{"id":94,"date":"2008-03-31T19:54:54","date_gmt":"2008-03-31T18:54:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/03\/31\/baque-zacharie-18-1950\/"},"modified":"2021-09-09T17:08:32","modified_gmt":"2021-09-09T16:08:32","slug":"baque-zacharie-18-1950","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2008\/03\/31\/baque-zacharie-18-1950\/","title":{"rendered":"Baqu\u00e9, Zacharie (1880-1950)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Vic-Fezensac (Gers). Instituteur, \u00e9rudit local.<\/p>\n<p>Mobilis\u00e9 \u00e0 Mirande au d\u00e9p\u00f4t du 88<sup>e<\/sup> RI&nbsp;; parti au front le 2 septembre 1914. Sergent, chef de section \u00e0 la 23<sup>e<\/sup> compagnie du 288<sup>e<\/sup>, dans la Meuse (Ambly). Evacu\u00e9 pour maladie en janvier 1915 (\u00ab&nbsp;J&rsquo;ai perdu vingt kilos et ma lassitude morale est extr\u00eame&nbsp;\u00bb). Retour sur le front en Artois en juillet 1915 comme chef de section \u00e0 la 12<sup>e<\/sup> compagnie du 88<sup>e<\/sup>. En octobre 1915 il est adjudant de bataillon. Il conna\u00eet ensuite divers secteurs, Verdun, Champagne, \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans le livre indiqu\u00e9 ci-dessous, p. 218, mais non couverts par le t\u00e9moignage. D\u00e9mobilis\u00e9 le 15 f\u00e9vrier 1919.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>A une date inconnue, Zacharie Baqu\u00e9 a repris les lettres quotidiennes adress\u00e9es \u00e0 sa femme pendant la guerre. Il en a choisi des extraits, mais n&rsquo;a \u00ab&nbsp;presque rien retouch\u00e9&nbsp;\u00bb comme il le dit lui-m\u00eame et comme le lecteur connaissant assez bien les t\u00e9moignages de la Grande Guerre en \u00e9prouve l&rsquo;impression. On ne sait pas si les lettres originales ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es. Le travail de transcription s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 au 4 d\u00e9cembre 1915. L&rsquo;objectif semble bien avoir \u00e9t\u00e9 l&rsquo;\u00e9dition, mais celle-ci n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e que bien apr\u00e8s sa mort&nbsp;:<\/p>\n<p>&#8211; Zacharie Baqu\u00e9, <em>Journal d&rsquo;un poilu, ao\u00fbt 1914-d\u00e9cembre 1915<\/em>, Paris, Imago, 2003, 221 p., pr\u00e9sentation d&rsquo;Henri Castex.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Au moment de la mobilisation, on ignore tout de la guerre&nbsp;: on croit qu&rsquo;elle sera rapidement victorieuse (p. 15)&nbsp;; on ne sait pas combattre (p. 28). Le capitaine d&rsquo;active menace ses hommes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vous n&rsquo;\u00eates pas des soldats, vous n&rsquo;\u00eates que des r\u00e9servistes habill\u00e9s en soldats&nbsp;; vous allez f&#8230;iche le camp aux premiers obus&nbsp;; mais prenez garde&nbsp;; voyez ce revolver, il est charg\u00e9, ceux qui se trouveront \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi peuvent se consid\u00e9rer comme morts.&nbsp;\u00bb Mais le m\u00eame capitaine fait creuser des tranch\u00e9es \u00e0 contre sens. Le sous-lieutenant Imbert, dans le civil professeur au lyc\u00e9e d&rsquo;Auch, a une vision r\u00e9aliste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comme je trouve la guerre longue [on n&rsquo;est que le 20 septembre 1914], il me dit qu&rsquo;il la croit devoir \u00eatre tr\u00e8s dure, que nos sacrifices seront \u00e9normes et que, quinze ans apr\u00e8s la paix, nous nous ressentirons encore des malheurs de la guerre&nbsp;!&nbsp;\u00bb Les bleus commencent \u00e0 acqu\u00e9rir de l&rsquo;exp\u00e9rience, mais ne croient pas qu&rsquo;on puisse faire la guerre en hiver. Il faudra bien, pourtant. La deuxi\u00e8me mont\u00e9e au front en juillet 1915 r\u00e9serve encore sa part de surprise&nbsp;: l&rsquo;intensit\u00e9 de la canonnade d\u00e9passe de loin tout ce qu&rsquo;il avait pu voir en 1914.<\/p>\n<p>Le texte de Baqu\u00e9 contient un t\u00e9moignage sur la mort du lieutenant Fournier (l&rsquo;\u00e9crivain Alain-Fournier) \u00e0 Saint-R\u00e9my-la-Calonne, dans la Meuse, le 22 septembre 1914 (p. 42-47).<\/p>\n<p>Il fourmille de d\u00e9tails habituels&nbsp;: la boue&nbsp;; la vermine&nbsp;; les corv\u00e9es&nbsp;; la r\u00e9cup\u00e9ration dans les villages d\u00e9truits de d\u00e9bris utilisables dans les tranch\u00e9es&nbsp;; la critique des embusqu\u00e9s et la recherche d&rsquo;un piston&nbsp;; la lecture des journaux avec avidit\u00e9, et la d\u00e9ception quand on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;ils ne sont pas fiables&nbsp;; le mal du pays&nbsp;; les semi-embusqu\u00e9s que sont les artilleurs&#8230; Le r\u00e9giment participe \u00e0 l&rsquo;offensive de septembre 1915 en Artois et c&rsquo;est le massacre (belle page sur ce qu&rsquo;est, concr\u00e8tement, une attaque bris\u00e9e, p. 183).<\/p>\n<p>Des remarques int\u00e9ressantes&nbsp;: sur les suicides (p. 150)&nbsp;; sur les id\u00e9es belliqueuses plus fr\u00e9quentes dans l&rsquo;arri\u00e8re-front qu&rsquo;en premi\u00e8re ligne (p. 109). Et&nbsp;(13 octobre 1915) : \u00ab&nbsp;Les \u00e9motions m&rsquo;ont laiss\u00e9 par contre une sensibilit\u00e9 ou une sensiblerie maladive. Je n&rsquo;ose plus tuer une limace et je laisse les rats courir sur mon nez sans leur donner un coup de balai. C&rsquo;est comme cela.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Fr\u00e9d\u00e9ric Adam, <em>Alain-Fournier et ses compagnons d&rsquo;arme. Une arch\u00e9ologie de la Grande Guerre<\/em>, Metz, Editions Serpenoise, 2006, 219 p.<\/p>\n<p>R\u00e9my Cazals, mars 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 \u00e0 Vic-Fezensac (Gers). Instituteur, \u00e9rudit local. Mobilis\u00e9 \u00e0 Mirande au d\u00e9p\u00f4t du 88e RI&nbsp;; parti au front le 2 septembre 1914. Sergent, chef de section \u00e0 la 23e compagnie du 288e, dans la Meuse (Ambly). 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