{"id":842,"date":"2012-07-16T15:26:50","date_gmt":"2012-07-16T14:26:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=842"},"modified":"2021-09-14T19:26:58","modified_gmt":"2021-09-14T18:26:58","slug":"bonneton-armand-1885-1969","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/07\/16\/bonneton-armand-1885-1969\/","title":{"rendered":"Bonneton, Armand (1885-1969)"},"content":{"rendered":"<p>Armand Antonin Bonneton est n\u00e9 \u00e0 S\u00e8te (H\u00e9rault) le 22 mars 1885 d\u2019un p\u00e8re employ\u00e9 du chemin de fer et d\u2019une m\u00e8re sans profession. Lorsqu\u2019il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 devant le conseil de r\u00e9vision, il \u00e9tait employ\u00e9 de commerce. Ajourn\u00e9 en 1906, il a \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9 pour faiblesse g\u00e9n\u00e9rale en 1907. Il s\u2019est mari\u00e9 \u00e0 S\u00e8te en juin 1913. En novembre 1914, il s\u2019est engag\u00e9 pour la dur\u00e9e de la guerre \u00ab dans le service automobile exclusivement \u00bb et il est rest\u00e9 \u00e0 Lyon pour une p\u00e9riode d\u2019exercices jusqu\u2019en mars 1915. Il monte alors dans le Nord (Ypres, puis Artois) au 14e Train, o\u00f9 les camions transportent des hommes, des vivres ou des munitions. Chauffeur, il est parfois d\u00e9sign\u00e9 comme cycliste ou comme cuisinier, cette derni\u00e8re fonction \u00e9tant beaucoup moins p\u00e9nible et beaucoup plus appr\u00e9ci\u00e9e. Tous les soldats de la Grande Guerre n\u2019ont pas connu  le feu. Le 7 avril 1915, Armand Bonneton et quelques camarades font une \u00ab excursion \u00bb aux tranch\u00e9es. Le 25 juillet 1916, quelques marmites ayant coup\u00e9 la route devant le convoi de camions, il note qu\u2019il a v\u00e9cu son \u00ab bapt\u00eame du feu \u00bb. Par contre, les conditions de vie des chauffeurs sont souvent tr\u00e8s dures. Ils subissent la pluie, le froid, les ordres stupides qui provoquent des fatigues inutiles, l\u2019absence de ravitaillement. Faute de cantonnement, ils dorment parfois dans des hamacs suspendus dans le camion. Voici le r\u00e9cit du 22 octobre 1915 : \u00ab Durant toute la nuit, la pluie n\u2019a cess\u00e9 de tomber avec force et, dans notre camion, l\u2019on aurait dit des cailloux qui tombaient du ciel sur notre b\u00e2che. \u00c0 notre r\u00e9veil une belle lune se montrait et qui a favoris\u00e9 notre marche jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aurore. La route est grasse, nombreux d\u00e9rapages. Les camions marchent comme des crabes et font la valse. J\u2019ai mal aux poignets de tenir le volant et avec mon compagnon nous nous rempla\u00e7ons souvent. Pr\u00e8s de Barlin un camion, le n\u00b0 1, a gliss\u00e9 dans un foss\u00e9, \u00e0 nous de l\u2019en tirer car nous sommes les derniers de notre convoi. Nous y arrivons apr\u00e8s l\u2019avoir remorqu\u00e9 sur un parcours de 100 m\u00e8tres, ce n\u2019est pas malheureux. Nous reprenons la route et \u00e0 une descente le derri\u00e8re menace de passer devant ; \u00e7a y est, c\u2019est la danse. Enfin nous arrivons \u00e0 N\u0153ux-les-Mines et le soleil qui ressemble ici \u00e0 la lune s\u2019est enfin montr\u00e9. O\u00f9 est le soleil du Midi dor\u00e9 et brillant ? Une heure d\u2019attente au four \u00e0 chaux de N\u0153ux et la rel\u00e8ve des tranch\u00e9es de Loos arrive ; c\u2019est du 77e d\u2019infanterie de Cholet. Tout le monde est embarqu\u00e9 et en route. Toujours des d\u00e9rapages et la valse continue. [\u2026] Je ne suis plus ma\u00eetre de ma direction et les roues arri\u00e8re commencent le patinage et finalement glissent dans le rebord de la route. Les poilus rousp\u00e8tent et se cognent les uns contre les autres. Pour ma part je temp\u00eate plus qu\u2019eux. Pas moyen de me d\u00e9gager et je continue la descente par c\u00f4t\u00e9. En bas je finis par m\u2019arr\u00eater et tout le monde descend ; \u00e7a y est, je vais \u00eatre engueul\u00e9. Non, pas du tout, tous rient. Un Poilu me dit \u00e0 l\u2019oreille : \u00ab\u00a0Dis, vieux, tu n\u2019aurais pas pu nous blesser ?\u00a0\u00bb \u00bb<br \/>\nCe catholique fervent ne rate aucune occasion d\u2019exercer ses talents d\u2019organiste dans les \u00e9glises du pays, d\u2019assister \u00e0 la messe y compris celle \u00ab dite par un aum\u00f4nier militaire dans une voiture chapelle \u00bb le 13 juin 1915. Quelques jours plus tard, \u00e9mu par la proximit\u00e9 de l\u2019anniversaire de son mariage, il \u00e9crit : \u00ab Ce n\u2019est point par pure d\u00e9votion que je me dirige avec mes compagnons vers ce clocher qui tous les jours dans ses sons d\u2019airain annonce pour moi une victoire prochaine, mais, comme \u00e0 S\u00e8te, j\u2019y retrouve les m\u00eames chants, les m\u00eames airs et les m\u00eames id\u00e9es, le tout orn\u00e9 et fait au m\u00eame moule. L\u2019on y voit \u00e9galement la m\u00eame main qui y est pass\u00e9e, et pour Qui cela a \u00e9t\u00e9 fait. Tout cet ensemble, dans son architecture simple et quoique pourtant bien loin de ceux qui me sont chers, me fait un peu oublier mon \u00e9loignement et semble me rapprocher de mon pays natal. \u00bb \u00c0 cette m\u00eame date (20 juin 1915), il souhaite \u00ab que cette maudite guerre d\u2019extermination soit termin\u00e9e le plus promptement possible avec notre succ\u00e8s final \u00bb. Plus tard (1er janvier 1916), lui et ses camarades souhaitent \u00ab que 1916 nous apporte la victoire et la paix surtout \u00bb.<br \/>\nLe Cercle occitan de S\u00e8te conserve le \u00ab carnet de route \u00bb d\u2019Armand Bonneton qui se termine curieusement : \u00ab Le 25 sept. 1916. D\u00e9part pour Amiens \u00e0 5 h 20 le soir. Fini permission. Adieu le bonheur, etc., etc., jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9mobilisation le 7 avril 1919. \u00bb On comprend qu\u2019il a surv\u00e9cu. On comprend aussi qu\u2019il a recopi\u00e9 ses notes (en les illustrant de quelques photos). On ne sait pas pourquoi il s\u2019est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette date : avait-il cess\u00e9 de prendre des notes pendant la fin de la guerre ? a-t-il renonc\u00e9 \u00e0 en poursuivre la transcription ? Sa fiche matricule (Archives de l\u2019H\u00e9rault 1R 1186) nous apprend qu\u2019il a quitt\u00e9 le front en octobre 1916 et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 \u00ab service auxiliaire \u00bb en d\u00e9cembre 1917 pour des probl\u00e8mes de sant\u00e9 non li\u00e9s \u00e0 une blessure de guerre.<br \/>\nRC<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Armand Antonin Bonneton est n\u00e9 \u00e0 S\u00e8te (H\u00e9rault) le 22 mars 1885 d\u2019un p\u00e8re employ\u00e9 du chemin de fer et d\u2019une m\u00e8re sans profession. Lorsqu\u2019il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 devant le conseil de r\u00e9vision, il \u00e9tait employ\u00e9 de commerce. Ajourn\u00e9 en 1906, il a \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9 pour faiblesse g\u00e9n\u00e9rale en 1907. 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