{"id":731,"date":"2012-02-02T12:14:57","date_gmt":"2012-02-02T11:14:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=731"},"modified":"2021-09-13T19:31:50","modified_gmt":"2021-09-13T18:31:50","slug":"bronchart-leon-1896-1986","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/02\/02\/bronchart-leon-1896-1986\/","title":{"rendered":"Bronchart, L\u00e9on (1896-1986)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le t\u00e9moin<\/strong><br \/>\nN\u00e9 en 1896, \u00e0 Bapaume, L\u00e9on Bronchart grandit dans les villes ouvri\u00e8res du Pas-de-Calais et du Nord. Fils d\u2019une d\u00e9videuse en soie et d\u2019un tailleur de pierre, il suit si bien l\u2019enseignement \u00e9l\u00e9mentaire qu\u2019il obtient le certificat d\u2019\u00e9tudes primaires \u00e0 onze ans. Mais, alors qu\u2019il esp\u00e9rait poursuivre des \u00e9tudes, la maladie de son p\u00e8re prive la famille de revenus et le jeune L\u00e9on doit trouver du travail. D\u2019abord teneur de moule dans une verrerie blanche, il change plusieurs fois de fonction et d\u2019employeur, travaille notamment dans le b\u00e2timent, avant d\u2019\u00eatre embauch\u00e9 par la compagnie des chemins de fer du Nord. Influenc\u00e9 par son p\u00e8re, syndicaliste et coop\u00e9rateur, mais aussi par sa m\u00e8re, fervente catholique, il s\u2019int\u00e9resse tr\u00e8s t\u00f4t au d\u00e9bat public et le cur\u00e9 de sa paroisse lui fait fr\u00e9quenter un milieu catholique engag\u00e9 o\u00f9 il \u00ab d\u00e9vore \u00bb les brochures de Marc Sangnier dont la condamnation des id\u00e9es par le Vatican, en 1910, est un \u00ab coup de masse \u00bb qui \u00e9loigne Bronchart de la religion.<br \/>\nApr\u00e8s la Grande Guerre, il reprend son travail dans les chemins de fer, o\u00f9 il acquiert une qualification de m\u00e9canicien (qui lui permet de conduire les locomotives \u00e0 vapeur), et s\u2019engage dans le mouvement socialiste, \u00e0 la SFIO et \u00e0 la CGT. Oppos\u00e9 \u00e0 la division syndicale, il est localement un des pr\u00e9curseurs de la r\u00e9unification au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre en 1923 volontaire pour l\u2019occupation de la Rh\u00e9nanie o\u00f9 il contribue \u00e0 briser la gr\u00e8ve des cheminots allemands. Il part pour le Maroc deux ans plus tard, au moment de la guerre du Rif, et s\u2019y insurge \u00e0 propos des in\u00e9galit\u00e9s que subissent les cheminots marocains par rapport \u00e0 leurs coll\u00e8gues m\u00e9tropolitains (p. 65-69). Dans ses m\u00e9moires, il dit avoir \u00e9t\u00e9 le seul de son site ferroviaire \u00e0 faire gr\u00e8ve en f\u00e9vrier 1934 (p. 105). En 1939, \u00e0 la d\u00e9claration de guerre, bien qu\u2019\u00e2g\u00e9 de 44 ans et p\u00e8re de trois enfants, il tente d\u2019int\u00e9grer dans une troupe combattante mais ne parvient qu\u2019\u00e0 \u00eatre affect\u00e9 \u00e0 une section de chemins de fer de campagne. Son engagement dans la R\u00e9sistance (\u00e0 Combat, notamment dans les NAP, puis dans les MUR) est ensuite la cause de son arrestation par la Gestapo puis de sa d\u00e9portation, \u00e0 Oranienburg-Sachsenhausen, puis Buchenwald et Dora. De retour apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, il retourne \u00e0 la SNCF jusqu\u2019\u00e0 sa retraite, en 1947. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 par de nombreuses d\u00e9corations (il est notamment commandeur de la L\u00e9gion d\u2019Honneur), il meurt en 1986.<br \/>\n<strong>Le t\u00e9moignage<\/strong><br \/>\nPubli\u00e9 en 1969, L\u00e9on Bronchart\u2026 <em>Ouvrier et soldat, un Fran\u00e7ais raconte sa vie<\/em> (Vaison-la-Romaine, imprimerie H. Meffre, 204 p.) est le r\u00e9cit autobiographique d\u2019un homme qui explique que, \u00ab depuis toujours, [s]es amis [lui] demandaient d\u2019\u00e9crire, de raconter [s]a vie \u00bb. Organis\u00e9 en cinq parties, l\u2019ouvrage est structur\u00e9 par les deux guerres mondiales, ce que refl\u00e8te le choix de leurs titres : \u00ab Avant 1914 \u00bb (20 pages), \u00ab La guerre 1914-1918 \u00bb (34 pages), \u00ab Entre deux guerres \u00bb (20 pages), \u00ab La guerre 1939-1945 \u00bb (104 pages) et \u00ab Apr\u00e8s 1945 \u00bb (29 pages). C\u2019est la Seconde Guerre mondiale qui constitue l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus important de ce r\u00e9cit : plus de la moiti\u00e9 du livre y est consacr\u00e9. En dehors m\u00eame du r\u00e9cit des deux guerres et des captivit\u00e9s de l\u2019auteur, nombre de passages correspondent \u00e0 un t\u00e9moignage original, tel le subterfuge de son premier employeur qui fait sonner la cloche de la verrerie avec un timbre particulier \u00ab quand un inspecteur du travail se pr\u00e9sente, afin que les gosses qui n\u2019ont pas l\u2019\u00e2ge prennent la fuite et se cachent \u00bb (p. 19). Sa description de la solidarit\u00e9 dont b\u00e9n\u00e9ficie un enfant de gr\u00e9viste \u00e0 la Belle Epoque est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante (p. 16-17) tandis que le r\u00f4le \u00e9minent qu\u2019il pr\u00eate \u00e0 un de ses instituteurs recoupe les nombreux \u00e9crits de jeunes gens scolaris\u00e9s sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique (notamment le roman inachev\u00e9 d\u2019Albert Camus). Comme tout t\u00e9moignage, cet ouvrage est une \u0153uvre de m\u00e9moire et nous en apprend beaucoup sur la perception d\u2019\u00e9v\u00e9nements et de dynamiques par son auteur au moment de la r\u00e9daction sans qu\u2019il faille esp\u00e9rer y trouver une relation rigoureuse de faits. Ainsi, pour ne prendre que cet exemple, il \u00e9voque \u00ab l\u2019excommunication de Marc Sangnier \u00bb (p. 24-25) alors qu\u2019il s\u2019est agi en r\u00e9alit\u00e9 de la condamnation par le pape Pie X de la \u00ab fausse doctrine du Sillon \u00bb.<br \/>\nS\u2019il est longtemps rest\u00e9 peu connu, ce livre a n\u00e9anmoins a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 parmi les anciens d\u00e9port\u00e9s (ceux de Dora notamment). C\u2019est au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, dans le contexte d\u2019un int\u00e9r\u00eat manifest\u00e9 au r\u00f4le des chemins de fer dans la politique nazie de destruction des juifs d\u2019Europe (Christian Chevandier, \u00ab Le grief fait aux cheminots d\u2019avoir, sous l\u2019Occupation, conduit les trains de la d\u00e9portation\u00bb, <em>Revue d\u2019histoire des chemins de fer<\/em>, Actes du colloque de Paris -d\u00e9cembre 2005-, Les cheminots dans la R\u00e9sistance. Une histoire en \u00e9volution, n\u00b0 34, printemps 2006, p. 91-111.), que le livre acquiert une certaine notori\u00e9t\u00e9. Son auteur consacre une demi-page (p. 100-101) \u00e0 son refus d\u2019assurer le 31 octobre 1942 la traction d\u2019un train comprenant deux voitures de prisonniers politiques, suivi quelque temps plus tard par celui de conduire un train de troupes allemandes. Mis en avant comme le t\u00e9moignage du \u00ab seul refus de conduire un train de d\u00e9port\u00e9s \u00bb, alors qu\u2019il s\u2019agit plus pr\u00e9cis\u00e9ment du seul t\u00e9moignage connu \u00e0 ce jour d\u2019un refus de conduire un train comprenant des voitures d\u2019intern\u00e9s (politiques dans ce cas), il a notamment donn\u00e9 lieu \u00e0 une recherche dans les Archives de la SNCF qui ont permis d\u2019approfondir la connaissance de cet \u00e9pisode : Marie-No\u00eblle Polino, \u00ab L\u00e9on Bronchart, ouvrier, soldat\u2026 et cheminot : un destin, une figure \u00bb, <em>Revue d\u2019histoire des chemins de fer<\/em> hors-s\u00e9rie, n\u00b07, 2e \u00e9dition, ao\u00fbt 2004, p. 160-172 (cet article ne figure pas dans l\u2019\u00e9dition initiale de novembre 2002).<br \/>\n<strong>Analyse<\/strong><br \/>\nLe premier souvenir de l\u2019arm\u00e9e que raconte L\u00e9on Bronchart est celui d\u2019une confrontation entre celle-ci et la population de la paroisse \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019inventaire de l\u2019\u00e9glise de la Madeleine, dans la banlieue de Lille, lorsqu\u2019il rentre de l\u2019\u00e9cole alors qu\u2019il a une dizaine d\u2019ann\u00e9e : \u00ab Tout cela bouleverse ma conscience d\u2019enfant \u00bb (p. 15). Sa participation lorsqu\u2019il est adolescent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 scolaire de tir \u00ab \u00e0 la carabine Lebel \u00bb et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de gymnastique et de pr\u00e9paration militaire, parmi d\u2019autres activit\u00e9s (il est ainsi baryton \u00e0 l\u2019Harmonie municipale et joue \u00e9galement dans l\u2019\u00e9quipe de football), lui permet d\u2019\u00eatre assez familier de la chose militaire. Cela, \u00e0 en croire ses m\u00e9moires, n\u2019emp\u00eache pas une vision critique de l\u2019institution. Les souvenirs de son grand-p\u00e8re maternel, ancien soldat du Second Empire qui a gard\u00e9 un souvenir aigu de la campagne du Mexique, sont souvent sollicit\u00e9s par le petit-fils qui appr\u00e9cie \u00ab le r\u00e9cit des faits d\u2019armes, des actes h\u00e9ro\u00efques \u00bb. Mais l\u2019a\u00efeul \u00ab termin[e] toujours en essayant de [lui] faire comprendre les atrocit\u00e9s de la guerre \u00bb (p. 26). Ce qui le conduit, avec un ami adjudant de r\u00e9serve, \u00e0 exprimer \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1914 \u00ab [leurs] craintes sur les malheurs d\u2019une guerre et [leur] d\u00e9sir de voir la paix maintenue \u00bb. Tous deux sont alors trait\u00e9s \u00ab de l\u00e2ches et d\u2019antipatriotes \u00bb par leur auditoire. \u00ab Notre avenir fut notre r\u00e9ponse \u00bb, conclut-il en \u00e9voquant la mort de son ami Raymond Quette \u00ab \u00e0 la t\u00eate de sa section \u00bb pendant la bataille de la Marne.<br \/>\nTout comme il a intitul\u00e9 le chapitre II de son ouvrage \u00ab Ouvrier \u00e0 11 ans \u00bb, il d\u00e9nomme le suivant \u00ab Soldat \u00e0 17 ans \u00bb, la pr\u00e9cocit\u00e9 de ses exp\u00e9riences \u00e9tant une des caract\u00e9ristiques de la vie de l\u2019auteur. C\u2019est que, d\u00e8s le 28 ao\u00fbt 1914, il doit, avec ses parents qu\u2019il quitte \u00e0 cette occasion (notamment son p\u00e8re, qui s\u2019engage \u00e9galement et qu\u2019il ne reverra plus), \u00e9vacuer leur r\u00e9gion. Il se joint alors \u00e0 une compagnie du 60e r\u00e9giment d\u2019infanterie qu\u2019il accompagne dans sa retraite : \u00ab J\u2019ai ramass\u00e9 un fusil, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les munitions que j\u2019ai pu trouver ; je suis devenu l\u2019agent de liaison du lieutenant \u00bb (p. 30). Lorsque son unit\u00e9 est pr\u00e8s de Paris, il se rend au bureau de recrutement de la Porte de la Chapelle. En d\u00e9pit de l\u2019absence de divers documents (notamment une autorisation paternelle), son engagement est accept\u00e9 et il part de la gare de Lyon pour rejoindre \u00e0 Annecy, comme engag\u00e9 volontaire, le 11e bataillon de chasseurs alpins. C\u2019est \u00ab quelque part vers P\u00e9ronne \u00bb qu\u2019il est, tr\u00e8s vite, fait prisonnier. Il est alors transf\u00e9r\u00e9 en Allemagne en un \u00ab voyage \u00bb de huit jours assez \u00e9prouvant : \u00ab Dans les gares, les sarcasmes des hommes, les lazzis des enfants, les poings tendus des femmes \u00bb (p. 35). En captivit\u00e9, il demeure alors \u00e0 Wittenberg, \u00e0 Stendal o\u00f9 il est employ\u00e9 \u00e0 l\u2019extraction de la tourbe dans les marais avoisinants, \u00e0 Orhdruf, Soltau, Rubeland, Mannheim,  K\u00fcrnbach, Rheinau, etc. Ses nombreuses tentatives d\u2019\u00e9vasion ne l\u2019emp\u00eachent pas de sympathiser parfois avec ses ge\u00f4liers ; c\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la prison de Pforzheim, il a de longues discussions avec le gardien-chef auquel il explique que \u00ab si les Allemands avaient \u00e9cout\u00e9 Liebknecht comme les Fran\u00e7ais \u00e9coutent Jaur\u00e8s, la guerre n\u2019aurait pas exist\u00e9 \u00bb (p. 43). A Kirchheim, il pr\u00e9pare une nouvelle \u00e9vasion lorsqu\u2019il est lib\u00e9r\u00e9, d\u00e9but novembre 1917, dans le cadre d\u2019un \u00e9change par la Suisse. Apr\u00e8s un mois de permission au cours duquel il apprend la mort par t\u00e9tanos de son p\u00e8re bless\u00e9 dans un combat, il essaye de rejoindre son fr\u00e8re cadet, engag\u00e9 dans le r\u00e9giment de marche de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re. Bien qu\u2019il estime qu\u2019il n\u2019a pas tent\u00e9 de s\u2019\u00e9vader pour \u00ab devenir un \u00abembusqu\u00e9\u00bb \u00bb, il est affect\u00e9 comme infirmier \u00e0 l\u2019h\u00f4pital S\u00e9bastien-Gryphe de Lyon. Alors qu\u2019il est pr\u00e9vu qu\u2019il se rende \u00e0 Salonique, il insiste avec la force de caract\u00e8re dont il fait preuve tout au long de sa vie pour \u00eatre affect\u00e9 sur le front fran\u00e7ais. C\u2019est ainsi qu\u2019il devient brancardier au 1er bataillon du r\u00e9giment de marche de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, assiste \u00e0 des assauts de chars, subit des bombardements : \u00ab Nous avons travers\u00e9 un champ de bataille o\u00f9 pas un cadavre n\u2019avait \u00e9t\u00e9 boug\u00e9. [\u2026] L\u2019horreur dans toute son ampleur. Sur tout cela, planait une odeur pestilentielle, qui nous prenait \u00e0 la gorge et dont il nous a fallu un certain temps pour [se] d\u00e9faire \u00bb (p. 52). C\u2019est \u00e0 cette occasion qu\u2019avec d\u2019autres soldats il croise une automobile. Un l\u00e9gionnaire \u00ab regarde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u00bb, reconna\u00eet le g\u00e9n\u00e9ral Mangin et \u00ab crie d\u2019une voix tr\u00e8s forte \u00bb \u00e0 ses compagnons : \u00ab Connaissez-vous le boucher ? \u00bb Il (p. 53). L\u00e9on Bronchart participe ensuite \u00e0 des combats au Chemin des Dames (notamment \u00e0 Terny-Sorny, Juvigny, Margival, Laffaux) avant de retrouver son fr\u00e8re, qui est gaz\u00e9 : \u00ab Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, mais tr\u00e8s-tr\u00e8s grave. J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 lui, \u00e0 Maman \u00bb (p. 55). Il assure le commandement de l\u2019infirmerie du bataillon (\u00ab Tous mes camarades ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou bless\u00e9s \u00bb) lorsque est sign\u00e9 l\u2019armistice. C\u2019est apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s qu\u2019un jeune lieutenant-m\u00e9decin avec lequel il avait sympathis\u00e9 est tu\u00e9 accidentellement lors d\u2019une s\u00e9ance de p\u00eache \u00e0 la grenade : \u00ab Lorsque je me suis pench\u00e9 sur lui, il a juste remu\u00e9 les yeux. Moment le plus atroce que j\u2019ai v\u00e9cu de toute la guerre \u00bb (p. 59). Avant d\u2019\u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9, il participe \u00e0 l\u2019occupation du Palatinat et en profite pour rendre visite \u00e0 Rheinau au directeur de l\u2019institution \u00e0 laquelle \u00e9tait rattach\u00e9 son kommando et des mauvais traitements duquel il avait \u00e9t\u00e9 victime durant sa d\u00e9tention. L\u2019ancien prisonnier lui rend alors \u00ab la monnaie du compte qu\u2019il [lui] avait si largement ouvert \u00bb (p. 59).<br \/>\nA partir de 1918, le souvenir de sa Grande Guerre obs\u00e8de L\u00e9on Bronchart, et les r\u00e9f\u00e9rences explicites et implicites y sont courantes dans son r\u00e9cit de la Seconde Guerre mondiale. Il pr\u00e9sente l\u2019engagement au sein de la R\u00e9sistance comme \u00e9tant dans la logique d\u2019une vie d\u2019ancien combattant  (sans qu\u2019il faille y supposer une connotation religieuse, il parle de \u00ab m\u00eame foi \u00bb \u00e0 propos d\u2019un de ses amis ancien de 1914-1918 et participant \u00e0 l\u2019action d\u2019un mouvement de R\u00e9sistance). Cela est d\u2019ailleurs assez commun et si la \u00ab manifestation patriotique \u00bb \u00e0 laquelle il participe le 11 novembre 1942 est organis\u00e9e le jour anniversaire de l\u2019armistice de 1918, beaucoup de d\u00e9monstrations populaires de la R\u00e9sistance ont, sous l\u2019Occupation, lieu ce jour-l\u00e0 (ainsi que les 14 juillet et les 1er mai). Lorsqu\u2019il passe en conseil de discipline \u00e0 la suite d\u2019un refus de conduire, le pr\u00e9sident des cheminots anciens combattants de Tours propose, en vain, de le d\u00e9fendre. Il parvient cependant \u00e0 d\u00e9stabiliser le conseil de discipline en situant son geste dans la continuit\u00e9 de son action pendant la Grande Guerre et il n\u2019a qu\u2019une sanction minime (p. 105-107). Mais, s\u2019il cite des courriers qu\u2019il a re\u00e7us et o\u00f9 il est question de \u00ab Boches \u00bb et de \u00ab Bochie \u00bb, l\u2019on ne trouve jamais sous sa plume le moindre propos germanophobe.<br \/>\nChristian Chevandier<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin N\u00e9 en 1896, \u00e0 Bapaume, L\u00e9on Bronchart grandit dans les villes ouvri\u00e8res du Pas-de-Calais et du Nord. Fils d\u2019une d\u00e9videuse en soie et d\u2019un tailleur de pierre, il suit si bien l\u2019enseignement \u00e9l\u00e9mentaire qu\u2019il obtient le certificat d\u2019\u00e9tudes primaires \u00e0 onze ans. 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