{"id":58,"date":"2008-02-18T17:14:17","date_gmt":"2008-02-18T16:14:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/18\/castan-jerome-1893-1980\/"},"modified":"2021-09-09T17:05:03","modified_gmt":"2021-09-09T16:05:03","slug":"castan-jerome-1893-1980","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/18\/castan-jerome-1893-1980\/","title":{"rendered":"Castan, J\u00e9r\u00f4me (1893-1980)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>J\u00e9r\u00f4me Castan est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1893 au Passage d&rsquo;Agen, au bord de Garonne. Issu d&rsquo;une famille modeste, il a suivi une scolarit\u00e9 un peu plus avanc\u00e9e que le commun des enfants de l&rsquo;avant-guerre : re\u00e7u au certificat d&rsquo;\u00e9tudes, il poursuit encore deux ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole pratique de commerce et d&rsquo;industrie, rue Lacanal \u00e0 Agen, avant d&rsquo;int\u00e9grer en 1908 la Soci\u00e9t\u00e9  G\u00e9n\u00e9rale. Employ\u00e9 de banque, il passe devant le conseil de r\u00e9vision une premi\u00e8re fois en 1913. Ajourn\u00e9, il repasse devant le conseil en avril 1914 sans succ\u00e8s pour \u00eatre finalement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e en octobre 1914. Mobilis\u00e9 en d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e au 78<sup>e<\/sup> RI de Gu\u00e9ret (Creuse) comme simple fantassin.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Publi\u00e9 dans la <em>Revue<\/em><em> de l&rsquo;Agenais<\/em> (n\u00b01, 2008), son \u00ab journal de route \u00bb commence le 18 d\u00e9cembre 1914, jour de son d\u00e9part pour Gu\u00e9ret et le 78<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;infanterie. Ses carnets ont suivi secteur apr\u00e8s secteur l&rsquo;itin\u00e9raire du combattant Castan, entre poche et musette. Un autre carnet, rouge celui-l\u00e0, propre, d&rsquo;une taille plus importante, aucunement ab\u00eem\u00e9, porte une autre \u00e9criture. J\u00e9r\u00f4me dans le calme a  \u00ab reclass\u00e9 par ordre les diff\u00e9rentes phases de [son existence] pendant la guerre \u00bb. Les quelques paragraphes de \u00ab pr\u00e9sentation \u00bb de ces notes sont dat\u00e9s du 25 juillet 1916 : J\u00e9r\u00f4me est alors au front, dans un secteur \u00ab d&rsquo;une tranquillit\u00e9 absolue \u00bb comme on peut le lire dans ses petits carnets de route. Une rupture dans l&rsquo;\u00e9criture entre f\u00e9vrier et juin 1917. Puis continuit\u00e9 jusqu&rsquo;au terme de la guerre. L&rsquo;\u00e9criture de ce carnet rouge ne correspond pas exactement \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture du temps de guerre : lorsqu&rsquo;il arrive \u00e0 Verdun et monte pour la premi\u00e8re fois aux tranch\u00e9es, il \u00e9crit : \u00ab Dans la nuit du 6 au 7 avril [1916] \u00e9motionn\u00e9s nous aussi de prendre part \u00e0 la partie gigantesque qui se joue, nous allons prendre position \u00bb. Aucun passage de ses petits carnets ne mentionne cette r\u00e9flexion. J\u00e9r\u00f4me a donc transcrit un sentiment peut-\u00eatre ressenti sur le moment mais qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas not\u00e9 : sa double \u00e9criture se compl\u00e8te alors, plus qu&rsquo;elle ne s&rsquo;oppose.<\/p>\n<p>Son parcours d\u00e9marre au front en avril 1915 dans une compagnie de son r\u00e9giment sur la ligne de feu. Puis, comme des millions de soldats devenus combattants, il parcourt les diff\u00e9rentes parties du front, de secteur calme en secteur actif : la Meuse, l&rsquo;Artois, Verdun, l&rsquo;Aisne, la Somme, la Champagne. En novembre 1917, il part pour l&rsquo;Italie soutenir les troupes transalpines et y reste jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du conflit.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Son t\u00e9moigne apporte le regard d&rsquo;un \u00ab col blanc \u00bb sur la guerre, t\u00e9moignage assez rare dans la masse de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s. Si beaucoup de th\u00e8mes bien connus sont \u00e9voqu\u00e9s ou absents (la violence donn\u00e9e par exemple), la camaraderie revient tr\u00e8s souvent au fil de son journal. Au front, les soldats n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 faire plusieurs kilom\u00e8tres pour se rendre dans l&rsquo;unit\u00e9 o\u00f9 se trouve un compatriote, connu d&rsquo;avant guerre. Joie des retrouvailles d&rsquo;autant plus grande que les hommes peuvent alors \u00e9voquer la vie au pays. Importance aussi des camarades de la classe : \u00ab J&rsquo;ai la joie de retrouver bon nombre de camarades qui nous avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s \u00bb. Entre autre l&rsquo;ami Candelon. Et c&rsquo;est une d\u00e9ception lorsque les amis ne sont pas vers\u00e9s dans la m\u00eame compagnie. J\u00e9r\u00f4me ne manque pas d&rsquo;\u00e9crire en arrivant dans sa nouvelle escouade en avril 1915 : \u00ab Bonne impression des nouvelles connaissances \u00bb. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un aspect important de la vie des soldats au front : se savoir bien entour\u00e9, pouvoir s&rsquo;inclure dans le groupe, notamment quand on arrive apr\u00e8s la mobilisation d&rsquo;ao\u00fbt 1914 et la premi\u00e8re constitution des unit\u00e9s, et que l&rsquo;on fait partie des \u00ab bleus \u00bb (ici de la classe 1915).<\/p>\n<p>Des notes int\u00e9ressantes sur le traitement des tombes des camarades et sur la vie des soldats fran\u00e7ais en Italie.<\/p>\n<p>Alexandre Lafon, 12\/2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin J\u00e9r\u00f4me Castan est n\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1893 au Passage d&rsquo;Agen, au bord de Garonne. 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