{"id":624,"date":"2011-12-14T00:28:33","date_gmt":"2011-12-13T23:28:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=624"},"modified":"2021-09-12T19:54:05","modified_gmt":"2021-09-12T18:54:05","slug":"george-henry-1890-1976","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/12\/14\/george-henry-1890-1976\/","title":{"rendered":"George, Henry (1890-1976)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/George-Henry1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-626\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/George-Henry1-220x300.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/George-Henry1-220x300.jpg 220w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/George-Henry1.jpg 578w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Henry George en ao\u00fbt 1965<\/p>\n<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1890, il est encore \u00e9tudiant eccl\u00e9siastique \u00e0 Nice, \u00e0 l\u2019\u00e9cole Vianney, quand se d\u00e9clenche la Grande Guerre. Usant de sa qualit\u00e9 d\u2019ancien aide-pharmacien, il est nomm\u00e9 brancardier r\u00e9gimentaire et est affect\u00e9 \u00e0 la 6<sup>e<\/sup> compagnie du 58<sup>e<\/sup> RI. Apr\u00e8s la guerre, dans les ann\u00e9es soixante, il sera pr\u00e9sident de l\u2019amicale de ce r\u00e9giment. Auteur de nombreux ouvrages de prose et de po\u00e9sie en fran\u00e7ais et en occitan, il meurt en 1976.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/CouvGeorge001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-634\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/CouvGeorge001-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"216\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/CouvGeorge001-216x300.jpg 216w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/CouvGeorge001.jpg 739w\" sizes=\"auto, (max-width: 216px) 100vw, 216px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Henry GEORGE, <em>Quand \u00e7a bardait. Visions et souvenirs de guerre. 1914-1918<\/em>, Avignon, \u00e9dition de la M\u00e9diterran\u00e9e, 1968, 156 pages.<\/p>\n<p>Henry George est nomm\u00e9 brancardier r\u00e9gimentaire quand s\u2019\u00e9branle de sa caserne d\u2019Avignon la 6<sup>e<\/sup> compagnie du 2<sup>e<\/sup> bataillon du 58<sup>e<\/sup> RI du XV<sup>e<\/sup> corps d\u2019arm\u00e9e en direction du front de Lorraine. C\u2019est \u00e0 Coincourt qu\u2019il passe la fronti\u00e8re allemande le 10 ao\u00fbt 1914 et c\u2019est sur la route qui m\u00e8ne \u00e0 Xures qu\u2019il re\u00e7oit le bapt\u00eame du feu, par l\u2019obus et la fusillade. Ce 11 ao\u00fbt se grave alors dans ses souvenirs en de multiples tableaux ind\u00e9l\u00e9biles, images tragiques d\u2019une guerre d\u00e9j\u00e0 terrible laissant un r\u00e9giment exsangue \u00e0 la veille de la retraite. Blainville et Mont-sur-Meurthe en seront les stations elles aussi sanglantes, m\u00ealant l\u2019horreur d\u2019une boucherie aux sc\u00e8nes famili\u00e8res des tableaux \u00e0 la D\u00e9taille.<\/p>\n<p>On retrouve l\u2019abb\u00e9 brancardier devant Saint-Mihiel le 30 septembre, o\u00f9 la tranch\u00e9e favorise le repli sur soi, pr\u00e9lude au cafard puis \u00e0 Ville-sur-Tourbe le 17 juin 1915 et \u00e0 Saint-Vaast le 4 septembre 1916 pour de courts tableaux, ic\u00f4nes de souffrances militaires et civiles, images d\u2019impi\u00e9t\u00e9s au milieu des sacrifices. Le 16 juillet 1916, il est devant Thiaumont, sous Verdun, humble devant la mort de l\u2019abb\u00e9 Gautier.<\/p>\n<p>Sa seconde partie de souvenirs plus d\u00e9ploy\u00e9s montre, d\u00e8s les premiers jours de 1917, l\u2019embarquement pour l\u2019Orient. Salonique, Ath\u00e8nes, Monastir offrent de nouveaux tableaux d\u00e9paysants avant qu\u2019une note lui parvienne au \u00ab\u00a0<em>Ravin des Italiens<\/em> \u00bb, pr\u00e8s de Monastir, le 12 mai 1917. Il fait partie des rapatriables et rentre alors en France pour ne plus d\u00e9crire le front.<\/p>\n<p>Le 4 ao\u00fbt 1918, alors qu\u2019il est affect\u00e9 au 136<sup>e<\/sup> RI de Saint-L\u00f4, il image un dernier tableau, dans l\u2019Yonne, souffrant de la d\u00e9saffectation en la foi catholique.<\/p>\n<p>Le reste de l\u2019ouvrage est ponctu\u00e9 de nombreuses po\u00e9sies \u00e9crites devant l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>3. R\u00e9sum\u00e9 et analyse<\/p>\n<p>Brossant de trop rares tableaux, les souvenirs catholiques du soldat George sont trop dilu\u00e9s pour retenir l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Historien. Relativement dat\u00e9s et localis\u00e9s pourtant, les sc\u00e8nes de guerre de ce soldat pr\u00eatre-brancardier au 58<sup>e<\/sup> RI m\u00e9langent tableaux \u00e0 la D\u00e9taille, spleen sur la d\u00e9perdition de la foi en guerre et tragiques sc\u00e8nes de bapt\u00eames du feu. Arriv\u00e9 en garde d\u2019Avignon le 4 ao\u00fbt 1914, il ne note rien de bien saillant \u00e0 l\u2019ambiance vue dans la ville depuis le lyc\u00e9e de la caserne Chabran, \u00ab <em>si ce n\u2019est l\u2019arrachement violent par la foule des plaques en \u00e9mail, r\u00e9clames du bouillon KUB, produit soi-disant allemand<\/em> \u00bb (page 13). Le lendemain, il d\u00e9crit le d\u00e9part du 58<sup>\u00e8me<\/sup> et l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des soldats : \u00ab\u00a0<em>Chacun se figurait d\u2019aller \u00e0 la gloire. L\u2019on concevait la guerre encore en paix\u00a0!<\/em> \u00bb (page 14) mais \u00e9prouve \u00ab\u00a0<em>les premi\u00e8res souffrances physiques de l\u2019\u00e9tat de guerre<\/em> \u00bb\u00a0(page 20), avant m\u00eame ma fronti\u00e8re franchie. Il d\u00e9crit un tir ami (page 25), la violence multiforme de la guerre des premiers combats en Lorraine, dans le secteur de Coincourt, jusqu\u2019au 11 ao\u00fbt, o\u00f9 l\u2019\u00e9tat des pertes du r\u00e9giment r\u00e9sonne ainsi\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>A partir de ces jours de malheur, nous primes le deuil, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019y eut plus, chez nous, de ga\u00eet\u00e9 folle ni d\u2019exclamations bruyantes<\/em> \u00bb (page 38). Le ton change en effet \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la guerre\u00a0: il \u00e9voque \u00ab\u00a0<em>un soldat, nouveau venu, <\/em>[qui]<em> eut le triste courage de se faire sauter deux doigts de la main gauche, en feignant un accident involontaire<\/em> \u00bb (page 56).<\/p>\n<p>De fait, ce ne sont que les mois d\u2019ao\u00fbt et de septembre 1914 en Lorraine qui trouvent l\u2019int\u00e9r\u00eat descriptif et narratif de cet ouvrage. Certes le pr\u00eatre ne d\u00e9roge pas \u00e0 l\u2019espionnite (page 60) et aux rumeurs, rapportant que la garnison du camp des Romains, devant Saint-Mihiel, n\u2019a fait montre d\u2019aucune r\u00e9sistance, \u00ab\u00a0<em>le commandant du fort ayant un beau-fr\u00e8re, et son avenir, dans l\u2019arm\u00e9e allemande<\/em> \u00bb (page 84). M\u00e2tin\u00e9 de po\u00e9sies limitant encore l\u2019attrait testimonial, la seconde partie de l\u2019ouvrage perd son caract\u00e8re descriptif pour brosser une guerre plus introvertie et plus anecdotique. Sans comparaison avec Duhamel, il \u00e9voque parfois son r\u00f4le de brancardier, notamment \u00e0 l\u2019infirmerie du 2<sup>e<\/sup> bataillon alors \u00e0 Ville-sur-Tourbe en Champagne. Ce moment lui permet d\u2019\u00e9voquer un tableau plus rarement rapport\u00e9 par les t\u00e9moins\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je d\u00e9blayai toujours, et une p\u00e9nible d\u00e9couverte vint encore m\u2019attrister\u00a0: c\u2019\u00e9tait des revues pornographiques, des num\u00e9ros de \u00ab <\/em>La Vie Parisienne<em> \u00bb. Et je me dis\u00a0: \u00ab\u00a0Comme pr\u00e9paration \u00e0 la mort, c\u2019est \u00e9pouvantable\u00a0! Un jour, il faudra le dire. Ce jour est arriv\u00e9. Que les auteurs de ces salet\u00e9s font du mal\u00a0! Ils sont plus redoutables que les torpilles, car ils tuent les \u00e2mes <\/em>\u00bb. (page 89).<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience balkanique de l\u2019abb\u00e9 George ne se limite plus en fin d\u2019ouvrage qu\u2019en un banal carnet touristique. On note une singuli\u00e8re \u00ab\u00a0<em>ode au brodequin<\/em> \u00bb quand \u00ab\u00a0<em>Suau pronon\u00e7a une \u00e9l\u00e9gie sur les brodequins b\u00e9ants qui avaient foul\u00e9 le sol de Lorraine, qui avaient parcouru tant de kilom\u00e8tres et qui avaient \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins discrets de tant d\u2019aventures<\/em> \u00bb (page 86).<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de ces \u00ab\u00a0<em>visions et souvenirs de guerre<\/em> \u00bb est donc t\u00e9nu, limit\u00e9 aux sc\u00e8nes de bataille du 58<sup>e<\/sup> RI dans les secteurs de Lagarde &#8211; Dieuze en Lorraine annex\u00e9e. Il alimente toutefois les t\u00e9moignages sur la guerre en Lorraine. Il est \u00e9galement une pi\u00e8ce au dossier du XV<sup>\u00e8me<\/sup> Corps, dont l\u2019abb\u00e9 a bien s\u00fbr connaissance, qu\u2019il \u00e9voque peu mais qui transpara\u00eet jusqu\u2019en Gr\u00e8ce, o\u00f9, devant Monastir, un coup de main mont\u00e9 par le commandement \u00ab\u00a0<em>de l\u2019avis de tous, parfaitement inutile <\/em>\u00bb et ayant occasionn\u00e9 \u00ab\u00a0<em>cent hommes hors de combat<\/em> \u00bb avait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Dans quel but ? Il para\u00eet que la calomnie du XV<sup>e<\/sup> Corps avait franchi les mers, et que le Haut Commandement voulait se rendre compte \u00ab <\/em>si l\u2019on marchait\u00a0!\u00a0\u00bb (page 137).<\/p>\n<p>Le livre, entach\u00e9 de quelques coquilles et d\u2019une typographie moyenne, est compl\u00e9t\u00e9 de documents iconographiques de moindre d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Parcours g\u00e9ographique suivi par l\u2019auteur (date) (page)\u00a0:<\/p>\n<p>1914\u00a0: Nice, Vaison, Avignon (1-5 ao\u00fbt) (11-16), Cr\u00e8vechamps, Ville-sur-Moselle, Ferri\u00e8res (8-10 ao\u00fbt) (19-22), Coincourt, Xures (10-11 ao\u00fbt) (23-38), Saint-M\u00e9dard, (19 ao\u00fbt) (39-41), Bures (15-16 ao\u00fbt) (42-44), Dieuze (20 ao\u00fbt) (45-47), Blainville-sur-l\u2019Eau (25 ao\u00fbt) (48), Mont-sur-Meurthe (26 ao\u00fbt) (49-54), Adhom\u00e9nil, Vitrimont (30 ao\u00fbt) (55-56), Blainville (2 septembre) (57-57), Rehainvillers (4 septembre) (59-61), Montfaucon (23 septembre) (62), Avocourt (24 septembre) (65-68), Bois des Quatre Enfants (30 septembre) (75-77), Saint-Mihiel (1er-14 novembre) (79-87).<\/p>\n<p>1915\u00a0: Ville-sur-Tourbe (17 juin) (88-89)<\/p>\n<p>1916\u00a0: Saint Waast (4 septembre) (110-112), Thiaumont (16 juillet) (119-121)<\/p>\n<p>1917\u00a0: Verdun, Toulouse, Toulon, camp de Zeitenlik, Salonique, Ath\u00e8nes, Monastir (17 janvier &#8211; 14 mai) (121-140).<\/p>\n<p>Yann Prouillet, CRID 14-18, d\u00e9cembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Henry George en ao\u00fbt 1965 1. Le t\u00e9moin N\u00e9 en 1890, il est encore \u00e9tudiant eccl\u00e9siastique \u00e0 Nice, \u00e0 l\u2019\u00e9cole Vianney, quand se d\u00e9clenche la Grande Guerre. Usant de sa qualit\u00e9 d\u2019ancien aide-pharmacien, il est nomm\u00e9 brancardier r\u00e9gimentaire et est affect\u00e9 \u00e0 la 6e compagnie du 58e RI. 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