{"id":522,"date":"2011-09-28T11:25:34","date_gmt":"2011-09-28T10:25:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=522"},"modified":"2021-09-12T19:46:27","modified_gmt":"2021-09-12T18:46:27","slug":"callies-alexis-1870-1950","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/28\/callies-alexis-1870-1950\/","title":{"rendered":"Callies, Alexis (1870-1950)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p><strong> <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/Callies001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-523\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/Callies001-184x300.jpg\" alt=\"\" width=\"184\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/Callies001-184x300.jpg 184w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/Callies001.jpg 554w\" sizes=\"auto, (max-width: 184px) 100vw, 184px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>Alexis Eug\u00e8ne Callies est n\u00e9 \u00e0 Annecy le 26 mars 1870 d\u2019un p\u00e8re m\u00e9decin. N\u00e9gligeant la carri\u00e8re militaire, il souscrit \u00e0 21 ans un engagement volontaire pour trois ans \u00e0 l\u2019\u00e9cole polytechnique, mais sort dernier de sa promotion. De 1893 \u00e0 1895, il compl\u00e8te sa formation \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019Application de l\u2019Artillerie et du G\u00e9nie de Fontainebleau, avec pour sp\u00e9cialisations l\u2019artillerie de marine puis \u00ab de terre \u00bb. Il \u00e9pouse le 26 ao\u00fbt 1895 la fille d\u2019un ing\u00e9nieur t\u00e9l\u00e9graphiste, Marie-Louise Amiot, avec laquelle il aura 5 enfants. D\u00e8s octobre, il rejoint le 7<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie de Rennes puis le 17<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie \u00e0 pied de Toulon. Capitaine en 1907, Alexis Callies entre en guerre \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1914 \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une batterie de 75 du 19<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;artillerie de N\u00eemes, \u00e9l\u00e9ment du 15<sup>e<\/sup> Corps. Il a 44 ans. Entre 1914 et 1918, il occupe successivement les fonctions de capitaine commandant de batterie, officier adjoint au commandant d\u2019une artillerie de corps d\u2019arm\u00e9e puis chef d\u2019escadron commandant un groupe d\u2019artillerie de campagne. C\u2019est \u00e0 ce grade qu\u2019il prend une retraite anticip\u00e9e le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1919 et se reconvertit dans l\u2019industrie, \u00e0 Levallois-Perret. Il prend dans le civil de nombreuses responsabilit\u00e9s, dont celle d\u2019arbitre-expert pr\u00e8s le tribunal de commerce de la Seine. \u00ab\u00a0<em>Catholique pratiquant mais cl\u00e9rical mod\u00e9r\u00e9, ralli\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique mais non sans m\u00e9fiance envers le r\u00e9gime, le commandant Callies appartient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019officiers la plus \u00e9prouv\u00e9e par les scandales qui \u00e9branl\u00e8rent l\u2019arm\u00e9e entre 1890 et 1910<\/em> \u00bb selon son pr\u00e9sentateur Eric Labayle (page 10). Son caract\u00e8re et ses opinions furent tr\u00e8s certainement une raison de sa carri\u00e8re militaire inachev\u00e9e, m\u00eame s\u2019il la poursuit comme officier de r\u00e9serve, \u00e9tant promu lieutenant-colonel en 1924. En 1928, il entame une carri\u00e8re politique qui le propulse d\u00e9put\u00e9 d\u2019Annecy et participe \u00e0 la vie l\u00e9gislative dans un groupe de l\u2019Union R\u00e9publicaine D\u00e9mocratique. Battu en 1932, il met un terme \u00e0 cette exp\u00e9rience et retourne \u00e0 l\u2019industrie. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Mars-sur-Allier (Ni\u00e8vre) le 23 juin 1950.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Callies, Alexis, <em>Carnets de guerre d&rsquo;Alexis Callies, (1914-1918)<\/em>, retranscrits et comment\u00e9s par Eric Labayle, Ch\u00e2teau-Thierry, E\/L \u00e9ditions, 1999, 559 pages.<\/p>\n<p>Le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914, alors en man\u0153uvre, il apprend le caract\u00e8re in\u00e9luctable de la guerre qui fermente depuis plusieurs jours. Les jours suivants sont consacr\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9paration du r\u00e9giment \u00e0 la grande revanche. M\u00eame s&rsquo;il constate quelques dysfonctionnements organisationnels et humains, Alexis Callies est confiant et tient sa batterie en main dans le train qui l&#8217;emm\u00e8ne vers le nord. C&rsquo;est en Lorraine, \u00e0 Diarville, que d\u00e9barque le r\u00e9giment qui maintenant marche \u00e0 l&rsquo;ennemi. Le 10 ao\u00fbt, il atteint Parroy, \u00e0 l&rsquo;est de Lun\u00e9ville, et s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 traverser la fronti\u00e8re. Le premier village allemand derri\u00e8re celle-ci est Lagarde, o\u00f9 l&rsquo;infanterie se trouve d\u00e9j\u00e0. Le bapt\u00eame du feu y est terrible le 11 ao\u00fbt, qui voit la perte de deux batteries sur les trois du groupe et de 63 hommes. L&rsquo;avance en territoire ennemi s&rsquo;inscrit toutefois les jours suivants jusqu&rsquo;\u00e0 Dieuze. Le 20, un revers lent mais irr\u00e9sistible s&rsquo;op\u00e8re et fait reculer infanterie et artillerie vers la France. Le 19<sup>\u00e8me<\/sup> retraite jusqu&rsquo;\u00e0 Blainville o\u00f9 le capitaine Callies s\u00e9journe jusqu&rsquo;au 3 septembre.<\/p>\n<p>Le 5, le r\u00e9giment est d\u00e9plac\u00e9 pour \u00e9chouer \u00e0 Bar-le-Duc o\u00f9, au sud de Revigny-sur-Ornain, se d\u00e9roule \u00ab\u00a0<em>sa<\/em> \u00bb bataille de la Marne. Une courte marche vers le nord suit la victoire pour cristalliser d\u00e9finitivement le front du 19<sup>e<\/sup> RA \u00e0 l&rsquo;ouest de Verdun, \u00e0 proximit\u00e9 de Dombasle-en-Argonne. L\u00e0, malgr\u00e9 les esp\u00e9rances de reprises de la guerre de mouvement, le front lentement s&rsquo;enlise et s&rsquo;enterrent les batteries du capitaine Callies, qui doit faire l&rsquo;apprentissage de la guerre de position. Soutien de plus en plus d\u00e9fini de l&rsquo;infanterie dans des attaques ponctuelles, le groupe Callies ne quittera ce secteur que le 24 mai 1915. A cette date, il se trouve \u00e0 l&rsquo;est de Sainte-Menehould. L\u00e0 encore, il ne d\u00e9borde pas d&rsquo;activit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 un nouveau d\u00e9part du 15<sup>e<\/sup> Corps le 21 ao\u00fbt suivant. Il \u00e9choue au sud de Craonne, o\u00f9 le support d&rsquo;infanterie est d\u00e9sormais la mission unique de ses batteries de 75 dans la bataille. Son arr\u00eat au d\u00e9but d&rsquo;octobre pr\u00e9figure une nouvelle campagne d&rsquo;hiver. Le groupe d&rsquo;artillerie voit alors un retour en Champagne pouilleuse, via Epernay, au sud de Massiges. Il est alors officier d&rsquo;\u00e9tat-major, adjoint au g\u00e9n\u00e9ral commandant l&rsquo;artillerie du 15<sup>e<\/sup> Corps et s&rsquo;\u00e9loigne quelque peu des fonctions de commandement de batteries. Il ne les retrouvera qu&rsquo;en mars 1916, quand il est promu chef d&rsquo;escadron et prend la direction du 1<sup>er<\/sup> groupe du 58<sup>e<\/sup> RAC.<\/p>\n<p>Le 22 mai suivant, il gagne une nouvelle position au bois d&rsquo;Esnes, \u00e0 l&rsquo;ombre de la terrible cote 304. Il y restera jusqu&rsquo;en novembre o\u00f9 la poursuite de la reprise de Douaumont et de Vaux n\u00e9cessite l&rsquo;appui de toute l&rsquo;artillerie disponible. Il se d\u00e9place vers l&rsquo;ouest et la Meuse, sur la c\u00f4te du Poivre.<\/p>\n<p>1917 ne voit pas de changement important \u00e0 sa situation statique devant Verdun, si ce n&rsquo;est un rapprochement des batteries entre Fleury et B\u00e9zonvaux. L\u00e0, Callies y parle certes de ses rapports avec les officiers qui l&rsquo;entourent mais aussi de sa situation p\u00e9rilleuse du fait de marmitages fr\u00e9quents et souvent violents, notamment en ao\u00fbt, o\u00f9 les Allemands d\u00e9clenchent une attaque g\u00e9n\u00e9rale sur les deux rives, sans r\u00e9sultats probants toutefois.<\/p>\n<p>La fin de cette nouvelle ann\u00e9e de guerre voit un peu de repos pour le groupe qui revient en terre lorraine. Sa fonction de commandant de batterie \u00e9loigne \u00e9galement temporairement Alexis Callies du front. Il en est ainsi en d\u00e9cembre quand il participe \u00e0 une instruction sur les gaz de quelques jours.<\/p>\n<p>Mars 1918, une nouvelle offensive allemande fait craindre le pire. Callies rejoint son unit\u00e9 toujours en repos en Lorraine d\u00e9but juin puis d\u00e9barque le 8 devant Compi\u00e8gne menac\u00e9. Il est imm\u00e9diatement dans la tourmente de la bataille d&rsquo;arr\u00eat des Allemands sur le Matz et qui attaquent furieusement les troupes plac\u00e9es devant eux. Les journ\u00e9es qui suivent sont terribles d&rsquo;angoisse et d&rsquo;activit\u00e9 jusqu&rsquo;au mois de juillet o\u00f9 c&rsquo;est sur Reims qu&rsquo;une nouvelle offensive se d\u00e9clenche, aussi rapidement stopp\u00e9e.<\/p>\n<p>Ao\u00fbt voit un retour de fortune en faveur des Fran\u00e7ais qui reprennent l&rsquo;ascendant comme l&rsquo;offensive. Le 24, au cours d&rsquo;un s\u00e9jour \u00e0 Paris, Callies passe au minist\u00e8re et d\u00e9croche un poste pour le cours de perfectionnement d&rsquo;artillerie de Joigny. Il accepte, pensant acqu\u00e9rir par ce biais le commandement futur d&rsquo;une artillerie divisionnaire. H\u00e9las pour sa verve combattante, l&rsquo;effondrement allemand se pr\u00e9cipite comme la narration de la guerre d&rsquo;Alexis Callies. Il prend son service \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re le 23 septembre et ne retournera jamais au front. La guerre s&rsquo;achevant sans lui, il stoppe son r\u00e9cit.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est en 1919 et 1925, puis apr\u00e8s 1935 qu\u2019Alexis Callies met en forme ses carnets en y ajoutant des textes et documents divers, remplissant treize cahiers d\u2019\u00e9colier. Eric Labayle, qui en fait une excellente pr\u00e9sentation, a s\u00e9par\u00e9 ces deux origines de textes dans l\u2019\u00e9dition de ces carnets de guerre. Pour Eric Labayle, \u00ab\u00a0<em>Alexis Callies fait profession de pragmatisme, mais surtout d\u2019une ind\u00e9niable modernit\u00e9 dans son approche des probl\u00e8mes tactiques<\/em> \u00bb (page 11). Labayle n\u2019omet pas de rappeler que le r\u00e9cit de Callies \u00ab\u00a0<em>est toujours accompagn\u00e9 d\u2019une profonde douleur et d\u2019une indignation sinc\u00e8re<\/em> \u00bb \u00e0 cause \u00ab\u00a0<em>de la mauvaise r\u00e9putation qui est faite aux troupes du Midi en g\u00e9n\u00e9ral et au 15<sup>e<\/sup> CA en particulier<\/em> \u00bb (page 12). Cette \u00ab\u00a0<em>l\u00e9gende<\/em> \u00bb est n\u00e9e des premiers combats en Lorraine, et notamment de \u00ab\u00a0<em>l\u2019affaire de Lagarde<\/em> \u00bb, le 11 ao\u00fbt 1914, dans laquelle l&rsquo;officier entend justifier son action devant ce qui fut un d\u00e9sastre strat\u00e9gique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;une batterie. L\u2019ouvrage contient donc en filigrane un appel \u00e0 la r\u00e9habilitation du 15<sup>\u00e8me<\/sup> Corps. Nombreuses y sont les allusions. Callies rapporte ainsi une anecdote d\u2019un officier d\u2019artillerie (le commandant de Lavigerie) refusant le 23 ao\u00fbt de rendre un salut \u00e0 un officier du 15<sup>e<\/sup> Corps (le commandant Boquillon) (page 74). L&rsquo;extr\u00eame vindicte populaire, politique et militaire contre le 15<sup>\u00e8me<\/sup> Corps a profond\u00e9ment d\u00e9\u00e7u et r\u00e9volt\u00e9 son orgueil d&rsquo;officier.<\/p>\n<p>Sur le plan du suivi narratif, le contenu du t\u00e9moignage change quelque peu tout au long de la guerre. D&rsquo;abord ax\u00e9 sur les op\u00e9rations militaires, Alexis Callies s&rsquo;en \u00e9loigne dans son v\u00e9cu d&rsquo;\u00e9tat-major pour y revenir lors du commandement d&rsquo;un groupe de batterie qui le renvoie au front. Callies lui-m\u00eame rappelle cette pr\u00e9cision utile, et qui doit rester constante au lecteur qui appr\u00e9hende les carnets de guerre : \u00ab\u00a0<em>Je raconte les \u00e9v\u00e9nements tels que je les ai vus, ou tels qu&rsquo;ils sont arriv\u00e9s \u00e0 ma connaissance, ne garantissant que ma sinc\u00e9rit\u00e9 et non leur v\u00e9rit\u00e9 objective, car chacun \u00e0 sa vision propre, plus ou moins d\u00e9formante<\/em>\u00ab\u00a0. Cette honn\u00eatet\u00e9 \u00e9ditoriale corrige le d\u00e9faut r\u00e9current de la litt\u00e9rature d&rsquo;ao\u00fbt 1914 o\u00f9 Callies rapporte des faits manifestement faux sans les constater toutefois. Comme les autres \u00e9galement, il occulte le contenu de ses permissions. Les mutineries de 1917 sont aussi un sujet peu \u00e9voqu\u00e9. Peut-\u00eatre par l&rsquo;absence de mouvements au sein de ses unit\u00e9s ou de son entourage proche, peut-\u00eatre aussi par une autocensure d&rsquo;officier.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sentation et la mise en valeur des carnets d&rsquo;Alexis Callies par Eric Labayle qui nous apparaissent comme un mod\u00e8le du genre. L\u2019historien produit une relation enrichie, opportune et bien \u00e9dit\u00e9e. En effet, le livre est la juxtaposition du carnet original d&rsquo;Alexis Callies, dont la premi\u00e8re qualit\u00e9 litt\u00e9raire est excellente, d&rsquo;annotations ou d&rsquo;ajouts ult\u00e9rieurs (encadr\u00e9s de noir) qui pr\u00e9cisent un fait ou une situation et de documents iconographiques tir\u00e9s d&rsquo;articles du scripteur. Ces photographies et les textes annexes sont replac\u00e9s dans leur contexte exact et comment\u00e9s fort justement. Les notes de retranscription sont \u00e9galement tr\u00e8s \u00e0 propos et enrichissantes pour le lecteur. L\u2019introduction d\u00e9montre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat plus que jamais actuel de la pr\u00e9sentation de t\u00e9moignages de combattants en substitution d\u2019une transmission directe de leur exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Ainsi l&rsquo;ouvrage r\u00e9v\u00e8le un document de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs niveaux. D&rsquo;abord par l&rsquo;homme et l\u2019officier, Alexis Callies, dont le destin et la carri\u00e8re militaire furent exemplaires. Du d\u00e9but \u00e0 la fin, et m\u00eame apr\u00e8s son \u00e9loignement relatif du front, le capitaine puis commandant Callies a fait montre d&rsquo;humanit\u00e9 et d&rsquo;esprit critique. C&rsquo;est vraisemblablement son discernement et sa comp\u00e9tence qui lui ont sauv\u00e9 la vie lors de l&rsquo;\u00ab\u00a0<em>affaire de Lagarde <\/em>\u00bb et son d\u00e9vouement \u00e0 sa t\u00e2che qui l&rsquo;a maintenu au front pendant plus de quatre ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Ensuite par la vision singuli\u00e8re que le h\u00e9ros nous prodigue de la guerre. Alexis Callies est officier d&rsquo;artillerie, capitaine de batterie d\u2019artillerie pendant la premi\u00e8re partie de la guerre. Il nous fournit \u00e0 ce titre une relation pr\u00e9cise, honn\u00eate et particuli\u00e8re d&rsquo;un engagement d&rsquo;artillerie au cours de la bataille des fronti\u00e8res en Lorraine, synonyme d&rsquo;une mort h\u00e9ro\u00efque mais parfaitement vaine. Un exemple de \u00ab\u00a0<em>bravoure<\/em> \u00bb d&rsquo;officiers, (ou de l&rsquo;alcoolisme du commandant de batterie Adeler !) et de soldats dont les pertes inutiles ont aliment\u00e9 l&rsquo;h\u00e9catombe des batailles d&rsquo;ao\u00fbt-septembre 1914. Lors de la cristallisation du front, il passe capitaine-commandant adjoint au commandant d&rsquo;artillerie du 15<sup>\u00e8me<\/sup> Corps d&rsquo;Arm\u00e9e. A partir de ce moment, Alexis Callies, fid\u00e8le \u00e0 son honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, brosse un tableau des relations humaines au sein d&rsquo;un \u00e9tat-major. Son r\u00e9cit se tourne alors vers une critique syst\u00e9matique des personnes qu&rsquo;il rencontre et dont il \u00e9value, et juge le comportement et les actes qu&rsquo;ils subissent ou provoquent. Ce t\u00e9moignage trouve son int\u00e9r\u00eat par l&rsquo;admission du lecteur dans la psychologie d&rsquo;un \u00e9tat-major. Coterie, hypocrisie, incomp\u00e9tence c\u00f4toient humanisme et lucidit\u00e9 dans un milieu se voulant homog\u00e8ne mais proche finalement de la politique. Ses descriptions m\u00ealent un excellent esprit d&rsquo;observation \u00e0 une psychologie fine. On peut suivre ainsi, \u00e0 divers endroits de l&rsquo;ouvrage, des \u00e9l\u00e9ments sur des limogeages d&rsquo;officiers et leurs r\u00e9els motifs. D\u00e8s lors, les op\u00e9rations militaires sont trait\u00e9es tr\u00e8s secondairement et le soldat est terriblement absent du t\u00e9moignage m\u00eame si Callies lui rend souvent hommage. Il parle peu \u00e9galement de l&rsquo;ennemi mais une violente diatribe (page 204) contre les boches faisant la guerre \u00ab\u00a0<em>comme des sauvages<\/em> \u00bb r\u00e9v\u00e8le de tr\u00e8s forts sentiments anti-allemands. Mais ne sont-ils pas n\u00e9s du bourrage de cr\u00e2ne journalistique en vigueur \u00e0 cette \u00e9poque (f\u00e9vrier 1915) ? En effet, il pr\u00e9cise que les hommes apprennent les horreurs de la guerre allemande dans la presse.<\/p>\n<p>Ses descriptions des premiers jours de campagne sont \u00e9maill\u00e9es de multiples tableaux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Le 9 ao\u00fbt 1914, il est pr\u00eat \u00e0 faire ex\u00e9cuter un l\u00e2che de sa pi\u00e8ce (page 34). Plus loin, il d\u00e9crit les sacs jet\u00e9s par les hommes sur les routes lors des marches (page 34) et leur fatigue g\u00e9n\u00e9rale (page 41 ou 47). Malgr\u00e9 cet \u00e9tat de fait, il n\u2019entend pas faillir et assure que la fonction de chef facilite le courage et annihile la peur (page 54). Elle n\u2019\u00e9vite pas toutefois l\u2019imb\u00e9cillit\u00e9\u00a0lorsqu\u2019un officier sert comme dernier argument\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai plus de galon que vous, donc je suis plus intelligent<\/em> \u00bb (page 105) ou la couardise quand il d\u00e9nonce des galonnards peureux refusant le grade, synonyme de mutation vers l&rsquo;infanterie (page 126). Il y revient \u00e0 plusieurs reprises et constate aussi que la guerre fait la s\u00e9lection des \u00ab\u00a0<em>galopeurs de temps de paix<\/em> \u00bb dont le lieutenant-colonel de chasseurs alpins Papillon-Bonnot (page 160). Il ne fait pas preuve non plus de commis\u00e9ration \u00e0 la constatation de d\u00e9faillances. Sur un lieutenant paniqu\u00e9, criant \u00ab\u00a0<em>Tout est perdu, sauvez-vous<\/em> \u00bb, il soumet l\u2019id\u00e9e qu\u2019<em>\u00ab\u00a0il est f\u00e2cheux que personne ne lui ait log\u00e9 une balle dans la t\u00eate. Cela e\u00fbt mieux valu pour tout le monde, lui compris <\/em>\u00bb (page 70). Il rapporte cette pratique de la punition extr\u00eame aux actes de d\u00e9faillances des subordonn\u00e9s, quand un capitaine de chasseurs, non d\u00e9nomm\u00e9 et non identifi\u00e9 toutefois, abat au revolver trois de ses hommes qui fuient devant l\u2019avanc\u00e9e allemande. Callies ass\u00e8ne\u00a0pour conclure : \u00ab\u00a0<em>c\u2019est n\u00e9cessaire pour l\u2019exemple<\/em> \u00bb ! (page 100). Plus tard, il \u00e9voquera plus directement les \u00ab\u00a0<em>d\u00e9pressions morales<\/em> \u00bb des hommes, qui provoqueront l\u2019envoi vers l\u2019arri\u00e8re de nombreux officiers (page 180). Il d\u00e9nonce aussi l\u2019inconduite morale\u00a0du soldat : \u00ab\u00a0<em>La vie anormale qu&rsquo;elle cr\u00e9\u00e9 fait oublier et m\u00e9priser les devoirs de la famille. En ce qui concerne sp\u00e9cialement les combattants, ils n&rsquo;ont pas assez d&rsquo;activit\u00e9, de fatigues physiques, ils ne sont pas d\u00e9fendus contre le r\u00eave malsain. Pour certains il est vrai qu&rsquo;ils tombent dans un \u00e9tat d&rsquo;atonie qui les prot\u00e8ge. Mais les autres ?<\/em> \u00bb. Contre ces d\u00e9pressions morales, il note singuli\u00e8rement que \u00ab\u00a0<em>le canon, fix\u00e9 au sol, sert de point de ralliement et l&rsquo;occupation machinale de le servir met \u00e0 l&rsquo;abri des paniques et du d\u00e9couragement<\/em> \u00bb (page 345). Sur ce point, il ne peut que constater que \u00ab\u00a0<em>ce qui caract\u00e9rise cette guerre, c&rsquo;est son incommensurable ennui<\/em> \u00bb (page 376). Il revient sur cette lassitude de la dur\u00e9e de la guerre\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous sentons tous la fatigue.<\/em> (\u2026) <em>La nervosit\u00e9 et l\u2019aigreur du commandement \u00e0 tous degr\u00e9s en sont des preuves frappantes, comme aussi les r\u00e9actions plus vives et profondes de ceux qui en souffrent<\/em> \u00bb (page 507). D\u2019habitude prolixe, il est peu disert sur les mutineries, qu\u2019il n\u2019\u00e9voque que par procuration (page 433).<\/p>\n<p>Callies reste toutefois un excellent t\u00e9moin\u00a0; il ne commente pas les exag\u00e9rations entendues : \u00ab\u00a0<em>A certains endroits, dit-il, les Allemands \u00e9taient si serr\u00e9s que la place leur manquait pour tomber ; ils se tenaient debout<\/em> \u00bb<em> (<\/em>page 84). Sa vision du champ de bataille, des morts, des fossoyeurs, des cadavres tortur\u00e9s par la douleur, est saisissante (page 101) comme celle des effets horribles de l&rsquo;artillerie, entra\u00eenant une rigidit\u00e9 cadav\u00e9rique instantan\u00e9e (page 104). Certes, comme la plupart, Callies se trompe, le 31 janvier 1915, sur la dur\u00e9e de la guerre\u00a0tant il lui parait \u00ab\u00a0<em>\u00e9vident qu\u2019une guerre comme celle-l\u00e0 ne peut pas durer plusieurs ann\u00e9es<\/em> \u00bb\u00a0(page 196). Il \u00e9voque les \u00ab\u00a0<em>ententes tacites<\/em> \u00bb, qu\u2019il ne constate pas lui-m\u00eame, se contentant de rapporter \u00ab\u00a0<em>que parfois des contestations ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9es \u00e0 coups de poing entre Fran\u00e7ais et Boches. Mais la tr\u00eave ne concerne pas les officiers. Si l\u2019un d\u2019eux para\u00eet il est aussit\u00f4t descendu<\/em> \u00bb (page 205). Il y revient plus longuement, toujours par procuration un peu plus loin (pages 214 ou 228).<\/p>\n<p>Au final, il s&rsquo;agit d&rsquo;un ouvrage remarquable dont la richesse impose \u00e0 l&rsquo;historien son \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e, son recours syst\u00e9matique et un statut de r\u00e9f\u00e9rentiel dans la bibliographie de t\u00e9moignage d&rsquo;officier sur la Grande Guerre, avec des descriptions peut rencontr\u00e9es et tr\u00e8s vivantes du monde m\u00e9dian entre le front et l&rsquo;arri\u00e8re. L&rsquo;ouvrage est aussi une pi\u00e8ce utile \u00e0 verser au dossier du 15<sup>e<\/sup> Corps, dont les d\u00e9faillances pr\u00e9sum\u00e9es sont devenues, militairement puis politiquement le catalyseur des revers de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9t\u00e9 1914.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Les carnets de guerre d&rsquo;Alexies Callies <\/em>\u00bb sont \u00e0 comparer avec le journal d&rsquo;Henri Morel-Journel \u00ab\u00a0<em>Journal d&rsquo;un officier de la 74<sup>e<\/sup> DI<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Parcours g\u00e9ographique de l&rsquo;auteur (datation et pagination entre parenth\u00e8ses) :<\/p>\n<p><strong>1914<\/strong> : Caissargues (2 au 5 ao\u00fbt) (17-24), vers le front (6 ao\u00fbt) (29-30), Diarville, Ceintrey (7-8 ao\u00fbt) (29-31), Hudiviller (8 ao\u00fbt) (32), Haraucourt, Cr\u00e9vic, Lun\u00e9ville (9 ao\u00fbt) (34-37), Parroy (10 ao\u00fbt) (37-40), Xures, Lagarde (11 ao\u00fbt) (40-48), Bauz\u00e9mont (12 ao\u00fbt) (48), Maixe (13 ao\u00fbt) (49), Valhey, Xures (14 ao\u00fbt) (53-54), Parroy (15 ao\u00fbt) (54-56), Xures, Lagarde (16 ao\u00fbt) (56), Xures, Donnelay (17-18 ao\u00fbt) (58-62), Dieuze, Lindre-Haute, Vergaville (19 ao\u00fbt) (62-67), Dieuze, Lindre-Haute, Lindre-Basse, Gu\u00e9blange, Moncourt, Coincourt (20 ao\u00fbt) (67-71), Coincourt, Serres, Rosi\u00e8res-aux-Salines (21 ao\u00fbt) (71), Saffais, Velle-sur-Moselle (22 ao\u00fbt) (73), Velle, Saffais, (23-25 ao\u00fbt) (74-77), Blainville-sur-l&rsquo;Eau, Einville, Haussonville (26-27 ao\u00fbt) (77-80), Blainville (28 ao\u00fbt &#8211; 2 septembre) (81-87), Haussonville, Tantonville (3-4 septembre) (88-90), Tantonville, Barisey-au-Plain (5 septembre) (90), Rozi\u00e8res-en-Blois, Vaucouleurs, Ligny-en-Barrois, Menaucourt (6 septembre) (91), Menaucourt, Ligny-en-Barrois, Bar-le-Duc, Tannois (7 septembre) (92-96), V\u00e9el (8-10 septembre) (96-100), Combles (10 septembre) (100-101), Vassincourt, V\u00e9el (11 septembre) (101-104), Tr\u00e9mont (11-13 septembre) (104-105), Cond\u00e9 (13 septembre) (106), Nub\u00e9court (14 septembre) (107-110), Sivry-la-Perche, Blercourt (15-20 septembre) (110-114), secteur Montz\u00e9ville, R\u00e9cicourt, Jub\u00e9court, Brocourt (20 septembre &#8211; 29 octobre) (114-139), Dombasle-en-Argonne (30 octobre 1914 &#8211; 21 ao\u00fbt 1915) (139 &#8211; 259),<\/p>\n<p><strong>1915<\/strong> : Villers-Cotter\u00eats (22 ao\u00fbt &#8211; 25 ao\u00fbt) (260), Branscourt (26-29 ao\u00fbt) (260-261), Romain (30 ao\u00fbt &#8211; 5 novembre) (262-279), Damery (8 novembre &#8211; 10 d\u00e9cembre) (279-286), Dampierre-le-Ch\u00e2teau (10 d\u00e9cembre) (286), Somme-Bionne (12-26 d\u00e9cembre) (286-288), Hans (26 d\u00e9cembre &#8211; 24 mars 1916) (288-312).<\/p>\n<p><strong>1916<\/strong> : Minaucourt (3 avril &#8211; 14 mai) (312-330), Belval (15-18 mai) (330), B\u00e9thelainville &#8211; Esnes (19 mai &#8211; 1<sup>er<\/sup> novembre) (331-368), Villotte-devant-Louppy, ferme de Vaudroncourt, ferme des Merchines (2-22 novembre) (369-374), c\u00f4te du Poivre, Louvemont, Thierville (22 novembre 1916 &#8211; 30 janvier 1917) (374-393),<\/p>\n<p><strong>1917<\/strong> : Carri\u00e8res-Sud (31 janvier &#8211; 25 ao\u00fbt) (393-450), Blainville-sur-l&rsquo;Eau (1<sup>er<\/sup> octobre) (453), Hoeville (11 octobre 1917 &#8211; 4 juin 1918) (454-488)<\/p>\n<p><strong>1918<\/strong> : Verberie, Fontaine-les-Corps-Nuds (7-8 juin) (488-489), Estr\u00e9es-Saint-Denis, Clairoix, Coudun (9 juin) (489), Giraumont, calvaire et ferme de Bertinval, Villers-sur-Coudun, Thiescourt, Ecouvillers, Noyon (9 juin &#8211; 23 ao\u00fbt) (490-512).<\/p>\n<p>Cartes :<\/p>\n<p>Site du combat de Lagarde, 10 et 11 ao\u00fbt 1914 (45)<\/p>\n<p>Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;op\u00e9rations du 15<sup>e<\/sup> CA en Lorraine &#8211; ao\u00fbt 1914 &#8211; (72)<\/p>\n<p>Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;op\u00e9rations du 15<sup>e<\/sup> CA pendant la bataille de la Marne (7 &#8211; 16 septembre 1914 &#8211; (97)<\/p>\n<p>Secteur du 15<sup>e<\/sup> CA sur la rive gauche de la Meuse (16 septembre &#8211; 24 mai 1915 et 20 mai &#8211; 1<sup>er<\/sup> novembre 1916) (184)<\/p>\n<p>Le 15<sup>e<\/sup> C A dans le secteur de la Main de Massiges (25 mai &#8211; 21 ao\u00fbt 1915 et 30 novembre 1915 &#8211; 2 mai 1916) (237)<\/p>\n<p>Le 15<sup>e<\/sup> CA au sud-est du Chemin des Dames (25 ao\u00fbt &#8211; 8 novembre 1915) (269)<\/p>\n<p>Positions de l&rsquo;AD 123 en juillet 1916 au sud-est d&rsquo;Esnes (350)<\/p>\n<p>Le 15<sup>e<\/sup> CA sur la rive droite de la Meuse (23 novembre 1916 &#8211; 2 septembre 1917) (407)<\/p>\n<p>Site des combats du 15<sup>e<\/sup> CA sur le Matz (8 juin &#8211; 24 ao\u00fbt 1918) (498)<\/p>\n<p>Bibliographie comparative\u00a0:<\/p>\n<p>Morel-Journel Henry, <em>Journal d&rsquo;un officier de la 74<sup>e<\/sup> division d&rsquo;infanterie et de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise d&rsquo;Italie (1914-1918)<\/em>. Montbrison, Eleuth\u00e8re Brassart, 1922, 565 pages.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, Crid14-18, septembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Alexis Eug\u00e8ne Callies est n\u00e9 \u00e0 Annecy le 26 mars 1870 d\u2019un p\u00e8re m\u00e9decin. N\u00e9gligeant la carri\u00e8re militaire, il souscrit \u00e0 21 ans un engagement volontaire pour trois ans \u00e0 l\u2019\u00e9cole polytechnique, mais sort dernier de sa promotion. De 1893 \u00e0 1895, il compl\u00e8te sa formation \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019Application de l\u2019Artillerie et &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/09\/28\/callies-alexis-1870-1950\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Callies, Alexis (1870-1950)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[638,102,771,772,3,222],"tags":[774,321,357,567,773],"class_list":["post-522","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-15e-ca","category-1991-2000","category-19e-rac","category-58e-rac","category-carnet","category-officier-artillerie","tag-atonie","tag-critique-des-officiers","tag-defense-du-midi","tag-mutineries","tag-pour-lexemple"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=522"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3900,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522\/revisions\/3900"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=522"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=522"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=522"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}