{"id":790,"date":"2012-05-20T20:51:51","date_gmt":"2012-05-20T19:51:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=790"},"modified":"2021-09-13T19:36:28","modified_gmt":"2021-09-13T18:36:28","slug":"aubert-frederic-1897-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/05\/20\/aubert-frederic-1897-1940\/","title":{"rendered":"Aubert, Fr\u00e9d\u00e9ric (1897-1940)"},"content":{"rendered":"<p>AUBERT Fr\u00e9d\u00e9ric, <em>Avec ma section, La bataille de la Marne du sous-lieutenant Fred Aubert (27 mai 1918-15 ao\u00fbt 1918)<\/em>, Association Bretagne 14-18, 2011, 65 pages (21&#215;29,5) \u2013 54 pages de texte du carnet de guerre de Fred Aubert et 10 pages consacr\u00e9es \u00e0 la biographie d&rsquo;Octave Aubert, p\u00e8re (1870-1950) et des trois enfants, Fred (1897-1940), Louis ( 1900-1945) et Germaine (1908-2011) \u2013 I.S.B.N : 2-913518-47-8.<\/p>\n<p>1 &#8211; Le t\u00e9moin<br \/>\nFr\u00e9d\u00e9ric, Louis, Charles Aubert est n\u00e9 le 19 novembre 1897 \u00e0 Saint Brieuc. Dans sa famille on appelait Fred cet a\u00een\u00e9 d&rsquo;une fratrie de trois enfants et ce pr\u00e9nom lui resta. Il suivit sa scolarit\u00e9 \u00e0 Saint Brieuc, puis \u00e0 la facult\u00e9 de droit de Rennes, se pr\u00e9parant \u00e0 devenir avocat. Appel\u00e9 de la classe 17, il rejoint, au mois d\u2019ao\u00fbt 1916, la caserne du 47e RI \u00e0 Saint Malo. Le 30 avril 1917, il est nomm\u00e9 aspirant et est envoy\u00e9 en renfort toujours au 47e. Arriv\u00e9 au front vers la fin du mois de mai, Fred Aubert participe avec son r\u00e9giment, \u00e0 partir du 15 juin 1917, \u00e0 la deuxi\u00e8me bataille d\u00e9fensive de Verdun entre les bois des Fosses et le bois des Cauri\u00e8res. Le 47e reste sur le front de Verdun jusqu\u2019au 20 mai 1918. Apr\u00e8s l&rsquo;offensive allemande du 27 mai 1918, le r\u00e9giment malouin fait partie du dispositif de d\u00e9fense qui, dans le secteur de Dormans, contient l&rsquo;avanc\u00e9e allemande. Le 24 juin, l\u2019aspirant Fred Aubert est nomm\u00e9 au grade de sous\/lieutenant. Le 14 juillet 1918, les Allemands lancent la 4e bataille de Champagne ; pendant cinq jours, les 14, 15, 16, 17 et 18 juillet, le 47e fait face aux attaques. Puis, \u00e0 partir du 19 juillet, il prend part \u00e0 la poursuite. Fred Aubert est alors chef de section. Le 15 ao\u00fbt, intoxiqu\u00e9 par les gaz, il est \u00e9vacu\u00e9 sur l\u2019ambulance de S\u00e9zanne, puis transport\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de P\u00e9rigueux o\u00f9 il se r\u00e9tablit lentement pendant deux mois. \u00c0 la suite d\u2019une courte convalescence dans sa famille, il rejoint, apr\u00e8s l\u2019armistice, son r\u00e9giment cantonn\u00e9 \u00e0 Mutzig et entre dans Strasbourg le 22 novembre, puis en Allemagne.<\/p>\n<p>2 \u2013 Le t\u00e9moignage<br \/>\nAvant de pr\u00e9senter ce t\u00e9moignage, il faut parler de la suite de la vie de Fred Aubert. Homme influent de Saint-Brieuc entre les deux guerres, cet avocat la\u00efque et r\u00e9publicain mais farouchement ind\u00e9pendant, est de nouveau mobilis\u00e9 en 1939, comme commandant de la 3e compagnie au 19e RI. Cette unit\u00e9 se trouve face aux Allemands dans les Ardennes lors de leur offensive \u00e9clair le 10 mai 1940. Le 14 mai, alors que, partout, les troupes fran\u00e7aises reculent, le capitaine Fred Aubert, menac\u00e9 d&rsquo;encerclement, refuse de retraiter et prend l&rsquo;initiative d&rsquo;une contre-attaque au cours de laquelle il est tu\u00e9 d&rsquo;une balle au front. La guerre va \u00eatre cruelle pour ses parents car leur second fils, Louis Octave, tr\u00e8s engag\u00e9 dans un r\u00e9seau de renseignements, sera d\u00e9nonc\u00e9, arr\u00eat\u00e9, tortur\u00e9, d\u00e9port\u00e9 au camp de Sandbostel o\u00f9 il d\u00e9c\u00e9dera juste apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des Alli\u00e9s. Il ne restait plus aux \u00e9poux Aubert que Germaine qui fut, elle aussi, un personnage important de r\u00e9seaux de renseignements et d&rsquo;\u00e9vasions et qui v\u00e9cut jusque 103 ans. D\u00e8s 1945, Octave Aubert, c\u00e9l\u00e8bre \u00e9diteur breton, forma le projet de publier le court carnet de guerre laiss\u00e9 par son fils a\u00een\u00e9 Fred o\u00f9 il relatait, jour apr\u00e8s jour, ses combats sur la Marne et au nord du fleuve, du 27 mai au 15 ao\u00fbt 1918, jour de son \u00e9vacuation. Premi\u00e8re \u00e9dition, discr\u00e8te, d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;exemplaires distribu\u00e9s dans la famille ou chez les proches. L&rsquo;association Bretagne 14-18 qui avait pu se procurer un de ces exemplaires put obtenir des derni\u00e8res ni\u00e8ces de Fred Aubert l&rsquo;autorisation de r\u00e9\u00e9diter ce t\u00e9moignage.<br \/>\nDu 27 mai au 15 ao\u00fbt 1918, l&rsquo;aspirant puis le sous-lieutenant Fred Aubert avait consign\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de chaque journ\u00e9e de combat au sein du 47e RI. A partir du 15 juillet, jour de l&rsquo;attaque allemande, le texte se densifie, devient plus d\u00e9taill\u00e9, et il va le rester jusqu&rsquo;au 15 ao\u00fbt. Le 47e est alors tr\u00e8s sollicit\u00e9 et participe presque quotidiennement \u00e0 de tr\u00e8s \u00e2pres combats. Cette guerre de juillet-ao\u00fbt 1918 relat\u00e9e par Fred Aubert n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec la guerre de positions. Le front se modifie sans cesse, au fur et \u00e0 mesure des assauts allemands de la mi-juillet puis de leurs reculs progressifs. Il est recommand\u00e9 au lecteur de ce carnet de poss\u00e9der une carte pour suivre les incessants mouvements des bellig\u00e9rants.<\/p>\n<p>3 \u2013 Analyse<br \/>\nCe r\u00e9cit est un document brut, \u00e9crit \u00e0 chaud. Fred Aubert, qui s&rsquo;av\u00e8rera plus tard comme un auteur de talent, ne se pr\u00eate pas ici \u00e0 un exercice de style. Il relate, de fa\u00e7on parfois haletante, presque sans pause, les p\u00e9rip\u00e9ties d&rsquo;un combat sans merci. Ce ne sont que des phrases tr\u00e8s br\u00e8ves, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un r\u00e9cit saccad\u00e9 qui rend bien compte de ces violents engagements sporadiques en rase campagne, souvent confus. Les soldats fran\u00e7ais sont certes mus par la perspective de la victoire, apr\u00e8s les journ\u00e9es ind\u00e9cises de la mi-juillet, mais les Allemands s&rsquo;accrochent et ne c\u00e8dent que pied \u00e0 pied. La journ\u00e9e du 28 juillet est narr\u00e9e comme une forme de match (Fred Aubert fut un footballeur passionn\u00e9 ; le stade de Saint-Brieuc porte son nom), sans r\u00e9pit. Le sort de la bataille reste longtemps ind\u00e9cis. Les pertes sont \u00e9pouvantables des deux c\u00f4t\u00e9s et Fred Aubert ne cache rien de ces horreurs. Il avoue ses fatigues, ses incertitudes dans un affrontement impitoyable de presque tous les instants mais ne d\u00e9voile rien de ses sentiments qu&rsquo;ils soient de peur, de compassion ou de haine. Il ne se met pas en valeur, il se contente de d\u00e9crire sans fioritures et sans appr\u00eat de style. Il est tout entier impliqu\u00e9 dans la bataille et ne d\u00e9crit que la bataille. La s\u00e9cheresse de ce petit r\u00e9cit tr\u00e9pidant et captivant fait encore plus approcher l&rsquo;\u00e9pouvante de ces journ\u00e9es d\u00e9cisives et finalement assez mal connues o\u00f9 ce qu&rsquo;on appela la poursuite fut loin d&rsquo;\u00eatre une simple promenade militaire pour les troupes alli\u00e9es. Fred Aubert n&rsquo;envisageait pas de publier ce petit texte, rang\u00e9 dans ses archives. Les circonstances firent que son p\u00e8re, pour honorer sa m\u00e9moire, le sortit d&rsquo;un oubli programm\u00e9 par l&rsquo;auteur.<br \/>\nRen\u00e9 Richard<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>AUBERT Fr\u00e9d\u00e9ric, Avec ma section, La bataille de la Marne du sous-lieutenant Fred Aubert (27 mai 1918-15 ao\u00fbt 1918), Association Bretagne 14-18, 2011, 65 pages (21&#215;29,5) \u2013 54 pages de texte du carnet de guerre de Fred Aubert et 10 pages consacr\u00e9es \u00e0 la biographie d&rsquo;Octave Aubert, p\u00e8re (1870-1950) et des trois enfants, Fred (1897-1940), &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/05\/20\/aubert-frederic-1897-1940\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Aubert, Fr\u00e9d\u00e9ric (1897-1940)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[202,705,3,10],"tags":[270],"class_list":["post-790","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-202","category-47e-ri","category-carnet","category-combattant-infanterie","tag-gaz"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=790"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/790\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3965,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/790\/revisions\/3965"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}