasbleis, autres bons fils.<br>On note quelques rares coquilles (52 \u00e0 Co\u00ebtquidan ou Loquenaire, pour Laquenaire page 155, abri-caserne (page 217), cuv\u00e9e pour corv\u00e9e page 179) ou Hurding Stellung (page 274) et un manque parfois de notes de bas de page. De m\u00eame les photos qui illustrent l\u2019ouvrage sont trop petites, de basse qualit\u00e9 ou non l\u00e9gend\u00e9es. La pr\u00e9sentatrice donne peu d\u2019informations sur le corpus publi\u00e9 mais pr\u00e9cise dans une note qu\u2019Emmanuel Geisler a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des ajouts apr\u00e8s la guerre (page 224).  <br><br>Renseignements tir\u00e9s de l&rsquo;ouvrage :<br><br>Page 34 : 28 juillet, disparition de l\u2019or et de la monnaie (vap 37)<br>              : Croit \u00e0 la guerre d\u00e8s le 29 juillet<br>              : Passe la fronti\u00e8re allemande au col de Sainte-Marie, ambiance <br>36 : Vue de Raon-l\u2019\u00c9tape le 30 juillet (bilan page 60)<br>     : Pense \u00e0 s\u2019engager (vap 46, 47, 49, 50, 60)<br>37 : Enterrement des bijoux<br>     : Exemple de r\u00e9quisition expresse des chevaux<br>     : Impression de fuite de Raon-l\u2019\u00c9tape : \u00ab \u2026 je rel\u00e8ve la capote pour qu\u2019on ne voie pas \u00ab notre fuite \u00bb dans Raon \u00bb<br>     : Sur l\u2019assassinat de Jaur\u00e8s<br>41 : 3 ao\u00fbt : \u00ab On craint la famine, les gens ont mont\u00e9 chez eux un entrep\u00f4t d\u2019\u00e9picerie \u00bb<br>     : Mariages pr\u00e9cipit\u00e9s et avanc\u00e9s<br>42 : Espionnite et fausses nouvelles<br>47 : Sur l\u2019action des aviateurs anglais que la population ne doit pas prendre pour des allemands<br>48 : R\u00e9quisition d\u2019essence<br>     : Panne de voiture (vap 54, 57)<br>51 : Ecrit Uhlands au lieu de Uhlan<br>54 : Sur les uniformes<br>55 : R\u00e9flexion d\u2019adolescent sur la \u00ab paire d\u2019avant-sc\u00e8ne bien portante \u00bb d\u2019une femme<br>     : Dur\u00e9e de la guerre<br>58 : Les papiers d\u2019une automobile<br>59 : Gendarmes tatillons (vap 60, \u00e9panchement sur la r\u00e9alit\u00e9 du m\u00e9tier de gendarme)<br>62 : Etat de La Chipotte en octobre 1914<br>64 : Raon-l\u2019Etape et La Neuveville, affaire des 51 fusill\u00e9s de la passerelle<br>65 : Sur le XV\u00e8me Corps (vap 69, 77 vol, Mayennais \u00e9gaux au gens du Midi, 80)<br>     : 12 soldats fusill\u00e9s pour pillage \u00e0 Rambervillers<br>70 : Ivresse g\u00e9n\u00e9rale des sanitaires allemands, \u00e9tat des ambulances (exag\u00e9r\u00e9)<br>     : Etat des lieux du ch\u00e2teau des Ch\u00e2telles<br>72 : Salet\u00e9 allemande<br>74 : Senones appel\u00e9e Seunchen par les allemands, bourrage de cr\u00e2ne mais pr\u00e9cise \u00ab sans doute \u00bb<br>75 : Abb\u00e9 Lahache<br>77 : Vol de cristaux de Baccarat<br>     : 3 sortes de femmes allemandes \u00e0 Raon, ce qu\u2019il en pense (vap 344)<br>78 : Alcoolisation du soldat allemand<br>80 : Sur les m\u00e9dailles pieuses ; il en a 5 et dit : \u00ab Si avec cela je ne vais pas tout droit au Paradis, je ne sais vraiment pas ce qu\u2019il m\u2019aura manqu\u00e9 ! \u00bb<br>86 : Pr\u00e9f\u00e8re la compagnie des Parisiens par rapport \u00e0 celle des Vosgiens<br>     : Son habillement<br>89 : D\u00e9signe celui qui devra annoncer sa mort (Pierre de la Fontaine, colonel d\u2019artillerie) et comment<br>90 : Lettre par la cr\u00e9maill\u00e8re (pour contourner la censure)<br>92 : Chasseur de 1\u00e8re classe, galon de laine jaune, les caporaux sont nomm\u00e9s seulement au front<br>93 : Onatoplasure, sinapisme, Momaye, ouate thermog\u00e8ne<br>94 : 4 compagnies = 64 escouades <br>95 : Produits \u00ab Entub \u00bb, en tube d\u2019\u00e9tain : caf\u00e9 au lait, chocolat, camembert poudre insecticide, rillette, etc. (vap 124, 130, finalement peu pratique)<br>105 : Sur le vol dans le courrier<br>106 : A peur de prendre le k\u00e9pi d\u2019un mort<br>108 : Cr\u00e9syl anti mouche<br>110 : Explosion poche, k\u00e9pi enlev\u00e9, chance et accoutumance de la mort<br>       : Mort du lieutenant Ferry, charg\u00e9 d\u2019affaires \u00e0 Saint-Di\u00e9<br>       : Demande un k\u00e9pi et des v\u00eatements (vap 106 (de l\u2019argent), 113 (un revolver d\u2019un mod\u00e8le pr\u00e9cis), vap 134)<br>112 : Tabac pour chasser les mouches et les odeurs<br>113 : Reptation syst\u00e8me H\u00e9bert<br>       : Caporal \u00e0 la 5\u00e8me compagnie, ce que cela lui a co\u00fbt\u00e9, sa citation, ses \u00e9toiles, son pr\u00eat (119) (120) (vap 122)<br>114 : Explique la tension nerveuse du bataillon par le bombardement<br>115 : Raccripott\u00e9, ratatin\u00e9 sur soi-m\u00eame<br>       : Secours de la religion<br>       : Prix des denr\u00e9es<br>116 : Poux<br>117 : Artisanat de tranch\u00e9e<br>118 : Riquel\u00e8s<br>121 : Vue de d\u00e9coration avec cin\u00e9ma et g\u00e9n\u00e9raux<br>122 : Tirailleurs, \u00ab sales troupes \u00bb<br>123 : O\u00f9 sont les poux, dans quels tissus, pommade contre (vap 124)<br>       : Blaireau \u00e0 poils r\u00e9tractables<br>129 : Demande de l\u2019argent pour payer son tampon (ordonnance de sous-officier, \u00e9tant sergent fourrier)<br>132 : Myope et malades du c\u0153ur appel\u00e9s \u00ab cinq pattes \u00bb<br>       : 2 jours de plus de permission pour les Croix de guerre<br>134 : \u00ab Mettre les b\u00e2tons \u00bb, se sauver<br>       : 50 francs la vareuse Bleu Horizon<br>       : Sac de couchage<br>136 : Chambre \u00e0 gaz (vap 153), touche l\u2019Adrian et les 1ers masques \u00e0 gaz (vap 137 utilit\u00e9)<br>139 : Sur les feuill\u00e9es ; le plus important quand on commande !<br>140 : Gilet Rasurel<br>       : Produit Saintas contre la vermine<br>141 : Gu\u00eatres<br>143 : Sur l\u2019emploi du revolver<br>145 : Cheviet ou Korkrew, noms de drapiers<br>146 : Pieds gel\u00e9s (vap 149, description, 150, s\u2019en pr\u00e9munir), boue avalant les chaussures<br>150 : Contact et tr\u00eave de la boue, accords tacites, admonestation du commandement<br>153 : Bataille de boules de neige<br>155 : Remise de croix de guerre<br>159 : Chocolatier Chauvel<br>160 : Vue de Boissoudy, ridiculement militaire<br>162 : Douleur d\u2019un p\u00e8re, pr\u00e9monition de sa mort par le fils<br>163 : Dranem<br>164 : Jumelle Huet, chaussures Cook (rue Auber \u00e0 Paris)<br>166 : Sur les coiffes<br>167 : Descriptions des codes couleurs de sa tenue bleu horizon chasseur<br>168 : Cr\u00e9ation de \u00ab pelotons d\u2019\u00e9l\u00e8ves caporaux, d\u2019\u00e9l\u00e8ve sous-officiers, d\u2019\u00e9l\u00e8ves officiers \u00bb et \u00e9preuves d\u2019arithm\u00e9tique, de g\u00e9om\u00e9trie, d\u2019histoire, de g\u00e9ographie et une dict\u00e9e<br>169 : \u00ab La guerre n\u2019a chang\u00e9 que bien peu de gens \u00bb\u2026 \u00ab pour moi principe fondamental. Se f.. de tout \u00bb.<br>175 : Vue de Verdun le 23 mars 1916<br>       : Cirage Lion Noir<br>193 : Dur\u00e9e de la guerre<br>194 : Cravate de chasse kaki, \u00ab commode car peu salissant \u00bb<br>206 : Troupe th\u00e9\u00e2trale du 21\u00e8me Corps<br>208 : Il ne sait pas monter \u00e0 cheval et fait ainsi une diff\u00e9rence entre cavalier et officier mont\u00e9<br>211 : Costume de chez Richard (trop serr\u00e9)<br>216 : Comment on traite les colis<br>       : Sur l\u2019esprit et le moral des chasseurs<br>217 : Boussole alidade \u00e0 roulettes de chez Delagrave qui sert aussi de curvim\u00e8tre<br>218 : Cache-nez interdit car ce n\u2019est pas militaire selon le g\u00e9n\u00e9ral<br>       : Sur le manque de sucre<br>       : \u00ab On a des histoires avec les Eaux et For\u00eats parce qu\u2019on coupe. Ces gens-l\u00e0 vous emb\u00eatent. Si on les \u00e9coutait une panne vaudrait mieux qu\u2019un homme \u00bb<br>231 : Homme tu\u00e9 par la pale d\u2019un avion au d\u00e9marrage<br>246 : D\u00e9crit Maria Braconnier<br>253 : \u00ab C\u2019est tout de m\u00eame \u00e9tonnant qu\u2019ils ne cherchent pas \u00e0 d\u00e9molir la tour Eiffel \u00bb !<br>266 : Mouches<br>267 : Piqu\u00e9 par une gu\u00eape<br>270 : Fait un tour en tank<br>274 : Paragraphe sur l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit allemand d\u00e9termin\u00e9e et encore combattif, qui \u00ab r\u00e9siste jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement, blessure ou mort \u00bb le 31 octobre 1918<br>275 : Ambiance le 7 novembre 1918 et ce que pense la classe 18<br>277 : Vue et ambiance au 11 novembre, soviets allemands <br>278 : Evoque toujours le front le 20 novembre<br><br>Le livre se poursuit par \u00ab 19 jours d\u2019occupation allemande, du 24 ao\u00fbt au 12 septembre 1914. Notes journali\u00e8res d\u2019un t\u00e9moin oculaire, Jean Arnoux, Caf\u00e9 du point Central \u00e0 Raon-l\u2019\u00c9tape \u00bb. Cet ajout comprend le t\u00e9moignage du g\u00e9rant du caf\u00e9 du Point Central, situ\u00e9 au centre de la ville, \u00e0 l\u2019intersection des actuelles rues Jules Ferry et Charles Weil sur la p\u00e9riode du lundi 24 ao\u00fbt au 12 septembre 1914 correspondant \u00e0 la courte p\u00e9riode d\u2019occupation de la ville pendant la bataille des fronti\u00e8res. Le t\u00e9moignage, r\u00e9f\u00e9rentiel, n\u2019est toutefois pas g\u00e9n\u00e9alogiquement et socialement introduit par Marie de la Baume.<br><br>Page 293 : Beaut\u00e9 et horreur de l\u2019incendie de Raon-L\u2019\u00c9tape<br>299 : Officiers allemands parlant presque tous fran\u00e7ais<br><br>Nous mentionnons que les t\u00e9moignages de Jean Arnoux et de Maria Braconnier ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans le num\u00e9ro 1 des Cahiers d\u2019Archipel sous le titre 1914 \u00e0 Raon-L\u2019Etape, r\u00e9cits in\u00e9dits, Kruch \u00e9diteur en 1985, 32 pages. <br> <br>L\u2019ouvrage se poursuit par les souvenirs de Marie-Louise Jouvenot (1863-1948), appel\u00e9e Maria, \u00e9pouse de Louis Braconnier (1861-1906), r\u00e9gisseur des fermes des Ch\u00e2telles, attenantes au ch\u00e2teau. Cuisini\u00e8re au ch\u00e2teau, elle est une femme de grande conscience et d\u2019autorit\u00e9 qui a pass\u00e9 toute sa vie au service de la famille Geisler, tant dans les Vosges qu\u2019\u00e0 Poncillon, pr\u00e8s de Metz. Son t\u00e9moignage couvre la p\u00e9riode qui va de la veille de la mobilisation \u00e0 la fin de la guerre sur 20 pages. Il permet \u00e0 la fois de suivre son propre d\u00e9placement d\u2019exode, chass\u00e9e par l\u2019invasion, et ses conditions de p\u00e9riple, ballott\u00e9e dans les premi\u00e8res semaines de guerre, voyage surr\u00e9aliste avec ses trois chiens et un \u00e2ne, jusqu\u2019au retour aux Ch\u00e2telles lib\u00e9r\u00e9es par le recul allemand du 12 septembre 1914, puis tout ce qu\u2019elle a fait pour remettre en \u00e9tat un ch\u00e2teau profond\u00e9ment impact\u00e9 par les bombardements et les d\u00e9gradations dues \u00e0 19 jours d\u2019occupation ennemie qui le laissent dans un \u00e9tat d\u2019insalubrit\u00e9 particuli\u00e8rement impressionnant.<br><br>Page 305 : Comment elle cache l\u2019argenterie (vap 314, retrouv\u00e9e intacte (p. 334) mais d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e    <br>(p. 382), lard dans le calorif\u00e8re (p. 314).<br>317 : Inhumations \u00e0 La Chipotte, vue de tombes avec bouteilles renvers\u00e9es<br>319 : Invasion de mouches, br\u00fblage \u00e0 la torche la nuit <br>322 : Miracle de bombardement<br>323 : Chambre transform\u00e9e en chapelle<br>325 : Le 11 novembre \u00e0 Raon-l\u2019\u00c9tape<br><br>Il se poursuit avec la reproduction de lettres de Michel Geisler, fr\u00e8re d\u2019Emmanuel, (cit\u00e9 page 135 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Bourges pour amibes) sur la p\u00e9riode du 15 au 9 octobre 1914.<br>331 : Clavi\u00e8res, maire de Raon, fuyard, h\u00e2bleur (vap 332) <br>       : Odeur de La Chipotte, d\u00e9blaiement<br>       : Particuli\u00e8rement violent sur les soldats du Midi : \u00ab Quant aux M\u00e9ridionaux\u2026 !!!! Je pr\u00e9f\u00e8re ne pas en parler, ce que je pourrais dire sur leur comportement ne s\u2019\u00e9crit pas. Je crois du reste que les balles fran\u00e7aises en ont tu\u00e9s autant que les balles allemandes et ce n\u2019est que justice ! Race mis\u00e9rable et l\u00e2che ! \u00bb <br>332 : Qui sont les l\u00e2ches \u00e0 Raon-l\u2019\u00c9tape : \u00ab Le maire et tout le Conseil sauf trois membres. Cur\u00e9 et vicaires ! Charles Martin pr\u00e9sident de la Croix Rouge ! \u00bb<br>       : Description des Ch\u00e2telles<br>       : Pied humain retrouv\u00e9 dans un massif de fleurs<br>334 : Les v\u00e9hicules<br>       : Animaux enterr\u00e9 dont les pattes d\u00e9passent du sol<br>       : Michel Geisler fait un petit mus\u00e9e<br>335 : Que faire des corps allemands ?<br><br>Suivent les lettres de Jacqueline, s\u0153ur d\u2019Emmanuel, et de Louis de Longeaux, sur la p\u00e9riode septembre 1914 \u00e0 juin 1916. Jacqueline a quitt\u00e9 les Vosges en juillet 1914 avec ses enfants pour s\u2019installer en Bretagne, \u00e0 La Gacilly, chez sa belle-m\u00e8re, H\u00e9l\u00e8ne de Longeaux, pour les vacances. Elle y restera jusqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s de son fils Daniel, le 17 ao\u00fbt 1915, et s\u2019installera au Mans. Son mari Louis, d\u2019abord mobilis\u00e9 dans la Place de Toul, sera d\u00e9mobilis\u00e9 en 1915 car p\u00e8re de 6 enfants. C\u2019est lui qui va assurer le red\u00e9marrage et le fonctionnement de la pap\u00e8terie des Ch\u00e2telles pendant la guerre en tenant r\u00e9guli\u00e8rement inform\u00e9e sa belle-m\u00e8re, Marie.<br><br>Page 344 : Allemands pillant avec leurs propres femmes <br>359 : Echo des montagnes<br>363 : Poudres de Coch contre les probl\u00e8mes gastriques<br>365 : Bonheur insolent de Schwindenhammer, dont les autos n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9es<br>370 : Piq\u00fbres d\u2019oesmastyl et eau de la Bourboule pour les probl\u00e8mes de digestion<br>374 : Bombardement de La Neuveville, qui est touch\u00e9<br>385 : G\u00e9n\u00e9ral Brut\u00e9 de R\u00e9mur<br>       : Geisler s\u2019oppose \u00e0 son installation<br><br><em>Yann Prouillet, octobre 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Emmanuel Geisler, La guerre au quotidien. Carnets et lettres d\u2019Emmanuel Geisler et de ses proches de 1914 \u00e0 1918, Mont\u00e9limar, \u00e9ditions Marie de la Baume, 2013, 405 pages R\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : Emmanuel Geisler (1895-1976) est le fils d\u2019une grande famille propri\u00e9taire forestier et de fabriques de papier des Vosges, disposant d\u2019un ch\u00e2teau, celui des &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2026\/10\/28\/emmanuel-geisler-1895-1976\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Geisler, Emmanuel (1895-1976)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5161,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[914,202,3,10,6,15,1],"tags":[1155,1450,784],"class_list":["post-5156","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-10e-bcp","category-202","category-carnet","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","category-officier-infanterie","category-uncategorized","tag-chasseur-a-pied","tag-lettres-et-carnet","tag-vosges"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5156"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5156\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5163,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5156\/revisions\/5163"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5156"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}