{"id":77,"date":"2008-02-23T15:14:54","date_gmt":"2008-02-23T14:14:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/23\/garrigue-marcel-1883-1915\/"},"modified":"2021-09-09T17:07:01","modified_gmt":"2021-09-09T16:07:01","slug":"garrigue-marcel-1883-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/23\/garrigue-marcel-1883-1915\/","title":{"rendered":"Garrigue, Marcel (1883-1915)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin.<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Tonneins le 11 septembre 1883, issu d&rsquo;une famille modeste (agriculteur et cigarier), il pratique le m\u00e9tier de serrurier au moment de la mobilisation d&rsquo;ao\u00fbt 1914. Mari\u00e9 depuis 1906 et p\u00e8re de famille, il est incorpor\u00e9 \u00e0 31 ans au 280<sup>e<\/sup> RI de Narbonne (r\u00e9giment de r\u00e9serve), le m\u00eame r\u00e9giment alors que celui du tonnelier Louis Barthas, comme lui soldat ordinaire.<\/p>\n<p>Il est tu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ennemi le 12 d\u00e9cembre 1915 \u00e0 Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais, sans avoir revu sa famille, qui l&rsquo;attendait pourtant pour sa premi\u00e8re permission (voir la notice Garrigue, Victoria).<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage.<\/strong><\/p>\n<p>Marcel Garrigue a tenu une correspondance nourrie avec sa femme et sa famille pendant toute la dur\u00e9e de  sa pr\u00e9sence au feu.<\/p>\n<p>Une de ces lettres, marquante puisqu&rsquo;il y d\u00e9crit l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un soldat pour l&rsquo;exemple (31 juillet 1915) a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans <em>Paroles de Poilus. Lettres et carnets du front 1914-1918<\/em>, Paris, Librio-Radio France, 1998. \u00ab C&rsquo;\u00e9tait pour fusiller un pauvre malheureux qui dans un moment de folie, tant que nous \u00e9tions \u00e0 Lorette, a quitt\u00e9 la tranch\u00e9e et a refus\u00e9 d&rsquo;y revenir \u00bb. C\u00e9r\u00e9monial r\u00e9gl\u00e9, \u00ab le crime \u00e9tait accompli \u00bb. Alain Glayroux a pu r\u00e9cup\u00e9rer une grande partie des lettres de Marcel Garrigue et les r\u00e9ponses envoy\u00e9es par sa femme, ainsi que le carnet de guerre qu&rsquo;il tint du 29 ao\u00fbt au 9 novembre 1914, et les pr\u00e9senter au public dans un recueil <em>Portaits de Poilus tonneinquais<\/em>, publi\u00e9es aux \u00e9ditions La m\u00e9moire du Fleuve en 2006. Gr\u00e2ce \u00e0 son intervention, les Archives d\u00e9partementales de Lot et Garonne poss\u00e8dent d\u00e9sormais ce fond en version num\u00e9ris\u00e9, ce qui permet de pouvoir suivre l&rsquo;itin\u00e9raire de ce soldat lambda plong\u00e9 dans un conflit dont tr\u00e8s rapidement il ne comprend pas&nbsp;le sens.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>A maints \u00e9gards, cette correspondance de ce soldat du Sud Ouest peut \u00eatre rapproch\u00e9 des cahiers du caporal Barthas. Mobilis\u00e9 dans le m\u00eame r\u00e9giment au d\u00e9but de la guerre, Garrigue n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 se plaindre du froid ou des combats, de la guerre qui dure, \u00ab je pense bien que bient\u00f4t finira il le faudra bien pour tout le monde \u00bb (18 octobre 1914). L&rsquo;univers des tranch\u00e9es d\u00e9structure le temps (\u00e0 plusieurs reprises, il se plaint de ne pas pouvoir suivre le mouvement des jours) et oblige les hommes au confinement (lettre du 20 d\u00e9cembre 1914). Il re\u00e7oit tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement des nouvelles de sa femme et de ceux du pays mobilis\u00e9s comme lui, mais aussi des \u00ab bo\u00eetes  de p\u00e2t\u00e9 \u00bb et des \u00ab prunes \u00bb afin d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;ordinaire. Il \u00e9voque un r\u00e9veillon de No\u00ebl pendant lequel Fran\u00e7ais et Allemands communiquent, certains de ces derniers profitent de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement pour se rendre, ils sont alsaciens ou connaissent la France. Le r\u00e9giment de Garrigue, en Artois fin 1914, se trouve \u00e0 proximit\u00e9 des troupes anglaises et rentre en contact avec les Ecossais dont les \u00ab conserves \u00bb semblent meilleures que celles des Fran\u00e7ais. Il \u00e9crit d&rsquo;ailleurs \u00e0 sa femme qu&rsquo;il s&rsquo;est fait des \u00ab camarades anglais \u00bb. On retrouve dans ses propos quelques th\u00e9matiques communes aux t\u00e9moins vers\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9pistolaire : trouver les bonnes cartes postales, commentaires sur les colis envoy\u00e9s et la vie du village, attente de la permission. Les lettres de Marcel montrent, au-del\u00e0 de ces quelques remarques, un besoin de d\u00e9noncer la guerre, et de croire en une fin prochaine, continuellement phantasm\u00e9e (lettre du 17 janvier 1915, la guerre doit finir \u00e0 P\u00e2ques), jusqu&rsquo;\u00e0 la disparition de Marcel en d\u00e9cembre 1915. Il reproche \u00e0 sa femme de croire ce que disent les journaux.<\/p>\n<p>Son carnet est beaucoup plus centr\u00e9 sur le quotidien militaire : d\u00e9part, changement de cantonnements (Vosges, puis Artois), bombardement, tranch\u00e9es, attaques (dont celle de Vermelles qu&rsquo;\u00e9voque Louis Barthas au d\u00e9but d&rsquo;octobre 1914, et \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode), celle d&rsquo;Annequin o\u00f9 les ordres d&rsquo;attaque ne peuvent pas \u00eatre suivis par le commandement.<\/p>\n<p>Alexandre Lafon, f\u00e9vrier 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin. N\u00e9 \u00e0 Tonneins le 11 septembre 1883, issu d&rsquo;une famille modeste (agriculteur et cigarier), il pratique le m\u00e9tier de serrurier au moment de la mobilisation d&rsquo;ao\u00fbt 1914. 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