{"id":863,"date":"2012-09-11T16:27:37","date_gmt":"2012-09-11T15:27:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=863"},"modified":"2021-09-14T19:27:54","modified_gmt":"2021-09-14T18:27:54","slug":"fusie-henri-1893-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2012\/09\/11\/fusie-henri-1893-1915\/","title":{"rendered":"Fusi\u00e9, Henri (1893-1915)"},"content":{"rendered":"<p>Il nait  le 7 juillet 1893 au ch\u00e2teau de Boiss\u00e8de \u00e0 Lisle-en-Dodon, Haute-Garonne. Famille riche ; \u00e9tudes au coll\u00e8ge du Caousou \u00e0 Toulouse, tenu par les j\u00e9suites, puis une ann\u00e9e en facult\u00e9 de Droit. Ses lettres montrent les pratiques familiales catholiques : messe, confession, communion, pri\u00e8res. La seule mention politique \u00e9voque une droite mal \u00ab ralli\u00e9e \u00bb : \u00ab Tu comprends que je pr\u00e9f\u00e8re garder mon or que de le remettre au gouvernement de la R\u00e9publique \u00bb (13 mai 1915). Et encore : \u00ab L\u2019autre jour, Martial m\u2019a envoy\u00e9 une jolie petite lettre contenant une petite image du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 que je porte \u00e9pingl\u00e9e au k\u00e9pi \u00bb (20 juin). Il part en 14 avec le 81e RI. Atteint de gelures aux pieds, il est soign\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et  ne revient sur le front qu\u2019en f\u00e9vrier 1915. Ses lettres conserv\u00e9es d\u00e9butent au 2 mars, jusqu\u2019au 5 octobre 1915. Leur publication a \u00e9t\u00e9 assur\u00e9e par une parente, avec portrait et quelques lettres en fac-simil\u00e9.<br \/>\n\u00c0 la diff\u00e9rence de la plupart des fantassins, Henri Fusi\u00e9 annonce qu\u2019on les laisse tranquilles au repos. Pour le reste, le t\u00e9moignage sur les conditions de vie et de combat (ici, en Champagne) est conforme : l\u2019insuffisance de la nourriture revient fr\u00e9quemment ainsi que la pluie ; les demi-sph\u00e8res d\u2019acier ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les casques apparaissent dans la correspondance le 31 mars, et les casques Adrian le 21 ao\u00fbt, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s des premiers masques contre les gaz le 25 mai. Il arrive que les 75 tapent sur les Fran\u00e7ais, ou qu\u2019ils explosent, mais ils sont largement sup\u00e9rieurs aux 77 dont Henri exag\u00e8re peut-\u00eatre les \u00e9checs pour rassurer sa famille. On pratique la guerre des mines et des camouflets, ce que confirme le JMO du 81e ; l\u2019usage de la grenade fait qu\u2019on \u00ab d\u00e9laisse de plus en plus le fusil et la \u00ab\u00a0fourchette\u00a0\u00bb \u00bb (1er juillet). Le 26 ao\u00fbt, pour la premi\u00e8re fois, il voit \u00ab un a\u00e9roplane lancer des bombes \u00bb. D\u00e9j\u00e0 un ancien \u00e0 22 ans, il d\u00e9plore l\u2019imprudence des bleus de la classe 15. Le 31 mars, il livre une remarque curieuse : \u00ab La guerre finira plus t\u00f4t qu\u2019on ne le pense. Non pas que notre avance soit proche et certaine, mais parce qu\u2019il est impossible avec les chaleurs de vivre dans un tel milieu. Hier dans la tranch\u00e9e, j\u2019avais comme camarades deux cadavres, l\u2019un fran\u00e7ais, l\u2019autre allemand ; leurs pieds sortaient de terre. La peste et la chaleur feront ce que ne peuvent pas faire les hommes. \u00bb<br \/>\nLes lettres ne contiennent aucun sentiment de connivence avec les Allemands qui restent les ennemis, qualifi\u00e9s de \u00ab sauvages \u00bb (mais une seule fois, le 1er juin). Au d\u00e9but (31 mars), il affirme sa gaiet\u00e9, son go\u00fbt du danger et de l\u2019impr\u00e9vu. Mais, le 28 avril, il dit que \u00ab personne ne marchera \u00bb si on donne l\u2019ordre d\u2019attaquer, car \u00ab les hommes en ont assez \u00bb. Quelques jours plus t\u00f4t, il avait not\u00e9 que, lors d\u2019une attaque allemande, seul le chef de section \u00e9tait sorti. Henri critique \u00e0 plusieurs reprises ses sup\u00e9rieurs, notamment le 21 juin : \u00ab Je plains les camarades qui vont vaillamment se battre pour gagner des galons pour le compte d\u2019un officier orgueilleux. \u00bb Et il ajoute : \u00ab L\u00e0, maintenant, je suis content de t\u2019avoir dit ce que j\u2019avais sur le c\u0153ur, \u00e7a me soulage. J\u2019enrageais\u2026 \u00bb<br \/>\nEn juillet, il annonce que, gr\u00e2ce \u00e0 un oncle officier, il va passer mitrailleur, poste o\u00f9 on risque moins. Mais le piston ne fonctionne pas. Le 5 octobre, c\u2019est le poste de caporal fourrier qu\u2019il obtient, et il en \u00e9num\u00e8re les avantages. Il est tu\u00e9 le lendemain par un \u00e9clat d\u2019obus dont la trace demeure sur son portefeuille envoy\u00e9 \u00e0 la famille. Sa tombe n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e. Curieusement, le corpus de lettres est interrompu entre le 25 septembre (annonce de victoire \u00e0 la suite de l\u2019offensive) et le 5 octobre. Le JMO du 81e d\u00e9crit les attaques du 26 au 30, avec des \u00ab pertes s\u00e9rieuses \u00bb, les jours suivants \u00e9tant encore marqu\u00e9s par des bombardements et des sorties. Henri n\u2019a-t-il pas \u00e9crit durant cette p\u00e9riode ? La lettre du 5 octobre ne permet pas de soutenir cette hypoth\u00e8se. Alors, les lettres ont-elles disparu (mais pourquoi celles-ci ?) ou n\u2019ont-elles pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es ? Un myst\u00e8re demeure.<br \/>\nRC<br \/>\n*Marie Casteret, \u00ab Lettres du soldat Henri Fusi\u00e9 \u00e0 sa famille (mars-octobre 1915) \u00bb, dans <em>Revue de Comminges et des Pyr\u00e9n\u00e9es centrales<\/em>, tome CXX, n\u00b0 4, 2004, p. 489-552.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il nait le 7 juillet 1893 au ch\u00e2teau de Boiss\u00e8de \u00e0 Lisle-en-Dodon, Haute-Garonne. Famille riche ; \u00e9tudes au coll\u00e8ge du Caousou \u00e0 Toulouse, tenu par les j\u00e9suites, puis une ann\u00e9e en facult\u00e9 de Droit. Ses lettres montrent les pratiques familiales catholiques : messe, confession, communion, pri\u00e8res. 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