{"id":781,"date":"2012-05-15T21:18:57","date_gmt":"2012-05-15T20:18:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=781"},"modified":"2021-09-13T19:35:34","modified_gmt":"2021-09-13T18:35:34","slug":"banquet-emile-1879-1944","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/05\/15\/banquet-emile-1879-1944\/","title":{"rendered":"Banquet, Emile (1879-1944)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><br \/>\nEmile, L\u00e9on, Philippe Banquet est n\u00e9 \u00e0 Albi le 22 septembre 1879 dans une vieille famille de petits entrepreneurs briquetiers, sur la rive droite du Tarn, avenue de Carmaux, exploitant \u00e9galement quelques terres. Lorsque la guerre \u00e9clate, il est mari\u00e9 et a deux fils n\u00e9s en 1913 et 1914. La famille est catholique. Sa femme prie pour son retour ; lui-m\u00eame n\u2019est pas d\u00e9vot : il attribue la brimade d\u2019un d\u00e9part retard\u00e9 en permission au fait qu\u2019il a manqu\u00e9 une messe. Sa m\u00e8re lui a fait faire le service militaire dans l\u2019artillerie. En novembre 1915, il l\u2019en remercie : sans cela, il serait dans la boue des tranch\u00e9es comme les \u00ab pauvres malheureux de fantassins \u00bb qui subissent un \u00ab carnage \u00bb, une \u00ab boucherie \u00bb. Il est mar\u00e9chal des logis au 56e RAC, et pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la section des munitions dont le r\u00f4le est de ravitailler les \u00e9chelons qui se trouvent eux-m\u00eames \u00e0 8 km derri\u00e8re les batteries. Cette vie cesse en juillet 1917 lorsque la section est dissoute. On l\u2019envoie \u00e0 Carcassonne, au d\u00e9p\u00f4t du 3e RAC jusqu\u2019en janvier 1918. Il se consid\u00e8re alors comme un embusqu\u00e9 : \u00ab Aujourd\u2019hui je suis planton de service \u00e0 la gare, travail assez amusant, d\u2019abord je n\u2019ai rien \u00e0 faire si ce n\u2019est me trouver l\u00e0, au d\u00e9part et \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des trains. [\u2026] Hier soir je suis all\u00e9 voir la Cit\u00e9, c\u2019est curieux, et il y en a qui viennent de loin pour l\u2019admirer. Enfin je me prom\u00e8ne ! Ici on ne risque rien des obus et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 beaucoup\u2026 \u00bb (11 juillet 1917). En janvier 1918, il remonte vers le front avec le 10e RAC, \u00ab au milieu de Bretons ou Normands \u00bb, \u00ab un tas d\u2019ivrognes, ce n\u2019est pas un c\u2019est TOUS !! Ils sont pleins du matin au soir. Si je dois rester l\u00e0 je suis fichu ! \u00bb Son souhait de tomber malade se r\u00e9alise et, entre permissions et stages, il arrive au 11 novembre, puis \u00e0 la d\u00e9mobilisation le 18 janvier 1919 : \u00ab Fini le cauchemar, on dirait un beau r\u00eave. \u00bb Pendant la guerre, sa femme et son p\u00e8re ont fait marcher tant bien que mal la briqueterie. \u00ab Je t\u2019assure que si on a la joie du retour, \u00e9crivait-il le 16 novembre 1916, on saura mieux go\u00fbter la vie dont on jouissait avant sans crainte et sans arri\u00e8re-pens\u00e9es. \u00bb L\u2019apr\u00e8s-guerre est cependant assombri par la mort de son fils a\u00een\u00e9 \u00e2g\u00e9 de 10 ans en 1923 et par la cessation d\u2019activit\u00e9 de la briqueterie vers 1929. Emile Banquet meurt accidentellement le 17 juin 1944.<br \/>\n<strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><br \/>\nIl a \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 sa femme, du 3 ao\u00fbt 1914 au 18 janvier 1919, comme une \u00ab conversation \u00bb \u00e0 laquelle Ang\u00e8le r\u00e9pondait. Le 2 mars 1915, il annonce qu\u2019il a d\u00fb br\u00fbler 190 lettres de sa femme car il n\u2019avait plus la possibilit\u00e9 de les transporter avec lui. On apprend aussi, le 16 juillet 1915, qu\u2019Ang\u00e8le lui a envoy\u00e9 le journal qu\u2019elle tenait au d\u00e9but de la guerre. Mais il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9. Par contre, les lettres d\u2019Emile figurent encore dans les archives familiales de son petit-fils Dominique qui en a transcrit une large s\u00e9lection qui forme un volume de 272 p. de format A4.<br \/>\n<strong>3. Analyse<\/strong><br \/>\n<strong>La principale pr\u00e9occupation : la fin de la guerre<\/strong><br \/>\nD\u00e8s les premiers jours, Emile Banquet note son manque d\u2019enthousiasme : \u00ab Je me remets peu \u00e0 peu au courant de toutes ces conneries et je t\u2019assure que je me fais des cheveux blancs en songeant \u00e0 tout le travail que je vous laisse. [\u2026] Surtout ne vous inqui\u00e9tez pas, je ferai mon devoir, sans plus [\u2026] Certains souhaitent aller en Allemagne ; moi je souhaite revenir parmi vous et qu\u2019ils me fichent la paix \u00bb (8 ao\u00fbt 1914). Il voudrait que la victoire arrive avant les grands froids. Mais \u00ab combien cela va-t-il encore durer ? \u00bb demande-t-il le 1er septembre en d\u00e9crivant le champ de bataille (\u00ab des Allemands, des Fran\u00e7ais, des chevaux, viande abandonn\u00e9e, tout empeste l\u2019air \u00bb), les maisons d\u00e9truites par les obus, les r\u00e9coltes pi\u00e9tin\u00e9es. Le 11 septembre, les nouvelles sont excellentes et il esp\u00e8re \u00eatre de retour \u00ab pour le vin nouveau \u00bb. Mais, deux semaines plus tard, il craint que la guerre dure jusqu\u2019\u00e0 No\u00ebl. De nombreux \u00e9v\u00e9nements sont per\u00e7us comme annon\u00e7ant peut-\u00eatre la fin. Lors de l\u2019offensive de mars 1915, il note : \u00ab nous sommes contents de nous fatiguer, et que \u00e7a finisse \u00bb, mais c\u2019est un \u00e9chec : \u00ab l\u2019effort que l\u2019on a fait n\u2019a abouti qu\u2019\u00e0 faire tuer des hommes \u00bb. \u00ab Je vous assure que si on me laissait filer, je m\u2019en irais \u00e0 pied \u00bb dit-il en avril. L\u2019entr\u00e9e en guerre de l\u2019Italie h\u00e2tera-t-elle la fin ? D\u00e8s le printemps 1915, il est effray\u00e9 par la perspective de \u00ab passer un autre hiver en guerre \u00bb et ajoute : \u00ab Je crois que vous, les femmes, serez oblig\u00e9es de vous r\u00e9volter pour faire finir la guerre. \u00bb Ou bien, tout pourrait finir faute d\u2019argent (6 juillet). Le 9 juillet encore : \u00ab Je crois que nous finirons tous par perdre la t\u00eate ; les g\u00e9n\u00e9raux et le gouvernement sont unanimes \u00e0 dire que la campagne durera encore un an. La paix ne serait donc sign\u00e9e que l\u2019\u00e9t\u00e9 prochain, cela nous d\u00e9sesp\u00e8re ! Surtout ces malheureux fantassins. Je crois que d\u2019ici l\u00e0 quelqu\u2019un se lassera, tout aussi bien le peuple allemand que le peuple fran\u00e7ais, ou bien il manquera de l\u2019argent, car les d\u00e9penses sont fabuleuses. \u00bb Et le 1er d\u00e9cembre : \u00ab Ce que je d\u00e9sire, c\u2019est la FIN, mon retour d\u00e9finitif, mon chez moi tranquille, vivre de mon labeur. \u00bb Le 25 f\u00e9vrier 1916 : \u00ab D\u2019apr\u00e8s le journal d\u2019aujourd\u2019hui, les Allemands ont attaqu\u00e9 fortement du c\u00f4t\u00e9 de Verdun. Serait-ce le pr\u00e9lude d\u2019heureux \u00e9v\u00e9nements si l\u2019on peut dire ? Que cela finisse enfin pour le bien de l\u2019humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. \u00bb Le 26 mars : \u00ab Combien de fois ai-je souhait \u00eatre bless\u00e9 pour pouvoir me tirer de leurs mains et courir aupr\u00e8s de vous. \u00bb Le 17 septembre : \u00ab Que l\u2019on fasse la paix d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Nous sommes tous des sauvages : Fran\u00e7ais, Anglais, Allemands, on devrait trouver une solution pour le bien de tous, pour l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit g\u00e9n\u00e9ral et conclure la paix. La le\u00e7on devrait nous \u00eatre salutaire. Pareil fait ne devrait jamais plus se reproduire. Nous ne sommes pas des b\u00eates f\u00e9roces et il me semble qu\u2019en rabattant un peu d\u2019orgueil on pourrait parvenir \u00e0 s\u2019entendre. Plus nous irons, plus nous y perdrons tous. \u00bb Le 27 janvier 1917 : \u00ab Ah ! je t\u2019assure que si ceux qui ne veulent pas de paix sans victoire y \u00e9taient, ils en auraient bient\u00f4t soup\u00e9. \u00bb Le 30 mars : \u00ab Si on demandait son avis \u00e0 chacun, tout le monde serait pr\u00eat \u00e0 rentrer chez soi. \u00bb Le 11 avril, peu avant l\u2019offensive Nivelle : \u00ab Depuis hier au soir nous entendons le bruit sourd du canon sur notre gauche et assez loin, sans doute en Champagne ; ce doivent \u00eatre les pr\u00e9ludes d\u2019op\u00e9rations ; que \u00e7a craque enfin d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre ce ne serait pas trop t\u00f4t. Cette vie commence \u00e0 peser quand on est pr\u00e8s de la quarantaine, ce n\u2019est plus un amusement de gosse. Celui qui n\u2019a que vingt ans dit : \u00ab\u00a0ce n\u2019est rien \u00e0 condition que je revienne\u00a0\u00bb, mais nous, notre vie sera \u00e0 moiti\u00e9 flamb\u00e9e. \u00bb Peu apr\u00e8s, \u00e0 propos des Russes : \u00ab Du jour que la R\u00e9volution a \u00e9clat\u00e9 chez eux, j\u2019ai bien compris qu\u2019ils allaient se retirer, que c\u2019\u00e9tait pour en finir et qu\u2019ils en avaient assez de servir de cible \u00e0 canons. Quand je pense \u00e0 papa qui s\u2019en va tout seul \u00e0 la terre, \u00e0 son \u00e2ge, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de pleurer ; jamais nous ne serons capables de faire ce qu\u2019ils [les Russes] ont fait. Dire que nous sommes ici \u00e0 ne rien faire et penser \u00e0 eux l\u00e0-bas, qui sont vieux et qui travaillent pour nous \u00e0 la limite de leurs forces, je finis par ne plus pouvoir le supporter. Qu\u2019ils en finissent bon dieu ! Qu\u2019ils traitent d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre. C\u2019est toujours du monde qu\u2019on fait tuer. \u00bb Comme beaucoup d\u2019autres poilus, il se demande si l\u2019on va revivre la guerre de cent ans (25 avril 1917), et il note : \u00ab Les nouvelles de la guerre ne m\u2019int\u00e9ressent que m\u00e9diocrement, je ne demande qu\u2019une seule chose, assez de guerre, LA PAIX. \u00bb Le 10 mai : \u00ab Les attaques sont \u00e0 peu pr\u00e8s arr\u00eat\u00e9es et les r\u00e9sultats obtenus sont minces. Nous en sommes toujours au m\u00eame point, il n\u2019y a pas de raison que cela ne dure dix ans de plus. Les journaux reparlent de paix, le congr\u00e8s socialiste de Stockholm revient sur le tapis. Peut-\u00eatre finira-t-on par reconna\u00eetre qu\u2019on ne pourra rien obtenir par les armes et se d\u00e9cidera-t-on \u00e0 de mutuelles concessions. Assez, assez de morts, assez d\u2019infirmes et de bless\u00e9s. \u00bb Le 16 mai : \u00ab Tu me dis que tout est cher. C\u2019est naturel, personne ne cultive la terre, en temps de paix on suffisait \u00e0 peine \u00e0 la consommation. Dans peu de temps on manquera de tout, si seulement \u00e7a pouvait faire finir la guerre, j\u2019en serais tr\u00e8s heureux car il y a de quoi en avoir soup\u00e9 de ce m\u00e9tier. [\u2026] On change nos chefs tous les jours. Si seulement on finissait par en trouver un bon, un qui soit assez fort pour en finir. Hier c\u2019\u00e9tait NIVELLE, aujourd\u2019hui c\u2019est P\u00c9TAIN, et demain ? \u00bb<br \/>\n<strong>L\u2019ennui loin du pays<\/strong><br \/>\nUne des caract\u00e9ristiques de ce t\u00e9moignage c\u2019est la fr\u00e9quente expression de l\u2019ennui, et cela d\u00e8s le d\u00e9but : \u00ab Je m\u2019emb\u00eate. Si au moins on \u00e9tait utile, qu\u2019on nous fasse travailler ! \u00bb (14 octobre 1914). \u00ab C\u2019est dimanche, c\u2019est ce qu\u2019on m\u2019a dit, nous avons de la peine \u00e0 distinguer un jour de l\u2019autre \u00bb (27 juin 1915). \u00ab On ne fait rien, on ne voit rien, on ne sait RIEN ! \u00bb (27 juillet). Alors il demande \u00e0 sa femme de lui raconter \u00ab tout ce qui se passe \u00e0 la maison \u00bb. Car la guerre est l\u2019occasion de (re)d\u00e9couvrir l\u2019amour et l\u2019affection : \u00ab Ma femme, mes enfants, mes parents, voil\u00e0 ma vie, mon existence \u00bb. \u00ab Comme j\u2019aimerais \u00eatre l\u00e0-bas et rentrer le soir de mon travail, prendre les enfants sur mes genoux, jouer avec eux au milieu de ceux que j\u2019aime \u00bb : les phrases contredisant la th\u00e9orie de la \u00ab\u00a0brutalisation\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de la transformation des soldats en brutes, sont ici fort nombreuses. La rencontre de quelques Albigeois est comme un rayon de soleil dans ces pays du Nord et de l\u2019Est, en Lorraine o\u00f9 la population est hostile, en Flandre o\u00f9 \u00ab on a de la peine \u00e0 se faire comprendre \u00bb. \u00ab Dans ma vie, pr\u00e9cise-t-il en janvier 1916, je n\u2019avais gu\u00e8re voyag\u00e9, mais je vais conna\u00eetre le Nord de la France mieux que nos r\u00e9gions. \u00bb Mais la conclusion est nette : \u00ab Je t\u2019assure qu\u2019aucun des pays o\u00f9 je suis pass\u00e9 ne vaut le n\u00f4tre. \u00bb<br \/>\n<strong>Des ennemis vari\u00e9s<\/strong><br \/>\nLes Allemands sont, au d\u00e9but, consid\u00e9r\u00e9s comme les auteurs d\u2019atrocit\u00e9s, \u00ab une race de sauvages \u00bb, et les expressions de \u00ab cochons \u00bb et de \u00ab brutes immondes \u00bb reviennent au vu des destructions op\u00e9r\u00e9es lors de leur repli de mars 1917. Entre temps, n\u2019\u00e9tant pas en contact avec eux, il en avait peu parl\u00e9, mais il avait \u00e9prouv\u00e9 des sentiments de compassion devant des rang\u00e9es de tombes (en janvier 1916) : \u00ab une simple croix et comme mention : allemand, fran\u00e7ais, tous de pauvres malheureux dont personne ne s\u2019occupera \u00bb. La condamnation des \u00ab responsables de la guerre \u00bb est totale et fr\u00e9quente, mais sans pr\u00e9ciser leur nationalit\u00e9. Le gouvernement fran\u00e7ais est critiqu\u00e9, ainsi que les officiers au comportement personnel honteux et qui \u00ab emb\u00eatent \u00bb les hommes en leur faisant faire des \u00ab conneries \u00bb absurdes : \u00ab M\u00eame si c\u2019est plus fatigant, ce serait plus lucratif de faire des briques ou des tuiles \u00e0 treize francs le cent, cela me ferait en tout cas plus plaisir que de faire le pitre par ici. \u00bb Les embusqu\u00e9s, \u00ab pleins de vie et de sant\u00e9 \u00bb, forment une autre cat\u00e9gorie d\u2019ennemis : ils font la noce \u00e0 Paris en criant \u00ab jusqu\u2019au bout ! \u00bb, mais \u00ab qu\u2019ils y viennent un peu, patauger dans la boue jusqu\u2019au ventre \u00bb, \u00ab et l\u2019infanterie, le g\u00e9nie, ceux qui sont aux premi\u00e8res lignes, \u00e0 la veille de claquer \u00e0 tout moment\u2026 c\u2019est affreux \u00bb. \u00ab Il ne reste que les couillons\u2026 Les ouvriers m\u00e9tallurgistes sont \u00e0 l\u2019usine, les mineurs \u00e0 la mine. Que reste-t-il ? le petit propri\u00e9taire, l\u2019agriculteur, les enseignants la\u00efques. \u00bb Le bourrage de cr\u00e2ne, enfin, est d\u00e9nonc\u00e9 d\u00e8s juillet 1915 : \u00ab On nous tient le bec hors de l\u2019eau par des mensonges. \u00bb Et le 8 d\u00e9cembre : \u00ab Nous ne croyons plus un mot de ce que racontent les journaux. \u00bb<br \/>\nPhoto d&rsquo;Emile Banquet et de sa femme dans <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, p. 47.<\/p>\n<p>RC<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Emile, L\u00e9on, Philippe Banquet est n\u00e9 \u00e0 Albi le 22 septembre 1879 dans une vieille famille de petits entrepreneurs briquetiers, sur la rive droite du Tarn, avenue de Carmaux, exploitant \u00e9galement quelques terres. Lorsque la guerre \u00e9clate, il est mari\u00e9 et a deux fils n\u00e9s en 1913 et 1914. 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