{"id":529,"date":"2011-10-08T21:42:12","date_gmt":"2011-10-08T20:42:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=529"},"modified":"2026-02-06T11:00:26","modified_gmt":"2026-02-06T10:00:26","slug":"colle-alphonse-1867-1943","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/10\/08\/colle-alphonse-1867-1943\/","title":{"rendered":"Coll\u00e9, Alphonse (1867-1943)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/coll\u00e9.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-530 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/coll\u00e9-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/coll\u00e9-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/coll\u00e9.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L&rsquo;abb\u00e9 Coll\u00e9 avec Maurice Barr\u00e8s sur une carte postale de sa collection<\/strong><\/p>\n<p>Alphonse Coll\u00e9 est n\u00e9 le 23 janvier 1867 \u00e0 Gugney-aux-Aulx dans les Vosges. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 8 juin 1895 et fera toute sa carri\u00e8re dans les Vosges. Il est d\u2019abord affect\u00e9 comme Vicaire \u00e0 Moyenmoutier, o\u00f9 il y reste 5 ann\u00e9es avant de rejoindre la cure de La Vacheresse-et-la-Rouillie, le 10 d\u00e9cembre 1900. C\u2019est le 5 novembre 1908 qu\u2019il devient cur\u00e9 \u00e0 M\u00e9nil-sur-Belvitte\u00a0; c\u2019est l\u00e0 que la guerre le trouve \u00e0 son minist\u00e8re, le 25 ao\u00fbt 1914 (\u00e9tat-civil reconstitu\u00e9 par Jacques Didier, qu&rsquo;il en soit remerci\u00e9). D\u2019une personnalit\u00e9 manifestement hors norme, il est le mod\u00e8le type du cur\u00e9 omnipotent, figure tut\u00e9laire de la paroisse et dou\u00e9 d\u2019un entregent particuli\u00e8rement efficace dans les milieux politiques comme litt\u00e9raires. Il est ami de Maurice Barr\u00e8s et du d\u00e9put\u00e9 des Vosges Louis Madelin, qui le d\u00e9crit ainsi : \u00ab\u00a0<em>Quiconque a vu &#8211; ne fut-ce qu&rsquo;une fois &#8211; ce pr\u00eatre vigoureux, \u00e0 la figure pleine et \u00e9nergique, aux yeux de flamme sous les forts sourcils noirs, \u00e0 la bouche ferme, parfois l\u00e9g\u00e8rement ironique, \u00e0 l&rsquo;attitude r\u00e9solue et \u00e0 la parole prompte, se rend compte du caract\u00e8re qu&rsquo;il dut apporter dans des circonstances si <\/em><em>critiques, en des heures tragiques<\/em>.\u00a0\u00bb (page 9), l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 sera tout autant lou\u00e9 que d\u00e9cri\u00e9 pour son action en faveur des soldats morts dans les combats du massif de la Chipotte. En effet, accus\u00e9 de trahison il est arr\u00eat\u00e9 par les troupes allemandes le 1<sup>er<\/sup> septembre 1914. Le massif de la Chipotte lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s le recul allemand du 12 septembre, il et cette fois-ci accus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises (\u00ab\u00a0<em>sept fois<\/em> \u00bb dit-il page 143) par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises de d\u00e9pouiller les cadavres apr\u00e8s les avoir exhum\u00e9s. En fait, il ne fait que pallier \u00e0 l\u2019incurie d\u2019un pouvoir militaire au dessous de sa t\u00e2che de m\u00e9moire voire de dignit\u00e9 dans le traitement de ses morts et en prend \u00e0 t\u00e9moin militaires et politiques de tous grades. Le 20 d\u00e9cembre 1916, il lui est toutefois intim\u00e9 \u00ab\u00a0<em>l\u2019ordre d\u2019interdire de la fa\u00e7on la plus compl\u00e8te toute exhumation et identification des corps des militaires inhum\u00e9s sur le terrain des communes de la r\u00e9gion<\/em> \u00bb (page 144). Alphonse Coll\u00e9 poursuit alors une \u0153uvre de comm\u00e9moration qui ne s\u2019ach\u00e8vera qu\u2019\u00e0 sa mort le 20 mars 1943 \u00e0 M\u00e9nil-sur-Belvitte.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Alphonse Coll\u00e9,<strong> (a<\/strong>bb\u00e9), <em>La bataille de la Mortagne. La Chipotte, l\u2019occupation, M\u00e9nil et ses environs.<\/em> Paris, Librairie Emmanuel Vitte, collection La guerre de 1914. &#8211; Les r\u00e9cits des t\u00e9moins, 1925, 287<strong> pages.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019abb\u00e9 Alphonse Coll\u00e9, cur\u00e9 de M\u00e9nil-sur-Belvitte, retrace l\u2019histoire de son village et de ses alentours dans les heures douloureuses de la bataille d\u2019arr\u00eat sur les derniers contreforts vosgiens, connue sous le vocable g\u00e9n\u00e9rique des combats de la Chipotte, du 27 ao\u00fbt au 14 septembre 1914, avec le statut de t\u00e9moin au centre de la narration. Constamment demeur\u00e9 aupr\u00e8s de ses ouailles, multipliant les interventions et les secours et d\u00e9ployant une activit\u00e9 ininterrompue en tous domaines, il fut un t\u00e9moin omnipr\u00e9sent et un acteur av\u00e9r\u00e9 des jours f\u00e9briles et sanglants des batailles et de la courte occupation allemande. Le flux des arm\u00e9es s\u2019\u00e9tant \u00e9loign\u00e9, il se d\u00e9ploie tout autant, et ce sera son \u0153uvre, pour que jamais ne se perde le souvenir de cette h\u00e9catombe et des h\u00e9ros morts, dont il va tenter d\u2019en identifier le plus grand nombre, palliant ainsi \u00e0 l\u2019incurie d\u2019un pouvoir militaire impuissant devant l\u2019ampleur de la mort de masse de ses soldats.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une pr\u00e9face de Louis Madelin, historien et d\u00e9put\u00e9 des Vosges, rendant honneur \u00e0 l\u2019infatigable \u00ab\u00a0<em>ouvrier de l\u2019immortalit\u00e9 des h\u00e9ros<\/em> \u00bb, l\u2019auteur introduit l\u2019historique de la guerre dans les Vosges puis les forces, fran\u00e7aises comme allemandes, en pr\u00e9sence \u00e0 la veille de la trag\u00e9die. Le 25 ao\u00fbt, les Fran\u00e7ais refluent sur les derni\u00e8res montagnes avant la place forte d\u2019Epinal, et l\u2019auteur, se basant sur quelques t\u00e9moignages d\u2019officiers des r\u00e9giments en ligne (tel le capitaine Jacquel du 159<sup>e<\/sup> RI ou le commandant Mazoyer du 54<sup>e<\/sup> BCA), retrace les jours intenses de massacres sous les sapins.<\/p>\n<p>Il fustige bien s\u00fbr les exactions allemandes, telle l\u2019ordre du g\u00e9n\u00e9ral Stenger, appliqu\u00e9 d\u00e8s les combats de Thiaville-sur-Meurthe, sur le flanc nord-est du massif, mais sait reconna\u00eetre l\u2019humanit\u00e9 des ambulances allemandes. Il \u00e9voque \u00e9galement de grands chefs (commandant Baille, capitaine Vilarem, lieutenant Abeille parmi d\u2019autres) et reproduit quelques extraits de carnets de combattants. Vient ensuite son propre t\u00e9moignage. Coll\u00e9 se d\u00e9double pour ses bless\u00e9s, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 presser les autorit\u00e9s allemandes, tant et si bien qu\u2019il est accus\u00e9 de trahir les positions ennemies. Accusation absurde dont il est vite lib\u00e9r\u00e9, il reprend son minist\u00e8re sous les bombardements des journ\u00e9es fi\u00e9vreuses de septembre, o\u00f9 l\u2019ennemi n\u2019avance plus et bute sans fin contre une d\u00e9fense acharn\u00e9e. Le 11 septembre, M\u00e9nil est d\u00e9livr\u00e9e. Commence alors pour l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 un autre sacerdoce.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir tent\u00e9 de sauvegarder au mieux la vie des habitants de M\u00e9nil de la fureur ennemie, ce sont les corps des morts et leur souvenir qui occupent maintenant l\u2019infatigable pr\u00e9lat. Parvenant \u00e0 obtenir de l\u2019arm\u00e9e des territoriaux (92<sup>e<\/sup> RIT) et quelques prisonniers allemands, il s\u2019active \u00e0 inhumer dignement des milliers de corps laiss\u00e9s sur la gl\u00e8be des champs de bataille de M\u00e9nil, Bazien, Br\u00fb, Sainte-Barbe, Saint-Beno\u00eet, la Chipotte, et tant d\u2019autres lieux o\u00f9 la mort est rest\u00e9e apr\u00e8s la bataille. Il \u0153uvrera toute la guerre durant, regroupant les corps sur les lieux m\u00eames des plus durs combats, pr\u00e9figurant la n\u00e9cropole nationale de la Chipotte encore visible aujourd\u2019hui. Mais la t\u00e2che ne fut pas simple et, comme il avait subi le soup\u00e7on allemand, il devra se d\u00e9fendre aussi contre le m\u00eame, fran\u00e7ais, accus\u00e9 d\u2019exhumations voire de pillage ! Pourtant son \u0153uvre fut reconnue.<\/p>\n<p>Il \u00e9rige \u00e9galement un mus\u00e9e de reliques, qu\u2019il consid\u00e8re sacr\u00e9es,\u00a0puis cristallise les souvenirs et les honneurs des soldats comme des villes m\u00eames pour reconstruire et comm\u00e9morer. Commune par commune, il fait \u00e9tat du martyrologe, des morts, des destructions et des travaux, de ses actes de foi, de toutes les trag\u00e9dies des endroits o\u00f9 s\u2019est arr\u00eat\u00e9e la vague de la guerre et y abandonnant ses d\u00e9bris.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, c\u2019est par la comm\u00e9moration qu\u2019il prolonge son \u0153uvre m\u00e9morielle des h\u00e9ros de la Chipotte et se pressent \u00e0 ses messes de souvenir Barr\u00e8s, les politiques et les g\u00e9n\u00e9raux pour honorer les milliers de soldats morts pour la France. Il en donne enfin une impressionnante liste, issue de ses identifications.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage se cl\u00f4ture sur quelques po\u00e8mes et annexes, d\u2019origines allemandes.<\/p>\n<p><strong>2. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Ouvrage incontournable dans l\u2019\u00e9tude des combats de la Chipotte et sans \u00e9quivalent pour l\u2019histoire intime des villages et des champs de bataille de ce secteur, \u00ab\u00a0<em>la bataille de la Mortagne<\/em> \u00bb de l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 est une mine de renseignements utiles \u00e0 l\u2019Historien. Pass\u00e9e l\u2019impression d\u2019un pr\u00eatre omnipotent, incontournable sauveur de son village, si ce n\u2019est de sa r\u00e9gion, le t\u00e9moignage de cette figure de la Grande Guerre vosgienne, ami de Barr\u00e8s et d\u2019une personnalit\u00e9 aussi forte \u2013 \u00e9crivant en 1925, Coll\u00e9 garde sa haine \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019ennemi dans un plaidoyer sans concession (page 104) \u2013 que controvers\u00e9e, le t\u00e9moignage est de premier ordre sur une certaine intimit\u00e9 des combats m\u00e9connus de la Chipotte, vus par un civil. Certes, l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 est partout, voit les officiers allemands, sauve l\u2019\u00e9glise, les bless\u00e9s, les habitants, toutefois, dans les affres de la guerre et de l\u2019occupation, sa vision est primordiale pour comprendre ce que furent la vie et les transes des villageois des Marches de l\u2019Est o\u00f9 le soldat fran\u00e7ais, 15 jours avant la Marne, arr\u00eata la vague allemande.<\/p>\n<p>Bien que de construction hach\u00e9e, voire brouillonne, l\u2019ouvrage fourmille de documents, anecdotes, donn\u00e9es, tableaux de guerre souvent martyrologes, noms et unit\u00e9s engag\u00e9es dans cette bataille mais \u00e9galement s\u2019av\u00e8re r\u00e9f\u00e9rentiel dans l\u2019\u00e9tude du paradigme de la mort dans la guerre de mouvement et de son traitement apr\u00e8s les combats. La vision et l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 est d\u00e9monstratrice de l\u2019incurie militaire, m\u00eame la cristallisation survenue et le d\u00e9placement du front de plusieurs dizaines de kilom\u00e8tres, \u00e0 traiter efficacement les d\u00e9pouilles abandonn\u00e9es \u00e0 la terre sans souci de conserver le souvenir de leur identit\u00e9. A ce sujet, il est \u00e9vident que le travail de l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 fut essentiel \u00e0 \u00e9viter que jusqu\u2019au nom m\u00eame des soldats tu\u00e9s dans cette boucherie de 19 jours disparaisse dans l\u2019anonymat des ossuaires.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage est \u00e0 prendre toutefois avec toutes les pr\u00e9cautions d\u2019usage, qui peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la terminologie employ\u00e9e (cf. \u00ab\u00a0<em>les crapouillauds allemands<\/em> \u00bb le 7 septembre 1914 (page 94) ou \u00ab\u00a0<em>\u00e9coutez ce fait v\u00e9ridique rapport\u00e9 par un capitaine<\/em>\u2026\u00a0\u00bb pr\u00e9liminaire \u00e0 un invraisemblable r\u00e9cit (page 56). Il rapporte aussi, tentant de r\u00e9pondre \u00e0 cette question\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Que firent les Allemands de leurs morts\u00a0? On a racont\u00e9 qu\u2019ils les br\u00fblaient\u00a0; rien ne le prouve. Ce qui est ind\u00e9niable, c\u2019est qu\u2019ils les relevaient au plus vite au moyen de chariots, aux roues capitonn\u00e9es de paille, enlev\u00e9s aux habitants. Ils op\u00e9raient de nuit. A Baccarat, l\u2019un des n\u00f4tres en vit tout un train. On s\u2019expliquera, de ce fait, la raison pour laquelle le lendemain d\u2019un, sanglant combat quelques-uns des leurs seulement restaient sur le terrain\u00a0: c\u2019\u00e9tait habile de leur part<\/em> \u00bb (page 138).<\/p>\n<p>Le livre, ponctu\u00e9 de trop nombreuses coquilles, est iconographi\u00e9 de quelques vues des destructions et agr\u00e9ment\u00e9 de quelques cartes, dont une, singuli\u00e8re, en frontispice des \u00ab\u00a0<em>incursions de dirigeables allemands en territoire fran\u00e7ais du 25 juillet au 2 ao\u00fbt 1914<\/em> \u00bb. Il est toutefois aujourd\u2019hui encore r\u00e9f\u00e9rentiel tant pour le secteur g\u00e9ographique concern\u00e9 que pour l\u2019\u00e9tude du paradigme de la gestion de la mort militaire pendant et apr\u00e8s le conflit. Il d\u00e9crit en effet les diff\u00e9rentes composantes de la gestion de la mort de masse et de la pr\u00e9sence par milliers des cadavres des combats en terrain bois\u00e9, de montagne de surcro\u00eet. Il rapporte ainsi les impressions d\u2019un capitaine Humbert\u00a0de ses \u00ab\u00a0<em>immenses for\u00eats dont les sous-bois toujours d\u00e9serts, ont \u00e9t\u00e9 peupl\u00e9s de petites croix blanches et o\u00f9 les sangliers ont dispers\u00e9 dans les feuilles fl\u00e9tries les ossements de nos morts\u00a0; immenses for\u00eat dont l\u2019humus, jonch\u00e9 des milliers de bo\u00eetes de \u00ab <\/em>singe<em> \u00bb, conservera l\u2019empreinte de nos pauvres petites tranch\u00e9es, couvertes de branchages\u00a0; immenses for\u00eats, dont le passant ne traversera plus sans inqui\u00e9tude le silence religieux<\/em> \u00bb (page 30). L\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 nous \u00e9claire \u00e9galement sur les pratiques inhumatoires allemandes, la question du traitement <em>post mortem<\/em> des \u00ab\u00a0<em>Alsaciens francophiles tomb\u00e9s sous l\u2019uniforme allemand<\/em> \u00bb (page 82) en rapportant la note du Minist\u00e8re des Pensions du 25 septembre 1920, pr\u00e9cisant que \u00ab\u00a0<em>les corps des Alsaciens-Lorrains morts sous l\u2019uniforme allemand, peuvent \u00eatre, \u00e0 l\u2019occasion du groupement des tombes, plac\u00e9s dans les parties des cimeti\u00e8res militaires r\u00e9serv\u00e9es aux soldats fran\u00e7ais<\/em> \u00bb (page 107). Il d\u00e9nonce violemment l\u2019incurie, \u00ab\u00a0<em>par b\u00eatise ou jalousie<\/em> \u00bb (page 113), de la perte des identit\u00e9s des soldats du fait des croix nominatives non entretenues par un service des s\u00e9pultures d\u00e9pass\u00e9 par la t\u00e2che. Malgr\u00e9 ses efforts de 1914-1915, l\u2019abb\u00e9 Coll\u00e9 d\u00e9plore qu\u2019\u00ab\u00a0<em>en 1919, quantit\u00e9 de noms \u00e9taient effac\u00e9s, principalement dans la for\u00eat<\/em> \u00bb (page 113), alors que les exhumations et les regroupements ne feront \u00e0 cette date que commencer. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant \u00e0 la lecture de cet ouvrage que parfois, on trouve encore aujourd\u2019hui des soldats oubli\u00e9s [sur le traitement arch\u00e9ologique contemporain de cette question, lire, Adam, Fr\u00e9d\u00e9ric et Prouillet, Yann, Les sources arch\u00e9ologiques de la Grande Guerre dans les Vosges. L&rsquo;arch\u00e9ologie appliqu\u00e9e aux vestiges de la Grande Guerre in <em>La Grande Guerre dans le d\u00e9partement des Vosges. Actes du colloque d\u2019Epinal des 4, 5 et 6 septembre 2008<\/em>, Epinal, Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Vosges, Archives d\u00e9partementales des Vosges, 2009, 348 pages]. Pour ces exhumations dans ce secteur, jusqu\u2019\u00e0 300 prisonniers allemands \u00ab\u00a0<em>furent employ\u00e9s, d\u00e8s avril 1919, aux travaux de regroupement des tombes<\/em>. (\u2026) <em>Ils ne pourront pas dire qu\u2019il y furent maltrait\u00e9s<\/em> \u00bb (page 125).<\/p>\n<p>Page 15 : Espionnite d\u00e8s le 30 juillet 1914<\/p>\n<p>16\u00a0: Mobilisation\u2026 du b\u00e9tail<\/p>\n<p>: Affaire des trois gendarmes captur\u00e9s \u00e0 Nomeny le 4 ao\u00fbt 1914<\/p>\n<p>27\u00a0: Caract\u00e9ristique des obus<\/p>\n<p>30\u00a0: Sangliers \u00e9parpillant les morts<\/p>\n<p>: Vision d\u2019une for\u00eat apr\u00e8s les combats<\/p>\n<p>31\u00a0: Anecdote sur la confusion Etival\/Epinal par les Allemands<\/p>\n<p>62\u00a0: M\u00e9decins loin du front et reculant \u00e0 son approche en ao\u00fbt 1914<\/p>\n<p>81 : Reprendre la 1<sup>\u00e8re<\/sup> phrase sur les effets de nos 75 sur les Allemands<\/p>\n<p>82\u00a0: Identification des morts allemands<\/p>\n<p>104\u00a0: Allemands qui se font vomir pour continuer \u00e0 boire<\/p>\n<p>105 : 25\u00a0000 soldats alsaciens pass\u00e9s en France avant ao\u00fbt 1914<\/p>\n<p>106\u00a0: Tombes de soldats alsaciens mis dans les cimeti\u00e8res fran\u00e7ais<\/p>\n<p>110\u00a0: Livrets militaires apport\u00e9s \u00e0 la gendarmerie<\/p>\n<p>112\u00a0: Devenir des morts et absence de m\u00e9thode<\/p>\n<p>125\u00a0: Prisonniers allemands employ\u00e9s au regroupement des tombes<\/p>\n<p>138\u00a0: Ce que firent les Allemands de leurs morts, enlev\u00e9s la nuit avec des chariots\u2026<\/p>\n<p>170\u00a0: Acception de la mort<\/p>\n<p>191\u00a0: Mort de Barr\u00e8s<\/p>\n<p>200\u00a0: Sur le devenir et le proc\u00e8s de Stenger<\/p>\n<div>\n<p><em>Yann Prouillet, septembre 2011<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin L&rsquo;abb\u00e9 Coll\u00e9 avec Maurice Barr\u00e8s sur une carte postale de sa collection Alphonse Coll\u00e9 est n\u00e9 le 23 janvier 1867 \u00e0 Gugney-aux-Aulx dans les Vosges. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 8 juin 1895 et fera toute sa carri\u00e8re dans les Vosges. Il est d\u2019abord affect\u00e9 comme Vicaire \u00e0 Moyenmoutier, o\u00f9 il y &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/10\/08\/colle-alphonse-1867-1943\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Coll\u00e9, Alphonse (1867-1943)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[97,766,41,3,12,21],"tags":[344,767,310,226],"class_list":["post-529","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1919-1930","category-92e-rit","category-articles","category-carnet","category-civil","category-souvenirs","tag-boucherie","tag-incurie-militaire","tag-morts","tag-vosges-pretre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=529"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/529\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5063,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/529\/revisions\/5063"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=529"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}