{"id":76,"date":"2008-02-23T13:54:49","date_gmt":"2008-02-23T12:54:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/23\/clerfeuille-paul-1885-%e2%80%93-1983\/"},"modified":"2021-09-09T17:06:55","modified_gmt":"2021-09-09T16:06:55","slug":"clerfeuille-paul-1885-1983","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/23\/clerfeuille-paul-1885-1983\/","title":{"rendered":"Clerfeuille, Paul (1885-1983)"},"content":{"rendered":"<p><strong> 1. Le t\u00e9moin.<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1885 \u00e0 Gen\u00e7ay (Vienne), Paul Clerfeuille a 34 ans lorsque la guerre est d\u00e9clar\u00e9e. Mari\u00e9, p\u00e8re d&rsquo;un enfant et dans l&rsquo;attente d&rsquo;une deuxi\u00e8me naissance, il exerce le m\u00e9tier de roulier \u00e0 Civray. Classe 1905, il a effectu\u00e9 son service militaire et \u00e9tait rappel\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour des p\u00e9riodes d&rsquo;exercices (1911 et 1912 notamment au 107<sup>e<\/sup> RI d&rsquo;Angoul\u00eame et au 325<sup>e<\/sup> RI de Poitiers). Il fait donc partie, \u00e0 l&rsquo;instar de Louis Barthas de ces \u00ab simples soldats d&rsquo;origine populaire \u00bb, install\u00e9s dans la vie civile et pr\u00e9cipit\u00e9s dans la guerre. T\u00e9moins pr\u00e9cieux qui viennent contrebalancer les r\u00e9cits de soldats plus jeunes, et plus lettr\u00e9s.<\/p>\n<p><strong> 2. Le t\u00e9moignage.<\/strong><\/p>\n<p>Il est constitu\u00e9 d&rsquo;un manuscrit \u00e9pais de plusieurs dizaines de pages, lui-m\u00eame dactylographi\u00e9. Son \u00ab livre \u00bb, compos\u00e9 \u00e0 partir des carnets originaux ab\u00eem\u00e9s, transport\u00e9s pendant la guerre dans les poches ou la musette et conserv\u00e9s par la famille, est con\u00e7u comme un t\u00e9moignage pour la jeunesse, il s&rsquo;adresse d&rsquo;ailleurs \u00e0 plusieurs reprises au lecteur dans le corps du texte. Ecrit au pr\u00e9sent, le r\u00e9cit est tr\u00e8s bien dat\u00e9 : on y suit presque jour pour jour les quatre ans et demi de campagne du soldat Clerfeuille, conducteur, ravitailleur ou combattant en premi\u00e8re ligne. En effet, mobilis\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1914 au 11 mars 1919, il est d&rsquo;abord affect\u00e9 au 325<sup>e<\/sup> RI. Malade pendant presque toute l&rsquo;ann\u00e9e 1915, il part pour Salonique en janvier 1916. Evacu\u00e9 en juillet, il est en Champagne en novembre avec le 273<sup>e<\/sup> RI puis participe \u00e0 l&rsquo;offensive du 16 avril 1917. Il tient ensuite un secteur pr\u00e8s de la fronti\u00e8re belge pour revenir dans l&rsquo;Aisne. En mai 1918, il participe \u00e0 la d\u00e9fense de Ch\u00e9zy entre Villers-Cotter\u00eats et Ch\u00e2teau-Thierry, et tient les lignes en Alsace d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre 1918, puis vers la fronti\u00e8re belge o\u00f9 il se trouve le 11 novembre 1918.<\/p>\n<p>Plusieurs parties du texte ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es. Dans <em>Journal de guerre d&rsquo;un poilu civraisien<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 par G\u00e9rard Dauxerre, Civray, Les Amis du pays civraisien, 1994, 118 p., l&rsquo;auteur cite largement le r\u00e9cit de Clerfeuille mais dans une approche th\u00e9matique. Alors que R\u00e9my Cazals, tout en pr\u00e9sentant le profil et le parcours du combattant Paul Clerfeuille, publie des extraits couvrant la p\u00e9riode de f\u00e9vrier \u00e0 mai 1917 : \u00ab\u00a0Un simple soldat sur le Chemin des Dames : Paul Clerfeuille\u00a0\u00bb<em>,<\/em> dans OFFENSTADT Nicolas (dir.) <em>Le Chemin des Dames. De l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e0 la m\u00e9moire<\/em>, Paris, Stock, 2004, p. 152-175.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Pour Paul Clerfeuille, la guerre appara\u00eet comme un \u00ab fl\u00e9au \u00bb (p. 214 exemplaire dactylographi\u00e9), et ce d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9preuve du feu o\u00f9 le soldat d\u00e9couvre le mortel champ de bataille (essentiellement du fait des balles de mitrailleuses) : \u00ab Quel d\u00e9solation ! \u00bb. Son r\u00e9cit est surtout descriptif : les lieux, les noms des protagonistes, les faits militaires bruts. Il \u00e9voque les rumeurs (filles viol\u00e9es, civils ex\u00e9cut\u00e9s), rel\u00e8ve les anecdotes, s&rsquo;int\u00e9resse aux conditions m\u00e9t\u00e9o. Il d\u00e9crit les paysages rencontr\u00e9s (\u00e0 la fois vers la ligne de front, mais lorsqu&rsquo;il traverse la France &#8211; passage par Toulouse, Bordeaux, Agen (p. 69)), notamment lorsqu&rsquo;il d\u00e9barque \u00e0 Salonique (visites touristiques, d\u00e9couverte des coutumes locales). Mais parfois pointe \u00e7\u00e0 et la des r\u00e9flexions sur les chefs : ainsi, en \u00e9voquant un capitaine \u00ab c\u00e9libataire de 42 ans, officiers de r\u00e9serve, ch\u00e2telain ruin\u00e9 (&#8230;) \u00bb, \u00ab encore un qui par plaisir a fait souffrir des hommes, (&#8230;). \u00bb (p. 72). Son t\u00e9moignage sur l&rsquo;offensive du 16 avril 1917 montre en amont les pr\u00e9paratifs, l&rsquo;intense activit\u00e9 des secteurs devant le Chemin des Dames et les nombreuses victimes de l&rsquo;offensive per\u00e7ue rapidement comme un \u00e9chec. En aval, il est frappant de lire une sorte de retour au calme apr\u00e8s que le r\u00e9giment ait \u00e9t\u00e9 chang\u00e9 de secteur, et de voir augmenter de fa\u00e7on significative le nombre de permissions accord\u00e9es pour la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1917.<\/p>\n<p>Dans son r\u00e9cit, le \u00ab je \u00bb s&rsquo;\u00e9clipse pour laisser la place au \u00ab nous \u00bb, un \u00ab nous \u00bb g\u00e9n\u00e9rique qui englobe les soldats de son r\u00e9giment et de sa compagnie. Quelques termes comme \u00ab camarades \u00bb ou \u00ab copains \u00bb \u00e9mergent parfois. Les personnes nomm\u00e9es sont essentiellement les officiers. Au-del\u00e0 de th\u00e8mes comme la vie au front, les d\u00e9placements continus, les patrouilles, coups de mains, il note les effectifs r\u00e9duits des compagnies en 1918 (p. 151) et s&rsquo;int\u00e9resse beaucoup \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;aviation, raconte en d\u00e9tails le jour de la signature de l&rsquo;armistice et la mani\u00e8re dont il fut v\u00e9cu sur le terrain (p. 213), puis \u00e9voque la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1918 et d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1919 (Marne, Lorraine, Alsace, Allemagne &#8211; beaucoup de visites et de descriptions des r\u00e9gions occup\u00e9es).<\/p>\n<p>Alexandre Lafon, f\u00e9vrier 2008.<\/p>\n<p>Photo de deux pages du carnet de Paul Clerfeuille dans <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, p. 137.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin. N\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 1885 \u00e0 Gen\u00e7ay (Vienne), Paul Clerfeuille a 34 ans lorsque la guerre est d\u00e9clar\u00e9e. 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