{"id":551,"date":"2011-11-18T16:02:56","date_gmt":"2011-11-18T15:02:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=551"},"modified":"2021-09-12T19:49:17","modified_gmt":"2021-09-12T18:49:17","slug":"durosoir-lucien-1878-1955","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/11\/18\/durosoir-lucien-1878-1955\/","title":{"rendered":"Durosoir, Lucien (1878-1955)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nN\u00e9 \u00e0 \u00ab Boulogne pr\u00e8s de Paris \u00bb le 6 d\u00e9cembre 1878, il devient, avant 1914, un c\u00e9l\u00e8bre violoniste, soliste faisant des tourn\u00e9es internationales. Lors de la d\u00e9claration de guerre, il a 36 ans ; c\u00e9libataire, il vit avec sa m\u00e8re. D\u2019abord territorial, il est envoy\u00e9 sur le front au 129e RI en novembre 1914. Fin juin 1915, il devient brancardier. Son talent de musicien reconnu, notamment par le g\u00e9n\u00e9ral Mangin, il alterne alors les p\u00e9riodes musicales et de services divers (brancardier, secr\u00e9taire, colombophile). En juin 1918, il avoue : \u00ab Dans tout cela mon sort, compar\u00e9 aux destin\u00e9es des anciens camarades, est autrement enviable. Je sais bien qu\u2019il y a mon violon et ce dernier tr\u00e8s r\u00e9ellement m\u2019a sauv\u00e9 la vie. C\u2019est la fable antique d\u2019Apollon qui apprivoise les b\u00eates fauves. J\u2019ai certainement obtenu davantage avec mon instrument que si j\u2019avais eu de puissantes interventions. \u00bb<br \/>\nApr\u00e8s la guerre, il se retire dans le sud de la France pour composer. Le livre cit\u00e9 ci-dessous contient un DVD donnant trois pi\u00e8ces pour violoncelle et piano, \u0153uvre d\u00e9di\u00e9e \u00e0 son ami Maurice Mar\u00e9chal (voir notice).<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nLe corpus de lettres adress\u00e9es quotidiennement \u00e0 sa m\u00e8re pendant toute la guerre est consid\u00e9rable. Son fils dit avoir s\u00e9lectionn\u00e9 30 % de l\u2019ensemble. L\u2019all\u00e8gement est tr\u00e8s important pour la p\u00e9riode 1916-1918. Des allusions \u00e0 des femmes ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es parce que \u00ab rares et atypiques \u00bb. Des photos compl\u00e8tent le dossier dans : Maurice Mar\u00e9chal, Lucien Durosoir, <em>Deux musiciens dans la Grande Guerre<\/em>, Paris, Tallandier, 2005, 358 p. Les lettres de Lucien t\u00e9moignent parfois, comme en septembre 1918, de son exasp\u00e9ration devant les sollicitations de sa m\u00e8re : \u00ab Je me demande si tu ne deviens pas un peu folle quand tu me dis travaille, compose : quand tu me parles, au milieu de la vie que je m\u00e8ne, de l\u2019amour de mon art. [\u2026] H\u00e9las, je suis dans la boue et la poussi\u00e8re, je sens mauvais, je sue, et j\u2019essaie de passer \u00e0 travers les dangers du mieux possible. \u00bb Le pr\u00e9sentateur, signalant la pr\u00e9sence de Lucien Durosoir au 129e, puis au 274e et au 74e, remarque : \u00ab Du d\u00e9but \u00e0 la fin, son sort est li\u00e9 \u00e0 celui de la 5e division. \u00bb Mais le livre de Leonard Smith sur la 5e DI n\u2019est jamais mentionn\u00e9 dans des notes, int\u00e9ressantes pour les identifications de musiciens et d\u2019\u0153uvres, plus contestables sur le plan de l\u2019histoire : l\u2019une va jusqu\u2019\u00e0 conseiller de \u00ab lire les ouvrages r\u00e9cents qui font enfin la part de la violence dans la guerre \u00bb !<br \/>\n3. Analyse<br \/>\nLes premi\u00e8res lettres de 1914 contiennent illusions et contradictions, ce qui est tout \u00e0 fait normal quand il s\u2019agit d\u2019un t\u00e9moignage. \u00ab Il est officiel que les troupes fran\u00e7aises sont dans Colmar et que les Allemands se sauvent, surtout devant les charges \u00e0 la ba\u00efonnette \u00bb (11 ao\u00fbt) ; les Fran\u00e7ais \u00ab se font tuer en chantant \u00bb (13 ao\u00fbt) ; il est clair \u00ab que notre droit est \u00e9vident, que nous repr\u00e9sentons la justice et la libert\u00e9 \u00bb (24 ao\u00fbt) ; \u00ab les pertes des Allemands sont absolument \u00e9normes, sans comparaison avec les n\u00f4tres \u00bb (28 ao\u00fbt) ; \u00ab il n\u2019y a pas \u00e0 s\u2019effrayer, l\u2019envahissement de la France dans le Nord-Est a \u00e9t\u00e9 un plan voulu et concert\u00e9 \u00bb (9 septembre). Le 26 ao\u00fbt : \u00ab Notre r\u00e9giment, tr\u00e8s entra\u00een\u00e9 maintenant, est vraiment fr\u00e9missant, nous ne demandons qu\u2019\u00e0 partir \u00bb ; mais \u00ab il y a avec nous 40 % de Normands qui n\u2019arr\u00eatent pas de g\u00e9mir \u00bb (10 septembre) ; \u00ab beaucoup de mes camarades ont le cafard, ils boivent trop et surtout fument beaucoup, plus qu\u2019il ne faudrait. Il est certain que le temps commence \u00e0 sembler long, et cependant c\u2019est bien loin d\u2019\u00eatre fini. \u00bb Et, le 8 novembre, il signale \u00ab certains individus veules et froussards qui essayent par tous les moyens d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre envoy\u00e9s au front \u00bb.<br \/>\nIl d\u00e9couvre les tranch\u00e9es le 15 novembre 1914, et cette \u00ab terrible vie qui met bien \u00e0 nu le caract\u00e8re et les ressources morales de chacun \u00bb. \u00ab Il nous faut beaucoup de patience et de r\u00e9signation, qualit\u00e9s beaucoup plus difficiles \u00e0 avoir qu\u2019\u00e9clats de bravoure plus ou moins passagers ; car souffrir de toutes les intemp\u00e9ries, recevoir les obus sur la t\u00eate sto\u00efquement dans les tranch\u00e9es, c\u2019est terrible \u00bb (2 f\u00e9vrier 1915). Il s\u00e9lectionne deux camarades avec lesquels il peut parler : \u00ab Nous ne nous quittons gu\u00e8re tous les trois car, dans le reste de l\u2019escouade, ce sont certainement de tr\u00e8s braves gens, mais des paysans avec lesquels nous n\u2019avons pas beaucoup d\u2019affinit\u00e9s. \u00bb Ces paysans supportent les fatigues de la guerre moins bien que lui-m\u00eame, toujours en train de \u00ab geindre \u00bb, qui boivent \u00e0 l\u2019exc\u00e8s (\u00ab tout le recrutement normand est en majeure partie compos\u00e9 d\u2019ivrognes \u00bb, 28 mars 1915), vice partag\u00e9 par les officiers qui sont \u00ab des gens bien ordinaires et bien vulgaires avec souvent tendance \u00e0 \u00eatre des poivrots \u00bb (4 f\u00e9vrier). Il critique aussi les aberrations (les peaux de moutons protectrices qui arrivent apr\u00e8s les grands froids), le bourrage de cr\u00e2ne des journaux, l\u2019arri\u00e8re qui montre une incompr\u00e9hension totale des choses du front, les embusqu\u00e9s dont il faudrait afficher les noms. Le 20 f\u00e9vrier 1915, il \u00e9crit : \u00ab L\u2019\u00e9preuve que nous subissons est vraiment tr\u00e8s dure ; ce qui la rend ainsi, c\u2019est la dur\u00e9e et l\u2019incertitude que nous avons tous au sujet de la fin de cette guerre maudite. Il y a des jours o\u00f9 les plus courageux ont le cafard. Je vois les camarades, ceux surtout qui ont des enfants jeunes, cette vie leur p\u00e8se et leur devient pour ainsi dire insupportable ; j\u2019ai bien du mal \u00e0 remonter leur courage d\u00e9faillant. Cette souffrance morale ajout\u00e9e rend plus pesantes nos souffrances physiques. \u00bb<br \/>\nSa haine des Allemands s\u2019exprime particuli\u00e8rement entre mars et juin 1915, sur les fronts de Craonne et de l\u2019Artois. \u00ab Il faut que ces gens qui ont tout vol\u00e9, tout ruin\u00e9 et d\u00e9truit, tuant les femmes et les enfants et les torturant, il faut que ces monstres soient \u00e9cras\u00e9s. Quelle joie quand nos obus pleuvent sur eux ! \u00bb Cette expression du 23 mars est reprise le surlendemain, puis le 18 et le 25 mai. Le 23 mai, il demande \u00e0 sa m\u00e8re de lui envoyer un poignard et un pistolet, qui pourraient se r\u00e9v\u00e9ler utiles pour un combat au corps \u00e0 corps car fusil et ba\u00efonnette y sont \u00ab des armes peu pratiques \u00bb. Il semble qu\u2019il ne se soit pas servi du poignard mais, le 7 juin, il \u00e9crit qu\u2019il a descendu \u00ab beaucoup \u00bb de Boches en tirant au fusil \u00ab avec le plus grand calme \u00bb, puis qu\u2019il a tu\u00e9 deux autres Boches \u00e0 bout portant avec son pistolet. Il ajoute : \u00ab Je ne sais comment je suis encore vivant, car je croyais bien ne jamais sortir d\u2019un pareil enfer. Tous les amis sont debout. Un peu de calme va nous faire du bien car notre agitation est f\u00e9brile et notre soif ardente. \u00bb Grand calme ou agitation f\u00e9brile ? Il y a l\u00e0 quelque contradiction, de m\u00eame qu\u2019entre \u00ab tout le monde est plein d\u2019enthousiasme \u00bb (24 mai) et \u00ab entendre des gens parler de rentrer chez eux en disant qu\u2019ils se foutent bien des Allemands et qu\u2019ils peuvent bien occuper les pays conquis \u00bb (14 mai). Apr\u00e8s ces journ\u00e9es infernales, il est clair que c\u2019est l\u2019\u00e9puisement et la hantise d\u2019une nouvelle campagne d\u2019hiver (25 juin) : \u00ab Je crois pour ma part que nous arriverons difficilement \u00e0 les sortir de chez nous. \u00bb Auparavant, il avait not\u00e9, devant Craonne : \u00ab Nous n\u2019attaquerons probablement jamais Craonne, ce plateau est inattaquable de front. Nous y resterions tous inutilement, il faudra le tourner pour que les Boches d\u00e9logent de cette position formidable. \u00bb<br \/>\nApr\u00e8s avoir \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re : \u00ab Dans cette affaire, en dehors des obus qui sont tomb\u00e9s par milliers, c\u2019est \u00e0 qui a pu le mieux endurer le manque de sommeil, la faim et la soif, et dans cette endurance nous nous sommes montr\u00e9s sup\u00e9rieurs \u00e0 nos ennemis et beaucoup plus rus\u00e9s. Nous en avons beaucoup tu\u00e9, avec malice \u00e0 la clef ; dans cette chasse \u00e0 l\u2019homme horrible, il y a cependant quelque chose de passionnant. \u00bb Puis il devient brancardier, \u00e0 l\u2019approche de l\u2019\u00e9t\u00e9 1915, soulignant que les \u00ab risques sont infiniment moindres \u00bb, m\u00eame lors de l\u2019offensive de septembre. Celle-ci est un \u00e9chec. Des chefs incapables (obtus, ne reconnaissant jamais leurs erreurs, coupables de faire la noce) ont fait tuer \u00ab tant de monde \u00bb. \u00ab Dans cette guerre le peuple a \u00e9t\u00e9 admirable, il a tout sacrifi\u00e9, pour qui ? Pour des dirigeants dont beaucoup emplissent leurs poches pendant que les autres se font tuer. \u00bb Brancardier n\u2019est pas encore \u00ab un vrai filon \u00bb mais, d\u00e8s octobre, Lucien Durosoir est charg\u00e9 par le colonel de monter un quatuor \u00e0 cordes. Il joue devant Mangin, passe son temps en r\u00e9p\u00e9titions, est confortablement log\u00e9. \u00ab Plong\u00e9s de plus en plus dans une atmosph\u00e8re musicale \u00bb, les membres du quatuor peuvent \u00e9viter les \u00ab conversations stupides \u00bb. Le salon de Mme L. r\u00e9unit officiers et intellectuels. Quel contraste avec les soldats des tranch\u00e9es transform\u00e9s en blocs de boue !<br \/>\nEn avril 1916, il conna\u00eet cependant un nouvel enfer, \u00e0 Verdun. \u00ab Tout le monde appelle la fin de tous ses v\u0153ux, mais cela, h\u00e9las, ne change pas la face des choses, \u00e9crit-il en ao\u00fbt. Le temps s\u2019\u00e9coule et les hostilit\u00e9s continuent, et les mois succ\u00e8dent aux mois. Quelle vie et comme nous gaspillons nos plus belles ann\u00e9es ! \u00bb Son opinion sur l\u2019ennemi devient plus nuanc\u00e9e : \u00ab Les Boches, dans tous ces \u00e9v\u00e9nements, font preuve d\u2019un incroyable ressort et ne donnent nullement l\u2019impression de gens qui l\u00e2chent pied, comme on voudrait bien le dire. Ils combattent au contraire avec acharnement, et ce n\u2019est pas un mince m\u00e9rite quand on pense \u00e0 tout ce qui d\u00e9gringole sur leurs t\u00eates. C\u2019est ce qui fait croire que la guerre ne peut durer de longs mois, car, avec de pareilles luttes, les effectifs fondent comme neige au soleil. \u00bb Et pourtant elle dure ! \u00ab C\u2019est triste, l\u2019intellectuel s\u2019enlise, il sent qu\u2019il perd sa culture, les gens m\u00e9diocres qui nous entourent, leurs raisonnements m\u00e9diocres, leurs id\u00e9es m\u00e9diocres, tout est bien fait pour vous faire perdre l\u2019id\u00e9al et la culture donn\u00e9s par quinze ou vingt ans d\u2019efforts. \u00bb De son c\u00f4t\u00e9, \u00ab le pauvre poilu attend sa permission avec une f\u00e9brile impatience. Elle est la seule raison de sa r\u00e9signation. \u00bb<br \/>\nEn 1917, d\u00e8s f\u00e9vrier, Lucien note : \u00ab Ce qui est \u00e9tonnant, c\u2019est que les poilus subissent tout cela sans se r\u00e9volter. \u00bb En mars, il pr\u00e9cise qu\u2019apr\u00e8s la guerre \u00ab il faudra craindre des mouvements r\u00e9volutionnaires de la part des poilus qui, trop longtemps, auront \u00e9t\u00e9 maintenus dans une discipline de fer, et qui, lorsqu\u2019ils recouvreront la libert\u00e9, manifesteront certainement dans un sens non \u00e9quivoque. \u00bb Le 30 mai, il \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re que \u00ab de tr\u00e8s graves \u00e9v\u00e9nements viennent de se produire \u00bb, mais il ne d\u00e9veloppe pas : \u00ab Plus tard je pourrai te parler, car je pense ne jamais \u00e9crire sur ce sujet, car c\u2019est trop dangereux. \u00bb C\u2019est pourquoi on n\u2019aura pas le t\u00e9moignage de Lucien Durosoir sur les \u00ab mutineries \u00bb au sein de la 5e DI. A peine quelques bribes : \u00ab Le pauvre poilu qui, depuis bient\u00f4t trois ans, endure les pires souffrances morales et physiques, est las, il n\u2019en peut plus. Davantage serait d\u00e9passer les forces humaines et s\u2019exposer \u00e0 de graves m\u00e9comptes. J\u2019ai peu d\u2019espoir que le commandement sup\u00e9rieur comprenne bien la question ; il a si peu v\u00e9cu avec le poilu et l\u2019a trait\u00e9 tellement comme une chose. \u00bb Il ajoute que \u00ab les sanctions ont \u00e9t\u00e9 rudes \u00bb. Cela n\u2019emp\u00eache pas des aviateurs, venus en visite, d\u2019offrir un bapt\u00eame de l\u2019air aux infirmi\u00e8res et aux musiciens (voir aussi les photos d\u2019avions et de dames du lieutenant Berthel\u00e9).<br \/>\nEn f\u00e9vrier 1918, Lucien note l\u2019\u00e9motion ressentie par les hommes du front \u00e0 l\u2019annonce des raids a\u00e9riens sur Paris : \u00ab C\u2019est une angoisse de savoir sa famille expos\u00e9e \u00bb. En mai et juin, il se plaint des Anglais qui ne consacrent pas tous leurs efforts \u00e0 la guerre, tandis que \u00ab le moral de nos troupes est extraordinaire et ce serait \u00e0 souhaiter que nos alli\u00e9s poss\u00e8dent tous ces qualit\u00e9s au m\u00eame degr\u00e9. \u00bb La guerre devient de plus en plus celle des avions et des tanks. D\u00e8s juillet, la victoire se dessine. En septembre, \u00ab c\u2019est un peuple en marche que notre arm\u00e9e \u00bb, mais il aura fallu payer cher cette victoire. Les lettres reproduites se terminent au 11 novembre : \u00ab C\u2019est fou de voir ici la joie g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est comme une sorte d\u2019ivresse. Et nous avons attaqu\u00e9 encore hier dans la soir\u00e9e, et il y a des malheureux qui encore ont laiss\u00e9 leur vie. A ce moment de fin de guerre, je songe \u00e0 tous les camarades qui sont tomb\u00e9s, aux longues souffrances subies par tous et l\u2019\u00e9motion me secoue en voyant enfin les r\u00e9sultats acquis par tant de sacrifices. \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals, 16 novembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 \u00e0 \u00ab Boulogne pr\u00e8s de Paris \u00bb le 6 d\u00e9cembre 1878, il devient, avant 1914, un c\u00e9l\u00e8bre violoniste, soliste faisant des tourn\u00e9es internationales. Lors de la d\u00e9claration de guerre, il a 36 ans ; c\u00e9libataire, il vit avec sa m\u00e8re. 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