{"id":775,"date":"2012-04-30T07:49:21","date_gmt":"2012-04-30T06:49:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=775"},"modified":"2021-09-13T19:35:11","modified_gmt":"2021-09-13T18:35:11","slug":"jeanneret-charles-edouard-dit-le-corbusier-1887-1965","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/04\/30\/jeanneret-charles-edouard-dit-le-corbusier-1887-1965\/","title":{"rendered":"Jeanneret, Charles-Edouard (dit Le Corbusier) (1887-1965)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<\/p>\n<p>Charles-Edouard Jeanneret est n\u00e9 le 6 octobre 1887 \u00e0 La Chaux-de-Fonds en Suisse. Son p\u00e8re, Georges-Edouard, est graveur et \u00e9mailleur de montres et sa m\u00e8re Marie-Charlotte-Am\u00e9lie Perret, est musicienne. Il est donc issu d\u2019une famille d\u2019artisans protestants \u00e9migr\u00e9s du Sud-Ouest de la France par son p\u00e8re et d\u2019industriels horlogers suisses par sa m\u00e8re. D\u2019\u00e9ducation bourgeoise, il a 14 ans et demi lorsqu\u2019il entre \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019art de La Chaux-de-Fonds pour y suivre d\u2019abord un apprentissage de graveur-ciseleur. Mais, sous l\u2019impulsion de son ma\u00eetre Charles L\u2019Eplattenier, il s\u2019oriente vers l\u2019architecture et r\u00e9alise, \u00e0 18 ans, les plans de sa premi\u00e8re construction, la villa Fallet. A partir de 1907, il entreprend des voyages d\u2019\u00e9tudes en Italie, en Autriche, Gr\u00e8ce, Turquie, et en Allemagne mais ne parvient pas \u00e0 s\u2019introduire dans le milieu des architectes de ces pays. Il poursuit son apprentissage entre La Chaux-de-Fonds et Paris, ville dans laquelle il souhaite s\u2019installer et investir pour assouvir sa passion de l\u2019architecture. En 1913, il enseigne \u00e0 l\u2019Ecole d\u2019Art de la Chaux et s\u2019installe comme architecte. La guerre d\u00e9clar\u00e9e le pousse \u00e0 se rapprocher de la cause fran\u00e7aise et des milieux culturels parisiens. Le 14 f\u00e9vrier 1917, il fustige la position suisse en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous sommes de sales neutres uniquement occup\u00e9s \u00e0 des affaires. Nous sommes les eunuques de la situation<\/em> \u00bb (page 410). Pour les pr\u00e9sentateurs, n\u2019a-t-il pas \u00e9crit dans une correspondance \u00e0 Auguste Perret, non reproduite,&nbsp;le 20 novembre 1914&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je pense que si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 \u00e0 Paris, je serais parti au feu<\/em> \u00bb (page 409)&nbsp;? Il s\u2019installe durablement dans la capitale en f\u00e9vrier 1917. Il y vit les affres de la vie parisienne pendant la Grande Guerre en entamant une carri\u00e8re d\u2019architecte et d\u2019industriel dans la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Entreprises Industrielles et d\u2019Etudes et la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Applications du B\u00e9ton Arm\u00e9. Il estime y parvenir malgr\u00e9 la guerre&nbsp;en \u00e9crivant, le 14 mars 1918 : \u00ab&nbsp;<em>Si vous saviez comme, objectivement, je suis heureux, comme je r\u00e9alise au mieux, au cent fois mieux de mes esp\u00e9rances. Est-ce que j\u2019aurais r\u00eav\u00e9 me faire en pleine guerre, \u00e0 Paris, une situation financi\u00e8re, morale et sociale&nbsp;; exister&nbsp;? C\u2019est fait<\/em> \u00bb (page 443). Parall\u00e8lement, il participe ardemment \u00e0 la vie artistique et s\u2019engage dans les milieux litt\u00e9raires (il fonde l\u2019<em>Esprit Nouveau <\/em>mais publie \u00e9galement plusieurs ouvrages d\u2019architecture), esth\u00e9tiques et picturaux (il fonde le purisme avec Am\u00e9d\u00e9e Ozenfant). Touche \u00e0 tout, il multiplie les exp\u00e9riences dans tous les domaines&nbsp;: ainsi, le 9 janvier 1919, \u00ab&nbsp;<em>on <\/em>[l]<em>e consulte ces jours pour une grosse affaire d\u2019eaux min\u00e9rales dans les Vosges (boutique avenue de l\u2019Op\u00e9ra, usine d\u2019embouteillage l\u00e0-bas, programme de ville d\u2019eau, h\u00f4tels, casino, jeux etc.). Il faut faire face \u00e0 tout<\/em> \u00bb. Le 25 janvier 1919, Jeanneret indique que, par le biais de l\u2019Association Renaissance des Cit\u00e9s, il a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>pri\u00e9 de faire une communication sur le d\u00e9gagement de la cath\u00e9drale de Reims<\/em> \u00bb (page 516). Le 9 mai 1919, il indique dans une lettre \u00e0 ses parents&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai fond\u00e9 dans ma soci\u00e9t\u00e9 une section des Industries de l\u2019Alimentation et j\u2019ai comme collaborateur l\u2019ing\u00e9nieur frigoriste peut-\u00eatre le plus capable de France, celui qui a fait les gaz asphyxiants, l\u2019ass\u00e8chement de la poudre B et d\u2019autres travaux consid\u00e9rables. C\u2019est un Danois<\/em> (\u2026)&nbsp;\u00bb (page 536). La suite de ses correspondances ne dira rien toutefois sur ce projet et cette collaboration. De fait, il n\u2019est pas \u00e0 proprement parler un reconstructeur de la Grande Guerre. D\u00e9but 1921, son entreprise de briqueterie d\u2019Alfortville fait faillite mais il poursuit en architecture et il va d\u00e8s lors multiplier les projets et les r\u00e9alisations qui vont faire de lui Le Corbusier, pseudonyme choisi en 1920 en r\u00e9f\u00e9rence au p\u00e8re Le Corbusier, un a\u00efeul cit\u00e9 dans une lettre de d\u00e9cembre 1908. C\u2019est ainsi le 13 f\u00e9vrier 1921 qu\u2019il l\u2019utilise dans ses correspondances. Le 8 novembre 1925, il apprend de sa m\u00e8re le cancer incurable de son p\u00e8re, qui mourra le 11 avril 1926, alors que sa m\u00e8re mourra le 15 f\u00e9vrier 1960 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 101 ans. Lui-m\u00eame d\u00e9c\u00e8de le 27 ao\u00fbt 1965 \u00e0 Cap Martin.<\/p>\n<p>Nous avons volontairement limit\u00e9 la biographie de Charles-Edouard Jeanneret \u00e0 la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e. Pour toute information compl\u00e9mentaire, il convient de consulter sa fondation <a href=\"http:\/\/www.fondationlecorbusier.fr\/\"> http:\/\/www.fondationlecorbusier.fr\/ <\/a>.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p>Baudou\u00ef, R\u00e9mi \u2013 Dercelles, Arnaud (pr\u00e9s.), <em>Le Corbusier. Correspondances. Lettres \u00e0 la famille, 1900-1925. Tome I.<\/em> Gollion (Suisse), Infolio, 2011, 765 pages.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage publie dans un premier volume les correspondances \u00e9chang\u00e9es avec sa famille par Charles-Edouard Jeanneret entre le 6 mars 1900, alors qu\u2019il a 13 ans et demi, et le 31 d\u00e9cembre 1925. Nous n\u2019avons pour la pr\u00e9sent\u00e9 \u00e9tude pris en compte que les courriers reproduits pour la p\u00e9riode allant de 1913 \u00e0 1925. En effet, Charles-Edouard Jeanneret \u00e9tant revenu au domicile familial de la Chaux-de-Fonds, l\u2019ouvrage ne reproduit que deux lettres pour 1913, deux pour 1914, quatre pour 1915 et aucune pour 1916. Par contre, son installation \u00e0 Paris en f\u00e9vrier 1917 initie une abondante correspondance avec la Suisse, pr\u00e9sentant des \u00e9l\u00e9ments susceptibles d\u2019\u00eatre utiles \u00e0 l\u2019\u00e9tude de son positionnement en tant que citoyen suisse et de son t\u00e9moignage pendant la Grande Guerre. Toutefois, ses \u00e9crits, publi\u00e9s semble-t-il exhaustivement, sont la reproduction d\u2019une correspondances \u00e9pistoli\u00e8re presque uniquement familiale, donc le plus souvent intime voire domestique. De fait, l\u2019\u00e9tude de cette volumineuse correspondance apporte peu \u00e0 l\u2019analyse du parcours ou d\u2019un \u00e9ventuel t\u00e9moignage de Charles-Edouard Jeanneret en lien avec la Grande Guerre. A peine donne-t-elle quelques \u00e9l\u00e9ments sur la psychologie de ce personnage complexe qui fut ind\u00e9niablement l\u2019un des g\u00e9nies de son temps.<\/p>\n<p>3. R\u00e9sum\u00e9 et analyse<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re mention de la guerre est assez tardive. L\u2019ann\u00e9e 1917 n\u2019est concern\u00e9e que par 6 lettres, certes assez longues, et c\u2019est seulement le 17 f\u00e9vrier 1918 que Charles-Edouard Jeanneret \u00e9voque les bombardements de Paris et les raids de Gothas&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il est tomb\u00e9 une bombe tout pr\u00e8s de mon bureau et aussi tout pr\u00e8s de mon domicile<\/em> \u00bb&nbsp;(page 436). Cet \u00e9v\u00e8nement sera pour lui, et de mani\u00e8re r\u00e9currente, y compris pour les soldats en ligne, l\u2019occasion d\u2019un spectacle \u00ab&nbsp;<em>saisissant<\/em> \u00bb (page 436) vu en bravant l\u2019alerte sur le Pont des Arts. Il y revient \u00e0 plusieurs reprises, d\u00e9crivant la nuit totale de la ville lumi\u00e8re (12 mars 1918 \u2013 pages 442-443) et il dit agir quasiment par bravade&nbsp;devant cette menace : <em>\u00ab&nbsp;Or donc on a des bombes par-dessus la t\u00eate, c\u2019est-\u00e0-dire que les femmes n\u2019ont pas la t\u00eate solide. Ce qu\u2019elles s\u2019en font&nbsp;! Moi, je suis inconscient. Pourtant j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de zigzaguer nuitamment du c\u00f4t\u00e9 des caves, apr\u00e8s les \u00e9v\u00e8nements de ces jours qui furent plus d\u00e9monstratifs que d\u2019autres. Je le r\u00e9p\u00e8te il y a chez moi l\u2019inconscience du danger et cela dans tout, dans les affaires aussi&nbsp;; je ferai un fort bon troupier<\/em> \u00bb (16 mars 1918 \u2013 page 444). Loin du danger, en effet, il estime&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La mort ne m\u2019effraye pas, la mienne ou celle des autres<\/em> \u00bb (16 mars 1918 \u2013 page 444). Il semble trahir ici le comportement g\u00e9n\u00e9ral des Parisiens, souvent rapport\u00e9, et qui n\u2019est pas uniquement l\u2019image d\u2019Epinal d\u2019une litt\u00e9rature patriotique. Ainsi, \u00e9voque-t-il les tirs du Pariser Kanon, le 24 mars 1918&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les Boches ont cru nous emb\u00eater avec leur nouvel ustensile \u00e0 rallonge. S\u2019ils avaient pu voir les Parigots pendant tout ce dimanche de printemps alors que tous les quarts d\u2019heure ils crachaient un pruneau, ils auraient \u00e9carquill\u00e9 les yeux. En tous cas, ces cochons-l\u00e0 ont de l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9, mais nous autres, on a du cran<\/em> \u00bb (page 451). En effet, r\u00e9pondant aux lettres angoiss\u00e9es venant du pays, il relativise l\u2019effet du \u00ab&nbsp;<em>K\u00e2\u00e2non<\/em> \u00bb comme il l\u2019appelle dans une lettre 11 avril 1918 (page 452) : \u00ab&nbsp;<em>Le canon&nbsp;! Le canon a fait parler les comm\u00e8res et les journalistes, ces salauds. Alors vous avez cru, que Paris \u00e9tait bombard\u00e9 comme les tranch\u00e9es, estimant que la ville prenait jour apr\u00e8s jour l\u2019aspect d\u2019Arras, d\u2019Ypres, de Reims. Cent obus de r\u00e9ussis, c\u2019est probablement le total. Une moyenne de cinq \u00e0 six victimes par jour. Vous \u00eates-vous jamais alarm\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e que cinq incendies avaient \u00e9clat\u00e9 en Suisse, chaque jour, et que cinq personnes \u00e9taient mortes. Et avez-vous eu la vision d\u2019un pays d\u00e9vast\u00e9, et de gens<\/em> \u00ab&nbsp;aux nuits agit\u00e9es&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;au corps bris\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e0 la pauvre t\u00eate fatigu\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>? Je vous d\u00e9fie, d\u00e9barquant \u00e0 Paris, et sans guide, apr\u00e8s dix jours de recherches, de trouver, de d\u00e9nicher un seul trou d\u2019obus. Vous n\u2019avez pas vu Paris faire la nique au Kaanon, et s\u2019en foutre, mais s\u2019en foutre jusqu\u2019\u00e0 la gauche&nbsp;! Voil\u00e0 pour le canon qui n\u2019existe plus<\/em> \u00bb (14 mai 1918 \u2013 page 462). Certes Paris n\u2019est pas tout de cr\u00e2nerie, o\u00f9 l\u2019\u00ab&nbsp;<em>on compte beaucoup de gens assomm\u00e9s par la guerre<\/em> \u00bb (17 f\u00e9vrier 1918 \u2013 page 439) mais globalement, Jeanneret comme Paris ne subissent pas la guerre. Le 8 novembre 1918, il \u00e9crit \u00e0 se parents&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Victoire, ici drapeaux, canons, la fin, Boches boucl\u00e9s. C\u2019est fabuleux&nbsp;; ville calme archi calme<\/em> \u00bb (page 498) et le 18&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Et la Victoire hein&nbsp;? Il y a eu des jours d\u2019enthousiasme. Enfin Paris s\u2019est r\u00e9joui et a pavois\u00e9. Paris est une gerbe de drapeaux. Par-dessus tout une dignit\u00e9 impressionnante, la m\u00eame que sous les godasses. Paris a du cran<\/em> \u00bb (page 499). Il communique le 18 novembre \u00e0 toute sa famille la liesse de la victoire, y compris f\u00eat\u00e9e par les citoyens helv\u00e9tiques de Paris (page 500). La guerre termin\u00e9e, Jeanneret ne l\u2019\u00e9voque plus que comme d\u2019autres pr\u00e9occupations ; la grippe espagnole (page 499), \u00ab&nbsp;<em>le prix de la vie <\/em>[qui]<em> devient fabuleux, la question ouvri\u00e8re insoluble<\/em> \u00bb (5 novembre 1919 \u2013 pages 564), et les probl\u00e8mes \u00e9conomiques de l\u2019apr\u00e8s-guerre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vous n\u2019imaginez pas ce qu\u2019est l\u2019\u00e9poque actuelle et quel ressort elle exige. Sans un courage invincible et un optimisme inalt\u00e9rable, on est foul\u00e9, roul\u00e9, \u00e9cras\u00e9<\/em> \u00bb (13 juillet 1920 \u2013 page 593). Car son apr\u00e8s-guerre parisien est \u00e9conomiquement terrible&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vous n\u2019imaginez pas ce qu\u2019est la lutte \u00e0 Paris. Il faut y avoir pos\u00e9 sa candidature pour s\u2019en apercevoir<\/em> \u00bb (10 novembre 1920 \u2013 page 603). \u00ab&nbsp;<em>L\u2019industrie est donc \u00e0 peu pr\u00e8s tu\u00e9e ici, pour laisser bien des cadavres et des mois ou des ann\u00e9es de lutte<\/em> \u00bb (15 d\u00e9cembre 1920 \u2013 page 604). Sa participation \u00e0 la reconstruction du pays est g\u00ean\u00e9e par sa nationalit\u00e9 suisse&nbsp;; le 30 janvier 1921, il rapporte&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Plusieurs, \u00e0 la Renaissance des Cit\u00e9s, m\u2019avaient d\u00e9sign\u00e9 pour \u00e9tablir les plans du village mod\u00e8le qui va \u00eatre construit dans le Nord \u00e0 Pinon, mais on s\u2019est aper\u00e7u que j\u2019\u00e9tais \u00e9tranger et \u00e7\u00e0 n\u2019a pu coller<\/em> \u00bb (page 612). De fait, il fait rechercher par son p\u00e8re ses origines fran\u00e7aises afin de parer \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>un mouvement \u00ab <\/em>ultra<em> \u00bb, de droite, royaliste, etc., nationaliste par-dessus tout <\/em>[car on]<em> projette des lois coercitives contre les \u00e9trangers, celle par exemple d\u2019interdire \u00e0 un \u00e9tranger de poss\u00e9der une affaire en Fran<\/em>ce&nbsp;\u00bb (4 avril 1923 \u2013 page 650). Est-ce \u00e0 cette date qu\u2019il faut rechercher la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre naturalis\u00e9 fran\u00e7ais, ce qu\u2019il parviendra \u00e0 obtenir en 1930&nbsp;? Toujours est-il qu\u2019il se sent profond\u00e9ment parisien&nbsp;: \u00ab&nbsp;(\u2026) <em>Paris est le seul endroit o\u00f9 puissent s\u2019affiner, s\u2019aiguiser, cette esth\u00e9tique, cet esprit qui sont ma pr\u00e9occupation. Je serais effroyablement d\u00e9racin\u00e9 s\u2019il fallait partir<\/em> \u00bb (4 avril 1923 \u2013 page 650). Mais c\u2019est l\u2019autre guerre qui va \u00e9riger Charles-Edouard Jeanneret en un Le Corbusier \u00e0 la renomm\u00e9e mondiale.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, avril 2012.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Charles-Edouard Jeanneret est n\u00e9 le 6 octobre 1887 \u00e0 La Chaux-de-Fonds en Suisse. Son p\u00e8re, Georges-Edouard, est graveur et \u00e9mailleur de montres et sa m\u00e8re Marie-Charlotte-Am\u00e9lie Perret, est musicienne. 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