{"id":753,"date":"2012-03-17T21:23:14","date_gmt":"2012-03-17T20:23:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=753"},"modified":"2021-09-13T19:34:04","modified_gmt":"2021-09-13T18:34:04","slug":"voivenel-paul-1880-1975","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/03\/17\/voivenel-paul-1880-1975\/","title":{"rendered":"Voivenel, Paul (1880-1975)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><br \/>\nSon p\u00e8re, d\u2019origine normande, \u00e9tait capitaine de gendarmerie dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es, ce qui explique la naissance de Paul Voivenel \u00e0 S\u00e9m\u00e9ac, le 24 septembre 1880. Il fait des \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Toulouse et se sp\u00e9cialise dans les maladies mentales, montrant aussi un vif int\u00e9r\u00eat pour la litt\u00e9rature et le rugby. Lors des man\u0153uvres de 1913, il sauve la vie de l\u2019attach\u00e9 allemand von Winterfeldt, victime d\u2019un accident, ce qui lui vaut une d\u00e9coration prussienne qu\u2019il renvoie lors de la d\u00e9claration de guerre. Pendant la guerre, il devient m\u00e9decin de bataillon au 211e RI de Montauban, puis au 220e. Il conna\u00eet les premiers \u00e9checs de 1914, la Marne, les attaques st\u00e9riles de 1915, puis deux engagements \u00e0 Verdun, en f\u00e9vrier et septembre 1916. Il est alors nomm\u00e9 m\u00e9decin chef de l\u2019ambulance 15\/6, puis d\u2019une ambulance Z, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les soins des victimes des gaz.<br \/>\nApr\u00e8s la guerre, il reprend son activit\u00e9 de m\u00e9decin neuropsychiatre \u00e0 Toulouse, r\u00e9digeant de nombreuses chroniques m\u00e9dicales, litt\u00e9raires et sur le rugby (il est pr\u00e9sident d\u2019honneur de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de ce sport). Le monument aux morts de son village d\u2019adoption, Capoulet-Junac (Ari\u00e8ge), d\u00fb au ciseau de son ami Bourdelle, est  inaugur\u00e9 par le mar\u00e9chal P\u00e9tain en novembre 1935. Grand notable, ses sympathies le portent vers le mar\u00e9chal au pouvoir. Ses \u0153uvres du d\u00e9but des ann\u00e9es 40 en t\u00e9moignent, mais il n\u2019est pas inqui\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime.<br \/>\n<strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><br \/>\nJean Norton Cru  donne \u00e0 Paul Voivenel une place dans <em>T\u00e9moins<\/em>. Il cite quatre livres de r\u00e9flexions, \u00e9crits en collaboration : <em>Le courage <\/em>(1917) qui ignore les meilleurs t\u00e9moins, cite quelques bons et beaucoup de m\u00e9diocres ; <em>La psychologie du soldat <\/em>(1918), plus concret, mais marqu\u00e9 par un nationalisme superficiel ; <em>Le cafard <\/em>(1918), affaibli par la prise en compte des h\u00e9ros de romans ; <em>La guerre des gaz <\/em>(1919), journal d\u2019une ambulance Z, \u00e9tude \u00e9maill\u00e9e de souvenirs personnels sur le service de sant\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Jean Norton Cru estime que Voivenel a eu raison de publier ces volumes, mais qu\u2019il n\u2019a pas fait montre d\u2019assez d\u2019esprit critique, qu\u2019il s\u2019est laiss\u00e9 prendre aux pi\u00e8ges d\u2019une litt\u00e9rature verbeuse et irresponsable. Sa conclusion : \u00ab Nous aurions beaucoup gagn\u00e9, et Voivenel aussi, \u00e0 ce qu\u2019il s\u2019en t\u00eent \u00e0 sa 67e division et \u00e0 son poste de secours. \u00bb<br \/>\nVoivenel s\u2019est f\u00e9licit\u00e9 des remarques positives de JNC et a admis ses critiques : \u00ab Il fait \u00e0 mes livres de guerre les reproches que pr\u00e9cis\u00e9ment je leur ferai moi-m\u00eame. \u00bb Mais il avait tenu un carnet personnel et, piqu\u00e9 au vif par la conclusion de JNC, il le publie entre 1933 et 1938, en quatre volumes faisant un total de 1256 p., sous le titre <em>Avec la 67e DI de r\u00e9serve <\/em>(Paris, Librairie des Champs Elys\u00e9es), recueillant les appr\u00e9ciations favorables de Genevoix, Dorgel\u00e8s, et P\u00e9tain. G\u00e9rard Canini en a donn\u00e9 les passages concernant Verdun, tir\u00e9s des tomes 2 et 3, dans Paul Voivenel, <em>A Verdun avec la 67e DR<\/em>, Presses universitaires de Nancy, 1991, 186 p.<br \/>\n<strong>3. Contenu<\/strong><br \/>\nLe docteur Voivenel d\u00e9crit les illusions des premiers jours, puis l\u2019adaptation \u00e0 la guerre des tranch\u00e9es. En plein accord avec Jean Norton Cru et tant d\u2019autres bons t\u00e9moins, il note qu\u2019il n\u2019a pas observ\u00e9 de blessure par ba\u00efonnette. Pour m\u00e9decins et infirmiers, les p\u00e9riodes calmes alternent avec l\u2019afflux de bless\u00e9s qu\u2019on ne peut soigner que sommairement (voir Albert Martin et Prosper Viguier). Il note la distribution de gn\u00f4le avant l\u2019attaque et le fait qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00ab ne pas ob\u00e9ir serait se d\u00e9shonorer \u00bb. Il critique les attaques stupides pour alimenter le communiqu\u00e9 : \u00ab Pour ne rien obtenir on s\u2019est ent\u00eat\u00e9 \u00e0 sacrifier des hommes. \u00bb Voivenel s\u2019en prend aux officiers d\u2019\u00e9tat-major \u00ab tir\u00e9s \u00e0 quatre \u00e9pingles \u00bb et aux d\u00e9corations distribu\u00e9es de mani\u00e8re scandaleuse. Le fantassin, quant \u00e0 lui, \u00ab veille, il creuse, il va en patrouille, il vit en permanence au milieu des dangers qui excitent l\u2019imagination des autres. Il ne se croit pas h\u00e9ro\u00efque, mais il plante des piquets en avant de la tranch\u00e9e, installe des r\u00e9seaux de fil de fer, porte sur le dos d\u2019\u00e9normes rondins, le charbon, la chaux, va au ravitaillement \u00e0 une heure de marche par tout temps, se fait par surcro\u00eet tuer dans des assauts dont le pourcentage de pertes est presque connu \u00e0 l\u2019avance, et\u2026 passe devant le Conseil de guerre \u00e0 la moindre v\u00e9tille. \u00bb Le docteur note des blessures ou maladies \u00ab bidon \u00bb quand \u00e7a se g\u00e2te, mais il admet la \u00ab peur morbide \u00bb et d\u00e9fend toujours les soldats : il est fier qu\u2019aucun n\u2019ait \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 au sein de la 67e division.<br \/>\nIl critique les embusqu\u00e9s (notamment certains confr\u00e8res toulousains, ainsi que les journalistes) et le bourrage de cr\u00e2ne, donnant \u00e0 Barr\u00e8s le titre de \u00ab litt\u00e9rateur du territoire \u00bb. Il partage la mauvaise appr\u00e9ciation de Jean Norton Cru sur Barbusse et Remarque, mais \u00e9pargne son ami Dorgel\u00e8s. D\u2019ailleurs, les l\u00e9gendes peuvent avoir l\u2019utilit\u00e9 de maintenir le moral. Se retrouver entre M\u00e9ridionaux, et parler occitan, cela peut avoir le m\u00eame effet. Mais, au final : \u00ab De pr\u00e8s, c\u2019est ignoble. C\u2019est affreux la guerre. \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Son p\u00e8re, d\u2019origine normande, \u00e9tait capitaine de gendarmerie dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es, ce qui explique la naissance de Paul Voivenel \u00e0 S\u00e9m\u00e9ac, le 24 septembre 1880. Il fait des \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Toulouse et se sp\u00e9cialise dans les maladies mentales, montrant aussi un vif int\u00e9r\u00eat pour la litt\u00e9rature et le rugby. 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