{"id":641,"date":"2011-12-18T19:11:54","date_gmt":"2011-12-18T18:11:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=641"},"modified":"2021-09-12T19:57:21","modified_gmt":"2021-09-12T18:57:21","slug":"laval-edouard-1871","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/12\/18\/laval-edouard-1871\/","title":{"rendered":"Laval Edouard (1871-1965)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1871, Edouard Laval est \u00e0 la d\u00e9claration de guerre un m\u00e9decin connu, auteur de plusieurs livres sur des sujets aussi divers que l\u2019\u00e9tude des projectiles (1899), le traitement des blessures de guerre (1901), le diab\u00e8te (1903), un guide du m\u00e9decin de r\u00e9serve (1906) ou les champignons (1912). Son pr\u00e9facier, le m\u00e9decin-g\u00e9n\u00e9ral inspecteur Toubert dit de lui qu\u2019il \u00ab\u00a0<em>fut un brillant m\u00e9decin de l\u2019arm\u00e9e d\u2019active, avant de devenir un distingu\u00e9 praticien civil<\/em> \u00bb (page 10).<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Laval001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-642\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Laval001-180x300.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Laval001-180x300.jpg 180w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Laval001-616x1024.jpg 616w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Laval001.jpg 767w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Laval, Edouard, <em>Souvenirs d\u2019un m\u00e9decin-major. 1914-1917<\/em>, Paris, Payot, Collection de m\u00e9moires, \u00e9tudes et documents pour servir \u00e0 l\u2019histoire de la guerre mondiale, 1932, 238 pages.<\/p>\n<p>M\u00e9decin parisien, il re\u00e7oit aux Invalides, le 5 ao\u00fbt 1914, son Journal de mobilisation qui l\u2019affecte \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;ambulance n\u00b06 du 21<sup>e<\/sup> corps d&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 Epinal dans les Vosges. \u00ab <em>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je vois une ambulance autrement que sur le papier<\/em> \u00bb constate-t-il le 6 ao\u00fbt quand il d\u00e9couvre toute une organisation de 66 personnels, 8 voitures et 22 chevaux auxquels il ne conna\u00eet rien. Il arrive \u00e0 Darnieulles, dans les Vosges, le 10 ao\u00fbt et, apr\u00e8s avoir avou\u00e9 n&rsquo;avoir aucune id\u00e9e de la fa\u00e7on dont on se bat, se met en qu\u00eate d&rsquo;ordres pr\u00e9cis et de travail. Il rencontre l&rsquo;effervescence des troupes qui avancent en territoire ennemi, dans la vall\u00e9e de la Bruche puis celle de la Sarre Blanche o\u00f9 il prend enfin en compte quelques bless\u00e9s. Mais bient\u00f4t sonne la retraite jusqu&rsquo;aux portes de Bruy\u00e8res. L\u00e0, en pleine bataille des fronti\u00e8res et \u00e0 l&rsquo;amorce du grand affrontement sur la Marne, l&rsquo;ambulance n\u00b06 se distingue, le 31 ao\u00fbt 1914, par sa \u00ab\u00a0<em>totale inaction<\/em> \u00bb (page 26).<\/p>\n<p>Le 6 septembre, elle est enlev\u00e9e du front des Vosges pour se rendre derri\u00e8re le front de Champagne. L\u00e0, m\u00eame absence d&rsquo;ordres et d&rsquo;activit\u00e9 et le m\u00e9decin de se contenter de suivre la guerre par ses traces, ses bruits et ses impressions lointaines, trop loin du front combattant, en r\u00e9serve. Le 15, elle entre en action avec le traitement de 300 bless\u00e9s. D\u00e9but octobre, l&rsquo;ambulance monte dans le Nord et s&rsquo;installe \u00e0 Aubigny o\u00f9 l&rsquo;activit\u00e9 s&rsquo;exacerbe. Elle g\u00e8re les \u00e9vacuations de milliers de bless\u00e9s tout en d\u00e9plorant encore le manque d&rsquo;organisation et de moyens dans un afflux de circulaires surr\u00e9alistes au pays du d\u00e9nuement. 1914 s&rsquo;ach\u00e8ve sur une nouvelle affectation, au 33<sup>e<\/sup> corps.<\/p>\n<p>Le 25 janvier 1915, Laval en a \u00ab\u00a0<em>assez de cette vie de \u00ab <\/em>farniente<em> \u00bb<\/em> (page 129) car il est toujours en r\u00e9serve. Cette vie va le pousser \u00e0 chercher une affectation plus active qu&rsquo;il parvient \u00e0 obtenir en \u00e9tant, le 11 mars, d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 la 1<sup>re<\/sup> arm\u00e9e. Il est int\u00e9gr\u00e9 comme chef de service \u00e0 l&rsquo;hospice mixte de Neufch\u00e2teau, \u00e0 nouveau dans les Vosges, et en septembre \u00e0 une commission de r\u00e9forme, corollaire de la loi Dalbiez, qui va d\u00e9busquer les \u00ab\u00a0<em>planqu\u00e9s <\/em>\u00bb. En d\u00e9cembre 1915, nouveau tournant dans ses \u00e9tats de services car le docteur rencontre son patient d&rsquo;avant-guerre, le g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, qui souhaite le reprendre \u00e0 son service. Il entre donc au cabinet du ministre de la Guerre et partage d\u00e8s lors l&rsquo;intimit\u00e9 et la vie du g\u00e9n\u00e9ral, d&rsquo;esprit vif mais de sant\u00e9 tr\u00e8s chancelante. Il mourra d&rsquo;un cancer de la prostate le 26 mai 1916 \u00e0 minuit.<\/p>\n<p>Le docteur Laval retourne alors au front et d\u00e9barque \u00e0 Amiens le 17 juin pour prendre la direction d&rsquo;un h\u00f4pital que l&rsquo;on monte de toute pi\u00e8ce. Il multiplie les visites comment\u00e9es aux formations m\u00e9dicales dont il d\u00e9peint les aspects, les techniques et les mat\u00e9riels avant l&rsquo;ouverture de sa propre formation, le 21 ao\u00fbt, pouvant recevoir 1 000 hommes. D\u00e8s lors, il n&rsquo;a plus le temps de prendre des notes, op\u00e9rant et soignant les bless\u00e9s du front avec un personnel restreint.<\/p>\n<p>Fin novembre, le poste de m\u00e9decin-chef du Commandement d&rsquo;Etapes de la gare r\u00e9gulatrice de Creil s&rsquo;offre \u00e0 lui. L\u00e0 encore, son esprit d&rsquo;observation nous d\u00e9peint son entourage et ses fonctions ainsi que les personnages qu&rsquo;il c\u00f4toie. Mais c&rsquo;est une situation passag\u00e8re ; il quitte rapidement ce nouvel emploi et int\u00e8gre, le 4 mars 1917, le poste d&rsquo;adjoint au chef sup\u00e9rieur du Service de Sant\u00e9 de la 6<sup>e<\/sup> arm\u00e9e \u00e0 Fismes et surveille \u00e0 la cr\u00e9ation de trois h\u00f4pitaux d&rsquo;\u00e9vacuation (HOE), pr\u00e9alables \u00e0 la grande offensive d&rsquo;avril.<\/p>\n<p>Le 31 mai 1917, Edouard Laval apprend sa nomination au Bureau technique du Service de Sant\u00e9 du GQG, poste qui va lui faire quitter le front et donc l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il a d&rsquo;apporter son t\u00e9moignage. Ces r\u00e9cits s&rsquo;arr\u00eatent \u00e0 cette date.<\/p>\n<p>3. R\u00e9sum\u00e9 et analyse<\/p>\n<p>Edouard Laval nous livre un t\u00e9moignage opportun dont le contenu dispute le vari\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Vivant et presque na\u00eff, l&rsquo;ouvrage, sans s&rsquo;\u00e9riger en pamphlet pol\u00e9miste, d\u00e9montre par un lancinant ressassement critique, l&rsquo;inorganisation criante et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des services de sant\u00e9 fran\u00e7ais pendant la quasi-totalit\u00e9 de la dur\u00e9e de la guerre. En ao\u00fbt 1914, alors que la bataille des fronti\u00e8res va co\u00fbter la vie \u00e0 des centaines de milliers de combattants sur le front occidental, l&rsquo;ambulance num\u00e9ro 6 s&rsquo;illustre, aid\u00e9e par une organisation rapidement obsol\u00e8te, par une inaction inexcusable \u00e0 l&rsquo;imm\u00e9diat arri\u00e8re front. Le 3 septembre, il rapporte\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Un des m\u00e9decins de l\u2019Ambulance m\u2019a confess\u00e9 que la veille, le m\u00e9decin-chef avait exprim\u00e9 au Directeur du Service de Sant\u00e9 son ennui de ne pas avoir de travail. La r\u00e9ponse n\u2019a pas tard\u00e9<\/em> \u00bb (page 28). Il lutte toutefois contre les ragots, notamment quand on constate, le 10 septembre 1914 dans les Vosges, que \u00ab\u00a0<em>bien des r\u00e9giments on subi des<\/em> [troubles digestifs]. <em>C\u2019est au point que l\u2019on a accus\u00e9 les Allemands d\u2019avoir, pendant leur passage, empoisonn\u00e9 les sources. Rien, de leur part, ne para\u00eet impossible <\/em>a priori<em>. N\u00e9anmoins nous savons qu\u2019il n\u2019est pas besoin d\u2019invoquer ce geste criminel pour expliquer les embarras gastriques qui se produisent dans une arm\u00e9e en campagne. Hier, par exemple, n\u2019avons-nous pas \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s d\u2019enfouir tout notre lot de viande fra\u00eeche et de recourir aux bo\u00eetes de \u00ab <\/em>singe<em> \u00bb\u00a0?<\/em> \u00bb (page 32). Il constate et s\u2019interroge aussi\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Parmi les bless\u00e9s, relev\u00e9 une vingtaine de plaies de l\u2019index ou du creux de la main gauche (mutilation volontaire\u00a0?) pour lesquelles une enqu\u00eate est ouverte<\/em> \u00bb (page 38). Il revient sur ces cas d\u2019auto-mutil\u00e9s \u00ab\u00a0<em>excessivement rares<\/em>\u00a0\u00bb (page 62).<\/p>\n<p>La situation est identique sur les arri\u00e8res de la Marne et la cristallisation du front n&rsquo;apportera pas le changement radical d&rsquo;une imp\u00e9ritie coupable du GQG qui semble ignorer que la guerre occasionne autre chose que des morts. Le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1914, il d\u00e9clare d\u00e9j\u00e0 : \u00ab\u00a0<em>En face de la r\u00e9alit\u00e9, les meilleures instructions ne valent m\u00eame pas le papier qui les porte<\/em> \u00bb (page 107). Il les critique mais propose aussi des solutions pour que s&rsquo;am\u00e9liorent les \u00e9vacuations (page 126).<\/p>\n<p>La zone des arm\u00e9es va certes s&rsquo;enrichir petit \u00e0 petit de formations sanitaires diverses (ambulances de front, HOE et h\u00f4pitaux), mais ce sont alors les moyens m\u00e9dicaux qui font d\u00e9faut de mani\u00e8re inversement proportionnelle aux circulaires qui affluent sur la m\u00e9thode de traitement des bless\u00e9s. Il rel\u00e8ve ces dysfonctionnements, notamment \u00e0 Suippes dans la Marne (page 40).<\/p>\n<p>Il \u00e9claire sa pratique d\u2019\u00e9criture en d\u00e9cembre 1914\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tout en \u00e9crivain, j\u2019analyse mon geste. Curieuse, cette manie \u00e0 peu pr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale de recueillir ses impressions. A l\u2019ambulance officiers et infirmiers ont presque tous un carnet qu\u2019ils couvrent d\u2019inscriptions chaque jour. L\u2019observation ou le r\u00e9cit d\u2019un fait nouveau sortant de la banalit\u00e9 provoque aux m\u00eames moments &#8211; moment de tr\u00eave &#8211; une lev\u00e9e de stylos<\/em> \u00bb (pages 110-111).<\/p>\n<p>Les tableaux d\u00e9peints par le m\u00e9decin forment une succession d&rsquo;anecdotes, m\u00e9dicales ou non, de rencontres avec le milieu et les gens qu&rsquo;il c\u00f4toie. Il fait parfois \u0153uvre de bons mots\u00a0en donnant sa d\u00e9finition de la diff\u00e9rence entre repli et recul : \u00ab\u00a0<em>Notre formation est en r\u00e9serve, pr\u00eate \u00e0 l&rsquo;avance aussi bien qu&rsquo;au repli (ne pas confondre avec le mot \u00ab\u00a0<\/em>recul<em>\u00ab\u00a0, seul l&rsquo;adversaire \u00e9tant capable de reculer) <\/em>\u00bb (page 38)<em>.<\/em> Quelques belles lignes descriptives \u00e9galement du poilu notamment\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Devant la maison d\u00e9filent h\u00e2ves, lents et dos ronds, les soldats qui ont occup\u00e9 les tranch\u00e9es ces deux derniers jours. Ils reviennent tremp\u00e9s de pluie et \u00e9puis\u00e9, jettent un regard vague sur notre habitation de tout repos, sur nos infirmiers pour la plupart gras et roses, puis, impassibles, poursuivent leur chemin vers le cantonnement o\u00f9 ils chercheront l\u2019oubli de tout. Je les vois, d\u2019avance, s\u2019\u00e9crouler sur la paille, engloutis d\u2019embl\u00e9e, par un sommeil sans fond, tandis qu\u2019ils m\u00e2chonneront la derni\u00e8re bouch\u00e9e d\u2019un repas pris machinalement<\/em> \u00bb (page 40). Il survole trois ans de guerre, entre zone des arm\u00e9es et arri\u00e8re, entre inaction, dont il se plaint \u00e0 plusieurs reprises (voir pages 127 ou 132) et activit\u00e9, entre camaraderie du front et sollicitations de cabinets. En effet, son passage au cabinet de Gallieni d\u00e9peint les relations ambigu\u00ebs, m\u00eal\u00e9es de coterie et d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 qui ont cours \u00e0 Paris (notamment des pages 150 \u00e0 170).<\/p>\n<p>Le tout forme un regard lucide et instructif, un \u00e9clairage indispensable sur les formations m\u00e9dicales, leur \u00e9tat d&rsquo;esprit et leur fonctionnement et un t\u00e9moignage int\u00e9ressant sur les op\u00e9rations de 1914. M\u00eame si le t\u00e9moin est parfois \u00e9loign\u00e9 de ceux qu&rsquo;il appelle \u00ab\u00a0<em>combattants mes fr\u00e8res<\/em>\u00ab\u00a0, d&rsquo;une mani\u00e8re exag\u00e9r\u00e9e. Il est d\u2019ailleurs peu \u00e0 l\u2019aise dans\u00a0les termes purement guerriers\u00a0; n\u2019appelle-t-il pas les balles Bon des \u00ab\u00a0balles Gond\u00a0\u00bb\u00a0? (page 43).<\/p>\n<p>Tout l\u2019ouvrage est ponctu\u00e9 de descriptions sommaires, d\u2019anecdotes, d\u2019all\u00e9gories et de tableaux qui ponctuent d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage. Dans cette masse, on peut citer une m\u00e9thode d\u2019identification des tombes (page 47), une vision des chiens sanitaires (page 49), le pr\u00e9l\u00e8vement de souvenirs sur un uhlan bless\u00e9 (page 53), des infirmi\u00e8res, \u00ab\u00a0<em>Chipies de la Croix-Rouge<\/em> \u00bb sadiques\u00a0! (page 56), le cassage du grade d\u2019un officier d\u00e9serteur (page 58), son all\u00e9gorie de la fusillade \u00ab\u00a0<em>on pense \u00e0 une po\u00eale gigantesque remplie d&rsquo;huile bouillante o\u00f9 tomberait de l&rsquo;eau<\/em> \u00bb (page 60), le sto\u00efcisme des bless\u00e9s dans la salle des \u00ab\u00a0<em>graves<\/em> \u00bb (page 64), dont la vision, \u00e0 plusieurs reprises, rejoint les descriptions faites par Duhamel. Il \u00e9voque le tremblement des mains des soldats, du \u00e0 l&rsquo;\u00e9branlement nerveux (page 87), la sup\u00e9riorit\u00e9 du mat\u00e9riel anglais \u00ab\u00a0<em>supply-water<\/em> \u00bb (page 94) ou celle de l\u2019organisation de la tranch\u00e9e allemande (page 229). Il note aussi la r\u00e9apparition de la religion (page 106). Sur les femmes, il a cette r\u00e9flexion opportune\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 fermer les yeux, car du moment qu&rsquo;on autorise la venue des femmes dites de m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, je ne vois pas pourquoi on verrouille la porte aux l\u00e9gitimes<\/em> \u00bb (page 133) Sur cette question, il sous-entend (page 210) que l\u2019h\u00f4pital est un lieu o\u00f9 des femmes cherchent (et trouvent) un mari et autres choses tues ! Sur les gaz, il donne le co\u00fbt d&rsquo;une nappe de chlore de 7 km, soit 1 million de francs (page 182) et les recherches qui sont faites sur les gaz allemands (page 183). Il d\u00e9crit aussi une gare r\u00e9gulatrice, \u00ab <em>sphincter de l&rsquo;arm\u00e9e<\/em> \u00bb ! (pages 202 \u00e0 206). Sur le pinard, on note sa r\u00e9flexion d\u00e9sabus\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ce qui frappe le plus, ce sont les acheteurs de pinard, avec leurs huit, dix bidons autour des reins, comme autant de bou\u00e9es de sauvetage \u2013 comparaison nullement d\u00e9plac\u00e9e si l\u2019on songe \u00e0 ce que le pinard a pu sauver d\u2019existences d\u00e9faillantes<\/em> \u00bb (page 231). Il \u00e9voque l\u2019\u00e9tat des troupes noires dues au froid (page 227). Il a aussi une r\u00e9flexion sur le parfum\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On ne saurait croire ce qui se d\u00e9pense d\u2019argent en parfums. Etrange ce besoin de se griser l\u2019odorat<\/em> \u00bb (page 233). Il fustige aussi l\u2019ennui des conversations (page 235). Enfin, il ne donne pas cher de la peau des livres de guerre apr\u00e8s-guerre\u00a0pour les anciens combattants\u00a0: \u00ab <em>Il est une chose que l\u2019on est incapable de faire\u00a0: lire des livres, comme celui que vient de m\u2019offrir un officier de mes amis, mutil\u00e9 de guerre, sur la bataille de Morhange.<\/em> [Certainement, au 19 mai 1917, celui du capitaine Ren\u00e9 Christian-Frog\u00e9, <em>Morhange et les marsouins en Lorraine<\/em> paru chez Berger-Levrault en 1916, ndr]. <em>J\u2019en parcours quelques lignes, parfois quelques pages et puis j\u2019ai une telle naus\u00e9e de ces spectacles trop connus \u2013 pourtant si bien d\u00e9crits \u2013 que je referme le volume. Ah\u00a0! je suis bien certain qu\u2019apr\u00e8s la guerre ceux qui l\u2019auront faite ne demanderont qu\u2019\u00e0 en chasser le souvenir<\/em> \u00bb (page 236). Il fournit aussi quelques visions d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les h\u00f4pitaux-baraques (page 174), les baraques Favaron (page 175) ou l\u2019atelier de camouflage avec Gu\u00e9rand de Scevola, Forain et Landowski (pages 175 \u00e0 178).<\/p>\n<p>Il \u00e9voque \u00e0 plusieurs reprises l\u2019affaire (pages 21 et 68) de l\u2019ambulance captur\u00e9e de Lettenbach en ao\u00fbt 1914. Cette affaire a \u00e9t\u00e9 depuis expos\u00e9e \u00ab\u00a0<em>de l\u2019int\u00e9rieur<\/em> \u00bb dans le t\u00e9moignage du docteur Fran\u00e7ois Perrin [in <em>Un toubib sous l&rsquo;uniforme<\/em>. <em>1908-1918<\/em> publi\u00e9 aux \u00e9ditions Anovi, en 2009. Lire \u00e9galement les articles de l\u2019infirmier avocat Leleu sur l\u2019ambulance de Laval parus dans \u00ab\u00a0<em>Lecture pour tous<\/em> \u00bb d\u2019avant mars 1915 que le m\u00e9decin \u00e9voque page 138].<\/p>\n<p>A noter une introduction sur la litt\u00e9rature de guerre (page 7), la place des souvenirs de Laval dans celle-ci et les visions d&rsquo;arri\u00e8re front (les Vosges, la Marne, la somme en 1916-1917). Les souvenirs de Laval font incontestablement r\u00e9f\u00e9rence sur le sujet dans un livre bien \u00e9crit, qui n&rsquo;est pas iconographi\u00e9 ni cartographi\u00e9.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, CRID 14-18, d\u00e9cembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 en 1871, Edouard Laval est \u00e0 la d\u00e9claration de guerre un m\u00e9decin connu, auteur de plusieurs livres sur des sujets aussi divers que l\u2019\u00e9tude des projectiles (1899), le traitement des blessures de guerre (1901), le diab\u00e8te (1903), un guide du m\u00e9decin de r\u00e9serve (1906) ou les champignons (1912). Son pr\u00e9facier, le &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/12\/18\/laval-edouard-1871\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Laval Edouard (1871-1965)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[98,730,731,13,3],"tags":[656,669],"class_list":["post-641","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1931-1945","category-21e-ca","category-33e-ca","category-medecin-service-de-sante","category-carnet","tag-ambulance","tag-vin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=641"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/641\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3933,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/641\/revisions\/3933"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=641"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}