{"id":83,"date":"2008-02-27T15:42:06","date_gmt":"2008-02-27T14:42:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/27\/83\/"},"modified":"2021-09-09T17:07:24","modified_gmt":"2021-09-09T16:07:24","slug":"83","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/27\/83\/","title":{"rendered":"Riou, Gaston (1883-1958)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 7 janvier 1883 \u00e0 Vernoux-en-Vivarais (Ard\u00e8che). Homme de lettres qui commence sa carri\u00e8re litt\u00e9raire en 1913, ann\u00e9e durant laquelle il publie <em>Aux \u00e9coutes de la France qui vient<\/em>.<em> <\/em>Participe d\u00e9but 1914 \u00e0 un ouvrage collectif avec Henri Bergson, Charles Gide et Henri Poincar\u00e9 intitul\u00e9 <em>Le mat\u00e9rialisme actuel<\/em>. Soldat ambulancier de 2<sup>e<\/sup> classe durant la guerre. Unit\u00e9 inconnue. La mention d&rsquo;une ancienne appartenance au 31<sup>e<\/sup> R.I. (p 103 de l&rsquo;\u00e9dition de 1916) ne peut \u00eatre retenue car ce r\u00e9giment n&rsquo;est pas engag\u00e9 dans le secteur de Dieuze fin ao\u00fbt 1914 o\u00f9 le t\u00e9moin a \u00e9t\u00e9 fait prisonnier. A cette \u00e9poque, son unit\u00e9 semble appartenir \u00e0 la 29<sup>e<\/sup> D.I. (111<sup>e<\/sup>, 112<sup>e<\/sup>, 3<sup>e<\/sup> et 141<sup>e<\/sup> RI) qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e dans la bataille dite de Morhange.&nbsp; Intern\u00e9 pendant 11 mois en Allemagne dans la forteresse d&rsquo;Orff pr\u00e8s d&rsquo;Ingolstadt. Semble rapatri\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un \u00e9change de prisonniers. Publie \u00e0 partir de 1923 plusieurs romans qui constitueront les diff\u00e9rents volets d&rsquo;une \u0153uvre d&rsquo;ensemble sous le titre de <em>La vie de Jean Vaucanson. <\/em>Participe en 1926 \u00e0 Vienne au premier Congr\u00e8s paneurop\u00e9en. Devient cette m\u00eame ann\u00e9e le principal animateur de <em>l&rsquo;Union \u00e9conomique et douani\u00e8re europ\u00e9enne<\/em>. Publie en 1927 un essai politique dans lequel il d\u00e9fend l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un f\u00e9d\u00e9ralisme europ\u00e9en, <em>Europe, ma patrie. <\/em>Il re\u00e7oit pour cette publication les encouragements de deux hommes politiques aussi diff\u00e9rents que Poincar\u00e9 et Briand. Poursuit une activit\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;id\u00e9e europ\u00e9enne. Publie en 1928 un second livre en faveur de la construction de l&rsquo;Europe, <em>S&rsquo;unir ou mourir<\/em>.&nbsp;Fonde en 1930 la <em>Ligue France-Europe<\/em> qui deviendra la <em>Ligue internationale pour les Etats-Unis d&rsquo;Europe<\/em> dont il est \u00e9lu pr\u00e9sident en 1935.&nbsp; Proche d&rsquo;Herriot, il fonde en 1934 la f\u00e9d\u00e9ration radicale-socialiste de son d\u00e9partement natal, l&rsquo;Ard\u00e8che. Est \u00e9lu premier vice-pr\u00e9sident du parti radical et pr\u00e9sident d&rsquo;honneur des <em>Jeunesses radicales<\/em>. Est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;Ard\u00e8che aux l\u00e9gislatives de 1936 dans la premi\u00e8re circonscription de Privas. Si\u00e8ge \u00e0 la commission des affaires \u00e9trang\u00e8res. En f\u00e9vrier 1938, quand le chancelier Schuschnigg refuse tardivement de c\u00e9der aux pressions allemandes au moment de l&rsquo;<em>Anchluss<\/em>, il intervient dans le d\u00e9bat d&rsquo;interpellations tout en apportant son soutien au gouvernement. Il se livre alors \u00e0 une critique des trait\u00e9s de 1919 qui ont morcel\u00e9 l&rsquo;Europe et se d\u00e9clare favorable \u00e0 la poursuite de n\u00e9gociations en vue d&rsquo;un r\u00e8glement pacifique des tensions. Il vote les pleins pouvoirs \u00e0 P\u00e9tain le 10 juillet 1940.&nbsp; Mort le 12 juillet 1958 \u00e0 Lablach\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Gaston Riou, <em>Journal d&rsquo;un simple soldat, guerre-captivit\u00e9 1914-1915, <\/em>Hachette, 1916, 251 p. (pr\u00e9face d&rsquo;Edouard Herriot, illustrations de Jean H\u00e9l\u00e8s). Cette \u00e9dition &#8211; que nous utilisons ici &#8211; poss\u00e8de des passages censur\u00e9s. R\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1917 chez Hachette et traduit cette m\u00eame ann\u00e9e en espagnol. Cet ouvrage est \u00e9galement r\u00e9\u00e9dit\u00e9 apr\u00e8s la guerre sous le titre <em>Journal d&rsquo;un simple soldat, guerre-captivit\u00e9 1914-1915,<\/em> Valois, 1931, 283 p., avec restitution des passages censur\u00e9s. Bien qu&rsquo;ant\u00e9rieur \u00e0 1928, ce t\u00e9moignage n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 recens\u00e9 par J.N. Cru.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Les 26 chapitres de ce t\u00e9moignage poss\u00e8dent tous des rep\u00e8res chronologiques pr\u00e9cis, not\u00e9s en t\u00eate de chapitre, permettant de dater pr\u00e9cis\u00e9ment les faits ou l&rsquo;\u00e9volution du ressenti de la captivit\u00e9.<\/p>\n<p><em>Capture et entr\u00e9e en captivit\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Le premier chapitre \u00e9voque l&rsquo;arriv\u00e9e en Allemagne du prisonnier par le train, le 2 septembre 1914. L&rsquo;accueil est glac\u00e9&nbsp;: menaces de mort \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des ambulanciers qui, selon la propagande allemande, ach\u00e8vent les bless\u00e9s, premi\u00e8res privations alimentaires et manifestations d&rsquo;hostilit\u00e9 par la population civile allemande (femmes et enfants). Cette arriv\u00e9e est aussi l&rsquo;occasion pour l&rsquo;auteur d&rsquo;\u00e9voquer un r\u00e9cent voyage en Allemagne accompli en 1913 \u00e0 Heidelberg et Leipzig, voyage durant lequel l&rsquo;auteur fut accueilli dans les milieux intellectuels allemands lib\u00e9raux. Riou intercale dans ces souvenirs l&rsquo;\u00e9vocation de sa campagne en Lorraine dans une division qui \u00ab&nbsp;\u00e9tait sacrifi\u00e9e d&rsquo;avance&nbsp;\u00bb pour permettre la retraite. Il est fait prisonnier \u00e0 Kerprich pr\u00e8s de Dieuze. Cette p\u00e9riode de la fin ao\u00fbt est ressentie par lui comme particuli\u00e8rement difficile \u00e0 vivre&nbsp;: \u00ab&nbsp;(&#8230;) d\u00e9faillant de sommeil et de fatigue, dix fois mis en joue par les patrouilles, jour et nuit, j&rsquo;ai charri\u00e9 de la chair humaine&nbsp;: des morts, encore des morts (&#8230;)&nbsp;\u00bb (p 26) Les Allemands lui confient une quarantaine de bless\u00e9s fran\u00e7ais issus du 20<sup>e<\/sup> corps qui agonisent dans une tente d\u00e9pourvue de mat\u00e9riel m\u00e9dical. L&rsquo;auteur relate l&rsquo;ex\u00e9cution sommaire d&rsquo;officiers fran\u00e7ais bless\u00e9s par des patrouilleurs allemands (p 28). Ignorant son statut &#8211; retenu ou prisonnier&nbsp;? &#8211; il est finalement emmen\u00e9 le 28 ao\u00fbt sur Dieuze d&rsquo;o\u00f9 il embarque pour Ingolstadt, toujours persuad\u00e9 d&rsquo;\u00eatre en partance pour la Suisse du fait de son statut d&rsquo;ambulancier. Lors de son transfert \u00e0 pied vers son futur lieu de d\u00e9tention, il peut constater les effets de la propagande allemande sur les civils et militaires de l&rsquo;arri\u00e8re qui accusent les Fran\u00e7ais d&rsquo;\u00eatre les \u00ab&nbsp;agresseurs&nbsp;\u00bb (p 34).<\/p>\n<p><em>Les conditions mat\u00e9rielles de la d\u00e9tention<\/em><\/p>\n<p>Le fort d&rsquo;Orff, situ\u00e9 dans la r\u00e9gion d&rsquo;Ingolstadt, poss\u00e8de le \u00ab&nbsp;confort&nbsp;\u00bb des vieilles b\u00e2tisses militaires&#8230; Toutefois, son architecture et son \u00e9tendue offrent aux prisonniers la possibilit\u00e9 de longues promenades dans les contre-escarpes du fort. L&rsquo;\u00e9tendue des lieux att\u00e9nue assur\u00e9ment le sentiment d&rsquo;enfermement (p 71-72). La r\u00e9clusion n&rsquo;est pas totale. L&rsquo;auteur est ainsi invit\u00e9 &#8211; sous bonne garde &#8211; \u00e0 se rendre en ville avec deux camarades et trois officiers fran\u00e7ais des services de sant\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;autorisation d&rsquo;un commandant-major allemand (pp 145-146). Une autorisation sp\u00e9ciale, accord\u00e9e par le commandant de la forteresse, lui permet \u00e9galement de rendre visite \u00e0 d&rsquo;autres d\u00e9tenus fran\u00e7ais intern\u00e9s dans une redoute situ\u00e9e \u00e0 plusieurs kilom\u00e8tres de son lieu de d\u00e9tention. La configuration mat\u00e9rielle des lieux et les conditions de d\u00e9tention y sont nettement plus dures que celles du fort&nbsp; d&rsquo;Orff (pp 179-183). Riou mentionne un rationnement de la nourriture d\u00e8s son arriv\u00e9e. Les privations mat\u00e9rielles sont toutefois l\u00e9g\u00e8rement att\u00e9nu\u00e9es par un trafic clandestin de marchandises, notamment du th\u00e9 et du tabac (p 71 et 93). Le temps passant et le nombre de prisonniers augmentant, la nourriture devient moins abondante et la question des vivres demeure la pr\u00e9occupation principale des prisonniers. Le commandant du camp n&rsquo;est pas tenu pour responsable de cette p\u00e9nurie. Ce sont \u00ab&nbsp;deux \u00e9piciers d&rsquo;Hepperg&nbsp;\u00bb, profiteurs de guerre d\u00e9tournant des vivres pour leur profit personnel qui subissent la vindicte des prisonniers&#8230; Les gardes allemands, charg\u00e9s de fournir la part de vivres attribu\u00e9e aux prisonniers, sont \u00e9galement accus\u00e9s de se servir largement et d&rsquo;alimenter le march\u00e9 noir (p 129-130). Il en est de m\u00eame pour certains officiers, notamment un certain Bursch dont les agissements douteux ne semblent gu\u00e8re \u00eatre connus du commandant du camp (pp 139-143). Les querelles d&rsquo;ordinaire entre compagnies au sujet des parts attribu\u00e9es \u00e0 chacune sont arbitr\u00e9es par les grad\u00e9s fran\u00e7ais du camp, en l&rsquo;occurrence les majors appartenant au service de sant\u00e9 (pp 125-126). Les \u00ab&nbsp;canards&nbsp;\u00bb les plus fr\u00e9quents ont pour sujet la question de la r\u00e9partition des vivres (p 131). Les colis envoy\u00e9s par les familles ne sont mentionn\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 partir du mois de d\u00e9cembre (p 185). A la p\u00e9nurie de vivres s&rsquo;ajoute la description de la vie \u00ab&nbsp;vide et st\u00e9rile&nbsp;\u00bb du prisonnier et de son amertume face \u00e0 l&rsquo;interdiction de correspondre avec les proches. Cette derni\u00e8re est cependant lev\u00e9e en octobre 14. Toute correspondance est soumise \u00e0 une r\u00e9glementation qui para\u00eet s\u00e9v\u00e8re aux prisonniers&nbsp;: des cinq compagnies pr\u00e9sentes (1&nbsp;100 hommes) dans la citadelle, seule l&rsquo;une d&rsquo;elle a droit \u00e0 l&rsquo;envoi d&rsquo;une lettre chaque 5 jours. Le contenu des lettres est soumis \u00e0 la censure et ne peut en aucun cas \u00e9voquer la guerre (p 92). L&rsquo;\u00e9vocation du contenu de cette correspondance par l&rsquo;auteur laisse appara\u00eetre les m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;autocensure affective que l&rsquo;on retrouve chez les combattants (pp 94-95). L&rsquo;arriv\u00e9e du rare courrier (lettres et paquets) est toujours v\u00e9cue comme un \u00e9v\u00e9nement&nbsp;: \u00ab&nbsp;On chante, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a des lettres&nbsp;!&nbsp;\u00bb (p 183) Outre la description des lieux&nbsp; et des conditions de d\u00e9tention, l&rsquo;auteur &#8211; qui est et demeure un intellectuel &#8211; revient \u00e0 plusieurs reprises sur la souffrance de vivre en permanence en compagnie d&rsquo;autres prisonniers dans une promiscuit\u00e9 compl\u00e8te et pesante (p 38, pp 55-56 et p 85). Il parvient, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;un&nbsp; camarade, \u00e0 obtenir l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un lieu d&rsquo;isolement \u00e0 proximit\u00e9 d&rsquo;une cuisine et se f\u00e9licite d&rsquo;y avoir une table pour \u00e9crire (pp 55-58). Rien ne permet d&rsquo;affirmer de fa\u00e7on s\u00fbre que l&rsquo;ensemble du r\u00e9cit de Riou ait \u00e9t\u00e9 totalement r\u00e9dig\u00e9 au moment de sa captivit\u00e9 mais rien non plus ne permet d&rsquo;infirmer cette hypoth\u00e8se&nbsp;: \u00e0 plusieurs reprises l&rsquo;auteur s&rsquo;adresse \u00e0 une \u00ab&nbsp;amie&nbsp;\u00bb qui semble \u00eatre la premi\u00e8re destinatrice de ce r\u00e9cit (p 88, p 109). Les datations au d\u00e9but de chaque chapitre et la mention de carnets de captivit\u00e9 (note 1 p 186) confortent l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9daction au moins partielle en captivit\u00e9. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au d\u00e9but novembre que l&rsquo;auteur mentionne le d\u00e9part d&rsquo;une centaine d&rsquo;hommes pour un camp de travail situ\u00e9 \u00e0 8 km de la citadelle. Cette proportion correspond donc \u00e0 moins de 10% de l&rsquo;effectif des d\u00e9tenus du fort. L&rsquo;auteur ne pr\u00e9cise pas si l&rsquo;engagement se fait sur la base du volontariat ou de la contrainte. La seule compensation mat\u00e9rielle est d&rsquo;ordre alimentaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;une petite saucisse d&rsquo;un doigt.&nbsp;\u00bb Le rythme de travail para\u00eet assez peu soutenu, les carences alimentaires ayant affaibli les organismes (p 135). Ce recours \u00e0 la main d&rsquo;\u0153uvre des prisonniers est \u00e0 mettre en relation avec les d\u00e9parts des soldats allemands qui, jusque l\u00e0, n&rsquo;ont pas encore rejoint le front.<\/p>\n<p><em>Une exp\u00e9rience de guerre, courte mais intense.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9vocation des sc\u00e8nes de guerre est \u00e9galement au centre des discussions de ces hommes de derri\u00e8re les murs. M\u00eame si leur campagne a \u00e9t\u00e9 courte, on y retrouve le rappel des faits de guerre, de l&rsquo;attitude des sup\u00e9rieurs hi\u00e9rarchiques au feu, de leur plus ou moins grande comp\u00e9tence, du comportement des hommes au combat, empreinte de peur ou, au contraire, d&rsquo;une trop grande assurance due \u00e0 leur inexp\u00e9rience (pp 49-53). L&rsquo;auteur revient \u00e9galement sur son exp\u00e9rience d&rsquo;infirmier et sur le manque de moyens du service de sant\u00e9 dans les premi\u00e8res semaines de la guerre&nbsp;: insuffisance des brancards pour r\u00e9cup\u00e9rer les corps, recours \u00e0 \u00ab&nbsp;une fourrag\u00e8re de r\u00e9quisition, rembourr\u00e9e de paille&nbsp;\u00bb pour \u00e9vacuer les bless\u00e9s vers des postes de secours improvis\u00e9s dans des fermes, majors d\u00e9bord\u00e9s par l&rsquo;afflux de bless\u00e9s, manque de mat\u00e9riel chirurgical, conditions d&rsquo;hygi\u00e8ne plus qu&rsquo;insuffisantes entra\u00eenant des amputations abusives et constantes menaces pesant sur ces postes de secours improvis\u00e9s qui, \u00e0 tout moment, risquent d&rsquo;\u00eatre pris par l&rsquo;avance de l&rsquo;ennemi (pp 74-80).<\/p>\n<p><em>La guerre vue&#8230; d&rsquo;Ingolstadt.<\/em><\/p>\n<p>Pratiquant peu la langue allemande, Riou parvient pourtant \u00e0 obtenir des renseignements sur le d\u00e9roulement du conflit gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Alsacien Durupt. Ce dernier qui parle l&rsquo;Allemand couramment m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;encontre des gardiens allemands une v\u00e9ritable guerre de propagande visant \u00e0 miner le moral de l&rsquo;adversaire. Les arguments de ce dernier, sinc\u00e8res, sont certes un peu courts mais t\u00e9moignent de la confiance et du patriotisme des prisonniers en ce d\u00e9but de guerre (pp 59-66). Contrairement \u00e0 ce que l&rsquo;on pourrait supposer, la forteresse d&rsquo;Orff n&rsquo;est pas un univers herm\u00e9tiquement clos aux visites de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Des civils &#8211; dont des femmes &#8211; y d\u00e9ambulent r\u00e9guli\u00e8rement. Ces contacts avec le monde de l&rsquo;ext\u00e9rieur sont l&rsquo;occasion de discussions au cours desquelles les prisonniers ma\u00eetrisant l&rsquo;allemand parviennent \u00e0 conna\u00eetre l&rsquo;essentiel des informations v\u00e9hicul\u00e9es par la presse. Leur contenu permet \u00e9galement de mesurer l&rsquo;efficacit\u00e9 de la propagande de guerre allemande sur les civils (p 66-68). La fr\u00e9quentation des offices religieux catholiques par les civils et les prisonniers favorise \u00e9galement ces \u00e9changes entre prisonniers et civils allemands (pp 70-71). Certaines idylles platoniques parviennent parfois \u00e0 se nouer entre prisonniers et civiles allemandes (pp 116-118). A l&rsquo;\u00e9vidence, les relations privil\u00e9gi\u00e9es que l&rsquo;auteur noue avec le commandant du camp (promenades en sa compagnie) l&rsquo;autorisent \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un r\u00e9gime de faveurs d&rsquo;autant plus important que les conditions de captivit\u00e9s demeurent lib\u00e9rales. Au fil des mois, le poids de la guerre sur la population allemande est une r\u00e9alit\u00e9 qui semble relativement bien per\u00e7ue par les prisonniers fran\u00e7ais, sans pour autant que l&rsquo;auteur&nbsp; n&rsquo;omette l&rsquo;affirmation de quelques clich\u00e9s bien rod\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ces pauvres gens souffrent. Ils ont tous sept ou huit enfants. Leurs \u00e9conomies sont \u00e9puis\u00e9es. La mis\u00e8re menace (&#8230;) Ce sont de bonnes natures, point compliqu\u00e9es du tout, un tantinet serviles, lourdes d&rsquo;un infini de si\u00e8cles de soumission silencieuse.&nbsp;\u00bb (p 228) Riou s&#8217;emploie &#8211; \u00e0 l&rsquo;image de la propagande alli\u00e9e &#8211; \u00e0 bien diff\u00e9rencier le \u00ab&nbsp;petit peuple allemand&nbsp;\u00bb de ses gouvernants pour mieux disqualifier ces derniers. Il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 forcer le trait sur la pr\u00e9tendue soumission des Allemands aux ordres de leur hi\u00e9rarchie militaire ou civile (pp 231-232). Le chapitre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Le petit peuple allemand et la guerre&nbsp;\u00bb (pp 228-245) est bien une \u0153uvre de propagande qui n&rsquo;a sans doute pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 Ingolstadt&#8230; L&rsquo;arriv\u00e9e de nouveaux prisonniers dans la citadelle en provenance de l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Ingolstatdt permet \u00e9galement aux prisonniers d&rsquo;avoir des nouvelles r\u00e9centes de la guerre. Ainsi l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un caporal du 146<sup>e<\/sup> R.I.&nbsp; ayant entendu les r\u00e9cits d&rsquo;un officier hospitalis\u00e9 permet-il \u00e0 l&rsquo;auteur de conna\u00eetre la victoire de la Marne et de prendre ainsi conscience de la stabilisation du front occidental (pp 80-84).<\/p>\n<p><em>La mise en place d&rsquo;une sociabilit\u00e9 des barbel\u00e9s&nbsp;: de l&rsquo;acceptation r\u00e9sign\u00e9e aux in\u00e9vitables tensions.<\/em><\/p>\n<p>Dans un premier temps, les relations entre prisonniers et ge\u00f4liers sont cordiales. L&rsquo;obligation de vivre ensemble cr\u00e9e visiblement des liens. Ainsi des apports de nourriture suppl\u00e9mentaire sont effectu\u00e9s par certains gardiens de fa\u00e7on tout \u00e0 fait d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e (p 89). Il arrive que quelques prisonniers aillent trinquer et fumer avec leurs ge\u00f4liers (pp 102-103). L&rsquo;officier responsable du camp, le baron Von Stengel, est qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;type achev\u00e9 du gentilhomme, am\u00e8ne, courtois, juste.&nbsp;\u00bb (p 104) L&rsquo;auteur lui consacre un chapitre dans lequel il dresse un portrait am\u00e8ne de ce septuag\u00e9naire&nbsp; plut\u00f4t francophile qui a particip\u00e9 \u00e0 la campagne de 1870 (pp 150-164). Son d\u00e9part, en d\u00e9cembre 1914, est source d&rsquo;inqui\u00e9tude pour les prisonniers fran\u00e7ais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il me semblait qu&rsquo;avec le rappel de Von Stengel une nouvelle captivit\u00e9 commen\u00e7ait, vexatoire, sans s\u00e9curit\u00e9, inhumaine&nbsp;; que \u00e7a allait \u00eatre d\u00e9sormais la vraie prison&#8230;&nbsp;\u00bb (p 201). Ce pressentiment est par la suite confirm\u00e9 par les faits (pp 210-212). A l&rsquo;oppos\u00e9, les subalternes de Von Stengel sont d\u00e9peints comme de \u00ab&nbsp;francs hypocrites, tonitruant de patriotisme, qui vantent les vertus allemandes et simulent des rhumatismes et des faiblesses de c\u0153ur pour ne point partir au feu.&nbsp;\u00bb (p 172)&nbsp;&nbsp; Les r\u00e9cits de malades venant d&rsquo;autres camps confirment l&rsquo;id\u00e9e que le r\u00e9gime de d\u00e9tention d&rsquo;Ingolstadt est, sur tous points, bien moins s\u00e9v\u00e8re qu&rsquo;ailleurs (pp 105-106). Un fourrier allemand pourtant qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;franc malotru et bassement haineux vis-\u00e0-vis des Fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb n&rsquo;en fournit pas moins une paillasse \u00e0 l&rsquo;auteur en vue d&rsquo;affronter les rigueurs de l&rsquo;hiver (p 110-113). L&rsquo;esprit de camaraderie et d&rsquo;entraide entre prisonniers est largement \u00e9voqu\u00e9. Du moins dans un premier temps. Pourtant, l&rsquo;ennui aidant, le d\u00e9soeuvrement de certains peut devenir un pr\u00e9texte \u00e0 tensions. Les rumeurs sont monnaie courante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a toujours un canard dans le fort. Aujourd&rsquo;hui, par exemple, l&rsquo;on commente, sur les couverts, la prise de Breslau par les Russes&nbsp;!&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise l&rsquo;auteur (p 107). L&rsquo;apparition de trafics li\u00e9s \u00e0 la p\u00e9nurie alimentaire est un autre facteur de tension entre les prisonniers. Un petit noyau d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;entre eux parvient ainsi \u00e0 cr\u00e9er une oligarchie de nantis dans un monde o\u00f9 \u00ab&nbsp;l&rsquo;on [ne] dure, par ruse, violence ou g\u00e9nie, qu&rsquo;au prix d&rsquo;une constante victoire.&nbsp;\u00bb (p 120) L&rsquo;illusion d&rsquo;une guerre courte s&rsquo;\u00e9tiole avec l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;hiver. D\u00e9sormais les plus optimistes pr\u00e9voient que \u00ab&nbsp;la guerre durera deux ans&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;tous sont \u00e0 bout de patience.&nbsp;\u00bb (p 135) Un chapitre consacr\u00e9 au \u00ab&nbsp;cafard&nbsp;\u00bb fait son apparition \u00e0 la fin novembre (pp 170-174). Il est \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence \u00e0 mettre en rapport avec la perception d&rsquo;une guerre qui est d\u00e9sormais entrevue comme forc\u00e9ment longue.&nbsp; L&rsquo;absence de courrier, la s\u00e9paration des proches, le d\u00e9soeuvrement, le \u00ab&nbsp;mal du pays&nbsp;\u00bb et la d\u00e9couverte de l&rsquo;enlisement du conflit sont \u00e0 l&rsquo;origine de ce que l&rsquo;auteur nomme un \u00ab&nbsp;\u00e9nervement dont je ne suis point ma\u00eetre.\u00bb La vieille forteresse devient alors un \u00ab&nbsp;s\u00e9pulcre&nbsp;\u00bb. La qualit\u00e9 des soins apport\u00e9s aux prisonniers bless\u00e9s se d\u00e9grade fortement \u00e0 partir de d\u00e9cembre. Le fort d&rsquo;Orff accueille des prisonniers fran\u00e7ais convalescents qui ont d\u00fb quitter pr\u00e9cipitamment l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Ingolstast face \u00e0 l&rsquo;afflux de populations civiles venues de Pom\u00e9ranie. Un soldat fran\u00e7ais s\u00e9v\u00e8rement touch\u00e9 \u00e0 la face doit endurer les dures souffrances de sa blessure, faute de soins appropri\u00e9s. \u00ab&nbsp;Un abc\u00e8s maintenant se d\u00e9clare dans l&rsquo;oreille interne, il en mourra sans doute&nbsp;\u00bb, observe lucidement Riou&nbsp; (pp 196-198). L&rsquo;arriv\u00e9e en avril 1915 de prisonniers russes avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e aux prisonniers fran\u00e7ais comme une menace par les gardes allemands. Ceux-ci sont pressentis comme \u00ab&nbsp;une peste asiatique&nbsp;\u00bb (p 213). L&rsquo;accueil qu&rsquo;organisent les Fran\u00e7ais pour leurs alli\u00e9s russes semble contredire cette tentative de mise en opposition. Echange de vivres et de cigarettes, chants et danses m\u00ealent les deux communaut\u00e9s de prisonniers qui sont d\u00e9sormais appel\u00e9es \u00e0 vivre ensemble. Mais derri\u00e8re cette attitude bienveillante des prisonniers fran\u00e7ais il faut sans doute aussi percevoir un moyen appropri\u00e9 de s&rsquo;opposer aux discours des gardiens allemands&#8230; Les Russes paraissent s&rsquo;int\u00e9grer facilement, notamment en participant activement aux diverses corv\u00e9es (p 226).<\/p>\n<p><em>Les maigres distractions&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la d\u00e9tention, assez peu de travaux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral sont impos\u00e9s aux prisonniers, \u00e0 l&rsquo;exception de la confection des maigres repas. Les sc\u00e8nes descriptives de la vie des prisonniers laissent plut\u00f4t appara\u00eetre une r\u00e9elle libert\u00e9 pouvant confiner au d\u00e9soeuvrement. L&rsquo;occupation du temps est et demeure donc l&rsquo;une des plus grandes pr\u00e9occupations des prisonniers. Les distractions sont rares&nbsp;: observation gr\u00e2ce \u00e0 \u00ab&nbsp;un poste d&rsquo;observation&nbsp;\u00bb des man\u0153uvres d&rsquo;artilleries lourdes dans une for\u00eat proche du lieu de d\u00e9tention, participation aux offices religieux protestants (en guise de distraction&#8230;), jeux sportifs, sculpture sur cailloux de k\u00e9pis ou casques \u00e0 pointe \u00ab&nbsp;\u00e9cussonn\u00e9s aux armes de Bavi\u00e8re&nbsp;\u00bb, exploration de la citadelle en ses parties souterraines ou inconnues (pp 97-99 et pp 118-119). La fabrication d&rsquo;objets ainsi que l&rsquo;organisation d&rsquo;une forme de march\u00e9 noir entre prisonniers permettent de s&rsquo;occuper mais apportent \u00e9galement un certain enrichissement visant \u00e0 lutter contre la faim (pp 120-121 et 178-179). L&rsquo;existence de cette pratique, o\u00f9 le principe du chacun pour soi est de mise, heurte la conscience de l&rsquo;auteur qui reconna\u00eet pourtant que le syst\u00e8me D demeure une obligation incontournable permettant d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;ordinaire. La lecture reste l&rsquo;un des passe-temps favori de ceux qui ont un go\u00fbt pour les occupations intellectuelles. Les livres sont rares, \u00ab&nbsp;on se les passe les uns aux autres jusqu&rsquo;\u00e0 effritement complet.&nbsp;\u00bb (p 185). On \u00e9crit \u00e9galement beaucoup&nbsp;: des po\u00e8mes, des chansons dont les textes caustiques amusent la communaut\u00e9 des prisonniers. L&rsquo;\u00e9criture de carnets de captivit\u00e9 demeure l&rsquo;activit\u00e9 litt\u00e9raire la plus r\u00e9pandue. L&rsquo;autorit\u00e9 allemande s&rsquo;oppose \u00e0 cette pratique et l&rsquo;auteur confie que c&rsquo;est au moyen \u00ab&nbsp;de ruses quasi-quotidiennes&nbsp;\u00bb qu&rsquo;il peut conserver ses carnets personnels (note 1 p 186). Certains soldats profitent de leur captivit\u00e9 pour relater les p\u00e9rip\u00e9ties des combats d&rsquo;ao\u00fbt et leur capture. Riou les retranscrit textuellement (et sans doute partiellement) dans ses propres carnets (pp 187-193). On notera combien les activit\u00e9s manuelles ou intellectuelles de ces prisonniers ressemblent \u00e0 bien des \u00e9gards \u00e0 celles des combattants du front.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;\u00e9chapp\u00e9e belle&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Riou est finalement lib\u00e9r\u00e9 par la Suisse. Rien dans son t\u00e9moignage n&rsquo;explique les circonstances pr\u00e9cises de cette lib\u00e9ration. Il semble que l&rsquo;auteur se soit livr\u00e9 ou \u00e0 une autocensure ou que son manuscrit ait subi une censure ext\u00e9rieure sur cette question sensible au moment de son \u00e9dition, ce qui pourrait expliquer qu&rsquo;aucun passage de ce dernier chapitre n&rsquo;ait eu \u00e0 subir les foudres d&rsquo;Anastasie&#8230;<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>Archives de l&rsquo;auteur d\u00e9pos\u00e9es aux archives d\u00e9partementales de l&rsquo;Ard\u00e8che (cote 69J1-26), manuscrits et correspondance litt\u00e9raires.<\/p>\n<p>J.F. Jagielski, 27\/02\/07<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 7 janvier 1883 \u00e0 Vernoux-en-Vivarais (Ard\u00e8che). Homme de lettres qui commence sa carri\u00e8re litt\u00e9raire en 1913, ann\u00e9e durant laquelle il publie Aux \u00e9coutes de la France qui vient. Participe d\u00e9but 1914 \u00e0 un ouvrage collectif avec Henri Bergson, Charles Gide et Henri Poincar\u00e9 intitul\u00e9 Le mat\u00e9rialisme actuel. Soldat ambulancier de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/02\/27\/83\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Riou, Gaston (1883-1958)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[374,96,436,940,3,33],"tags":[854,482],"class_list":["post-83","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-146e-ri","category-1914-1918","category-20e-ca","category-29e-di","category-carnet","category-prisonnier","tag-blesses","tag-captivite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3719,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83\/revisions\/3719"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}