{"id":63,"date":"2008-02-18T20:38:04","date_gmt":"2008-02-18T19:38:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/18\/dantoine-pierre-1884-1955\/"},"modified":"2021-09-09T17:05:19","modified_gmt":"2021-09-09T16:05:19","slug":"dantoine-pierre-1884-1955","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/18\/dantoine-pierre-1884-1955\/","title":{"rendered":"Dantoine, Pierre (1884-1955)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p><a title=\"pic_dantoine.jpg\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/02\/pic_dantoine.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2008\/02\/pic_dantoine.thumbnail.jpg\" alt=\"pic_dantoine.jpg\"><\/a><\/p>\n<p>Pierre Dantoine est n\u00e9 \u00e0 Carcassonne le 22 f\u00e9vrier 1884. La disparition pr\u00e9coce de son p\u00e8re, huissier, oblige le gar\u00e7on, tout juste \u00e2g\u00e9 de quinze ans, \u00e0 interrompre ses \u00e9tudes pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est alors employ\u00e9 \u00e0 la gare de Carcassonne o\u00f9 il travaille parfois de nuit. Lorsque la guerre \u00e9clate en 1914, il est mobilis\u00e9 et combat au 272<sup>e<\/sup> RI. Il consacre alors ses moments libres \u00e0 la r\u00e9alisation de dessins et d&rsquo;esquisses. Apr\u00e8s la guerre, il trouve un emploi \u00e0 la pr\u00e9fecture de l&rsquo;Aude o\u00f9 il finit sa carri\u00e8re en 1944 comme chef de bureau. Jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 71 ans, il ne va cesser de dessiner. Sa notori\u00e9t\u00e9 r\u00e9gionale se double de la reconnaissance officielle de son talent : en 1926, il re\u00e7oit les palmes acad\u00e9miques, puis est d\u00e9cor\u00e9 en 1938 de la croix de chevalier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Si de nombreux soldats se sont mis \u00e0 \u00e9crire au moment de la guerre, le t\u00e9moignage de Dantoine s&rsquo;inscrit pleinement dans ses pratiques d&rsquo;avant-guerre : observateur, il croque ainsi, d\u00e9j\u00e0 avant 1914, sc\u00e8nes de rue, personnages pittoresques et figures originales de la vie politique locale et internationale. Nombre de dessins sont d\u00e9j\u00e0 accompagn\u00e9s de l\u00e9gendes en languedocien ou dans les deux langues. Dans la guerre, il multiplie les dessins de soldats ou de civils. La correspondance est aussi l&rsquo;occasion d&rsquo;envoyer des nouvelles sous une forme qu&rsquo;il affectionne particuli\u00e8rement : le dessin humoristique. Cette anecdote, rapport\u00e9e par <em>Le courrier<\/em> montre que son activit\u00e9 n&rsquo;est pas n\u00e9e apr\u00e8s-guerre : \u00ab Au moment de la mobilisation, en 1914, il demande \u00e0 sa famille qu&rsquo;on lui envoie du gros tabac de troupe, car c&rsquo;est un grand fumeur de pipe. Mais ne recevant rien, il envoie une carte sur laquelle il gribouille un dormeur en train de r\u00eaver \u00e0 du gros tabac de troupe, avec comme l\u00e9gende : \u2018 le r\u00eave passe&rsquo; \u00bb (cit\u00e9 par Audrey Fernandez, <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/bibliographie-2\/\"><em>voir bibliogr.<\/em><\/a>, p. 5 n. 8)<\/p>\n<p>C&rsquo;est principalement sous la forme de dessins humoristiques que Dantoine nous offre un t\u00e9moignage de la Grande Guerre : 43 dessins sont publi\u00e9s dans un recueil simplement intitul\u00e9 <em>La guerre<\/em> (F\u00e9d\u00e9ration Audoise des \u0152uvres La\u00efques, coll. \u00ab La m\u00e9moire de 14-18 en Languedoc \u00bb, n\u00b011, 1987. Recueil d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 en 1932 et 1970). A quelle date ont-ils \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s ? Une note de J.-F. Jeanjean, extraite du recueil de 1932, laisse entendre qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 de dessins r\u00e9alis\u00e9s apr\u00e8s la guerre : \u00ab Ancien combattant, Dantoine n&rsquo;a pas eu \u00e0 faire appel \u00e0 son imagination toujours si vive. Cette fois, il s&rsquo;est souvenu ! Son album est un document. Le caricaturiste s&rsquo;est fait historien ! \u00bb Certains bon mots, pourtant, apparaissent dans des dessins r\u00e9alis\u00e9s pendant la guerre. Notons pour les lecteurs que les l\u00e9gendes en languedocien sont traduites sur le c\u00f4t\u00e9 de chaque page, rendant ainsi la lecture accessible \u00e0 tous.<\/p>\n<p>A ce recueil d\u00e9j\u00e0 riche, on doit ajouter la compilation d&rsquo;\u0153uvres de Dantoine r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une ma\u00eetrise par Audrey Fernandez : \u00e0 partir de 1921, Dantoine collabore \u00e0 <em>La D\u00e9p\u00eache du Midi<\/em> o\u00f9 il publie en 1\u00e8re ou 2\u00e8me page. Ce d\u00e9tail n&rsquo;est pas anodin : dans un journal peu illustr\u00e9, cela conf\u00e8re \u00e0 ses images une force particuli\u00e8re. Par ailleurs, d&rsquo;avril 1932 \u00e0 avril 1940, il publie \u00e0 la une du <em>Journal des Anciens Combattants de l&rsquo;Aude <\/em>; il apporte sa contribution<em> <\/em>\u00e0 <em>La D\u00e9mocratie de l&rsquo;Aude<\/em>, un organe de la f\u00e9d\u00e9ration radicale socialiste, dont il partageait les positions<em>.<\/em> Enfin, quelques ouvrages, revues, hebdomadaires b\u00e9n\u00e9ficient de ses talents. En tout, c&rsquo;est pr\u00e8s de 2000 dessins qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage que Dantoine livre sur la guerre s&rsquo;inscrit pleinement, par la forme, dans les dessins qu&rsquo;il r\u00e9alisait avant 1914. Ainsi, comme avant-guerre, ses productions se caract\u00e9risent par une forte dimension r\u00e9gionale, une attention aux personnages ou aux situations pittoresques et un humour bas\u00e9 en grande partie sur les contrastes.<\/p>\n<p><em>&#8211; Une forte dimension r\u00e9gionale : <\/em>L&rsquo;artiste est fermement attach\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9gion. Ses l\u00e9gendes en occitan sonnent comme une affirmation identitaire. Les \u00ab bons mots de la l\u00e9gende sont ainsi en occitan. De plus, certains dessins r\u00e9v\u00e8lent la communaut\u00e9 de rieurs que Dantoine vise en priorit\u00e9, la communaut\u00e9 rurale. Ainsi, dans un dessin intitul\u00e9 \u00ab le mildiou \u00bb, deux soldats assis dans une tranch\u00e9e, un masque \u00e0 gaz fix\u00e9 sur la t\u00eate, se font la remarque : \u00ab <em>Aco, t\u00e8l r\u00e8glario LE MILDIOU, e, Jousep !<\/em> \u00bb [\u00ab<em> \u00c7a, \u00e7a r\u00e8glerait le mildiou, eh, Joseph !<\/em> \u00bb dans \u00ab\u00a0<em>alerte aux gaz<\/em>\u00ab\u00a0]. Le mildiou d\u00e9signe une s\u00e9rie de maladies touchant les plantes, bien connues des agriculteurs.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/doc\/images\/Dantoine\/gaz.jpg\" alt=\"\" width=\"399\" height=\"453\"><\/p>\n<p><em>&#8211; Des personnages et des situations pittoresques : <\/em>de m\u00eame qu&rsquo;il caricaturait les personnages pittoresques de sa ville et de sa r\u00e9gion avant-guerre, il s&rsquo;attaque aux figures embl\u00e9matiques de la vie dans les tranch\u00e9es comme les cuisiniers, colporteurs de bruits et rumeurs en tout genre [\u00ab\u00a0le tuyau\u00a0\u00bb] Les situations pittoresques se trouvent \u00e9galement mises en sc\u00e8ne, \u00e0 l&rsquo;image de ce soldat, aux prises avec un des \u00ab \u00e2nes des tranch\u00e9es \u00bb [dessin du m\u00eame nom].<\/p>\n<p><em>&#8211; Dantoine, attentif aux contrastes et aux quiproquos :<\/em> beaucoup de dessins se d\u00e9roulent dans le contexte de la gare, point de rencontre entre le front et l&rsquo;arri\u00e8re, que le soldat emprunte pour rejoindre sa famille en permission ou, une fois celle-ci termin\u00e9e, pour quitter les siens et retrouver ses fr\u00e8res d&rsquo;armes [\u00ab\u00a0le cafard\u00a0\u00bb]. C&rsquo;est \u00e9galement un lieu de rencontre entre les civils et les combattants [Vos quarts&#8230; bouillon ! Bouillon !\u00a0\u00bb] ou un lieu de confrontation entre ces derniers et les embusqu\u00e9s [\u00ab\u00a0en attendant le train des permissionnaires\u00a0\u00bb]. Attentif aux contrastes, Dantoine en a donc fait un lieu r\u00e9current dans son \u0153uvre.<\/p>\n<p>Il aime jouer, en effet, avec les malentendus qui naissent du contact entre deux mondes, entre deux langues : entre l&rsquo;occitan savoureux des soldats du midi et le fran\u00e7ais des officiers [\u00ab\u00a0le filon\u00a0\u00bb]. Le vocabulaire militaire peut aussi \u00eatre mal compris par les combattants, \u00ab civils sous l&rsquo;uniforme \u00bb [\u00ab\u00a0syst\u00e8me D\u00a0\u00bb] et par les civils eux-m\u00eames [\u00ab\u00a0la morale de la guerre\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p>L&rsquo;humour de Dantoine r\u00e9side dans ces contrastes. Mais il b\u00e9n\u00e9ficie aussi de la simplicit\u00e9 de ses coups de crayons qui suffisent \u00e0 faire reconna\u00eetre un lieu ou un personnage. Le regard du spectateur glisse ainsi sur la forme pour le concentrer sur le fond : la guerre. Comment la d\u00e9peint-il ?<\/p>\n<p>Il dessine des instants comiques aux accents r\u00e9alistes. Ces tranches de vie campent une guerre \u00e0 hauteur d&rsquo;hommes. Ainsi : \u00ab le combattant a des vues courtes&#8230; mais parce que ses vues sont \u00e9troites, elles sont pr\u00e9cises ; parce qu&rsquo;elles sont born\u00e9es, elles sont nettes. Il ne voit pas grand chose mais il voit bien ce qu&rsquo;il voit \u00bb, \u00e9crivait un capitaine pendant la guerre (Kimpflin Georges, <em>Le premier souffle<\/em>, Paris, Perrin, 1920, pp. 12-14). Dantoine a vu, et ce qu&rsquo;il donne \u00e0 voir de la guerre s&rsquo;en ressent : il pr\u00e9sente toujours l&rsquo;espace des tranch\u00e9es comme un univers limit\u00e9 et clos qui correspond au champ de vision des soldats.<\/p>\n<p><em>&#8211; Un d\u00e9cor qui en dit long :<\/em> les tranch\u00e9es sont tant\u00f4t inond\u00e9es [\u00ab\u00a0le mouillage\u00a0\u00bb], tant\u00f4t boulevers\u00e9es et encombr\u00e9es comme apr\u00e8s un bombardement. Un certain nombre d&rsquo;objets sont dispers\u00e9s et leur r\u00e9currence en fait des symboles de la guerre. Ils prennent valeur de m\u00e9tonymie : la partie est prise pour le tout. Ainsi, troncs calcin\u00e9s, armes bris\u00e9es, fils de fer, rats, cadavres, sugg\u00e8rent, au fil des pages, par leur r\u00e9p\u00e9tition, la violence qui s&rsquo;abat sur les paysages et les hommes [voir par exemple \u00ab\u00a0nouveau secteur\u00a0\u00bb]. Les soldats semblent \u00e9voluer dans cette atmosph\u00e8re, comme r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 vivre dans ces conditions difficiles. Dans cet univers de mort, Dantoine \u00e9claire avec tendresse leur humanit\u00e9.<\/p>\n<p><em>&#8211; Sous l&rsquo;humour, des hommes &#8230; <\/em>Les soldats sont croqu\u00e9s avec tendresse, et leurs souffrances transparaissent sous l&rsquo;humour : la boue, par exemple, dont tant de combattants ont souffert durant leurs ann\u00e9es de guerre, est ici vue au miroir de l&rsquo;enfance [\u00ab\u00a0attendrissement\u00a0\u00bb] ; de m\u00eame \u00e9voque-t-il, sous couvert de l&rsquo;humour, l&rsquo;angoisse avant l&rsquo;attaque [\u00ab\u00a0l&rsquo;heure H\u00a0\u00bb], les secteurs agit\u00e9s [\u00ab\u00a0corv\u00e9e de soupe\u00a0\u00bb] et les bombardements meurtriers. Les \u00e9chappatoires \u00e0 la guerre, fr\u00e9quemment rencontr\u00e9es dans les t\u00e9moignages, sont \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9es [\u00ab\u00a0unis comme au front\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><em>&#8211; Des soldats<\/em> <em>civils sous l&rsquo;uniforme : <\/em>Les soldats restent, dans les dessins de Dantoine comme dans nombre de t\u00e9moignages, des civils sous l&rsquo;uniforme. Ainsi, les hommes restent marqu\u00e9s par leurs origines g\u00e9ographiques (rappelons qu&rsquo;ils s&rsquo;expriment en languedocien) et sociales (nombre sont issus du monde rural) [voir \u00ab\u00a0Kamarad !\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p><em>&#8211; Des cibles privil\u00e9gi\u00e9es : \u00ab strat\u00e8ges de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00bb, embusqu\u00e9s : <\/em>le regard sur l&rsquo;arri\u00e8re est sans complaisance. Dantoine y trouve ses cibles privil\u00e9gi\u00e9es : il d\u00e9nonce le bourrage de cr\u00e2ne [\u00ab\u00a0le communiqu\u00e9\u00a0\u00bb], \u00e9pingle le ridicule des strat\u00e8ges de l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e9gratigne \u00e0 de nombreuses reprises les embusqu\u00e9s [\u00ab\u00a0en attendant le train des permissionnaires\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p>Signalons avant de conclure que si l&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture s&rsquo;arr\u00eate pour de nombreux soldats avec la d\u00e9mobilisation, Dantoine poursuit son travail aupr\u00e8s de divers journaux, revues, etc. Ses dessins offrent donc, l\u00e0 encore, un regard \u00e9clairant sur la politique fran\u00e7aise et internationale et sur la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s-guerre. Ainsi apparaissent sous son crayon trois figures r\u00e9currentes &#8211; les nouveaux riches, les militaires et les femmes &#8211; qui t\u00e9moignent tous de la mutation de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise dans l&rsquo;entre-deux-guerres.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre de Dantoine est, \u00e0 l&rsquo;image des anciens combattants, fortement marqu\u00e9e par ses ann\u00e9es de guerre. Ce t\u00e9moignage nous offre un tr\u00e8s riche regard, celui qu&rsquo;un observateur fin, tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9gion, porte sur la soci\u00e9t\u00e9 et les \u00e9v\u00e8nements marquants de son temps. En ce sens, il se rapproche sensiblement des t\u00e9moignages de combattants (lettres, carnets et souvenirs notamment) qui sont autant de regards subjectifs sur la guerre. Une source extr\u00eamement riche, donc, tant par la forme que par le fond.<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; FERNANDEZ Audrey, <em>Dantoine, un caricaturiste audois (1884-1955)<\/em>, m\u00e9moire de ma\u00eetrise (dir. R. Cazals), Universit\u00e9 Toulouse le Mirail, 2003, 2 tomes. [A noter que le second tome rassemble un grand nombre d&rsquo;\u0153uvres de l&rsquo;artiste.]<\/p>\n<p>&#8211; Le colloque de Carcassonne <em>Traces de 14-18<\/em>, Les Audois, 1996 pr\u00e9sente un certain nombre d&rsquo;illustrations du dessinateur en couverture et dans un cahier couleur.<\/p>\n<p>&#8211; Le site du Crid 14-18 pr\u00e9sente une <a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/espace_pedagogique\/documents\/icono\/dantoine.html\">page de dessins de Dantoine<\/a>.<a class=\"linkification-ext\" title=\"Linkification: http:\/\/www.crid1418.org\/espace_p\u00e9dagogique\/documents\/icono\/dantoine.html\" href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/espace_p%C3%A9dagogique\/documents\/icono\/dantoine.html\"><\/a><\/p>\n<p>C\u00e9dric Marty, 12\/2007<\/p>\n<p>Compl\u00e9ment : le livre collectif dirig\u00e9 par Caroline Poulain, <em>Manger et boire entre 1914 et 1918<\/em>, Biblioth\u00e8que municipale Dijon &amp; Snoeck, 2015, reprend quatre dessins de Dantoine dans l&rsquo;article \u00ab\u00a0Les saveurs du village, la r\u00e9ception des produits du \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb par les hommes des tranch\u00e9es\u00a0\u00bb. La revue <em>Infoc<\/em>, de l&rsquo;Institut d&rsquo;Etudes Occitanes de Toulouse, donne une chronique \u00ab\u00a0Barthas illustr\u00e9 par Dantoine\u00a0\u00bb dans ses num\u00e9ros 346 \u00e0 352 (ann\u00e9e 2016).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Pierre Dantoine est n\u00e9 \u00e0 Carcassonne le 22 f\u00e9vrier 1884. La disparition pr\u00e9coce de son p\u00e8re, huissier, oblige le gar\u00e7on, tout juste \u00e2g\u00e9 de quinze ans, \u00e0 interrompre ses \u00e9tudes pour subvenir aux besoins de sa famille. 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