{"id":819,"date":"2012-06-25T09:25:33","date_gmt":"2012-06-25T08:25:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=819"},"modified":"2021-09-13T19:38:18","modified_gmt":"2021-09-13T18:38:18","slug":"bonnet-leonie-1892-1972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/06\/25\/bonnet-leonie-1892-1972\/","title":{"rendered":"Bonnet, L\u00e9onie (1892-1972)"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9e dans une famille nombreuse protestante de l\u2019Albret (Lot-et-Garonne), L\u00e9onie Bonnet trouva \u00e0 vingt ans et apr\u00e8s plusieurs exp\u00e9riences professionnelles sa vocation de garde malade puis d\u2019infirmi\u00e8re \u00e0 Bordeaux. Elle partit ensuite pour le Doubs, soigna les premiers bless\u00e9s en Alsace en 1914 avant de revenir \u00e0 Bordeaux au c\u00f4t\u00e9 du m\u00e9decin colonel Bergoni\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital compl\u00e9mentaire de Grand Lebrun. Elle devient en avril 1916 infirmi\u00e8re militaire titulaire. La jeune femme fut mandat\u00e9e en mars et avril 1917 pour suivre \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00c9dith-Cavell et \u00e0 l\u2019Institut Pierre-Curie, les cours de manipulatrice en radiologie de Marie Curie. \u00c0 la fin de son stage, munie de son dipl\u00f4me d\u2019aide-radiologiste, elle revint \u00e0 l\u2019H\u00f4pital compl\u00e9mentaire n\u00b04 o\u00f9 elle reprit son poste jusqu\u2019au d\u00e9but du mois de juin 1917. Sans doute pour fuir une relation pesante, elle quitte avec deux de ses camarades Bordeaux le 21 juin 1917 pour l\u2019h\u00f4pital militaire de Belfort pr\u00e8s du front. Entre juin et juillet 1918, elle int\u00e8gre une \u00e9quipe chirurgicale mobile dans la Meuse et termine finalement la guerre \u00e0 Bordeaux, dans un service de grands bless\u00e9s, et ce encore bien apr\u00e8s l\u2019armistice de 1918.<\/p>\n<p>Elle laisse de cette p\u00e9riode une correspondance, un journal (21 juin &#8211; d\u00e9cembre 1917) et quelques photographies qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une publication aux Editions d\u2019Albret en 2008. L\u2019ensemble de ces sources directes permet de suivre le travail d\u2019une infirmi\u00e8re militaire soumise aux bombardements des avions et de l\u2019artillerie lourde allemande, soumise au stress de l\u2019arriv\u00e9e massive de bless\u00e9s lors des grandes offensives. Celle du printemps 1918, lanc\u00e9e par les Allemands, est de ce point de vue la plus \u00e9prouvante&nbsp;: \u00ab Jamais je n\u2019avais eu si horreur de la guerre&nbsp;; je n\u2019\u00e9tais plus une infirmi\u00e8re mais une ensevelisseuse (\u2026)&nbsp;\u00bb (lettre du 2 avril 1918).&nbsp;Loin des caricatures patriotiques et des discours mobilisateurs, L\u00e9onie Bonnet donne \u00e0 lire un t\u00e9moignage poignant de ce que pouvait \u00eatre le quotidien d\u2019une infirmi\u00e8re en guerre. Anim\u00e9e d\u2019une volont\u00e9 de servir, L\u00e9onie s\u2019emploie \u00e0 faire le maximum pour venir en aide aux bless\u00e9s. Tant\u00f4t image de la m\u00e8re, de la femme, de l\u2019amante, elle d\u00e9crit avec empathie le sort des soldats diminu\u00e9s et rel\u00e8ve le 2 juillet 1917&nbsp;: \u00ab&nbsp;ces chers petits&nbsp;(\u2026) ne chantent plus comme en ao\u00fbt 1914, lorsque nous les regardions passer des fen\u00eatres de l\u2019h\u00f4pital de Montb\u00e9liard.&nbsp;\u00bb Le travail harassant devient difficile lorsque L\u00e9onie perd certaines de ses camarades tu\u00e9es lors des bombardements allemands.<\/p>\n<p>Plus qu\u2019un r\u00e9cit de guerre, le journal intime de L\u00e9onie Bonnet livre aussi les r\u00e9flexions d\u2019une jeune femme \u00e9prise de libert\u00e9 et d\u2019autonomie, qui trouve dans le conflit un espace pour sortir d\u2019un destin tout trac\u00e9&nbsp;\u00ab&nbsp;A Bordeaux, jamais je ne serais sortie ainsi, ici je ne connais personne, \u00e7a m\u2019est \u00e9gal et je suis folle de joie de me sentir enfin en libert\u00e9 sous ce d\u00e9guisement civil&nbsp;\u00bb (9 juillet 1917). Elle admire en cela le courage de certaines de ses amies qui arrivent \u00e0 se faire prendre en photo dans Belfort au c\u00f4t\u00e9 de plusieurs soldats.<\/p>\n<p>Un tel t\u00e9moignage conduit ainsi l\u2019historien \u00e0 la fois sur le terrain de l\u2019histoire militaire, sociale, mais aussi vers l\u2019histoire des genres et celle des corps, abondamment accessibles par le t\u00e9moignage de L\u00e9onie Bonnet, infirmi\u00e8re de guerre.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Bibliographie<\/span> : LAFON Alexandre, PIOT C\u00e9line, <em>\u00ab&nbsp;Aimer et travailler&nbsp;\u00bb. L\u00e9onie Bonnet, une infirmi\u00e8re militaire dans la Grande Guerre<\/em>, N\u00e9rac, \u00c9ditions d\u2019Albret, 2008, 191 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Alexandre Lafon, juin 2012<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e dans une famille nombreuse protestante de l\u2019Albret (Lot-et-Garonne), L\u00e9onie Bonnet trouva \u00e0 vingt ans et apr\u00e8s plusieurs exp\u00e9riences professionnelles sa vocation de garde malade puis d\u2019infirmi\u00e8re \u00e0 Bordeaux. 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