{"id":548,"date":"2011-11-16T21:44:06","date_gmt":"2011-11-16T20:44:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=548"},"modified":"2021-09-12T19:49:05","modified_gmt":"2021-09-12T18:49:05","slug":"castela-maurice-1892-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/11\/16\/castela-maurice-1892-2\/","title":{"rendered":"Cast\u00e9la, Maurice (1892-1990)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin.<\/p>\n<p>Maurice Cast\u00e9la part en guerre comme sergent r\u00e9serviste au 11<sup>e<\/sup> RI de Montauban, d\u00e8s les premiers jours du conflit. Son parcours peut \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019odyss\u00e9e. En effet, il conna\u00eet avec la IVe Arm\u00e9e la premi\u00e8re \u00e9preuve du feu lors de l\u2019offensive de Lorraine le 22 ao\u00fbt 1914 dans les Ardennes belges qui se solde par la d\u00e9b\u00e2cle de son unit\u00e9. Rest\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l&rsquo;avanc\u00e9e allemande, il ne rejoint les lignes fran\u00e7aises que le 16 septembre dans la Somme apr\u00e8s avoir r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper aux troupes ennemies. De septembre \u00e0 novembre 1914, il reste au d\u00e9p\u00f4t \u00e0 Montauban avant de reprendre le chemin du front dans le secteur de la Marne. Apr\u00e8s un long s\u00e9jour aux tranch\u00e9es, il est \u00e9vacu\u00e9 une premi\u00e8re fois en janvier 1915 pour maladie, notamment \u00e0 Mailly-Le-Camp puis \u00e0 Castelnaudary. Il rejoint le front en mars 1916 mais reste plusieurs semaines au d\u00e9p\u00f4t. Il est enfin affect\u00e9 au 100<sup>e<\/sup> RI en juillet 1916. Incorpor\u00e9 apr\u00e8s une formation dans une \u00ab\u00a0compagnie des mitrailleuses\u00a0\u00bb, il sera encore par trois fois \u00e9vacu\u00e9, dont deux pour blessures (f\u00e9vrier 1917 et mars 1918).<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage.<\/p>\n<p>Mis au propre en entre 1916 et 1919, le t\u00e9moignage sans doute r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 partir de carnets \u00e9crits sur le moment\u00a0 (\u00ab\u00a0(\u2026) Nous faisons la manille. Je viens de perdre deux sous\u00a0\u00bb &#8211; 26 novembre 1914), se compose de feuilles dactylographi\u00e9es organis\u00e9es en trois parties. La premi\u00e8re reprenant les souvenirs du sergent Cast\u00e9la d\u2019ao\u00fbt 1914 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019engagement du 22 de ce m\u00eame mois en Belgique, accompagn\u00e9e de plusieurs lettres envoy\u00e9es alors \u00e0 ses parents. La seconde s\u2019attache en 82 pages \u00e0 d\u00e9crire l\u2019\u00e9pisode des \u00ab\u00a026 jours dans les lignes allemandes\u00a0\u00bb. Sur ce sujet, lire\u00a0\u00e9galement\u00a0: <em>Quatre ans derri\u00e8re les lignes allemandes pendant la Grande Guerre. Les troglodytes de Graide 1914-1918<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9s par Jacques Cl\u00e9mens, Recueil de document n\u00b04, Agen, Archives d\u00e9partementales de Lot-et-Garonne, 1984. C&rsquo;est en cela que ce t\u00e9moignage est essentiellement original. La troisi\u00e8me partie enfin relate l\u2019exp\u00e9rience du t\u00e9moin entre le 26 septembre et le 26 juillet 1916, date \u00e0 laquelle se termine le t\u00e9moignage\u00a0: \u00ab\u00a0(\u2026) La guerre durant depuis trop longtemps d\u00e9j\u00e0, les poilus cessent de noter leurs souvenirs de guerre\u00a0\u00bb (p. 43). Nous n&rsquo;avons ensuite qu&rsquo;une feuille simple qui r\u00e9capitule son parcours de 1916 \u00e0 fin 1918 date \u00e0 laquelle il est r\u00e9form\u00e9.<\/p>\n<p>Articles de journaux, extraits de citations, quelques correspondances \u00e9chang\u00e9es avec des soldats ayant \u00e9t\u00e9 camarades d\u2019infortune coinc\u00e9s avec le t\u00e9moin derri\u00e8re la ligne allemande et avec des civils qui les avaient abrit\u00e9s, listes de personnages intervenant dans le r\u00e9cit viennent compl\u00e9ter le t\u00e9moignage proprement dit.<\/p>\n<p>3. Analyse.<\/p>\n<p>Maurice Cast\u00e9la entre en guerre comme bien d\u2019autres t\u00e9moins, avec l\u2019impression de partir et de vivre ensuite des grandes man\u0153uvres. Les premiers combats du 22 ao\u00fbt dans la for\u00eat de Luchy (Ardennes belges) \u00e9clatent alors comme un coup de tonnerre (lire entre autre les t\u00e9moignages de Val\u00e9ry Capot et Henri Despeyri\u00e8res sur cet \u00e9pisode)\u00a0: la premi\u00e8re \u00e9preuve du feu s\u2019av\u00e8re catastrophique\u00a0: \u00ab\u00a0Le feu intense de l\u2019adversaire nous inflige de lourdes pertes.\u00a0\u00bb L\u2019ennemi est invisible, et son tir pr\u00e9cis, le combat se fait \u00ab\u00a0d\u2019arbre \u00e0 arbre\u00a0\u00bb. Quand la fusillade se calme, Maurice Cast\u00e9la et un groupe d\u2019hommes avec lui se retrouvent derri\u00e8re la ligne allemande\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise recule donc. Aujourd\u2019hui, il faudra essayer co\u00fbte que co\u00fbte de sortir d\u2019ici\u00a0\u00bb (23 ao\u00fbt 1914). Finalement, le groupe d\u2019\u00e9toffe de plusieurs dizaines de soldats de plusieurs unit\u00e9s, bless\u00e9s ou valides, surpris par le recul des troupes fran\u00e7aise. Il prend le chemin du sud puis de l&rsquo;ouest.\u00a0 S\u2019en suivent des jours de marche (une moyenne de 21 km par jour) dans les bois pour rejoindre le gros des troupes, en \u00e9vitant les unit\u00e9s ennemies et en vivant sur le pays ou gr\u00e2ce en particulier \u00e0 l\u2019aide fournie par les populations civiles (nourriture, v\u00eatements civils). Certains soldats quittent le groupe en volant des effets personnels de leurs camarades. Au final, Maurice Cast\u00e9la reste avec deux autres soldats, mais \u00e9crit le 15 septembre\u00a0aux abords des lignes allemandes en France, dans la Somme : \u00ab\u00a0(\u2026) Nous avons perdu Maury en route. Il a d\u00fb \u00eatre fait prisonnier.\u00bb<\/p>\n<p>Dans la courte p\u00e9riode de guerre de position relat\u00e9e dans le t\u00e9moignage qui nous est parvenu, et qu&rsquo;il d\u00e9couvre fin 1914 apr\u00e8s sa difficile exp\u00e9rience de la guerre de mouvement, \u00a0Maurice Cast\u00e9la \u00e9voque son univers de sous-officier de r\u00e9serve\u00a0: il retrouve au front ses anciens camarades du service militaire et du \u00ab\u00a0pa\u00efs\u00a0\u00bb, tout en s\u2019inscrivant dans une camaraderie de grade (\u00ab\u00a0popote\u00a0\u00bb des sous-off, \u00ab\u00a0club\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb). Il acc\u00e8de rapidement au poste d\u2019agent de liaison\u00a0: \u00ab\u00a0Ici, pr\u00e8s du commandant se trouvent les cuisines, ce qui m\u2019a permis mieux boire, mieux manger et de passer la nuit sous un tr\u00e8s bon abri aupr\u00e8s d\u2019un bon po\u00eale\u00a0\u00bb (26 novembre 1914). L\u2019hiver 1914 est difficile dans la boue des tranch\u00e9es et les attaques pour quelques m\u00e8tres de terrain et c\u2019est sans doute ces difficiles conditions de vie qui sont \u00e0 l\u2019origine de sa premi\u00e8re \u00e9vacuation.\u00a0Il s&rsquo;applique ensuite \u00e0 d\u00e9crire sa vie \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9clop\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0pendant laquelle\u00a0se d\u00e9veloppent de nouvelles amiti\u00e9s entre 1915 et 1916. La suite de son parcours montre de ce point de vue le caract\u00e8re fragment\u00e9 de ce qu&rsquo;ont pu \u00eatre de nombreuses exp\u00e9riences de guerre.<\/p>\n<p>Alexandre Lafon \u2013 novembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin. Maurice Cast\u00e9la part en guerre comme sergent r\u00e9serviste au 11e RI de Montauban, d\u00e8s les premiers jours du conflit. Son parcours peut \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019odyss\u00e9e. 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