{"id":581,"date":"2011-11-20T20:28:04","date_gmt":"2011-11-20T19:28:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=581"},"modified":"2021-09-12T19:51:06","modified_gmt":"2021-09-12T18:51:06","slug":"bouillon-eugene-1886-1966","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/11\/20\/bouillon-eugene-1886-1966\/","title":{"rendered":"Bouillon, Eug\u00e8ne (1886-1966)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nEug\u00e8ne Bouillon na\u00eet en 1886 \u00e0 Wintzenheim (en Alsace-Lorraine annex\u00e9e) dans une famille qui cultive le souvenir de la France. Son p\u00e8re, un ancien combattant fran\u00e7ais de 1870, l\u2019emm\u00e8ne par exemple assister au d\u00e9fil\u00e9 du 14 juillet dans la ville de Belfort, rest\u00e9e fran\u00e7aise. De plus, Eug\u00e8ne passe une partie de sa scolarit\u00e9 en France comme interne au Coll\u00e8ge des fr\u00e8res de Marie \u00e0 Saint-Di\u00e9 (Vosges). Il baigne donc depuis son enfance dans un milieu familial francophile et francophone.<br \/>\nSa guerre commence en octobre 1915 quand il est enr\u00f4l\u00e9 dans la garde imp\u00e9riale de Berlin. Apr\u00e8s un s\u00e9jour au camp militaire de D\u00f6beritz, il rejoint son cantonnement \u00e0 Weissensee, un quartier de Berlin. Tomb\u00e9 malade, il passe quelque temps \u00e0 l\u2019h\u00f4pital avant que son bataillon ne se fixe finalement \u00e0 C\u00f6penick. Le 14 juillet 1916, il part pour le front russe. Apr\u00e8s des haltes dans les villages de Novo Vileisk (Lituanie) et Novozvenziani, il finit par d\u00e9barquer \u00e0 proximit\u00e9 du front \u00e0 la station de Soly (actuelle Bi\u00e9lorussie). Il ne reste que trois mois sur le front russe et, au d\u00e9but de novembre, il est dirig\u00e9 sur le front occidental dans le Nord de la France. Le 7 d\u00e9cembre il arrive \u00e0 Hellemmes-les-Lille, puis est affect\u00e9 dans la r\u00e9serve au camp de Sainghin. L\u00e0, il participe \u00e0 la construction d\u2019une position de r\u00e9serve \u00e0 18 km du camp. En f\u00e9vrier 1917, \u00e0 son retour de permission, il est envoy\u00e9 sur le front face aux Anglais \u00e0 Li\u00e9vin, \u00e0 proximit\u00e9 de Lens. A nouveau port\u00e9 malade, il b\u00e9n\u00e9ficie de quelques jours \u00e0 l\u2019infirmerie, puis rejoint un quartier de repos \u00e0 Noyelles-sous-Lens avec toute sa compagnie, o\u00f9 ils sont astreints \u00e0 de nombreux exercices. De retour au front, il occupe un temps une position d\u2019avant-poste, avant d\u2019avoir la chance d\u2019\u00eatre recrut\u00e9 comme interpr\u00e8te dans le village de Drocourt. En plus de cette fonction, il doit aussi s\u2019occuper du cimeti\u00e8re des soldats. En avril 1917, une offensive victorieuse de l\u2019arm\u00e9e anglaise oblige les Allemands \u00e0 c\u00e9der du terrain, ce qui conduit sa compagnie jusqu\u2019\u00e0 Courtrai en Belgique. L\u00e0, il saisit deux opportunit\u00e9s qui se pr\u00e9sentent \u00e0 lui : il est d\u2019abord admis \u00e0 une formation de chauffeur de camion, puis devient cuisinier du parc automobile de Roubaix (sans doute vers l\u2019\u00e9t\u00e9 1917). Peu de temps avant l\u2019armistice, il est m\u00eame nomm\u00e9 chef cuisinier d\u2019un casino des officiers \u00e0 Bruxelles. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il assiste au mouvement r\u00e9volutionnaire qui touche l\u2019arm\u00e9e allemande au d\u00e9but de novembre 1918, puis qu\u2019il partage avec les Belges la liesse populaire cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019annonce de l\u2019armistice. Le conseil de soldats (Soldatenrat) proclame sa d\u00e9mobilisation et organise la retraite g\u00e9n\u00e9rale vers l\u2019Allemagne. Une longue colonne de camions se met alors en route, de laquelle il trouve l\u2019occasion de s\u2019\u00e9chapper, jugeant le moment opportun pour prendre cong\u00e9 d\u00e9finitivement de l\u2019arm\u00e9e allemande. Il rejoint alors la ville de Li\u00e8ge et trouve \u00e0 loger chez des h\u00f4tes tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux qui l\u2019h\u00e9bergent durant trois semaines au cours desquelles il assiste au long d\u00e9fil\u00e9 des troupes allemandes en retraite. Il quitte enfin Li\u00e8ge pour Paris avec neuf autres d\u00e9serteurs alsaciens-lorrains \u00e0 bord d\u2019un train rempli de prisonniers fran\u00e7ais lib\u00e9r\u00e9s. Apr\u00e8s avoir transit\u00e9 au centre de triage du Grand Palais, les dix sont conduits au camp pour Alsaciens-Lorrains de Villeneuve-Triage. Il y est employ\u00e9 pendant trois semaines \u00e0 charger et d\u00e9charger des marchandises \u00e0 la gare de Charenton, avant d\u2019\u00eatre enfin lib\u00e9r\u00e9 et de pouvoir rentrer en Alsace. Il s\u2019\u00e9tablit comme exploitant viticole \u00e0 Wintzenheim et exerce \u00e0 deux reprises le mandat de maire. En 1940, l\u2019Allemagne nazie victorieuse annexe de fait le territoire de l\u2019ancien Reichsland perdu en 1918. Notre auteur, Eug\u00e8ne Bouillon, tout comme une partie de la population jug\u00e9e ind\u00e9sirable, en est expuls\u00e9 et doit se r\u00e9fugier avec sa famille dans le Lot .<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nEug\u00e8ne Bouillon, <em>Sous les drapeaux de l\u2019envahisseur. M\u00e9moires de guerre d\u2019un Alsacien ancien-combattant 1914-1918<\/em>, imprimerie Messager de Colmar, 1934, 120 p.<br \/>\nIl semble que le t\u00e9moignage, \u00e9crit apr\u00e8s les faits, repose davantage sur des souvenirs que sur des notes prises au cours des \u00e9v\u00e8nements. Toutefois, celles-ci ont peut-\u00eatre exist\u00e9, comme nous le laissent penser les quelques dates pr\u00e9cises qui ponctuent le r\u00e9cit. Malheureusement, dans l\u2019ensemble, la chronologie des \u00e9v\u00e8nements manque de pr\u00e9cision.<br \/>\n3. Analyse<br \/>\nL\u2019intention de faire de cet ouvrage une \u0153uvre de propagande pour servir la cause fran\u00e7aise en Alsace n\u2019est pas dissimul\u00e9e. Au contraire,  Eug\u00e8ne Bouillon donne le ton d\u00e8s le titre : \u00ab sous les drapeaux de l\u2019envahisseur \u00bb, l\u2019envahisseur d\u00e9signant l\u2019Empire allemand qui a eu la main sur l\u2019Alsace-Lorraine entre 1870 et 1918. Puis il d\u00e9bute sa pr\u00e9face en pr\u00e9cisant : \u00ab ces m\u00e9moires seront un t\u00e9moignage de fid\u00e9lit\u00e9 de l\u2019Alsace \u00e0 la France \u00bb. Par ailleurs, sur la carte jointe \u00e0 l\u2019exemplaire qu\u2019il offre au s\u00e9nateur du Haut-Rhin S\u00e9bastien Gegauff,  on peut lire : \u00ab Cher S\u00e9nateur, veuillez accepter ce livre \u00e0 titre de propagande pour la bonne cause. \u00bb Apr\u00e8s ces avertissements, le lecteur ne s\u2019\u00e9tonnera pas de lire un r\u00e9cit teint\u00e9 d\u2019une francophilie tr\u00e8s prononc\u00e9e, voire d\u2019une vision manich\u00e9enne des \u00e9v\u00e8nements. Le vocabulaire utilis\u00e9 est \u00e9vocateur : \u00ab l\u2019envahisseur \u00bb (p.17), les \u00ab boches \u00bb (p.18, 60), les \u00ab enrag\u00e9s \u00bb (p.18), \u00ab nos bourreaux \u00bb (p.18), \u00ab la b\u00eate apocalyptique \u00bb (p.89) d\u00e9signent tour \u00e0 tour les Allemands ou l\u2019arm\u00e9e allemande, m\u00eame si, bien plus encore que l\u2019ensemble des Allemands, ce sont les Prussiens et leur caract\u00e8re belliqueux qui attisent la haine de l\u2019auteur (p.23, 25, 26). En outre, le t\u00e9moignage est ponctu\u00e9 de commentaires sur les m\u00e9faits commis par les soldats allemands dans les r\u00e9gions occup\u00e9es, que ce soit en Lituanie (p.46, 47), dans le nord de la France (p.51, 61, 66, 67, 69) ou en Belgique (p.82). On y trouve aussi un enthousiasme \u00e0 peine voil\u00e9 quand il s\u2019agit de d\u00e9crire l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 mat\u00e9rielle de l\u2019arm\u00e9e allemande (p.58-59), ses d\u00e9faites et ses replis (p.92, 99) qui deviennent autant d\u2019occasions de vanter l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise et plus g\u00e9n\u00e9ralement la nation fran\u00e7aise (p.86-87). En tant qu\u2019Alsacien francophile rev\u00eatu de l\u2019uniforme feldgrau, Eug\u00e8ne Bouillon ne manque pas de sympathie pour les prisonniers de guerre fran\u00e7ais (p.27), ou les Polonais et les Russes subissant l\u2019occupation allemande (p.35-36), c&rsquo;est-\u00e0-dire pour toutes les personnes rencontr\u00e9es qui comme lui sont hostiles aux Allemands. Il tente toujours d\u2019entretenir de bonnes relations avec les civils, notamment dans le nord de la France (p.62) et en Belgique, o\u00f9 il c\u00e9l\u00e8bre le 14 juillet 1918 dans une maison bourgeoise de Roubaix et trinque avec ses h\u00f4tes en l\u2019honneur d\u2019une victoire fran\u00e7aise prochaine (p.91).<br \/>\nL\u2019ouvrage est donc partial, mais non d\u00e9nu\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat. On y suit le parcours d\u2019un soldat \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience originale, qui porte un regard curieux sur les r\u00e9gions qu\u2019il traverse. La religion tient une place importante dans sa vie et son r\u00e9cit est ponctu\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences de nature biblique (p.62, 71, 85, 97). D\u00e8s qu\u2019il en a l\u2019occasion il va prier dans une \u00e9glise ou assister \u00e0 un office (p.48, 50, 54), non seulement pour trouver un r\u00e9confort personnel mais aussi plus largement pour le Salut de la France (p.37, 41, 42, 43, 50, 78).<br \/>\nSurtout, ce t\u00e9moignage permet de mieux comprendre l\u2019extr\u00eame complexit\u00e9 du cas des soldats alsaciens-lorrains de l\u2019arm\u00e9e allemande. D\u2019un point de vue identitaire, la minorit\u00e9 nationale qu\u2019ils forment est loin d\u2019\u00eatre homog\u00e8ne : l\u2019\u00e9ventail est large entre ceux qui consid\u00e8rent d\u00e9fendre leur patrie dans l\u2019arm\u00e9e allemande et d\u2019autres comme Eug\u00e8ne Bouillon qui, \u00e0 l\u2019inverse, ont l\u2019impression de trahir leur nation (la France) en combattant avec l\u2019uniforme feldgrau. L\u2019exp\u00e9rience combattante qui en d\u00e9coule est donc tout aussi vari\u00e9e. Dans ce t\u00e9moignage \u00e0 charge contre l\u2019arm\u00e9e allemande, l\u2019auteur ne manque pas de d\u00e9noncer la suspicion, voire le m\u00e9pris des officiers \u00e0 l\u2019\u00e9gard des soldats alsaciens-lorrains. Il semble y avoir \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement sensible, autant en Allemagne (p.28) que sur les fronts russe (p.38, 44, 45) et fran\u00e7ais (p.63), allant jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9tendre l\u2019existence d\u2019une propagande diffus\u00e9e dans l\u2019arm\u00e9e allemande pour stigmatiser les Alsaciens-Lorrains (p.45). Le sentiment d\u2019\u00eatre des soldats de second rang est partag\u00e9 par de nombreux compatriotes qui vivent plus ou moins bien les diff\u00e9rences de traitement dont ils font l\u2019objet : ces soldats se voient par exemple \u00e9cart\u00e9s de certaines missions ou bien retir\u00e9s de la premi\u00e8re ligne pour \u00eatre affect\u00e9s dans une compagnie de pionniers (p.74). Eug\u00e8ne Bouillon lui-m\u00eame passe du front \u00e0 l\u2019arri\u00e8re en tant que traducteur, chauffeur puis cuisinier d\u2019un parc automobile. Ses conditions de vie s\u2019en trouvent tr\u00e8s am\u00e9lior\u00e9es, \u00e9tant donn\u00e9 sa moindre exposition \u00e0 la mort et le confort dont il peut jouir (notamment en mati\u00e8re d\u2019alimentation et de repos). Pourtant, selon l\u2019auteur, cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart pose la question du sens \u00e0 donner \u00e0 la mobilisation des Alsaciens-Lorrains dans cette arm\u00e9e : Guillaume II, le \u00ab dieu allemand \u00bb (p.61), aurait op\u00e9r\u00e9 un mauvais choix en d\u00e9cidant de les envoyer au front (p.82). Il explique, en parlant des soldats alsaciens-lorrains comme \u00ab les honnis, les parias du peuple allemand \u00bb (p.97) que ceux-ci n\u2019avaient pas \u00ab l\u2019\u00e9lan \u00bb que pouvaient avoir la grande majorit\u00e9 des soldats allemands (p.120). Au contraire, en les employant, l\u2019Empire allemand les a oblig\u00e9s \u00e0 une \u00ab lutte fratricide \u00bb (p.120) contre leurs fr\u00e8res fran\u00e7ais : \u00ab le boche me met le poignard en main pour me faire tuer mes fr\u00e8res \u00bb et \u00ab trahir mon sang \u00bb (p.34). Ce constat le d\u00e9cide assez t\u00f4t \u00e0 d\u00e9serter. Il y songe d\u00e8s son d\u00e9part pour le front russe (p.34) et plus s\u00e9rieusement encore \u00e0 son retour sur le front fran\u00e7ais (p.55, 58). Il \u00e9labore m\u00eame un plan pour s\u2019enfuir en direction des lignes adverses tenues par les Canadiens ; il le met \u00e0 ex\u00e9cution mais est contraint d\u2019abandonner au dernier moment (p.59). Ce n\u2019est qu\u2019avec la d\u00e9route militaire et la situation r\u00e9volutionnaire de novembre 1918 qu\u2019il peut enfin concr\u00e9tiser ce v\u0153u.<br \/>\nAu final, la r\u00e9daction puis la publication d\u2019un tel t\u00e9moignage semble avoir pour but d\u2019offrir \u00e0 la France une preuve de patriotisme, ce qui peut ressembler \u00e0 une tentative pour se justifier d\u2019un pass\u00e9 militaire dans l\u2019arm\u00e9e allemande v\u00e9cu comme un complexe lourd \u00e0 assumer depuis la r\u00e9int\u00e9gration de l\u2019Alsace-Lorraine \u00e0 la France.<br \/>\nRapha\u00ebl Georges<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Eug\u00e8ne Bouillon na\u00eet en 1886 \u00e0 Wintzenheim (en Alsace-Lorraine annex\u00e9e) dans une famille qui cultive le souvenir de la France. 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