{"id":566,"date":"2011-11-19T20:54:32","date_gmt":"2011-11-19T19:54:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=566"},"modified":"2021-09-12T19:50:39","modified_gmt":"2021-09-12T18:50:39","slug":"bith-jacques-1884-1943","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/11\/19\/bith-jacques-1884-1943\/","title":{"rendered":"Bith, Jacques (1884-1943)"},"content":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me d\u2019une famille qui comptera huit gar\u00e7ons, Jacques Bith est n\u00e9 \u00e0 Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise), le 19 juillet 1884. Son p\u00e8re est rentier. Son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Paul va devenir j\u00e9suite. Il passe son enfance \u00e0 Paris et fr\u00e9quente lui-m\u00eame le coll\u00e8ge j\u00e9suite, puis il apprend le russe \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Langues orientales. Il part \u00e0 Odessa en 1908 comme repr\u00e9sentant de la joaillerie Chaumet. Il vient se marier \u00e0 Toulouse avec la fille d\u2019un avocat. D\u00e8s le premier mois de la guerre, son fr\u00e8re cadet Jean est tu\u00e9 devant Guise. Lui-m\u00eame est mobilis\u00e9 comme lieutenant au 211e RI et il sera nomm\u00e9 capitaine en mai 1915. Le r\u00e9giment se trouve dans le secteur de Verdun, face au saillant de Saint-Mihiel d\u2019abord, puis du c\u00f4t\u00e9 du Mort Homme et de Cumi\u00e8res o\u00f9 il est an\u00e9anti lors des attaques allemandes de mars 1916. Le capitaine Bith est fait prisonnier le 6 mars ; le colonel le lendemain. Commence une longue p\u00e9riode de captivit\u00e9 \u00e0 Halle, Magdeburg, Ingolstadt, etc. Il y rencontre des personnalit\u00e9s comme Roland Garros et Mgr de Mayol de Lupp\u00e9, futur \u00ab aum\u00f4nier de la LVF, puis de la division SS fran\u00e7aise Charlemagne \u00bb (note des \u00e9diteurs du livre) ; il aurait \u00e9galement \u00e9cout\u00e9 des conf\u00e9rences du capitaine De Gaulle. Apr\u00e8s la guerre, Jacques Bith se lance dans les affaires, tout en restant un officier de r\u00e9serve z\u00e9l\u00e9. Chef de bataillon depuis peu, il est mobilis\u00e9 en 1939 dans l\u2019encadrement des camps du Barcar\u00e8s puis de Septfonds. Il meurt \u00e0 Paris le 12 juillet 1943.<br \/>\nLe t\u00e9moignage est pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00ab corpus de souvenirs \u00e9pars, souvent lacunaire, qui s\u2019est \u00e9clairci au gr\u00e9 des h\u00e9ritages et des in\u00e9vitables injures du temps \u00bb. Il comprend de nombreuses photos de guerre et de captivit\u00e9, et la transcription de ses carnets du 12 septembre 1914 au 27 avril 1915 et du 18 mars au 9 d\u00e9cembre 1916. Les lacunes sont en partie combl\u00e9es par des extraits du JMO, des passages des m\u00e9moires du docteur Voivenel, et un \u00ab rapport du capitaine Bith du 211e d\u2019infanterie sur ses diff\u00e9rentes tentatives d\u2019\u00e9vasion \u00bb, en vue d\u2019obtenir la L\u00e9gion d\u2019Honneur : on compte jusqu\u2019\u00e0 12 tentatives, mais la plupart ont \u00e9chou\u00e9 avant m\u00eame le d\u00e9part, sans \u00eatre connues des Allemands.<br \/>\nConvivialit\u00e9s de guerre et de captivit\u00e9<br \/>\nLe t\u00e9moin nous avertit presque d\u2019embl\u00e9e (26 octobre 1914) : \u00ab Je n\u2019ai plus gu\u00e8re de go\u00fbt pour \u00e9crire mes notes de route ; il faut dire que les jours ou plut\u00f4t les semaines se suivent et se ressemblent et la seule chose que je pourrais enregistrer ce sont mes impressions, or il me semble que ce ne serait que du r\u00e9chauff\u00e9 de les noter sur ce carnet qui est destin\u00e9 \u00e0 ma ch\u00e8re petite femme alors que je les lui communique dans ma correspondance quotidienne. \u00bb En effet, le texte est peu d\u00e9velopp\u00e9. Il \u00e9voque cependant l\u2019odeur pestilentielle du champ de bataille apr\u00e8s la Marne et la pagaille qui r\u00e8gne au cours des premi\u00e8res semaines ; en mars 1915, les \u00ab victoires \u00bb en Champagne et aux Dardanelles, et le fait que l\u2019Allemagne n\u2019a plus de provisions que pour trois mois, tout cela laisse penser que la guerre sera vite termin\u00e9e. Il a une forte tonalit\u00e9 patriotique et catholique. Jacques Bith \u00e9voque toutes ses \u00ab consolations religieuses \u00bb : messe, pri\u00e8re, confession, communion, action de gr\u00e2ce, adoration, neuvaine, sermon, retraite, chemin de Croix ; les f\u00eates de No\u00ebl 1914 et P\u00e2ques 1915 sont particuli\u00e8rement marqu\u00e9es. Dans les tranch\u00e9es, les conditions de vie sont dures, mais les officiers s\u2019organisent : \u00ab la popote est de tout premier ordre \u00bb ; tournois de bridge et agr\u00e9ables rencontres se succ\u00e8dent. Le docteur Voivenel est un excellent convive, mais les officiers cl\u00e9ricaux bien-pensants ne peuvent tol\u00e9rer leurs coll\u00e8gues amateurs d\u2019histoires cochonnes (\u00ab ignobles conversations \u00bb, \u00ab immondices \u00bb) ; quant au colonel, c\u2019est un \u00e9go\u00efste \u00ab qui prend pour lui et sa suite les meilleures cabanes de la place \u00bb. Retrouvant, involontairement, les termes de la chanson de Lorette (puis de Craonne), notre officier remarque : \u00ab Pour les hommes par exemple la vie n\u2019est pas rose. \u00bb<br \/>\nLa diff\u00e9rence de situation entre soldats et officiers se retrouve en captivit\u00e9. Les officiers ne travaillent pas ; ils ont des ordonnances ; ils organisent des spectacles ; Bith donne des le\u00e7ons de russe et apprend l\u2019allemand ; il joue au tennis sur de v\u00e9ritables courts. Les f\u00eates, comme le 14 Juillet sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es par des officiers fran\u00e7ais \u00ab en grande tenue \u00bb. On peut penser que, lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s, ils n\u2019avaient pas sur eux cette tenue : comment l\u2019ont-ils re\u00e7ue ? dans des colis venant de France ? M\u00eame s\u2019il y a des heurts avec les autorit\u00e9s allemandes et des \u00ab repr\u00e9sailles \u00bb, m\u00eame si des surnoms p\u00e9joratifs sont attribu\u00e9s aux Allemands (\u00ab Trouduc \u00bb par exemple), ce n\u2019est quand m\u00eame pas un r\u00e9gime de terreur, et, en captivit\u00e9 comme sur le front, certains officiers sup\u00e9rieurs fran\u00e7ais sont \u00e9galement critiqu\u00e9s.<br \/>\nRC<br \/>\n*<em>Odessa, Verdun, Magdebourg\u2026 De l\u2019avant-guerre \u00e0 la captivit\u00e9, souvenirs de Jacques Bith, officier au 211e RI (1902-1918)<\/em>, \u00e9dition \u00e9tablie et comment\u00e9e par [le chef de bataillon] Cyrille Becker [arri\u00e8re-petit-fils de l\u2019auteur] et \u00c9ric Labayle, Par\u00e7ay-sur-Vienne, Anovi, 2007, 254 p., illustrations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me d\u2019une famille qui comptera huit gar\u00e7ons, Jacques Bith est n\u00e9 \u00e0 Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise), le 19 juillet 1884. Son p\u00e8re est rentier. Son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Paul va devenir j\u00e9suite. Il passe son enfance \u00e0 Paris et fr\u00e9quente lui-m\u00eame le coll\u00e8ge j\u00e9suite, puis il apprend le russe \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Langues orientales. Il part \u00e0 Odessa &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/11\/19\/bith-jacques-1884-1943\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Bith, Jacques (1884-1943)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[103,750,3,15],"tags":[482,751,346,253],"class_list":["post-566","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-103","category-211e-ri","category-carnet","category-officier-infanterie","tag-captivite","tag-convivialite","tag-odeurs","tag-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/566","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=566"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/566\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3914,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/566\/revisions\/3914"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=566"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=566"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=566"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}