{"id":708,"date":"2012-01-13T19:19:35","date_gmt":"2012-01-13T18:19:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=708"},"modified":"2021-09-13T19:29:01","modified_gmt":"2021-09-13T18:29:01","slug":"coudray-honore-1889-1967","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/01\/13\/coudray-honore-1889-1967\/","title":{"rendered":"Coudray, Honor\u00e9 (1889-1967)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray0011.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-710\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray0011-222x300.jpg\" alt=\"\" width=\"222\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray0011-222x300.jpg 222w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray0011.jpg 671w\" sizes=\"auto, (max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Honor\u00e9 Coudray, fils d\u2019Auguste-Fran\u00e7ois Coudray, douanier, et d\u2019Honorine Planche, est n\u00e9 \u00e0 Saint-Michel-de-Maurienne, en Savoie, le 8 octobre 1889. Il passe son certificat d\u2019\u00e9tudes avant d\u2019apprendre l\u2019\u00e9b\u00e9nisterie chez un de ses oncles. Homme cultiv\u00e9, il a tr\u00e8s t\u00f4t un go\u00fbt pour la litt\u00e9rature qu\u2019il conservera jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, \u00e9crivant m\u00eame des contes pour ses petits-enfants. Il exercera le m\u00e9tier d\u2019assureur et terminera sa carri\u00e8re comme cadre moyen d\u2019une compagnie \u00e0 Grenoble. Mari\u00e9 une premi\u00e8re fois en 1919 \u00e0 Ad\u00e8le Biard, il se remarie apr\u00e8s 8 ann\u00e9es de veuvage \u00e0 Marthe Brion, qui lui survivra jusqu\u2019en 1985. Il aura quatre enfants et c\u2019est l\u2019un d\u2019eux, Aim\u00e9, qui publie ses souvenirs. Honor\u00e9 Coudray meurt le 14 f\u00e9vrier 1967 \u00e0 La Tronche (Is\u00e8re).<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-711\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray002-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray002-214x300.jpg 214w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray002-733x1024.jpg 733w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Coudray002.jpg 1118w\" sizes=\"auto, (max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Coudray, Honor\u00e9, M\u00e9moires <em>d&rsquo;un troupier. Un cavalier du 9<sup>\u00e8me<\/sup> Hussards chez les chasseurs alpins du 11<sup>e<\/sup> BCA<\/em>, Bordeaux, Aim\u00e9 Coudray, 1986, 228 pages.<\/p>\n<p>Affect\u00e9 au 9<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de hussard \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1914, c\u2019est pourtant au titre d\u2019\u00e9claireur mont\u00e9 et d\u2019agent de liaison que le \u00ab <em>troupier<\/em> \u00bb Honor\u00e9 Coudray, 25 ans, va faire la guerre pendant toute sa dur\u00e9e au 11<sup>e<\/sup> BCA. D\u00e8s lors, il \u00e9crit sa campagne avec continuit\u00e9 et d\u00e9crit les secteurs qu\u2019il parcours en tous sens : les Vosges principalement, mais aussi la Somme, la Champagne, l\u2019Italie puis la ligne Hindenbourg. L\u2019Armistice ne met pas fin \u00e0 sa relation et ce n\u2019est que le 29 mars 1919 qu\u2019il abandonne le joug de 5 ann\u00e9es de guerre qu\u2019il a travers\u00e9es par miracles renouvel\u00e9s chaque jour.<\/p>\n<p>Alors que le tocsin sonne aux \u00e9glises de Grenoble, Honor\u00e9 Coudray rejoint le 9<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de Hussards. Il arrive dans les Vosges avec <em>Dormeur<\/em>, son cheval, le 7 ao\u00fbt 1914 et est affect\u00e9 au 11<sup>e<\/sup> BCA. Il participe \u00e0 la bataille des fronti\u00e8res du c\u00f4t\u00e9 du lac Blanc puis \u00e0 la retraite vers Taintrux et le Kemberg. Le reflux allemand vers sa fronti\u00e8re le ram\u00e8ne \u00e0 Saint-Jean-d\u2019Ormont, \u00e0 proximit\u00e9 duquel se cristallise bient\u00f4t le front. Il ne le verra pas, transport\u00e9 dans la Somme puis dans les Flandres et en Artois. Lamin\u00e9, le 11<sup>e<\/sup> revient dans les Vosges au d\u00e9but de janvier 1915. En f\u00e9vrier, Poincar\u00e9 et un quarteron de g\u00e9n\u00e9raux passent les chasseurs en revue, avant l\u2019Alsace o\u00f9 il fr\u00f4le une nouvelle fois la mort, son cheval bless\u00e9 sous lui. Il est un temps \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de G\u00e9rardmer pour bronchite \u2013 et gale\u00a0! \u2013 mais tient ce dur secteur montagneux jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 1916.<\/p>\n<p>Il d\u00e9barque dans la Somme pour les combats de juillet devant Curlu\u00a0o\u00f9, \u00ab\u00a0<em>en peu de jours, 500 hommes \u00e9tendus sur la terre picarde o\u00f9 ils font des points bleus<\/em> \u00bb. Nul \u00e9tonnement qu\u2019une nouvelle p\u00e9riode de repos vosgienne soit n\u00e9cessaire. Au mois de novembre il est d\u00e9tach\u00e9 au 4<sup>e<\/sup> groupe de chasseurs alpins (1<sup>er<\/sup>, 12<sup>e<\/sup> et 51<sup>e<\/sup> BCA) et monte \u00e0 607, dans la haute vall\u00e9e de la Fave avant une p\u00e9riode d\u2019instruction au camp vosgien d\u2019Hadol, pr\u00e9liminaire \u00e0 une p\u00e9riode d\u2019hiver en Alsace, dans le secteur de Dannemarie. Le printemps 1917 l\u2019am\u00e8ne en Champagne puis dans l\u2019Aisne, dans le secteur de Craonne, o\u00f9 il participe \u00e0 l\u2019instruction des Am\u00e9ricains dans la Meuse.<\/p>\n<p>Au mois de novembre, il apprend son changement de front et embarque pour l\u2019Italie. Il y raconte sobrement sa campagne, faite de peu de combats, et revient, la br\u00e8che combl\u00e9e, sur le front le l\u2019ouest, s\u2019opposer aux attaques allemandes, entre Somme et Artois. Il conna\u00eet encore de terribles journ\u00e9es dans la poche de Ch\u00e2teau-Thierry, aux offensives de Dammard \u00e0 Rocourt puis dans celle d\u2019And\u00e9chy au nord de Montdidier. L\u2019\u00e9t\u00e9 1918 pass\u00e9, il prend part aux batailles de lib\u00e9ration au nord de Saint-Quentin. L\u2019armistice le trouve \u00e0 Chigny, devant Guise. C\u2019est la fin du cauchemar mais pas de sa situation sous les drapeaux, tant il parcours encore la r\u00e9gion parisienne dans l\u2019attente de sa d\u00e9mobilisation : \u00ab\u00a0<em>la lev\u00e9e de l\u2019\u00e9crou <\/em>\u00bb\u00a0! Et de conclure\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Sur combien de routes avons-nous d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 le sillon de nos fatigues et les fils cass\u00e9s de notre ardente jeunesse<\/em> \u00bb (page 120).<\/p>\n<p>3. R\u00e9sum\u00e9 et analyse<\/p>\n<p>Formidable t\u00e9moignage, issu d\u2019un hommage filial, riche de continuit\u00e9 dans un poste particulier d\u2019\u00e9claireur mont\u00e9, emploi rarement \u00e9voqu\u00e9. C\u2019est aussi un tr\u00e9sor d\u2019\u00e9criture o\u00f9 l\u2019\u00e9rudition le dispute au caustique, rehauss\u00e9e d\u2019un v\u00e9ritable talent descriptif et d\u2019un soup\u00e7on de critique politique qui font de ces \u00ab\u00a0<em>M\u00e9moires d\u2019un troupier<\/em> \u00bb l\u2019un des tous premiers t\u00e9moignages d\u2019int\u00e9r\u00eat sur la Grande Guerre. En effet, ce livre est une v\u00e9ritable perle \u00e9ditoriale tant Honor\u00e9 Coudray passe en permanence sous le souffle de la mort sans aucune \u00e9gratignure, mais aussi t\u00e9moigne d\u2019un don d\u2019\u00e9criture manifeste, alliant pr\u00e9cision descriptive et analyse critique juste et efficace de son environnement. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, on prend la mesure d\u2019un esprit cultiv\u00e9 et profond. Si le lyrisme et la m\u00e9taphore l\u2019emportent parfois sur le descriptif, c\u2019est \u00e9galement avec talent. Il porte sur les officiers qui l\u2019entourent le regard ac\u00e9r\u00e9 d\u2019un bon observateur de la valeur des hommes. Ainsi, plusieurs tableaux ethnologiques d\u2019int\u00e9r\u00eat sont \u00e0 lire sur l\u2019Italie et sa population, m\u00eame si ce chapitre est le moins long de son parcours. Il prend parti, notamment contre les Am\u00e9ricains dans une violente diatribe rappelant que leur sacrifice ne fut rien en regard de celui du soldat fran\u00e7ais (page 215). Sans pol\u00e9mique gratuite, Honor\u00e9 Coudray est un excellent t\u00e9moin de son temps. Seule concession, &#8211; mais est-elle de l\u2019auteur ou du pr\u00e9sentateur\u00a0? -, les noms de certains soldats, soit qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 mal per\u00e7us, soit qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 honnis (cas du soldat Jacques Serre, fusill\u00e9 \u00e0 Anould le 16 mars 1916), ont \u00e9t\u00e9 caviard\u00e9s. Toutefois, les initiales correspondent et il peut \u00eatre ais\u00e9 de les r\u00e9tablir. Honor\u00e9 Coudray expose son ressort d\u2019\u00e9criture\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je tire aujourd\u2019hui ma r\u00e9v\u00e9rence \u00e0 la sombre com\u00e9die-dramatique des notes pour moi p\u00e9niblement recueillies depuis le bruyant soir du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1914. J\u2019ai \u00e9crit avec la parfaite insouciance de la perfection de l\u2019art de s\u2019exprimer, sans aucun souci d\u2019\u00e9tiquette, ni respect de la plus \u00e9l\u00e9mentaire convenance, le protocole n\u2019\u00e9tant pas mon cheval de bataille. J\u2019ai trac\u00e9 \u00e0 br\u00fble-pourpoint, comme j\u2019ai vu, comme j\u2019ai entendu, comme j\u2019ai senti, d\u2019autant plus que je n\u2019ai et n\u2019aurai jamais l\u2019audace ni la p\u00e9danterie de livrer le contenu de mes tablettes \u00e0 la publicit\u00e9<\/em>\u2026\u00a0\u00bb (pages 217-218).<\/p>\n<p>R\u00e9flexif et descriptif, le livre fourmille de tableaux anecdotiques, telle cette vision de chiens battant du beurre en Flandre (page 36), ou la description de l\u2019\u00e9tat de l\u2019uniforme apr\u00e8s 4 mois de guerre (page 38). Volontiers critique, il l\u2019est du <em>Bulletin des Arm\u00e9es de la R\u00e9publique<\/em> en d\u00e9cembre 1914 (page 40) et distille ses r\u00e9flexions opportunes sur la condition de l\u2019homme-mat\u00e9riel et l\u2019incurie, exemplifi\u00e9e, de la question de sa mort (page 42). Il s\u2019interroge plus loin sur la force de m\u00e9moire du soldat apr\u00e8s-guerre : \u00ab\u00a0<em>je doute fort que la plupart de ceux qui en reviendront aient seulement la force du souvenir dans leurs actes et celle d\u2019en imposer la m\u00e9moire vivace<\/em> \u00bb (page 66).<\/p>\n<p>Il d\u00e9crit d\u2019un style badin, faussement na\u00eff, les \u00ab\u00a0<em>commer\u00e7antes de toutes essences<\/em> \u00bb, \u00ab\u00a0<em>nu\u00e9es de femmes de tous \u00e2ges <\/em>[qui]<em> assaillent les soldats\u00a0\u00e9bahis avec leurs bidons de caf\u00e9 et de chocolat. Puis d\u2019autres, moins mercenaires, les emm\u00e8nent \u00e0 leur domicile afin de partager le pain et le sel, du moins je le suppose. C\u2019est bien pire qu\u2019un invasion de sauterelles<\/em> \u00bb (pages 59-60). Badin certes mais aussi misogyne sur la femme \u00e9lectrice (page 110). Il est aussi volontiers ironique dans sa vision des Vosges, remarquant \u00e0 La Bresse\u00a0la \u00ab\u00a0<em>chose curieuse, dans ce pays o\u00f9 l\u2019on tisse tant de toiles, les lits n\u2019ont pas de draps<\/em> \u00bb\u00a0! (page 72). Il l\u2019est moins quand il constate le traitement r\u00e9serv\u00e9 au soldat et y reviendra souvent dans son t\u00e9moignage. Pour s\u2019en convaincre, nous reportons le lecteur dans l\u2019utilisation de son t\u00e9moignage par Nicolas Offenstadt dans <em>Les fusill\u00e9s de la Grande Guerre et la m\u00e9moire collective. (1914-1999)<\/em> (Odile Jacob, 1999). Dans les Vosges, il rapporte l\u2019ex\u00e9cution du chasseur Jacques Serre qui, ivre, avait bouscul\u00e9 un commandant (page 75) ou l\u2019assassinat d\u2019un soldat soi-disant voleur, meurtre \u00e0 mettre au d\u00e9bit du commandant P. (Pichot-Duclos) (pages 89 et 96). Plus loin, un gendarme factionnaire jet\u00e9 dans un canal (page 90) ou gardant les permissionnaires \u00ab\u00a0<em>parqu\u00e9s<\/em> \u00bb (page 91). Les cadres sont aussi l\u2019objet de toute son \u00ab\u00a0<em>attention<\/em> \u00bb, m\u00eame si parfois ils ressemblent \u00e0 des enfants (page 129).<\/p>\n<p>La presse fait \u00e9galement souvent l\u2019objet de sa col\u00e8re\u00a0: Herv\u00e9, r\u00e9dacteur \u00e0 La Victoire est <em>\u00ab\u00a0un pilier de prison qui a \u00e9volu\u00e9\u00a0! Apr\u00e8s avoir tra\u00een\u00e9 le drapeau dans le fumier et \u00e9crit des saloperies de tous genres<\/em> \u00bb\u00a0(page 101). Il sert une violente diatribe sur le mensonge journalistique (pages 120 et 166) ou celui du bulletin de la R\u00e9publique, suspendu au 12 mars 1918, et dont les \u00ab\u00a0<em>feuilles alimentaient les archives des feuill\u00e9es, dernier refuge des bourrages de cr\u00e2nes imprim\u00e9s<\/em> \u00bb (page 166). Il rapporte ce qu\u2019on lit aux tranch\u00e9es, y compris les images \u00e9rotiques placard\u00e9es sur leur paroi (page 151). Il \u00e9voque comme une maladie la contagion des vraies comme des fausses nouvelles (page 188). Une r\u00e9alit\u00e9 toutefois est qu\u2019au 11 novembre 1918, il reste seulement 4 soldats ayant vu le d\u00e9but de la guerre dans le groupe de liaison de Coudray (page 198). Cela d\u00e9clenche chez lui une analyse d\u00e9sabus\u00e9e et clairvoyante de l\u2019apr\u00e8s-guerre politique du soldat, auquel il faudra rendre le d\u00fb politique au soldat de la paix et sa participation aux trait\u00e9s (pages 203 \u00e0 205). Par contre, il est peu disert sur les mutineries, et se contente d\u2019en rapporter la rumeur et de tenter une explication du ph\u00e9nom\u00e8ne (pages 127-128).<\/p>\n<p>Souvent pr\u00e9occup\u00e9 par la nourriture, il estime n\u00e9cessaire la maraude alimentaire (page 164). D\u2019ailleurs, sur ce point pr\u00e9cis, il d\u00e9clare que tout homme rev\u00eatant l\u2019uniforme devient voleur (cf. l\u2019affaire du vol de volailles de Villers-les-Rigaud) (page 178). Plus anecdotiquement, il fait des repas de corbeaux (page 175), de paon (page 200) ou d\u2019un lapin mang\u00e9 par les vers, cuisin\u00e9 en civet quand m\u00eame pour la partie comestible (page 177). Attentif \u00e0 l\u2019hygi\u00e8ne, il d\u00e9crit des Italiens malpropres (page 160) et s\u2019inqui\u00e8te de la grippe espagnole en mai 1918 et en d\u00e9crit les sympt\u00f4mes (page 175).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>M\u00e9moires d\u2019un <\/em>troupier\u00a0\u00bb n\u2019est pas introduit et l\u2019on doit \u00e0 la quatri\u00e8me de couverture de conna\u00eetre l\u2019origine filiale de la transmission de ce journal de guerre. Il est par contre tr\u00e8s correctement construit, hauss\u00e9 d\u2019un cahier iconographique central montrant le h\u00e9ros et deux cartes opportunes rappelant les zones d\u2019op\u00e9rations du 11<sup>\u00e8me<\/sup> B.C.A. Opportunes sont \u00e9galement les annexes (\u00e0 partir de la page 220) synoptiques du parcours chrono-g\u00e9ographique d\u2019Honor\u00e9 Coudray, qui compl\u00e8te l\u2019architecture de l\u2019ouvrage, divis\u00e9 par ann\u00e9es en grandes p\u00e9riodes de combats. Enfin, deux courts index des noms des militaires et des unit\u00e9s cit\u00e9s (pages 227 et 228) sont des ajouts trop rarement rencontr\u00e9s dans ce type de parution. Enfin, quelques fautes ont \u00e9t\u00e9 corrig\u00e9es par un errata de l\u2019\u00e9diteur. Une \u00e9dition au format inadapt\u00e9 et \u00e0 la typographie m\u00e9diocre n\u2019entachent pas ce formidable document.<\/p>\n<p>Ultra r\u00e9f\u00e9rentiel et alimentant de premi\u00e8re importance l\u2019\u00e9tude du front des Vosges, cet ouvrage est \u00e0 lier intimement \u00e0 celui de Louis Bobier et \u00e0 rapprocher dans la stylistique du journal de guerre d\u2019Henri D\u00e9sagneaux (voir leur notice dans le pr\u00e9sent dictionnaire).<\/p>\n<p>Noms cit\u00e9s (page)\u00a0:<\/p>\n<p>Angele (Cpt) (84), Anne (163-164), Basbayon (47), Belmont (Lt) (29-69), Bertrand (Cpt) (111-131-137-140), Bordeaux (Col) (39), Bouvier (11-12-13-42-47), Buyer de (Col) (24), Cassin (Cpt) (42), Ciambelli (Cdt) (194-213), Clerget (174), Collet (Cdt) (24), Coquand (Cpt) (10), Delorme (Sgt-major) (181), Desforges (Cpt) (181), Dhorm (Ss-lt) (149), Doyen (Cpt) (55-99-183), Dumesnil (Lt) (183), Fabri-Fabreques de (Cdt) (100-181), Ferrand (153), Ferret (Col) (39), Forest des (Cpt) (140), Girard (13), Gras (183), Guillot (v\u00e9t\u00e9rinaire) (74), Heinrich Louis (107), Jargot (5-9-13\u00e016-21-25-27-29-30-34\u00e036-73-74-77-209), Jarrige (47), Jorraz (13-15-47), Lalande (Cpt) (181), Lancon (Col) (113), Lebrun (Gal) (118-123), Lecomte (Cdt) (93), Levrat (100), Lionne (18), Marade (Cpt) (42), Perrier Auguste (108), Pigeat (Lt) (34-47), Poirat Henri (38-108), Poncet L\u00e9on (4-114), d\u2019Armau de Pouydraguin (Gal) (108-144), Quinat (Lt-col) (100-107-113-126-131-174-201), Roch (39), Rousset (Lt) (88), Rousset (Lt-col) (131-144), Ruffier (25-27), Rufflier (145-146), Sabardan (54), Seigle (120), Touchon (82), Vittoz (120), Wendling (136-141).<\/p>\n<p>Liste des communes cit\u00e9es (date \u2013 page)\u00a0:<\/p>\n<p><strong>1914<\/strong> : Grenoble, Chamb\u00e9ry (2-7 ao\u00fbt \u2013 3-4), Epinal, Docelles, Corcieux, Fraize, Plainfaing (7-12 ao\u00fbt \u2013 4-8), Orbey, Lac Blanc, col de louspach, Bonhomme, Colroy-la-Grande, col de la Charbonni\u00e8re, Saint-Blaise-la-Roche (12-24 ao\u00fbt \u2013 8-14), Bourg-Bruche, Saales, La Grande Fosse, La Petite-Fosse, Saint-Jean-d\u2019Ormont, Moyenmoutier, Saint-Prayel, Nompatelize, Saint-Michel-sur-Meurthe, La Bourgonce, Les Rouges-Eaux, Bois-de-Champ (25 ao\u00fbt &#8211; 2 septembre \u2013 14-17), Taintrux, le Kemberg, Van\u00e9mont (2-12 septembre \u2013 17-20), La Culotte, Saint-Jean-d\u2019Ormont (12-15 septembre \u2013 20-22), Clermont (Oise), Fournival, La Herelle, Le Cardonnois (Somme), Montdidier, (15-24 septembre \u2013 22-25), Harbonni\u00e8res, Vauvillers, Cappy, M\u00e9ricourt, (25 septembre &#8211; 11 novembre \u2013 25-32), Calais, Bailleul, Belgique (12 novembre &#8211; 14 d\u00e9cembre \u2013 33-40), La Comt\u00e9, Mingoval, Mont-Saint-Eloi, Caucourt (14-31 d\u00e9cembre \u2013 41-42).<\/p>\n<p><strong>1915<\/strong> : Acq, Tincques, Chelers, Saint-Pol (1<sup>er <\/sup>&#8211; 14 janvier \u2013 44), G\u00e9rardmer (14 janvier &#8211; 18 f\u00e9vrier \u2013 45-48), Soultzeren, Metzeral (19 f\u00e9vrier &#8211; 25 ao\u00fbt \u2013 48-58), Corcieux (26 ao\u00fbt &#8211; 3 octobre \u2013 59-61), Belfort, Buethwiller (4-16 octobre \u2013 61-63), G\u00e9rardmer, Lingekopf, (16 octobre &#8211; 19 d\u00e9cembre \u2013 63-67), Vagney, Xoulces, Moosch, Hartmanswillerkopf (20 d\u00e9cembre 1915 &#8211; 15 janvier 1916 \u2013 67-72).<\/p>\n<p><strong>1916<\/strong> : Anould, Fraize (15 janvier &#8211; 1<sup>er<\/sup> mars \u2013 73-74), Lac Noir, Rudlin (1-16 mars \u2013 74-77), Kruth, Hilsenfirst (17 mars &#8211; 27 juin \u2013 77-85), Fouilloy (Somme), Boves, Gentelles, Cachy, Villers-Bretonneux, Vaires-sous-Corbie, M\u00e9ricourt-sur-Somme, Curlu, Suzanne, Maurepas, Cappy, Eclusier, Cl\u00e9ry, (27 juin &#8211; 25 octobre \u2013 86-97), Laveline, Combrimont, 607, la Croix le Pr\u00eatre, Beulay, Mandray, (26 octobre 1916 &#8211; 24 janvier 1917 \u2013 98-105).<\/p>\n<p><strong>1917<\/strong> : Hadol, camp d\u2019Arches, Dounoux (Vosges) (25 janvier &#8211; 8 mars \u2013 106-111), Belfort, Bourbach-le-Haut, Dannemarie (11-31 mars \u2013 112-116), (Aisne) Corrobert, Courbouin, Verdon, Jaulgonne, Crugny, Aougny, Vincelles, Le Charmel, Artonges (1<sup>er<\/sup> avril &#8211; 14 mai \u2013 117-125), Vendi\u00e8res, Verdelot, ch\u00e2teau de Vinet, Br\u00e9cy, (15 mai &#8211; 5 juin \u2013 117-129), Courville, Ventelay, Marceau (Chemin-des-Dames), Pontavert, Craonne (5-24 juin \u2013 129-132), Gondrecourt, Mauvages (9 juillet &#8211; 11 septembre \u2013 134-145), Courtisol, Tahure (15 septembre &#8211; 3 novembre \u2013 145-153), Italie, Monte Tomba, plateau d\u2019Asiago (7 novembre &#8211; 12 avril 1918 \u2013 153-171).<\/p>\n<p><strong>1918<\/strong> : Amiens, Guignemicourt, Rainneville, Halloy, ch\u00e2teau d\u2019Hervare, Thiebronne, (15 avril &#8211; 1<sup>er<\/sup> juin \u2013 171-176), Congis, Villers-les-Rigaud, la Tuilerie, Crouy-sur-Ourcq, ch\u00e2teau de Brunier, Montigny, Dammard, Mounes, Rassy, Remonvoisin, Sommelans, Grisolles, Rocourt, Lizy-sur-Ourcq (3 juin &#8211; 27 juillet \u2013 177-184), Grandvillers, Sommereux, Andechy, Sept-Fours, R\u00e9thonvillers Nesle (28 juillet &#8211; 3 septembre \u2013 185-187), Lavacquerie (3-26 septembre \u2013 187-189), Pierrepont (Somme) Holnon, Saint-Quentin, Chardon Vert, bois des Cocotiers, ferme Monid\u00e9e, Fieulaine, Sery-les-M\u00e9zi\u00e8res, Rib\u00e9mont, Lucy, Guise, Froidestr\u00e9es, Chigny, Malry, Le-H\u00e9rie-la-Vi\u00e9ville (27 septembre &#8211; 22 novembre \u2013 190-202).<\/p>\n<p>Yann Prouillet, CRID14-18, janvier 2012.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Honor\u00e9 Coudray, fils d\u2019Auguste-Fran\u00e7ois Coudray, douanier, et d\u2019Honorine Planche, est n\u00e9 \u00e0 Saint-Michel-de-Maurienne, en Savoie, le 8 octobre 1889. Il passe son certificat d\u2019\u00e9tudes avant d\u2019apprendre l\u2019\u00e9b\u00e9nisterie chez un de ses oncles. Homme cultiv\u00e9, il a tr\u00e8s t\u00f4t un go\u00fbt pour la litt\u00e9rature qu\u2019il conservera jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, \u00e9crivant &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/01\/13\/coudray-honore-1889-1967\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Coudray, Honor\u00e9 (1889-1967)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[173,101,3,10],"tags":[260,377,721,302],"class_list":["post-708","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-11e-bca","category-1981-1990","category-carnet","category-combattant-infanterie","tag-americains","tag-femmes","tag-gendarme","tag-presse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/708","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=708"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/708\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3946,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/708\/revisions\/3946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=708"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=708"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=708"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}